Jason et la toison d’Or

Image à la une : Jason et le Dragon – petit panneau a tempera – R. Dumoux – © viapictura.com

Note au lecteur :
Continuer ainsi ces récits mythologiques peut sembler scolaire. Sans doute.
Cependant, c’est là une source inépuisable de pensées pour la création dessinée, gravée et peinte. Dans mon travail, de nombreuses réalisations  anciennes ou récentes en témoignent.
Et surtout, il y a  toujours un récit qui nous touche de près dans ses métaphores, parmi les symboles qui sans cesse évoquent des histoires de notre vie, du déroulement de diverses péripéties et qui nous assimile au destin des héros fabuleux de Persée à Oedipe etc…


Jason et la Toison d’Or

C’est le cycle légendaire du récit des Argonautes. Nous assistons à une expédition proche de l’Odyssée mais moins codifiée.
Le texte d’Apollonios de Rhodes a essayé de donner une unité à ce cycle, dans ses « Argonautiques ». … sous forme d’une compilation savante.

          ORIGINE de la TOISON D’OR
Elle appartenait à un Bélier divin qui portait une toison d’or, et qui pouvait voler.
Ce bélier sacré était fils de Poséidon et de Théophane;
Le bélier dut transporter 2 jeunes gens dont Phrixos qui fut reçu par le roi Aètes : Phrixos sacrifia le bélier et donna la toison d’or au Roi qui la cloua sur un chêne dans une forêt..
C’est cette toison d’or que les Argonautes doivent retrouver et rapporter.

         L’EXPÉDITION des ARGONAUTES

Les Argonautes sont de 50 à 55. Parmi eux il ya avait Orphée, Héraclès et Thésée. Ils construisirent un navire appelé Argo. L’Argo part donc de Thessalie et va vers la Colchide.
Ainsi Jason en route vers la Colchide devra subir des épreuves, sorte d’initiation permettant de conquérir la toison d’or.

           Les ÉPREUVES de JASON

– Il rencontre d’abord le devin Phinée qui subissait un châtiment des dieux : chaque fois qu’il voulait manger, les harpies, mi femmes mi oiseaux, les Harpies ravineuses se jetaient sur les aliments. Deux argonautes vont les poursuivre et les chasser, ainsi Phinée indiqua aux argonautes les dangers qu’ils allaient rencontrer.

– Le principal obstacle était constitué par deux rochers à l’entrée des Dradanelles. Il s’agissait de deux énormes écueils qui pouvaient se refermer lorsque un bateau passait. Aussi les Argonautes envoyèrent une colombe qui au passage ne perdit que quelques plumes.
Le navire franchit la passe et sa proue fut légèrement touchée. Puis les Argonautes filent vers la colchide.

– Toutes les épreuves avaient pour but d’empêcher les argonautes d’aller en Colchide, et ne pas conquérir la Toison d’Or.

Jason dut dominer 2 taureaux sauvages et monstrueux aux sabots de bronze et aux naseaux crachant le feu. Grâce à l’aide Médée, Jason fut enduit d’une crème qui le rendit invulnérable aux cornes des taureaux.

– Jason ensuite a vaincu une foule d’hommes en armes en jetant une pierre au milieu d’eux de façon à ce qu’ils se disputent et s’entre-tuent.

– Enfin, pour Jason pour la dernière dernière épreuve, il ne lui restait plus qu’à vaincre le dragon, et cela il le fit à l’aide d’un somnifère préparé par Médée.
Ainsi Jason put s’emparer de la Toison d’Or pour regagner la Grèce.

      LE RETOUR DES ARGONAUTES

Ce fut mouvementé, avec diverses aventures et le navire Argo suivit un curieux itinéraire.
Circé reçut Jason et lui donna des conseils sur les dangers qui le menaçaient.
Ces dangers sont  ainsi :
il y avait les sirènes mi-femmes, mi-oiseaux dont le chant paralysait les voyageurs.
– il y avait aussi les deux monstres que sont Charybde et Scylla qui engloutissaient les imprudents dans leurs bouches.
Grâce aux conseils de Circé, les Argonautes dominèrent les obstacles. Et la fin du voyage s’effectua sans obstacle.

Les argonautes jettent l’ancre sur une île illuminée par Apollon et un long trait de feu dans le ciel.

Cette île de la révélation est appelée ANAPHI

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Œdipe. Les épreuves de l’âme.

