La sculpture actuelle

Image à la une : un lion en basalte néo-hitite du temple d’Aïn Dara en Syrie – 1300-700 avant J.C.

Égyptiens, Assyriens, le Bas relief d’un lion blessé à Ninive que j’ai eu l »occasion de copier en terre il y a des années, la porte d’Ishtar … Rodin,  Maillol etc ou Julio Gonzalès

Et récemment cette découverte des lions sculptés au Temple de Aïn Dara en Syrie (temple de 3 000 ans, détruit par les turcs fin janvier 2018)

Les chefs-d’œuvre de la sculpture demeurent ou renaissent.
J’ai beaucoup dessiné à partir de l’antique grecque, romaine ou d’Assyrie, de la sculpture de Rodin comme récemment à partir de ses dessins Noirs. De même en ce moment je dessine à partir de Maillol, comme avec les lions ou taureaux en céramiques colorées du Musée de Berlin avec les chefs-d’œuvre de Pergame.

Mon approche de la sculpture : l’Art des sculpteurs des lions en Syrie m’a fasciné par leur aspect très stylisé mais en même temps très naturels avec leurs proportions et aussi avec un dessin très appuyé, qui est gravé, incisé avec vigueur ..

J’ai alors pensé à la gravure en taille douce, du moins celle qui évite le flou vaporeux pour ne faire que du trait. Caractéristique puissante qui se retrouve dans l’Art de la Médaille  et des Camées (depuis Rome jusqu’ à nos jours). Art qui lui même va évoluer vers le Bas Relief  et s’affirmer jusqu’à la Ronde bosse.

Jusque là, j’ai participé à la sculpture du XXéme où domine l’art du collage (comme avec Dada ou  Schwitters), et de la soudure avec le fer soudé de Julio Gonzalès, César. Depuis Mark di Suvero ou Serra ou Stella puis avec Tingueli et les italiens ou autres anglo-saxons que l’on connait bien.

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« Sculpture assemblage » : iron and wood – 40 x 30 cm – Raymond Dumoux

Cependant cet art détruit, saccagé à coups de masse au Moyen-Orient depuis les Bouddhas de Bamian jusqu’à la Syrie où le temple, le Tétrapyle à Palmyre fut anéanti et cependant demeure vivant dans l’esprit.

Cet Art ne fait que constituer un Appel vers tous ces grands chefs-d’œuvre universels y compris en Afrique Noire (au Nigéria, la sculpture d’Ifé) où sont apparues ces admirables portraits sculptés en Ronde Bosse, si fameux depuis les Grecs, depuis Phidias et les frises du Parthénon, ou l’art  de Praxitèle.

Ayant réalisé dans ma recherche sur la sculpture des collages mais aussi des  assemblages parfois taillés de matériaux naturels ou artificiels, j’ai aussi approché de plus près la véritable sculpture ou encore le Modelage dans de petites statuettes en argile mais de petites tailles ; semblables à certains modelages de l’art Brut en argile ou mie de pain.

Peu à peu ces réflexions sur la sculpture m’ont conduit à considérer La Ronde Bosse chez Rodin ou chez Maillol. Ces deux œuvres étant nées d’une pratique prolifique du dessin.
Et suite à ces destructions guerrières des grands chefs-d’œuvre et par l’affaiblissement de la sculpture vers le spectaculaire mais sans le métier spécifique, j’ai été amené à reconsidérer cet Art de la sculpture dont on a presque oublié le nom.

Peut être une nouvelle orientation pour mon travail s’annonce, même de façon modeste ?

Après un long travail de dessin gravure et peinture y compris selon des dimensions monumentales ou bien aussi avec la pratique du métier dans des panneaux a tempéra (www.viapictura.com) la sculpture m’est déjà apparue avec une première réalisation cachée dans une caisse en bois : il s’agit d’une tête sculptée dans un bloc de ciment  granuleux, comme un masque ou un portrait funéraire couché où les traits du visage à peine esquissés sont comme la mémoire d’un proche disparu mais qui reste présent de façon intemporelle.
Cette tête m’a évoqué un instant le masque égyptien dans son sarcophage découvert au musée Guimet à Lyon. Il s’appelait Aménophis III.

NB
Il ne semble pas possible d’achever cet article sans évoquer en quelques lignes la présentation de la sculpture polychrome au musée d’Orsay.
Sont mis en évidence les liens qui existent entre la Couleur et la Sculpture au cours des siècles.
De l’Antiquité Gréco-Romaine au Moyen-Age, à la Renaissance, puis au XVIIéme siècle jusqu’au XIXéme siècle et XXéme.

R. Dumoux
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La Mésopotamie : Origine de notre Histoire

Image à la une : « La tour de Babel » vue dans l’atelier. Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit dans cet article d’évoquer la naissance de la civilisation, avec l’approche de la Mésopotamie.
( Précédemment on a pu s’intéresser aux origines mêmes de l’humain. En se consacrant aux lieux ou pays qui au delà des millénaires ont réussi à faire naitre à créer l’apparition de l’humanité, dépassant le monde animal.)

La Mésopotamie présente les premiers signes de la civilisation, signes qui vont prévaloir  dans les diverses civilisations de la planète, au cours des siècles.

• 1852  c’est la découverte de la Mésopotamie, avec le début des fouilles de  KHORSABAD. Il s’ensuit un grand engouement, et une science, en raison de l’importance majeure du patrimoine pour l’humanité. Importance accrue du fait  de la menace actuelle sur ce patrimoine.
L’Assyriologie  devient une discipline. Cette science s’intéresse à tout ce qui s’est passé dans ce pays avant la conquête d’Alexandre Le Grand en 331  avant J. C. Ce passé vertigineux a été étudié depuis 10 000 avant J.C.
Alors un territoire plus précis se distingue avec l’Irak actuel, le Koweit, une partie de la Syrie et de la Turquie. C’est une vaste plaine entre les deux fleuves venus du Nord : la Mésopotamie entre le Tigre et l’Euphrate. On distingue deux régions principales : l’Assyrie et la Babylonie dont l’influence s’étend  en Syrie à Suse.
Cette Mésopotamie  est plurielle mais a aussi une grande unité.

