L’antique est ma jeunesse

Image à la une : Rodin 1910, photo de A. Harlingue

Article de 2013 « L’ANTIQUE EST MA JEUNESSE.
Complément de l’article précédent

« L’Antique est ma jeunesse » Ce mot de Rodin signifie que le Moderne peut naitre d’un regard vers l’Antique. Il en fut ainsi à la Renaissance carolingienne lorsque les miniaturistes de Charlemagne s’inspiraient directement des manuscrits, des textes et de décors de l’Antiquité.

– Les Evangiles de St Riquier, sont des manuscrits témoins de la Renaissance carolingienne sous l’impulsion de Charlemagne en personne à Aix la chapelle. C’est le début de l’art Carolingien.

Les livres sont créés par des artistes étrangers de culture grecque. Ils sont imprégnés de l’antiquité et de source hellénistique. Les manuscrits carolingiens qui sont d’une grande nouveauté sont réalisés sur des parchemins teintés de pourpre et écrits en Onciales d’Or… dans la tradition des manuscrits pourpres de l’Antiquité tardive. Avec ces évangiles de Charlemagne à St Riquier c’est un nouveau style qui apparait. La jeunesse, le neuf est né de l’antique.

– Au 15éme et 16éme siècle la Renaissance fait apparaître des données nouvelles modernes, une pensée pétrie d’humanisme et des philosophes de l’Antiquité.
On s’inspire de l’architecture romaine, de la sculpture, (Donatello, Ghiberti) de l’inspiration mythologique de la peinture figurative des dieux du Panthéon gréco latin. Toutes les pensées et recherches formelles son tournées vers l’antiquité qui est le symbole de la nouveauté, de la vitalité et de la jeunesse.

Y compris dans les techniques artistiques : à la Renaissance le Stuc sera une nouveauté, une grande innovation directement inspirée de l’antiquité. Et ainsi le Stuc va permettre des réalisations étonnantes et aussi la création de sculptures en séries obtenues par moulage, ce qui constitue une vraie nouveauté moderne.

En est-il peut être maintenant de même ? Maintenant où il est bien de refuser tout ce qui touche au passé, à notre époque où les vrais héros sont « ailleurs », underground, où règnent les figures les plus ordinaires de la réalité et toutes les manifestations du quotidien rendues avec des moyens plus rapides de la publicité, de l’annonce, des médias, des people ou des jeux vidéos.

Une évolution, une révolution peut elle se faire jour ? devant ce Kaléidoscope où tout se brouille, se superpose, se délite sous couvert d’ « intellectualisme ». La jeunesse, (un sang neuf) est elle à chercher du côté des miniatures médiévales, du côté des mythes antiques dont les illustrations nous tendent les bras de toute part avec une richesse et une lisibilité toujours plus étonnante ?

Le travail, la recherche, l’étude, le métier et l’assiduité sont ils notre jeunesse?
Telle est la question que l’on peut poser. On est en droit de s’interroger devant la recherche obligatoire maintenant, du « pauvre, du maladroit, de l’illisible » à l’écart des notions de travail ou de métier .. ? ? ?

R.Dumoux

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