Le colpoteur - détail de la toile monumentale "Le siècle des Lumières" R. Dumoux- ©viapictura.com

Les Larmessin (1632- 1694)

Image à la une : « Le colpoteur » – détail de la toile monumentale « Le siècle des Lumières » R. Dumoux- ©viapictura.com

Auteur de l’ensemble monumental peint Pictorama (composé de 50 toiles de 5 m x 3 chacune) j’ai abordé le XVIIIème siècle avec une composition qui représente dans sa partie centrale, une figure importante, celle du colporteur qui parait afficher toutes les connaissances du siècle des Lumières.

Cette figure du Colporteur est constituée d’un assemblage de livres, d’images scientifiques, géographiques, de paysages et autres curiosités qui évoquent toutes les connaissances de l’époque.
En fait ce colporteur semble être dans la continuité de gravures du XVIIème siècle évoquant les métiers. Ce Colporteur parait être l’héritier de ces costumes grotesques du XVIIème siècle qui suggèrent les métiers.
L’ensemble de gravures célèbres sous le nom de « Les Larmessin » 1632- 1694 est une collection de costumes grotesques évoquant les métiers.

A la BNF il y a un dessin bien connu préparatoire à une gravure de Larmessin :
« L’Homme Livre et le Médecin ». C’est un homme barbu vêtu d’une robe de livres, alignés en rangées dont les titres citent Avéroès, Paul d’Egine et les grands médecins de l’Université de Paris.
L’estampe qui s’en suit montre l’élaboration des images au XVIIème siècle et permet de comprendre toute la série des costumes grotesques des Larmessin.

Voir cette page sur les Larmessin :

http://www.laboiteverte.fr/costumes-grotesques-et-metiers-de-nicolas-de-larmessin/

La suite des Costumes grotesques.

On commence à les étudier à partir des années 60.

Il s’agit d’une série d’estampes de gravures consacrées à la représentation de professions très en vogue au XVIIème siècle en Europe jusqu’à nos jours. (jusqu’ à Etienne Martin ou Birgit Jurgenssen )
Cette évocation des métiers se fait à partir de personnages isolés devant un paysage vêtus des attributs, outils ou produits liés à leur activité, qui devient leur habit, leur parure. Par exemple le potier est recouvert de récipients et son tour est une partie de son corps. Le personnage est ainsi totalement identifié à son métier. L’effet peut être comique mais aussi fantastique et bizarre.

Ces images sont dans la tradition d’Arcimboldo, dont le principe est d’utiliser des objets variés pour constituer un corps d’apparence humaine. Ce lien des Larmessin avec Arcimboldo est évident.

D’ailleurs Arcimboldo a aussi réalisé un homme livre. Mais outre cette parenté il faut signaler le fait que les Larmessin ont leur source dans la tradition des mascarades de la cour. En effet la famille royale se déguisait, lors de fêtes, en costumes se métamorphosant en êtres ou objets inattendus.

Les mascarades de la cour figurent des gens du peuple et leurs métiers. Telles sont les origines des Larmessin.
Ces costumes font l’objet d’estampes et certaines gravures détaillent les habits des différents métiers. La fantaisie qui est appliquée à ces costumes justifie le mot de grotesque. Dans les figures il y a quelque chose de naturel mais aussi de chimérique : c’est un habit ridicule, bizarre, extravagant.

Les auteurs des dessins et gravures sont les 3 frères Larmessin. Nicolas I,  Nicolas II, Nicolas III : l’un est libraire à Paris, éditeur, l’autre est l’inventeur, concepteur des figures et le troisième est graveur.
(Les dessins des Larmessin sont des habits de métier et pour se réaliser ils comportent des corrections, des modifications inventées par Nicolas I. Il y a une évolution de la figure : le médecin a une tête barbue avec un nouveau visage imberbe et des flèches brisées sortant de la bouche comme les foudres d’Hercule.

Un exemple de dessin et gravure de Larmessin : Le Mireur d’Urines. Ce personnage va observer les urines pour produire son ordonnance.
Cette figure se réfère à l’iconographie connue depuis le Moyen Age et il symbolise le médecin et son savoir, avec sa culture livresque, ses discours savants et son ordonnance à la main. L’accumulation de livres et références rappelle le médecin de Molière avec un discours ridicule de latin ou grec, et un « pompeux galimatias » sort de sa bouche.
L’attitude a un aspect chorégraphique : les bras soulèvent les pans d’un manteau dévoilant des reliures et l’on distingue les noms de médecins de l’antiquité : Hippocrate, Galien, Avicenne avec les apports grecs ou arabes.

En général la vision de la médecine dans ces estampes correspond à celle des comédies de Molière. Il y a une persistance, une continuité de cette vision. Et la gravure du médecin s’intègre à la série des costumes grotesques.

Ma représentation de la figure du Colporteur qui symbolise le siècle des Lumières et s’en inspire, se rattache à cette tradition des Larmessin, d’Arcimboldo et des figures des comédies de Molière.

R.Dumoux
www.viapictura.com

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