Le Rêve (art. 4), conceptions de la Renaissance à nos jours

Image à la une : Raphaël: il sogno del cavaliere

Pendant la Renaissance, le recours médiéval à l’allégorie et au symbole se poursuit.
On peut se rapporter à des éléments très caractéristiques de la peinture du 16éme.
La culture figurative accordait une grande importance à la signification des images  et on évoluait dans un réseau d’allusions et de symboles.

Un exemple : le Rêve du cavalier par Raphaël.

Ce tableau illustre est merveilleux, il fut peint pour un noble : Scipion, néoplatonicien à Florence.
Le 1er plan est occupé par un jeune héros endormi sous un laurier, plante qui possédait la propriété de faire se réaliser les rêves.
Deus figures féminines semblent concrétiser le rêve.  Elles évoquent des allégories : l’une est Virtus et l’autre Voluptas. Allégories de la vie contemplative (livre, fleur et de la vie active ( épée) d’autre part.
Ce tableau montre l’accord harmonieux qui doit exister entre la virtus et la voluptas.
Dans l’espace du sommeil du cavalier, l’âme s’ouvre à une plus haute conscience d’elle même et le rêve se modèle et recherche les aspects d’une vie exemplaire.
C’est tout un déplacement intérieur mettant en œuvre toutes les facultés de la Psyché.


Du 17ème  au 18ème siècle l’évolution de l’approche du rêve se poursuit.

De la Renaissance à la Révolution romantique, l’imagination acquiert un pouvoir progressif  comme trame du rêve.
Les ingrédients du rêve, mémoire perception sensorielle, instinct, se combinent à la vie diurne.
Pour Descartes, le rêve est un véhicule de connaissances qui met en scène les éléments d’un conflit intérieur et les interprète.


19 et 20ème siècle.

L’axe du rêve va se déplacer vers l’intériorité et le rêve sera valorisé sous des aspects très variés.

De Goya, « le sommeil de la raison engendre des monstres » : c’est le point de départ décisif pour le 20ème siècle. Le rêve et le sommeil de la raison engendre chimères et prodiges.
Pendant le sommeil, le moi continue son existence, il est présent partout dans la recherche de l’identité.
Le champ de l’intimité est élargi. C’est la conquête de l’intimité : on va rechercher un lien avec son enfance, avec la nature, avec ses origines. Cette conquête de l’intimité peut parcourir la passé individuel.

En occident, le chemin du rêve, c’est l’histoire d’une aptitude progressive à l’introspection, pour mettre en lumière ce qui habituellement est caché.

Au 20ème au sujet du rêve, après la psychanalyse, Kafka parle d’un Double-Moi :
il y a celui qui rêve et celui qui analyse son propre rêve.
On soutient aussi que le moi est acteur et spectateur du rêve, auteur et spectateur.

Suite à cette évocation de l’évolution de la conception du rêve de la Renaissance à nos jours, un dernier article sera consacré à divers exemples historiques de rêves illustres et souvent cités.
Exemples déterminants dans mon travail graphique et de recherche  de compositions, symboliques, parlantes, compréhensibles et sensibles.

R.Dumoux
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