Mon atelier (3)

Cet article, complément de l’article 2, parle d’un autre travail essentiel : celui de mes panneaux a tempéra

J’ai essayé de faire comprendre, de saisir les impressions diverses qui apparaissent en visitant l’atelier des grands toiles, les vastes compositions, le dessin, les histoires, la narration et les transparences de la couleur, la superposition des couches de colle, de préparations d’usage antique qui constituent une réelle renaissance de la peinture, une réincarnation semblable à la vie frémissante  sous la peau d’un visage, de ses carnations.


Ces impressions de réincarnation de la vie, se confirment encore plus nettement en ce moment dans des oeuvres de plus petites dimensions.

Mon atelier, en raison du froid persistant s’est réfugié devant la fenêtre d’une chambre : un chevalet, quelques  palettes et le coin d’une  table où poser les pigments sont le matériel apparemment  pauvre dont je dispose.
C’est là que se passe la réalisation de nombreux tableaux a tempéra : ce sont des panneaux entoilés, marouflés à la colle et ayant reçu les préparations habituelles selon plusieurs couches. Sur ces préparations dessinées avec précision et ébauchées, les couches colorées vont se superposer en  voiles colorés.

Dumoux_0022Panneaux préparés dans l’atelier – R. Dumoux – ©viapictura.com

Ce sont des tableaux de méditation pourrait on dire parfois. Ils sont à la dimension de la main, du visage.

Finalement, en raison des dimensions plus petites, ils se réalisent un peu à la manière des enluminures. Le travail des fonds, des paysages puis le travail des personnages des costumes et parfois en dernier, les portraits. Par exemple le costume est peint en accentuant les contrastes  et se terminent à l’aide de filets colorés lumineux  ou blancs. Des raies lumineuses, celles qui viennent du ciel ou de l’esprit saint des tableaux des maîtres.
Souvent de minuscules hachures déterminent les ombres et les plans, dans le sens de la forme. Le sens de la forme au sens où Michel Ange l’entendait. Parfois ces hachures sont les traces sous-jacentes du trait  à la pointe du crayon.
Le travail des visages se trame également au petit pinceau et à l’aide de petites hachures ou touches colorées.

Ces tableaux en effet, se réalisent, ils grandissent : je leur apporte une impulsion mais ils progressent selon un ordre parallèle, par rapport à la nature.
Rien ne semble calculé ni ordonné et cependant tout suit le fil continu du naturel.

Dumoux_0018Panneau à tempera (détail) 2009 – R. Dumoux – ©viapictura.com

(On posera la question des représentations dites religieuses. Il me semble qu’un article serait nécessaire pour envisager cette réflexion importante.)

Ou bien, j’évoquerai plutôt la succession ininterrompue de mes dessins quotidiens… depuis… de nombreuses années.

R.Dumoux
www.viapictura.com