A propos de la couleur : John Cage

Plusieurs articles ont été publié précédemment  en rapport avec cette question de la couleur dans l’art et selon les civilisations ou époques historiques.

           Cette question se rapporte au débat dessin couleur :
c’est un vieux débat qui a opposé Michel Ange et Titien, David et Delacroix ou encore Lebrun ou encore maintenant Rothko et Pollock, comme si avec Pollock il n’y avait pas de couleur, comme si chez Lebrun à Versailles il n’y avait pas de couleur (alors que les restaurations récentes de Versailles ont fait découvrir un Lebrun grand coloriste à l’égal de Poussin et très inspiré par Titien.)

          En général il s’agit de simplification ou l’on oppose volontairement la ligne et la couleur, comme matière et esprit, corps et idée, intelligence et affectivité.


 Ce sont de vieux clivages et John Cage s’interroge sur ces questions dans son livre « Couleur et Culture ».
D’emblée John Cage traite la couleur comme un tout : pigments et symbolique sont indissolublement liés.
Cage relie le passé à notre présent le plus actuel, les Grecs au Bauhaus.

         Il observe qu’Ingres a une palette bien à lui et un chromatisme très personnel.

         Selon Cage, les Grecs nous disaient le sens qu’ils accordaient à leur couleur et ainsi ils reliaient expression colorée et esprit.

        Toutes les civilisations anciennes renseignent sur les codes expressifs de la couleur:
– Par exemple à Babylone le bleu désigne le masculin et le rouge le féminin.
– En Chine, le Yin c’est le Noir, principe féminin et le Yang, c’est le rouge  principe vital masculin.
– Chez les Romains, le pourpre désigne le pouvoir alors que en Chine c’est le jaune qui symbolise l’empereur.

– Mais à partir de la Renaissance, on a idéalisé les composantes d’une œuvre, on les a isolés.
Contrairement à l’Antiquité on a imposé une distinction entre couleur et intelligence  et on a donné au dessin le rôle du mental, du signe et de la supériorité.

– L‘époque moderne continue dans le sens de cette schématisation. On continue de classer les couleurs, on fait des schématisations et on exclut.


           Devant ce dilemne et pour y voir clair, il faut se référer aux civilisations antiques et envisager la recherche de significations essentielles attribuées aux couleurs.

Mon travail pictural et en particulier dans les procédés a tempéra semble éviter l’exclusion entre dessin et couleur.

En effet dessin et couleur y semble étroitement imbriqués et fusionnent en harmonie grâce à la transparence de la couleur qui  recouvre plus ou moins le trait et semble se jouer du dessin.

R.Dumoux
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