Image à la une : Œdipe – Dessin plume et crayons de couleurs. R. Dumoux –  2001 – © viapictura.com
Œdipe face au  mystère de l’homme.

L’histoire de Thésée se situait au bord de la mer Égée.
Avec Œdipe nous sommes à Thèbes, à la recherche de ses parents.
Sur ce minuscule coin de terre, Œdipe recherche le mystère de ses origines.
Qui sont ses vrais parents ? Qui est-il ? Pourquoi un sort aussi inquiétant ?

( Le père d’œdipe  était Laïos.
Un oracle avait prévenu Laïos de ne pas procréer car son fils le tuerait.)


La naissance d’Œdipe est marquée du sceau de la malédiction divine. (comme Thésée)

 L’enfant Œdipe fut exposé près de Thèbes sur le mont Cithéron.
On lui perça les chevilles pour y passer une corde: on  l’abandonna ainsi, attaché dans la montagne.
Découvert, iI fut remis à un berger qui l’accueillit et l’emmena à  son père.

Exposer ainsi un enfant aux bêtes sauvages était cruel mais laissait une chance à la victime. Chance minime mais plus importante dans le cas des héros.
(Ainsi furent Romulus et Rémus et Persée qui aussi fut confié aux flots avec sa mère Danaé.)
Tous ces héros sont recueillis par un étranger ou protégés par un animal sauvage.

Échappant à de telles épreuves, le héros est appelé aux plus hautes destinées. (Ainsi en est-il aussi de destinées artistiques.)

Œdipe grandit à la cour de Corinthe. Mais le Destin veillait.
Un jour par hasard un homme lui dit qu’il était « un enfant trouvé ».
A partir de ce moment, Œdipe se questionna sur son origine, sur le mystère de sa naissance et il partit à Delphes.


Sur le chemin de Delphes, il rencontra plusieurs hommes et un voyageur en litière.

Œdipe eut une altercation avec ces voyageurs : fou de rage pour avoir été agressé, il se précipita sur l’un d’eux . Ainsi il tua le voyageur Laïos qui n’était autre que son père.

Continuant sa route en direction de Thèbes il fit une deuxième rencontre : celle de la Sphinge, fille de Typhon.
La Sphinge était un être à la figure et à la poitrine de femme, aux pattes et à la queue de lion, avec des ailes. La Sphinge avait comme gîte un rocher dominant le chemin : c’est là qu’elle posait des devinettes redoutables. Lorsque le voyageur ne savait pas répondre, elle le dévorait. Mais Oedipe sut répondre à ses questions , alors la Sphinge se jeta du haut de son rocher et se tua.


Œdipe est le symbole de l’homme qui se cherche. Le héros qui enquête avec lucidité sur sa vérité.

Enfin Œdipe vécut à Thèbes en triomphateur. Avec son épouse Jocaste, il eut des enfants et il régna sur la ville, vivant au fait des honneurs.

 Mais le souvenir de l’oracle revenait de temps à autres… Comme le destin qui veille…
L’infernale mécanique est en marche et rien ne peut l’entraver….

Puis un jour, le drame éclate : la peste s’abat sur la ville de Thèbes.
(La peste est symbole de souillure morale portée par un habitant présent dans la ville.)
Un habitant est le meurtrier de Laïos, le responsable de cette peste persistante.

Œdipe lui-même va mener l’enquête et peu à peu l’étau va se resserrer sur lui.
Il apprend ses vérités en forçant les consciences de tous les témoins de sa vie.

Œdipe voit clairement sa vérité, il harcèle, ne laisse rien dans l’ombre:
– il est le meurtrier de Laïos.
– il est régicide.
– il est fils incestueux et parricide.

N.B.
La question de la sphinge :
– quel est l’être qui marche le matin à 4 pattes, le midi sur 2 pattes et le soir sur 3 ?
réponse : L’homme.
– Quelles sont les deux sœurs qui s’engendrent mutuellement?
réponse : Le jour et la nuit.

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Dieux de la Mythologie – Thésée

Thésée est le roi mythique d’Athènes et sa vie est légendaire et relève du fabuleux : il doit lutter contre les monstres et descendre aux Enfers.