Cette région riche en agriculture et aussi pour l’élevage à cause du sol très fertile,  mais elle doit chercher  ailleurs d’autres ressources qui lui manquent  telles que le métal et la pierre.
Ainsi des échanges ont lieu avec d’autres pays  et s’ensuit un commerce important. Les artisanats sont très développés pour la métallurgie, la vannerie et les matières vitreuses. Pour toutes ces raisons, c’est une région traversée par des marchands et des mouvements de population.

• Les populations sont les Sumériens et les Akkadiens et d’autres groupes comme les Araméens, les Amorties, les Hurrites et les Kassites.
Les pluralités s’expriment  dans  les dialectes locaux. De grands roi conquérants unifient et pacifient les territoires : par exemple, Sargon Hammourabi Assurbanipal Nabuchodonosor.
Les différentes cultures sont unies par l’économie, par la religion, et l’écriture cunéiforme  est commune à tous. Elle permet le rayonnement de la culture de Mésopotamie.

La Mésopotamie, le Pays de l’argile.

Cette terre, l’argile, a été très importante pour le pays car elle a été le support principal de l’écriture, la première écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers l’an 3200 avant J.C. Ainsi va se conter l’histoire de la Mésopotamie dans les détails.
L’argile est le matériau de base pour l’écriture mais aussi pour l’architecture.

Depuis la préhistoire cette terre est omniprésente, et tellement qu’il est dit que l’homme a été  créé à partir d’argile par le Dieu Enki.
La céramique apparait vers 7 000 ans  av J.C .
L’argile est le matériau de base de la civilisation. des milliers de briques permettent de construire d’immenses villes, des ziggourat et des bâtiments énormes comme la tour de Babel. Et la Brique sert de pierre et le Bitume de mortier, de joint contre l’humidité. L’argile a ainsi permis la construction extraordinaire des jardins de Babylone.

Il n’y a pas de pierre en Babylonie, mais ce pays est riche en agriculture avec les Grains de Cérès, le blé. C’est un Eden de l’agriculture. La plaine est couverte de palmiers. Hérodote dit que l’on en tire des fruits et du vin. Pour ce faire, on a inventé l’irrigation avec des machines hydrauliques des réseaux de canaux. L’irrigation commence en 6 000 ans avant J.C. Le Tigre et l’Euphrate sont les seuls fleuves du Paradis terrestre. Pour cela il y eut aussi la force du Travail et l’inventivité des hommes.
Les fleuves sont la  voie de circulation naturelle pour les bateaux et le commerce. Ces fleuves sont dangereux et imprévisibles avec les crues ; (le récit du Déluge avec le dieu Enki fut imaginé et continué dans la Bible.)

Ce pays était exposé aux raids aux envahissements pour exterminer des peuples. Ainsi fut créé un récit mésopotamien à propos du Déluge, un récit magnifique : ce fut  l’épopée de GILGAMESH . Les faits sont décrits tels que on les lira plus tard dans la Bible.
Outre la savoir scientifique et le création des villes et de l’écriture, la Mésopotamie nous a donné des mythes et des récits magnifiques, d’un grande sagesse.

Cette culture a peu à peu disparu après la conquête grecque. Et il en résulta un grand rayonnement pour cette culture.
Aussi la Mésopotamie est vue comme le berceau de l’humanité et la première étape majeure dans l’histoire de l’humanité.
Actuellement cette force première est menacée par les destructions de sociétés barbares. Ce paysdemeure une civilisation antique de première importance pour notre civilisation, comme ancêtre de la culture de l’architecture et de la Bible.  A protéger d’urgence .


LES CITES, 4000 ans avant notre ère.
Les premières villes sont apparues entre le Tigre et l’Euphrate, avec les innovations techniques autour de l’agriculture, du commerce, des échanges et technologies scientifiques. Le fonctionnement repose sur l’invention de l’écriture, faisant avancer les sociétés au delà de l’oral. Avec en plus le décompte du temps selon le calendrier divisé en 12 mois et le savoir astronomique.

Toute l’histoire des ROIS et des empires se révèle avec précision avec l’histoire des VILLES importantes telles que :
Uruk, UR, NIPPUR, NINIVE, BABYLONE, ASSUR, MARDUK.

Un exemple : Babylone La perle de l’Orient ancien.
C’est la capitale d’empire avec Hammurabi au 17éme siécle. C’est une mégapole. Elle enflamme l’imagination par sa démesure et par sa ziggourat de 70 mètre de haut. Cette capitale présente une très grande voie d’échange avec la magnifiques porte d’Ishtar (reconstituée à Berlin). Les villes sont les piliers de la civilisation en Babylonie.

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Porte d’Ishtar. Musée du Pergame, Berlin

 

La description de la Mésopotamie est très complexe et importante, car elle présente pour la première fois, tous les fondements de la civilisation, de la culture, de la justice, de l’architecture et des matériaux comme de l’agriculture et des échanges et communications avec les autres pays.

Bien que les bases soient ainsi posées, il convient de compléter ensuite cette introduction à  la naissance de la Civilisation, par une étude plus complète et détaillée.
 

Le document de cet article est une toile de 5 mètres x 3 que j’ai réalisé a tempéra : la Tour de Babel. Cette toile est un élément de mon ensemble monumental peint composé de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune. Panorama  évoquant l’histoire de l’humanité depuis le Big Bang et traversant les siècles, jusqu’à nos jours pour se projeter dans le Futur avec la conquête de l’espace, les implants ou les robots, la génétique.

