Le Cabinet des dessins du Louvre

Image à la une : Andrea del Sarto « Tête d’homme » – Dessin de la collection royale acquis sous Louis XIV – Musée du Louvre

Un cabinet des arts graphiques est né de la volonté de Louis XIV et il devient à la révolution, propriété nationale. Ce cabinet va alors s’enrichir considérablement au cours des siècles et constituer une prestigieuse collection de dessins : Ce sont des feuilles du XVéme au XIX éme, de Vinci, Piranèse, Fouquet, Delacroix, Dürer, Bosch, Pisanello, Mantegna, Bellini, Brueghel, Rembrandt, Bernin, Rubens, Murillo, Vasari, Jean Bourdichon, Primatice, Rosso, Goya, Ingres, Friedrich, Greuze, William Blake, Girodet, Victor Hugo… etc

HISTORIQUE. La véritable collection commence avec Louis XIV alors qu’avant il ne s’agissait que de pièces isolées. Vers 1670 on enregistre pour cette collection royale 101 tableaux et 5 542 dessins qui ont été négociés par Colbert. Puis on remarque un immobilisme malgré l’accroissement du « Fatras » du roi. Mais à partir de 1674 l’administration royale sort de l’immobilisme.

Le contrôleur des bâtiments du roi, Houasse est chargé des tableaux et dessins et il en fait un inventaire. Puis Antoine Coypel procède à un nouveau récolement en 1704. Cependant l »enrichissement du cabinet du roi n’a pas de vraie stratégie. On acquiert ici ou là… Par exemple Cochin prend en compte les dessins de Coypel, sa collection de dessins italiens et les siens propres. Comme il n’y a pas de stratégie on estime que le roi a déjà assez de fatras pour en ajouter encore.

On sort de l’immobilisme en 1774 après la mort de Mariette. En effet sa collection de dessins, illustre en Europe, est dispersée et 1 000 pièces sont acquises par le Louvre : des dessins de tous les pays du XVéme au XVIIIéme. Ces œuvres encadrées de cartouches dessinés par Mariette, sont parmi les œuvres essentielles du Louvre.

A la Révolution le cabinet du Roi est saisi, les dessins deviennent biens de la nation. Les dessins sont marqués et sont ensuite transportés dans un local fermé d’une double porte avec 3 serrures pour une meilleure protection. (Dans l’entresol des actuelles salles des antiquités du Louvre. Les dessins étaient rangés en paquets ou en porte-feuille dans 3 chambres. En 1792 la collection comptait 10 999 pièces.

Le 15 Aout 1797 est organisée une exposition de 415 oeuvres. C’est un premier accès aux collections jusque là tenues à l’écart. Les oeuvres proviennent du fond royal mais aussi de saisies sur les biens du clergé et les collections des émigrés, saisies qui ont doublé le fond royal jusqu’à 20 000 pièces. (La seule collection du comte de Morus comptait 14 000 pièces.) Il y eut un excellent accueil pour cette exposition, aussi les expositions vont se succéder jusqu’en 1845.

En 1802 Vivant Denon fut nommé directeur du Museum des arts au Louvre. Et il entreprend l’inventaire des dessins jusqu’en 1812. (Ensuite on ajouta à la collection les dessins acquis par Denon, par exemple 1200 dessins italiens) De la 2éme république au Second Empire : les dessins sont placés sous la responsabilité du conservateur Marius Granet.

De 1850 à 1860 Avec Reiset le cabinet des dessins est réorganisé et l’inventaire compte 36 000 pièces. On met alors un ambitieux programme de présentation au public. On organise un parcours chronologique dans 16 salles le long de la rue de Rivoli à l’étage. Sont présentés des dessins précieux de Raphael, Michel Ange, Léonard, Dürer, Poussin, Murillo… Reiset recherche d’autres oeuvres de qualité pour enrichir ce patrimoine. Par exemple en 1866 il fait entrer au Louvre 300 dessins attribués à Léonard, plus tard reconnus comme de Pisanello. Reiset s’intéresse à la production contemporaine comme la vente de l’atelier Delacroix. Et, pour le Louvre, il achète aussi à l’étranger dans des ventes importantes.

De la 3éme république à la guerre 39-45. Il y eut l’acquisition de dessins de Bellini, de Tiepolo. En 14-18 les collections sont évacuées. Cependant elles s’accroissent : en 1927 3 000 dessins sont légués par Moreau Nelaton. De plus, 1 524 dessins de Delacroix, 360 dessins de Corot et 260 de Millet. Plus tard le don le plus conséquent consenti fut celui des héritiers du Baron de Rothschild : 40 000 gravures et 3 000 dessins déposés au Louvre en Juillet 1936. Un véritable trésor dont la conservation est bien assurée.

Lors de la guerre 39-45 la grande majorité des collections est évacuée au château de Chambord. La collection Rothschild va au château de Valençay. De retour au Louvre en 1950 les dessins sont installés à l’aile Mollien puis en 1969 il déménage dans l’aile de Flore. Depuis 1950 le cabinet des dessins sous Mme Bouchot connait un grand essor avec des expositions à un rythme soutenu. En 1988, le Cabinet des dessins est officialisé comme le 7éme département du Musée du Louvre.

-> Inventaire du département des Arts graphiques du Louvre

J’ai écrit cet article en raison de l’aspect manifeste du développement d’une collection. (et dans le cas présent prestigieuse et magnifique.)

C’est finalement la création d’un monde, une sorte d’oeuvre d’art total avec de multiples acteurs jouant une partition sublime dans l’espace comme dans le temps.

Cette idée me fascine car je suis moi même modestement une sorte de collectionneur de mon travail de dessin… qui accumule des centaines, des milliers de dessins mettant en scène des figures, des paysages, des arbres, plantes zoomorphes, des objets, des accumulations d’objets à la Morandi ou bien comme les simulationistes ; des composition historiques, des monstres des portraits des animaux courants familiers ou bien multiforme, des objets historiques archéologiques, l’art antique grec ou égyptien, les études très variées à l’imitation des miniatures médiévales ou du musée de Topkapi. Sans oublier les dessins abstraits de formes, de courbes de niveau, rappelant les orographie des paysages chinois Ming ou Qing.

C’est un art total en mouvement en perpétuel progression, une forme de process-art. Composant aussi avec les robots, les vues du ciel, de l’espace, des étoiles et des pauvres humains qui s’éparpillent comme fétus en direction du trou Noir.

R.Dumoux www.viapictura.com

ob_3132b2_dess2007-6g-jpg » Le déluge » – crayon de couleur et mine de plomb. 21 x 29 cm – 2007 – R. Dumoux ©viapictura.com
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s