Thésée fut le roi législateur d’Athènes qui appartient à l’histoire, car il a créé les institutions fondamentales  et organise la vie de toute l’Attique. Il passe pour être un roi pieux, juste et tolérant.
Thésée est le fils d’Égée et il grandit à Trezene et il ira retrouver son père à Athènes.


Ses exploits et ses combats :

– Sur la route d’Athènes il passe par un chemin infecté de brigands. Il en tua une hécatombe : ce sont ces victoires sur les brigands qui lui valurent la gloire à Athènes et il fut adopté officiellement par son père sous le nom de Thésée.

– Plus tard il lutta contre 50 cousins prétendant au trône d’Athènes et après avoir tué tous ses adversaires il s’attaqua au minotaure.

Le COMBAT de THÉSÉE contre le MINOTAURE et ses amours avec ARIANE sont les épisodes les plus célèbres de la légende.

Ce combat est une épreuve essentielle qui fait appel à l’intelligence et à la ruse.
C’est l’affrontement avec les forces bestiales de la terre qu’il faut vaincre pour mériter le ciel.

Le Minotaure avait le corps d’un homme et la tête d’un taureau : il était né de Pasiphaé et de ses amours avec le taureau du roi Minos, un beau taureau qu’il avait gardé parmi ses troupeaux. Ainsi fut conçu le Minotaure.
Pour cacher un peu cette affaire Minos le Roi, fit construire un labyrinthe sous terrain pour y enfermer ce monstre. C’est là dans l’obscurité de couloirs qu’il vécut. Bien sûr ce fut l’architecte et sculpteur Dédale qui construisit cette architecture souterraine.
Le minotaure était un monstre : il fallait que les habitants d’Athènes envoient régulièrement 7 jeunes garçons et 7 filles pour qu’ils les dévorent.

 Les Athéniens étaient révoltés et ainsi pour en finir, Thésée se proposa de tuer l’Homme-Taureau.

Thésée ainsi est enfermé dans les couloirs obscurs du labyrinthe, mais avant il avait été remarqué par Ariane, fille de Minos. Elle s’était promise à lui s’il sortait vainqueur de cette épreuve.
Ariane donna à Thésée le moyen de sortir vivant en lui donnant une pelote de fil dont elle tient le bout.

Thésée assoma le monstre et revint à la lumière grâce au fil d’Ariane. Il l’épousa et ils s’enfuirent en Grèce.
Mais Thésée abandonne Ariane sur l’île de Naxos et c’est ainsi que Dionysos va arriver, la secourir, pour ensuite l’épouser.
Thésée perdit ainsi Ariane : il fut rongé de chagrin et au retour de l’Attique, il laissa  sa voile noire en signe de deuil.
Son père Égée voyant revenir cette voile noire, crut que Thésée était mort et il se jeta dans la mer, d’où le nom de la mer Égée.
Involontairement Thésée avait tué son père.

(Il y a également, les événements importants entre Thésée et Pirithoos et d’autre part Hélène.)

Thésée mourut peu après, loin de la cité.
Mais son fantôme continue de hanter les hommes.

Le héros Thésée connut une gloire sans nuage : la gloire d’un héros et d’un roi qui sut vaincre l’ombre et élucider les mystères de la mort.

Tel est le destin de ces héros, mélange de poésie, de tragédie et d’idéal spirituel.
Ainsi nous poursuivrons ce périple  avec les figures passionnantes d’œdipe, de Jason, Ulysse et Psyché pour lesquels j’ai consacré plusieurs séries de dessins… préludes à des compositions peintes ou gravées.

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Dieux de la mythologie. Persée

Image à la une : Persée – tempera sur toile 2003 –  R. Dumoux
Pourquoi reprendre ces récits mythologiques ?
Ces textes sont pour moi, la source de nombreuses compositions dessinées et peintes dans lesquelles entrent des éléments et des expressions personnels.
Actuellement je réalise des suites de dessins et il se trouve par exemple que l’histoire de Persée est au cœur de bons nombres de ces compositions.

PERSÉE
Persée est un autre héros (comme nous avons vu Hercule)  qui est amené à lutter contre les dieux.
Il est le fils de Zeus et de Danaé : c’est un personnage très lié au monde surnaturel.