R. Dumoux
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L’Art Égyptien

Image à la une : décor du tombeau de Toutankhamon © Factum Arte

L’Égypte ancienne se caractérise par le souci de l’au delà, de l’âme du défunt et la pratique d’un grand art Sacré.
Cet article ne vise pas à relire les siècles et la succession des empires, mais surtout il veut mettre en valeur un Art tourné vers la Force de l’Esprit, l’Élévation de l’âme et le sens du Divin, du Sacré auquel l’humain est invité. Invitation à laquelle nous sommes particulièrement sensibles maintenant, avec la contemplation de ces sculptures, pour lesquelles nous sommes disposés à offrir un culte quotidien.
Ces sculptures sont un art sacré sujet à un culte et elles nous permettent de renouveler sans cesse le mécanisme de la Création.
L’humain vit avec ces statues, les nourrit, leur donne des processions et des fêtes.
Dans les célébrations quotidiennes, le Souverain, le pharaon doit donner l’exemple, avec son collège de prêtres. Tous ces rituels sont gravés sur les murs des temples, c’est un Art Sacré.

Historique. On peut citer et situer quelques empires de pharaon sur 3000 ans et 30 dynasties. Le mot Pharaon vient de la Bible et désigne le palais qui est attaché à la personne royale.
Le Pharaon est promoteur de l’art. Il est consacré fils de dieu et dieu lui même, monarque absolu. Au dessus de lui il n’y a que la déesse de la Vérité et de la Justice.
La religion en effet détermine l’ Art :
il y a un Art funéraire et d’autre part un Art divin dans les sanctuaires.

1 – Un art funéraire dans les tombeaux et les habitations où toutes les richesses sont consacrées à la vie dans l’au-delà et à l’éternité.
Opposition irréductible avec notre civilisation actuelle où toutes les richesses sont consacrées à la vie terrestre et aux banalités matérielles. De nombreuses œuvres d’art actuelles en font largement état… L’idée de l’élévation de l’art, du spirituel a disparu. Parler du spirituel ou du Requiem de Mozart ne semble pas correct.

2 – Et puis il y a un art Divin où s’exerce cette création. Cet art apparait dans les temples, là où le roi préserve l’équilibre du monde. La statue du temple reçoit un culte quotidien. On l’habille, la nourrit l’encense dans des processions. Et les rituels son gravés sur les murs.
Sanctuaires et nécropoles sont des constructions gigantesques Il faut une main d’œuvre considérable pour édifier les monuments pharaoniques et les entretenir.
Les tables d’offrandes sont liées aux dons de l’exploitation des terres agricoles. Ainsi en Égypte l’art est utilitaire, fonctionnel mais il est un joyau spirituel de la civilisation mondiale.

Stylisation et Dessin. C’est un style linéaire ornemental Tout est sculpté avec précision selon des traits abstraits. Parfois le texte est l’essentiel du motif décoratif. L’écriture est proche du dessin : c’est une caractéristique du décor pharaonique.
Un Art Somptueux : les matériaux utilisés sont variés et proviennent d’Égypte ou aussi des colonies. Par exemple : le grès, le calcaire , le granit rose à Assouan, l’albâtre. Ce sont des blocs parfois gigantesques. Il y a aussi les pierres semi-précieuses : turquoise, cornaline,améthyste dans le Sinaï et aussi le cuivre. Le lapis – lazuli d’Afghanistan ; l’Or de de Nubie, l’argent d’Asie.
Les bois sont utilisés tels l’acacia,le palmier, le sycomore, et les bois locaux. Mais aussi les bois importés : cèdre, ébène , ivoire de Nubie. A partir de cette base, l’iconographie royale est fixée et aussi les canons du dessin. De plus on maîtrisera la taille de la pierre en architecture.

Les Tombeaux et les Temples constituent une Architecture Monumentale sacrée. Citons d’abord les masses rectangulaires des Mastabas. Puis à partir de la 3éme dynastie la Pyramide devient le symbole de la tombe royale. On découvre la pyramide de Djéser, à degrés, à escaliers que le monarque emprunte pour accéder au soleil. Ces célèbres tombeaux royaux sont sur le site de Giza : Chéops , Chéphren, Mykérinos.
Puis au cours du nouvel empire les souverains se font creuser des Hypogées. On creuse les caveaux dans le rocher pour recevoir la momie. Les textes et le décor mural de la chambre sépulcrale aident le monarque à renaître. L’Hypogée s’enfonce dans le rocher et le sarcophage est au fond dans la chambre sépulcrale.

Les temples. Les dieux ne sont pas sauveurs de l’humanité mais ils sont créateurs et régulateurs du monde. C’est un Panthéon multiple. Des systèmes théologiques expliquent la naissance de l’Univers à partir des principaux démiurges. Par exemple : Thot à tête d’Ibis, Ptah, Atoun ou Ré. Horus le Faucon, Hathor et Isis, Anubis l’embaumeur et Osiris roi dans l’au delà. Et les divinités locales qui s’imposent comme Amon à Thèbes. Le Temple est le palais des dieux : il rappelle le lieu primordial sur lequel le dieu démiurge a créé le monde.

Un disque solaire avec deux ailes déployées décore le sommet des porches. L’ensemble est un monde en réduction comme un résumé de la création divine et les plafonds imitent un ciel étoilé avec des vautours. A la base des murs sont des fourrés de papyrus évoquant la terre et la végétation.

