Le Rêve (art. 2), depuis les temps bibliques jusqu’au Moyen Age.

Image à la une : Simone Martini, Le rêve de saint Martin (1322-1326)

Diverses Conceptions du Rêve au cours de l’histoire.


Le Rêve depuis les temps bibliques jusqu’au Moyen Age.

Le monde Biblique.
En ces temps là, les rêves ne sont pas pris en considération. On s’écarte de tout ce qui semble relever de la sorcellerie, de la superstition. (dans le Moyen orient de l’antiquité on s’adonnait beaucoup aux arts divinatoires à la nécromancie, à la magie.)
On reconnaît que les rêves ont une importance car ils parlent des espoirs et des craintes de l’homme. Mais dans la Bible on ne leur accorde pas de valeur et on ne les raconte pas.

– Cependant dans les Écritures il y a un type de rêve doté de signification et de profondeur : c’est le Message Divin.
Un Rêve est envoyé par le Très-Haut et il faut s’en préoccuper.

Que sont ces Rêves ?
Ils sont la communication d’en haut, une théophanie .
Ce rêve est la parole de Dieu ou d’un ange (jamais d’un mort) adressé à quelqu’un qui est en crise.
Ce rêve n’entend pas expliquer l’avenir : il établit une liaison entre le ciel et la terre et demande au rêveur une participation responsable.
Le rêve biblique répète avec force un pacte ou un engagement.
Ces rêves qui sont des projets demandent à être déchiffrés ; ce ne sont pas de simples messages.
Et les interprètes de ces messages ne sont pas devins mais des sages, qui dénouent et structurent les divers éléments du rêve.

Telle est la fonction constructive du Rêve biblique, message divin.



Conception du Rêve dans le monde antique.

On distingue les rêves vrais (utiles) et les rêves mensongers.
Leur utilité réside dans le fait qu’ils prédisent l’avenir et qu’ils sont conformes à la volonté des dieux.
Dans  la pensée antique, on veut trouver une explication scientifique à tous les secteurs de l’activité humaine. Donc le discours sur les rêves prend une ampleur nouvelle et on créé des théories.

– Pour Platon, l’âme pendant le sommeil perçoit les esprits supérieurs et entre en contact avec eux. C’est le courant mystique.

– Chez Aristote au contraire le rêve exprime un état physique de la personne, physiologique de bien-être ou de malaise et il n’y pas de rapports avec les puissances célestes ni avec la transcendance.
En général selon  la conception antique, il y a croyance dans la valeur prémonitoire des rêves. Quelque chose de tangible peut émaner du rêve et introduire à la réalité.

Exemples de rêves antiques :
– les bandelettes sacrées, la femme éternelle, la Vesta. La Vesta est la déesse domestique du foyer ; elle entretient la flamme de son temple avec ses servantes qui sont les Vestales.

Les Bandelettes sacrées comme le frein d’Or sont confiées en rêve au héros Bellérophon afin qu’il puisse dompter le cheval ailé. (Composition dessinée : Pégase et Bellérophon près de la source sacrée)

– dans l‘Odyssée, Hermès guide les morts, accompagne aux Enfers les âmes des Prétendants : ils arrivent au pays des Rêves et découvrent les ombres, fantômes des défunts.
On retrouve ces mêmes tendances pendant toute l’ère classique, avec Virgile, Ovide, Lucien.

On admet que la connaissance rationnelle est une partie seulement de l’expérience humaine et que les rêves sont une porte ouverte sur l’inconnu et l’inexplicable.
La religion, le culte personnel et le besoin d’être guéri des maladies : tout cela donne une impulsion aux cultes des dieux guérisseurs. On élève des temples.
Le rêve semble la voie royale pour que chacun entre en rapport avec la divinité .
Le patient sera réceptif à l’action du dieu et attend le sommeil thérapeutique  dans des chambres d’incubation.
Le Dieu va rendre visite au malade et le guérir pendant son sommeil en lui donnant des prescriptions.

Ce sont des techniques de recueillement, de prière dans des édifices sacrés.
Cela va créer un lien entre rêve et santé.



– Ce lien entre rêve et santé va continuer au Moyen Age.

En témoignent des épisodes de la légende Dorée où sont décrits les actions miraculeuses des saints, par Jacques de Voragine au 13ème siècle.
Ces écrits merveilleux ont donné lieu à un manuscrit illustre contenant d’exceptionnelles enluminures dont une partie est à New-York et l’autre consultable à la Bibliothèque municipale de Mâcon. (France)
Il y aura  également les écrits de la mystique allemande Hildegarde de Bingen.

Dès l’antiquité, l’accès au rêve se développe, s’élargit. On va faire des répertoires de ces rêves.
Au 2ème siècle le grec Artemidore de Daldi répertorie 3000 rêves. Les réponses aux rêves pour leur signification changent en fonction de la situation individuelle du rêveur. Il y a une influence de l’âge, du métier  etc.

Le prochain article sera consacré avec plus de précision aux conceptions du rêve au Moyen Age.

R.Dumoux
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