                   – L’enfance de Persée est très singulière :
Le roi d’Argos avait une fille, Danaé et il l’enferme car il craint que cette fille ait un fils (qui plus tard le tuerai). Ainsi Danaé sera enfermée loin des êtres vivants et de tout homme. Mais Zeus avait remarqué Danaé et il réussit à s’infiltrer dans cette prison souterraine par une fente du toit : pour cela il se mue en pluie d’or.
C’est bien sûr la représentation célèbre si souvent rencontrée chez les peintres.

                   – Zeus aima Danaé et de leur union, naquit un fils. Mais le père de Danaé, le roi d’Argos, entendit l’enfant crier et fut pris de frayeur à cause de l’oracle qui lui avait prédit que cet enfant le tuerai. Aussi, il mit Danaé et son fils dans un coffre de bois et les confia au hasard des flots.
Ce coffre de Danaé vogua longtemps en mer des Cyclades et ils furent enfin recueillis par un pêcheur, sur une île.

                  – Persée grandit sur l’île auprès de sa mère. Et alors le roi de l’île, amoureux de Danaé, voulut écarter ce fils de sa mère. Aussi pour éloigner Persée, il lui demanda de lui rapporter la tête de Méduse.

                 – Tuer Méduse était pour Persée une épreuve difficile: Méduse était une des 3 Gorgones. Avec ses sœurs (Sthéno et Euryalé)  elle habitait près du jardin des Hespérides. Leurs têtes était coiffées de serpents en guise de cheveux. Leur regard était foudroyant  et elles avaient des ailes d’or leur permettant de voler. Seule Méduse était mortelle.

                 – Entreprise difficile pour Persée : aussi il fut aidé dans son projet de tuer Méduse par trois vieilles femmes qui lui remirent des armes magiques : une paire de sandales ailées, un casque d’Hadès qui rendait invisible et aussi une besace pour mettre la tête de Méduse.

                   – Alors Persée vola au dessus de Méduse et lui trancha la tête : un sang noir jaillit de la blessure et un cheval ailé se forma et bondit dans les cieux : ce fut PÉGASE. Persée prit la tête de Méduse et l’emporta dans sa besace. Il survola la mer et les sables de Libye.

                   – Le soir Persée arrive près d’Atlas, le Géant : il lui demande l’hospitalité  mais ce dernier lui refuse.
Persée est furieux et il lui tend la tête de Méduse ensanglantée. Alors Atlas est changé en montagne et condamné à soutenir le ciel de ses bras : sa barbe et ses cheveux deviennent des forêts, ses os des pierres, ses bras et épaules des coteaux. Son corps ainsi grandi et développé, soutint le ciel et ses lourds nuages.

                   – Persée repris alors sa route et arrivé au dessus de l’Éthiopie il vit un homme qui attachait une jeune fille à un rocher. Et tout près un monstre surgit de la mer, un monstre marin, crachant le feu et couvert d’écailles.
Cette jeune fille c’était Andromède.
(Son histoire : un dragon marin menaçait le pays pour le dévaster. Les ravages ne pouvaient cesser que si le roi sacrifie sa fille Andromède. Aussi est-elle attachée au rocher menacée par les dents du monstre  que Persée va abattre.)
Persée grâce à ses sandales ailées vola au dessus de lui pour libérer Andromède.

                   – Persée va avouer son amour à Andromède; aussi lorsqu’il mourut, Zeus ne voulut pas le séparer d’Andromède qui fut son seul bonheur.
Aussi Zeus les changea en astres réunis dans le ciel.

Les article suivants seront consacrés successivement aux héros les plus illustres de la mythologie :
– Thésée
– Œdipe
– Jason
– Ulysse
– Psyché

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Hercule et les épreuves physiques

Image à la une : « Hercule et le taureau » : Tempera sur toile – « non finito » – 150 x 240 cm – 2003 – Raymond Dumoux
Il y a à l’origine le Chaos et les dieux se révèlent par le combat qu’ils mènent contre les monstres informes, les dragons et le chaos.

(Tel est le combat de Zeus contre Typhée, monstre à 100 têtes de serpent et au corps recouvert d’écailles. Tel aussi Apollon contre Python qui représente l’affrontement de la lumière et des ténèbres.)

Dans mon travail de nombreuses esquisses ou compositions picturales ou gravées sont ainsi extraites de ces  récits.

Les dieux de la mythologie se révèlent par les épreuves et le combat qu’ils imposent aux héros.