A Edfou, le temple d’Horus (époque des Ptolémées) permet de préciser le plan de ces monuments divins.
L’entrée principale est le Pylône : il représente une forteresse symétrique protégeant le dieu contre les forces nuisibles et il figure aussi les deux montagnes entre lesquelles se lève le soleil.
Puis derrière cette façade plusieurs cours bordées de colonnes : c’est l’accès, la porte de l’édifice. Ce sont alors deux salles hypostyles avec colonnes s’ouvrant sur le NAOS qui contient la Statue du culte.
Ce Naos présente des chapelles de chaque côté. Et puis il y a de nombreuses annexes et magasins pour entreposer le nécessaire au culte quotidien. On veut aussi montrer la distance l’éloignement du Dieu en allongeant la perspective, jusqu’au saint des Saints.
Il est intéressant de montrer en somme la complexité des temples. Cependant autour de ces quelques éléments importants s’ajoutent:
– un Dromos, allée bordée de sphinx avant le pylône.
– un Mammisi maison de naissances annexée au temple.
– des cryptes sont aussi prévues pour entreposer le Trésor du Temple. Ce plan général du Temple Égyptien est bien connu au cours des époques.

Des éléments du Temple restent à décrire tels :
– les Colonnes et chapiteaux. dont les formes sont inspirées de végétaux, de palmes ou papyrus et témoignent d’un richesses d’inspiration religieuse.
le décor architectural : Bas-reliefs ou peintures sur bois ou sur pisé ou pierre. Le décor c’est l’horreur du vide car les plafonds sont recouverts ainsi que tous les murs. C’est un art intellectuel qui récréé l’objet pour faire apparaitre l’essence même.
Le Bas Relief comporte deux techniques différentes.
A l’extérieur des monuments on utilise une gravure profonde ; des rainures très accentuées.
A l’ intérieur, il s’agit d’un bas relief saillant. Le fond du relief est creusé pour faire ressortir le figures en méplat.

Autres éléments à étudier :
Le décor des tombes royales : les sépultures des vallées des Rois.
Le décor des tombes civils tels que les Mastabas de l’Ancien Empire.
Le décor des Temples.
La statuaire royale comme Chéphren ou Toutmosis. Le roi est immortalisé avec le pagne et la coiffure (les nèmes et uraneus)
La statuaire civile.
Tous ces points si particuliers et riches seront développés ultérieurement .

Tous ces aspects témoignent de l’art égyptien qui dans toutes ses caractéristiques est consacré au culte religieux, à l’esprit et à la vie dans l’au delà, avec le sens du Divin et du Sacré.

R. Dumoux

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les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

R.Dumoux
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Le temple d’Hérode

Image à la une : Maquette du temple d’Hérode à Jérusalem

 

Le temple d’Hérode  (art. 2)
Il semble nécessaire de compléter même brièvement l’article précédent par un commentaire du temple d’Hérode, (après avoir visité successivement le temple de Salomon puis le temple de Zorobabel).

Surtout connu pour le Massacre des Innocents, Hérode fut un des grands bâtisseurs de l’antiquité et il rénova aussi le temple de Zorobabel. Il a d’autre part édifié 3 autres temples. Et il voulut créer là un ensemble sacré des plus ambitieux du monde ancien, lieu où Jésus va prêcher.

Hérode entreprend la rénovation du temple de Zorobabel en 19 avant JC et ce travail s’achèvera en 63 de notre ère.
Hérode démantèle le temple de Zorobabel et le remplace par une structure neuve. Il en fit un superbe édifice, prodigieux, merveille du monde antique.
Le temple d’Hérode était composé de 3 parties; le parvis, le Saint et le Saint des Saints. Comme pour le temple de Salomon.

La façade était revêtue d’or et mesurait  52 m x 52 , Le portail laissait voir une porte ouvragée. Un grand voile multicolore était à l’entrée du Saint.
Le Saint des Saints formait une grande pièce entièrement revêtue de plaques d’or.

Le mobilier était le même que dans le temple de Salomon :

Le Saint contenait un candélabre à 7 branches, l’autel de l’encens  et la table des pains.
Le voile qui séparait le Saint du Saint des Saints est sans doute celui qui se déchira au moment de la mort du Christ. C’était un voile de brocart : le rideau du temple.
(J’évoque ce voile car il apparaît dans ma toile de 5 m à propos du  monde romain finissant et de la naissance du christianisme.)

Le Saint des Saints  était un cube  de 10m de côté recouvert de plaques d’or martelé, avec la présence de la Pierre de fondation, l’origine de la création du monde, ce bloc de pierre… qui est peut être celui du Dôme.
On voyait dans le Temple une représentation du Cosmos.

Ce magnifique temple d’Hérode fréquenté par le Christ pendant sa vie publique, fut détruit par les romains et Titus en 70 de notre ère.

L’ensemble de ces notes présente sans doute des lacunes et en particulier par rapport au devenir du lieu du Temple. Mais il faut noter qu’il s’agit là de documentations pour un peintre et aussi de suggestions de formes, de décors et d’inspirations colorées  qui sont  essentielles dans la composition et la réalisation de telles oeuvres. (cf : mon ensemble monumental peint de 50 toiles de 5 m x 3).  On remarquera en particulier la forte présence de l’Or, incarnation du spirituel, du sacré.

R. Dumoux
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Le Temple depuis Salomon

Image à la une : Vue artistique fantaisiste du temple d’Hérode par Nicolas Poussin

Depuis Salomon : Le Temple. Le Tabernacle. Le Temple de Salomon. Le Temple de Zorobabel.

Dans l’ ensemble de mon travail un certain nombre de toiles se rapporte à des thèmes historiques depuis la haute antiquité. Ainsi un certains nombre d’éléments ou de décors et d’architectures sont mis en scène  dans ces réalisations.
Dès les origines les plus lointaines on remarquera des constantes frappantes dans les organisations de l’architecture et donc une permanence.
Depuis l’Egypte, depuis Babylone, en accompagnant Moïse ou Alexandre, il m’était nécessaire de comprendre quelques monuments essentiels de ces civilisations, avant de dessiner.
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Ainsi le 1er  monument qui a retenu  ma curiosité fut le Temple. Quelle est son origine ?

 1- Le Temple
Le temple des anciens était la résidence terrestre d’un dieu ou d’une déesse. Cette divinité y était honorée par des cultes, des sacrifices, prières, musiques et offrandes. Afin de préserver la bienveillance de la divinité.

Le temple était souvent construit à proximité du palais royal. Il était élevé sur un centre géographique : il était le nombril du monde et avait le pouvoir de vaincre le chaos.
 Ainsi fut le temple de Marduk à Babylone, accompagné d’une ziggourat liant le ciel à la terre. il était construit dans l’alignement du mouvement du soleil et des étoiles, étant ainsi lié au Cosmos.
Au centre de la cour du temple il y avait un grand bassin, une cuve appelée « mer ».

Temple et Jardin à Babylone. Les dieux cultivaient un jardin luxuriant et fertile après avoir recueilli les eaux primordiales.
Le dieu Enki, autour de son temple, installe un jardin des délices rempli d’arbres fruitiers et d’oiseaux chanteurs.
Le temple par son ornementation sera le reflet de ce jardin floral. Par exemple les temples égyptiens ont sur leurs parois des scènes de jardin extraordinaires.

Le temple de Salomon déployait une profusion de décors floraux.
L’image du jardin d’Eden qui est souvent présente : Dieu plaça Adam et Eve dans un jardin dans l’Eden. De ce jardin sortait un fleuve qui se divisait en 4 pour irriguer le monde. C’est le thème de la Création et de l’Eden qui est souvent repris dans le temple de Salomon comme dans celui d’Hérode. La cour du temple de Salomon comprenait un un jardin avec des palmiers, des cèdres, des cyprès et un décor sculpté d’arbres. Le temple représentait le Cosmos, les cieux, la terre, la mer et Dieu assujettit le Chaos et impose la création dans son jardin.
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2- LE TABERNACLE

qui contient l’Arche d’Alliance. Durant la marche vers la terre promise, les hébreux se déplaçaient avec l’arche dans le tabernacle.

Sur le Mont Sinaï, Dieu révèle sa Loi et formule l’alliance : il donne les 10 Commandements. Ils seront gravés sur les tables de la Loi et conservés dans l’Arche d’Alliance.

Le tabernacle est un sanctuaire qui contient et abrite l’arche : il consiste en une tente mobile.
Cette tente mesurait 13 m x 4 m 50 : elle était composée de parois en bois et bandes d’étoffe de lin brodé et couverte de peaux de chèvre à l’extérieur.

L’ensemble du tabernacle est divisé en 2 carrés :
– une partie (le Saint) qui sert au culte  des prêtres avec trois éléments : l’autel de l’encens, la table des pains  et le candélabre
– le Saint des Saints qui contient l’Arche d’Alliance.

L’arche est un coffre d’acacia plaqué d’or de 112 x 69 cm Le couvercle était décoré de chérubins d’or. Il y avait deux poignées pour le  transporter. Et ce coffre contenait les tables, de la manne, et la verge d’Aaron.

Telles étaient les 3 parties du tabernacle :
– le parvis à ciel ouvert avec un bassin et l’autel des holocaustes.
– le saint avec le candélabre, la table des pains de proposition et l’encens.
– enfin le saint des Saints contenant l’Arche d’Alliance dont nous venons de parler.

Le Tabernacle servira de modèle pour la construction du temple.

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 3- LE TEMPLE DE SALOMON

Israel devient un royaume sédentarisé sous David (1010- 970) Et il fut décidé de créer pour Dieu une demeure permanente en pierre.

Les 10 siècle depuis David ont vu la construction et la destruction de 3 temples au même endroit.

1-  Le temple de Salomon édifié vers 968 av.JC.  Il fut détruit par les babyloniens et Nabuchodonosor en 586.

2- Le temple de Zorobabel. Il fut construit en 515 av. JC. Il fut remplacé en 19 par le temple d’Hérode (après démantèlement du temple de Zorobabel)

3- le temple d’Hérode construit en 19 avant JC.  Il fut détruit par les romains, par Titus en 70 de notre ère.

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 DESCRIPTION du Temple de Salomon.

Il reprend le modèle du tabernacle mais en plus grand et en pierre : c’est un édifice rectangulaire de 32 mètres x 13 x 9  avec des cours annexes. Le porche regarde vers l’Est.
Il se compose de 3 chambres:

1– le vestibule (le porche) Il mesure 9 m x 4. C’est un espace sans mobilier.

2– la longue nef (le Saint) Il mesurait 18 mx 13 x 9 . Il y avait un autel en or pour l’encens et une table pour les pains de proposition, d’oblation. Il y avait aussi 10 grands chandeliers en bois. Encensoir et bols étaient en or massif.

3- et le Saint des Saints. Cube de 9 m d’arête. C’est ici que l’on place l’Arche d’Alliance. Elle est protégée par 2 chérubins revêtus d’or.
Cet édifice était en pierre avec des revêtements et des panneaux d’or.

– Dans la cour devant le temple se dresse un autel carré en bronze destiné au sacrifice. Il y a un bassin (pour les prêtres) en bronze appelé « la mer », reposant sur le dos de 12 boeufs de bronze. Il y avait encore 10 petits bassins pour laver les offrandes.

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La DESTRUCTION du Temple de Salomon

En 586 avant J.C., Nabuchodonosor et les Babyloniens incendient le temple et pillent les trésors.
Les prophètes avaient pensé que le temple était corrompu par les rites cananéens.