Dans cette suite d’articles nous irons à la rencontre de héros tels :
Héraclès, Persée, puis Thèsèe, Œdipe, Jason, Ulysse,Icare.
On assistera à des épreuves physiques comme dans le cas d’Hercule ou bien au contraire à des épreuves de l’âme et là nous imaginons les épreuves d’ Œdipe.


Héros dans les épreuves Physiques.

– Hercule,
Héraclès en Grèce, très populaire, il a beaucoup inspiré les artistes de tous les temps. Son père est Zeus, et sa mère Alcmène.

Dès sa naissance Hercule a des dispositions à la vaillance, à la brutalité. A l’âge de 8 ans il étouffe deux serpents envoyés par Héra et à 10 ans il tue son précepteur.
A 18 ans son premier exploit est de tuer un lion énorme
.

Hercule s’est marié avec Mégara et il eut 8 enfants.
Mais dans un accès de folie provoqué par Héra, il les égorge.
Toujours sous l’emprise d’Héra, il devra exécuter 12 travaux imposés comme des vexations, punitions pour expier cette infamie de cet infanticide.


Brièvement citons les 12 travaux d’Hercule :

(cela constitue un rappel intéressant pour qui veut s’en inspirer, méditer ou dessiner.)

– le lion de Némée. Ce lion invulnérable, vivait dans une caverne. Héraclès va l’étouffer entre ses bras. Le lion mort, il va conserver sa peau et la porter continuellement comme un trophée.

– l’hydre de Lerne : c’est un serpent à plusieurs têtes(de 5 ou 6 à 50 ou 100)
Ce sont des têtes humaines immortelles : coupées elles repoussent. Hercule en vient à bout en brûlant les blessures.

– le combat d’Hercule contre le sanglier d‘Erymanthe qu’il rapporte vivant.

– la biche de Cérynie qui ravageait les récoltes.

– les oiseaux du lac Stymphale qui dévastaient les récoltes et ses nourrissaient de chaire humaine.

– Hercule nettoie les écuries du roi Augias et détourne des fleuves pour nettoyer.

– Il va vaincre le Taureau de Crête surgi de la mer. Il le ceinture et le transporte sur ses épaules.

– Il va dompter les juments de Diomède qui étaient nourries de chair humaine.

– Il maîtrise la ceinture d’Hippolyte fils de la reine des Amazones.

– Hercule s’empare des Boeufs de Géryon.

– Il descend aux Enfers pour capturer le chien Cerbère.

– Puis il reçu l’ordre d’aller cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides.

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A titre d’exemple :

Les pommes d’or du jardin des Hespérides  sont un épisode très poétique des travaux d’Hercule.
Pour le mariage de Zeus et Héra, Gaïa , la Terre avait apporté 3 pommes d’or, mûries sur les arbres du jardin des Hespérides aux confins du monde là où le Géant Atlas soutenait le ciel. Les Hespérides étaient les 3 filles d’Atlas qui grappillaient dans ce jardin merveilleux.
Mais Héra fit garder ce jardin par un dragon à 100 têtes.
Hercule dut donc vaincre le dragon, l’endormir pour se saisir des pommes d’or et les rapporter au Roi Eurysthée.. qui les remit dans le jardin d’où elles n’auraient pas dû sortir.
(Auparavant il avait rencontré Atlas qui soutenait le ciel et l’aida dans sa recherche des pommes)

Ce jardin merveilleux avec des arbres aux pommes d’or fait songer au récit biblique de l’Éden et de la chute. Mais là, les pommes symbolisent l’éternité et le dragon n’est pas un tentateur mais un gardien qui interdit la cueillette.

Enfin, dernier épisode important, celui de la mort d’Héraclès. Toutes ces luttes contre les difficultés et le dragon comportent une sorte de gradation.

Cette gradation conduit le héros à affronter la mort.

Ainsi Hercule après avoir vaincu la mort autour de lui va la vaincre en lui et il va purifier son corps des éléments matériels. Pour cela il va confier ce rôle au feu dont le bûcher sera installé sur le mont Aeta.
Hercule va disparaître dans les flammes du bûcher puis il monte au ciel pour devenir une constellation et siéger parmi les dieux.
Zeus va le ravir à la Terre et lui accorder l’immortalité.
Mais Héraclès va continuer de vivre dans le cœur des hommes et il va continuer de s’intéresser à leurs affaires… longtemps après sa mort charnelle.