EZECHIEL eut une vision, celle de Dieu trônant sur un char flamboyant, entouré de chérubins à 4 faces : d’homme, de lion, de taureau et d’aigle.
(Cette énumération à elle seule est inspiratrice d’une suite de  4 panneaux  a tempéra, dans le déroulement annuel de mon travail avec l’évocation du Tétramorphe)
Ezéchiel décrit la gloire de Dieu quittant la temple avant sa destruction. Mais avec des promesses de rétablissement d’un sanctuaire  et il va décrire ce temple futur dans sa vision.
Ainsi conformément aux écritures de Jérémie et Ezéchiel, après 18 mois de siège de Nabuchodonosor, Jérusalem tomba et le temple fut incendié.

4- LE TEMPLE DE ZOROBABEL
La destruction du Temple fut traumatisante pour les Juifs.
Mais bientôt Cyrus va autoriser les Juifs à rentrer chez eux et à rebâtir le temple.
De retour à Jérusalem ils établissent un autel et les fondations d’un temple.
Ce fut donc le second temple appelé temple de Zorobabel qui resta le centre de culte de 515 à 19 avant J.C.

(Et à cette date il fut remplacé par le temple d’Hérode  et qui sera détruit par Titus.. ) : ce sera l’objet de mon prochain article.)

 Temple-Salomon-Ezechiel
Vue  du temple de Salomon par Perrot et Chipiez d’après la description d’Ezéchiel

 N.B.Toutes ces notes à propos des temples sont précieuses car elles me servent à dessiner; à imaginer, à resituer  et même aussi à construire des « maquettes » ou modelli  inspirés… ce qui peut devenir pour moi un projet de réalisations en volumes.

R.Dumoux

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Les épreuves de l’âme : Psyché

Image à la une : Amour et Psyché – Auguste Rodin

Tous les mythes dont il a été question dans les articles précédents relatent les aventures dangereuses de personnages hors du commun : tels sont Héraclès, Persée, Œdipe, Jason, Ulysse, Icare ou Bellérophon et enfin Psyché.

Ce qu’ils subissent ou dominent appartient à un monde surhumain, hors du commun des mortels.
Les combats qu’ils livrent sont hors du commun et ils deviennent des mythes, comme des messages à interpréter. Ces mythes sont comme des histoires déguisées, des pérégrinations de l’âme à la recherche de l’absolu, à la recherche d’un paradis perdu et d’un bonheur futur..


Le récit de Psyché narre les aventures de l’âme : c’est le récit des amours d’Éros et de Psyché.

PSYCHÉ, c’est le nom grec de l’âme.
Elle avait 2 sœurs mais elle était la plus belle. Son père consulta un oracle qui lui dit de placer sa fille sur un rocher en attendant l’arrivée d’un horrible monstre.
Le monstre ne vint pas mais seulement un vent léger la souleva dans les airs pour la déposer dans un vallon devant un beau palais.
Un être divin habite ce palais et une voix dit : ce palais est le tien et tous tes vœux y seront exaucés. Dans le palais les portes s’ouvrent devant Psyché et elle aperçoit sa chambre où peut être viendra le monstre qu’on lui a prédit.

Le soir vint et étendue, Psyché sentit sur son corps la présence d’un être entièrement invisible. Chaque soir il revenait mais il ne voulait pas qu’elle cherche à le voir. Chaque jour, chaque soir il pressait Psyché. Elle eut un enfant.
Les sœurs de Psyché étaient jalouses de ce palais et elles voulaient savoir qui était le père de l’enfant.

Il fallait que Psyché voit qui était ce « monstre ». Aussi elle dissimula une lampe sous le lit et quand l’époux fut endormi elle saisit la lampe, la leva pour voir le dit monstre.

Mais au lieu d’un monstre, elle vit une créature de rêve et en demeura muette de stupeur et de joie.

Ce « monstre », cet époux merveilleux, c’est Amour, ou Cupidon, fils de Vénus
Le dieu Amour éveillé est ainsi dévoilé, trahi. Aussi il s’envole vers le ciel.

A la suite de ce fait  commencent les errances de Psyché, à la recherche de l’amour perdu.


Ainsi les mythes évoquent l’aventure de l’homme.

L’homme dans son corps mortel devra surmonter les épreuves pour retrouver des conditions paradisiaques.
L’homme devra vaincre les dragons.
Il lui faudra dominer se passions, ne pas écouter les sirènes.
il devra respecter les interdits. Et enfin il devra espérer vaincre la mort et accéder à l’immortalité.

– Sirène, dragons, monstres, roches errantes, toisons d’or, regard pétrifiant de Méduse, finalement ce sont les alliés de l’homme puisque sans ces obstacles il ne pourrait acquérir les vertus lui permettant de retrouver le ciel.

Tous ces obstacles, toutes ces figures inquiétantes sont une source d’inspiration permanente et me stimulent dans mon travail graphique, écrit ou pictural.
(Pour chacune des descriptions relatives à Psyché existent des dessins précis et aboutis  qui sont ensuite repris dans mes toiles ou panneaux a tempéra.)

Cette série d’articles et de descriptions mythologiques pourra être complétée ultérieurement.
Cependant, les grandes figures et les métaphores les plus parlantes sont ici parcourues.

R.Dumoux
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Ulysse et les sirènes de l’oubli

Image à la une : « Ulysse et Circé » – dessin plume et crayon rouge – © R. Dumoux – 2001

Le récit de l’Odyssée incorpore des mythes déjà rencontrés dans les récits de Jason et les Argonautes : les Sirènes, Charybde et Scylla, la rencontre avec Circé… etc

En plus pour Ulysse, il y a le récit du combat contre Polyphème :

Ce cyclope avec son oeil unique au milieu du front incarne la rusticité. Il est l’incarnation des forces élémentaires de la nature, une créature sauvage de l’aurore des temps.
Polyphème est anthropophage et il va dévorer six compagnons d’Ulysse.
Ulysse va le vaincre par la ruse : il l’enivre et transperce son oeil à l’aide d’un pieu rougi au feu.
Ulysse va fuir ensuite avec ses compagnons en s’attachant au ventre des moutons parqués dans la caverne de l’ogre.

Dumoux_Polypheme« Polyphème » – dessin plume et crayon rouge – © R. Dumoux – 2001
Charybde et Scylla :
Charybde avait dévoré les troupeaux d’Héraclès. Aussi elle fut contrainte pour l’éternité à n’être plus qu’une bouche avide et insatiable absorbant et régurgitant d’énormes quantités d’eau.
En face de Charybde il y avait Scylla.
Scylla a six gueules de chien et elle dévore tout ce qui passe ; Ulysse y échappe par la ruse.

Autres périls d’Ulysse

– les Lotophages ou mangeurs de lotus : ils se nourrissaient d’un fruit qui faisait perdre la mémoire : c’est un fruit d’oubli.

– Autre tentation et péril d’Ulysse : la magicienne Circé. Elle habitait un palais au fond d’une vallée et recevait les voyageurs. Voyant arriver les compagnons d’Ulysse, Elle les accueillit, leur offrit un repas et une boisson magique. Cette boisson les transforma en animaux divers.

Mais Ulysse va déjouer les pièges de Circé et et il va donner à ses compagnons, avec l’aide de Hermès, une herbe qui va combattre les effets de la boisson. Ainsi Ulysse va conserver la forme humaine et la transmettre à ses compagnons.

– Enfin il est un péril célèbre pour Ulysse : celui des Sirènes, filles des muses. Elles sont  quatre : deux sirènes chantent, la troisième joue de la flûte  et la quatrième de la lyre.
Elles chantent des mélodies qui envoûtent. Lorsqu’on les écoutait, on était sous le charme de la magie et projeté dans les griffes de monstres dévorant.
Aussi Ulysse se fit attacher au mât de son navire et  il évita de se dissoudre dans les plaisirs du monde.

 – Un dernier danger pour Ulysse fut celui des Vaches du soleil : dans une île du Sud consacrée au Soleil, les compagnons d’Ulysse affamés se jettent sur les vaches  pour les manger. Mais ils furent comme empoisonnés par cette nourriture interdite.


Ulysse parvint à revenir à Ithaque.

Et alors on assiste au massacre des Prétendants puis aux retrouvailles de Pénélope.
(On ne peut s’empêcher de penser et de citer les belles toiles de Gustave Moreau)

Dumoux_Ulysse2« Ulysse et les prétendants » – dessin plume et crayon rouge – © R. Dumoux – 2001
Plus tard Ulysse ne restera pas à Ithaque et  reprendra la mer et comme un éternel errant il va rechercher un lieu pour y mourir. Un lieu où les hommes ne connaissent pas la mort…..

Thalassa … la mer.

R.Dumoux
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Jason et la toison d’Or

Image à la une : Jason et le Dragon – petit panneau a tempera – R. Dumoux – © viapictura.com

Note au lecteur :
Continuer ainsi ces récits mythologiques peut sembler scolaire. Sans doute.
Cependant, c’est là une source inépuisable de pensées pour la création dessinée, gravée et peinte. Dans mon travail, de nombreuses réalisations  anciennes ou récentes en témoignent.
Et surtout, il y a  toujours un récit qui nous touche de près dans ses métaphores, parmi les symboles qui sans cesse évoquent des histoires de notre vie, du déroulement de diverses péripéties et qui nous assimile au destin des héros fabuleux de Persée à Oedipe etc…


Jason et la Toison d’Or

C’est le cycle légendaire du récit des Argonautes. Nous assistons à une expédition proche de l’Odyssée mais moins codifiée.
Le texte d’Apollonios de Rhodes a essayé de donner une unité à ce cycle, dans ses « Argonautiques ». … sous forme d’une compilation savante.

          ORIGINE de la TOISON D’OR
Elle appartenait à un Bélier divin qui portait une toison d’or, et qui pouvait voler.
Ce bélier sacré était fils de Poséidon et de Théophane;
Le bélier dut transporter 2 jeunes gens dont Phrixos qui fut reçu par le roi Aètes : Phrixos sacrifia le bélier et donna la toison d’or au Roi qui la cloua sur un chêne dans une forêt..
C’est cette toison d’or que les Argonautes doivent retrouver et rapporter.

         L’EXPÉDITION des ARGONAUTES

Les Argonautes sont de 50 à 55. Parmi eux il ya avait Orphée, Héraclès et Thésée. Ils construisirent un navire appelé Argo. L’Argo part donc de Thessalie et va vers la Colchide.
Ainsi Jason en route vers la Colchide devra subir des épreuves, sorte d’initiation permettant de conquérir la toison d’or.

           Les ÉPREUVES de JASON

– Il rencontre d’abord le devin Phinée qui subissait un châtiment des dieux : chaque fois qu’il voulait manger, les harpies, mi femmes mi oiseaux, les Harpies ravineuses se jetaient sur les aliments. Deux argonautes vont les poursuivre et les chasser, ainsi Phinée indiqua aux argonautes les dangers qu’ils allaient rencontrer.

– Le principal obstacle était constitué par deux rochers à l’entrée des Dradanelles. Il s’agissait de deux énormes écueils qui pouvaient se refermer lorsque un bateau passait. Aussi les Argonautes envoyèrent une colombe qui au passage ne perdit que quelques plumes.
Le navire franchit la passe et sa proue fut légèrement touchée. Puis les Argonautes filent vers la colchide.

– Toutes les épreuves avaient pour but d’empêcher les argonautes d’aller en Colchide, et ne pas conquérir la Toison d’Or.

Jason dut dominer 2 taureaux sauvages et monstrueux aux sabots de bronze et aux naseaux crachant le feu. Grâce à l’aide Médée, Jason fut enduit d’une crème qui le rendit invulnérable aux cornes des taureaux.

– Jason ensuite a vaincu une foule d’hommes en armes en jetant une pierre au milieu d’eux de façon à ce qu’ils se disputent et s’entre-tuent.

– Enfin, pour Jason pour la dernière dernière épreuve, il ne lui restait plus qu’à vaincre le dragon, et cela il le fit à l’aide d’un somnifère préparé par Médée.
Ainsi Jason put s’emparer de la Toison d’Or pour regagner la Grèce.

      LE RETOUR DES ARGONAUTES

Ce fut mouvementé, avec diverses aventures et le navire Argo suivit un curieux itinéraire.
Circé reçut Jason et lui donna des conseils sur les dangers qui le menaçaient.
Ces dangers sont  ainsi :
il y avait les sirènes mi-femmes, mi-oiseaux dont le chant paralysait les voyageurs.
– il y avait aussi les deux monstres que sont Charybde et Scylla qui engloutissaient les imprudents dans leurs bouches.
Grâce aux conseils de Circé, les Argonautes dominèrent les obstacles. Et la fin du voyage s’effectua sans obstacle.

Les argonautes jettent l’ancre sur une île illuminée par Apollon et un long trait de feu dans le ciel.

Cette île de la révélation est appelée ANAPHI

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Œdipe. Les épreuves de l’âme.

Image à la une : Œdipe – Dessin plume et crayons de couleurs. R. Dumoux –  2001 – © viapictura.com
Œdipe face au  mystère de l’homme.

L’histoire de Thésée se situait au bord de la mer Égée.
Avec Œdipe nous sommes à Thèbes, à la recherche de ses parents.
Sur ce minuscule coin de terre, Œdipe recherche le mystère de ses origines.
Qui sont ses vrais parents ? Qui est-il ? Pourquoi un sort aussi inquiétant ?

( Le père d’œdipe  était Laïos.
Un oracle avait prévenu Laïos de ne pas procréer car son fils le tuerait.)


La naissance d’Œdipe est marquée du sceau de la malédiction divine. (comme Thésée)

 L’enfant Œdipe fut exposé près de Thèbes sur le mont Cithéron.
On lui perça les chevilles pour y passer une corde: on  l’abandonna ainsi, attaché dans la montagne.
Découvert, iI fut remis à un berger qui l’accueillit et l’emmena à  son père.

Exposer ainsi un enfant aux bêtes sauvages était cruel mais laissait une chance à la victime. Chance minime mais plus importante dans le cas des héros.
(Ainsi furent Romulus et Rémus et Persée qui aussi fut confié aux flots avec sa mère Danaé.)
Tous ces héros sont recueillis par un étranger ou protégés par un animal sauvage.

Échappant à de telles épreuves, le héros est appelé aux plus hautes destinées. (Ainsi en est-il aussi de destinées artistiques.)

Œdipe grandit à la cour de Corinthe. Mais le Destin veillait.
Un jour par hasard un homme lui dit qu’il était « un enfant trouvé ».
A partir de ce moment, Œdipe se questionna sur son origine, sur le mystère de sa naissance et il partit à Delphes.


Sur le chemin de Delphes, il rencontra plusieurs hommes et un voyageur en litière.

Œdipe eut une altercation avec ces voyageurs : fou de rage pour avoir été agressé, il se précipita sur l’un d’eux . Ainsi il tua le voyageur Laïos qui n’était autre que son père.

Continuant sa route en direction de Thèbes il fit une deuxième rencontre : celle de la Sphinge, fille de Typhon.
La Sphinge était un être à la figure et à la poitrine de femme, aux pattes et à la queue de lion, avec des ailes. La Sphinge avait comme gîte un rocher dominant le chemin : c’est là qu’elle posait des devinettes redoutables. Lorsque le voyageur ne savait pas répondre, elle le dévorait. Mais Oedipe sut répondre à ses questions , alors la Sphinge se jeta du haut de son rocher et se tua.


Œdipe est le symbole de l’homme qui se cherche. Le héros qui enquête avec lucidité sur sa vérité.

Enfin Œdipe vécut à Thèbes en triomphateur. Avec son épouse Jocaste, il eut des enfants et il régna sur la ville, vivant au fait des honneurs.

 Mais le souvenir de l’oracle revenait de temps à autres… Comme le destin qui veille…
L’infernale mécanique est en marche et rien ne peut l’entraver….

Puis un jour, le drame éclate : la peste s’abat sur la ville de Thèbes.
(La peste est symbole de souillure morale portée par un habitant présent dans la ville.)
Un habitant est le meurtrier de Laïos, le responsable de cette peste persistante.

Œdipe lui-même va mener l’enquête et peu à peu l’étau va se resserrer sur lui.
Il apprend ses vérités en forçant les consciences de tous les témoins de sa vie.

Œdipe voit clairement sa vérité, il harcèle, ne laisse rien dans l’ombre:
– il est le meurtrier de Laïos.
– il est régicide.
– il est fils incestueux et parricide.

N.B.
La question de la sphinge :
– quel est l’être qui marche le matin à 4 pattes, le midi sur 2 pattes et le soir sur 3 ?
réponse : L’homme.
– Quelles sont les deux sœurs qui s’engendrent mutuellement?
réponse : Le jour et la nuit.

R.Dumoux
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