 Ces descriptions sont très évocatrices et m’ont permis de mettre en page diverses compositions originales qui seront reprises ultérieurement dans mes panneaux a tempéra ou mes toiles de grande dimension.

Dans le prochain article, un autre héros sera présenté face aux épreuves des dieux : PERSÉE.

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Civilisation et Mythologie (techniques spirituelles) art. 2

Image à la une : « Orphée et les animaux » Tempera sur panneau. R. Dumoux ©viapictura.com

Les techniques spirituelles.

Dans un précédent article il était question des techniques matérielles qui ont permis la construction de la civilisation.
Les techniques spirituelles qui ont contribué à cette évolution de l’homme sont le propos de cet article.


Les techniques spirituelles.

Pour progresser plus avant vers la civilisation, l’homme utilise des techniques nouvelles qu’il va développer :
l’écriture, la musique, la poésie, la médecine, la divination vont permettre à l’homme d’appréhender l’univers, de le maîtriser.


 

     – L’Écriture : permet de conserver sur des tablettes d’argiles ou sur papyrus, les acquisitions de l’effort des hommes. Pour lutter  contre l’aspect éphémère de la transmission orale et contre les déficiences de le mémoire.

L’écriture est une porte ouverte sur l’immortalité et l’homme échappe à l’emprise du temps.
L’écriture conditionne les découvertes de l’esprit et elles est indispensable dans la science, dans l’algèbre, la géométrie, l’arpentage ou l’astronomie.

C’est en découvrant l’écriture que les Sumériens ont eu une grande importance dans l’histoire et alors l’écriture apparaît comme un privilège, un don des dieux.
L’écriture, don des dieux communiqué aux hommes, par l’intermédiaire d’un démiurge bienveillant.
Ainsi en Mésopotamie, ce sera Nebo qui va révéler l’écriture et en Égypte, Thot.

N.B.
Certains auteurs antiques regrettent l’apparition de l’écriture : Platon dans « Phèdre »parle d’un mythe égyptien où l’écriture est considéré comme néfaste pour les hommes.
Car ainsi on ne fait plus d’effort pour se souvenir, on néglige la mémoire et l’oubli naît dans les âmes.


 

  – La musique est un moyen de connaissance par lequel on accédait à des états supérieurs et elle permettait aussi d’entrer en communication avec les dieux.

De même la poésie jouait un semblable rôle particulièrement comme moyen de connaissances.

Musique et poésie faisaient partie du service des dieux et l’apprentissage était aussi important que celui de la science et de la philosophie.

La musique était une invention divine
Ainsi la lyre fut créée par Hermès : Ce dieu était à la recherche des vaches d’Apollon. soudain il trouve sur le sol une tortue dans l’herbe des vaches.
Hermès voulut tirer parti de cette tortue : il la tue et à partir de sa carapace il fixe des tiges de roseaux et y ajoute 7 cordes en boyau de brebis.
La lyre était inventée; elle deviendra ensuite la cithare.

C’est Orphée qui utilise cet instrument à 7 cordes et la cithare va diffuser un charme magique : les bêtes sauvages se roulent aux pieds d’Orphée, les fleurs s’inclinent, les pierres semblent vibrer d’émotion. Les hommes méchants et sauvages deviennent dociles. La tempête se calme pendant l’expédition des Argonautes et les sirènes sont séduites.

Ainsi qu’on le voit maintenant de nombreuses divinités entourent ce développement de la musique par Orphée.

Orphée va se marier avec Eurydice fille d’Apollon. A la mort d’Eurydice, Orphée descendit aux enfers et sa musique et sa voix calment les monstres.
 Ixion, Tantale, Sisyphe, les Danaïdes cessent leurs supplices. Hadès et Perséphone sont aussi envoûtés par sa musique.
Par la musique Orphée reconquit Eurydice, mais, se retournant, il la perdit à jamais.

Le pouvoir de la musique d’Orphée va survivre.
Orphée fut mis à mort par des femmes qu’il avait dédaigné : sa tête et sa cithare voguèrent sur les eaux pour échouer sur une plage de Lesbos.
Le mythe d’Orphée est celui qui exprime le mieux l’origine divine de la musique et de la poésie puisqu’ Orphée chante aussi.

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Civilisation et Mythologie art.1

Image à la une : Dionysos : Dessin encre brune et crayon rouge – 21 x 29 cm – © R. Dumoux

Le Déluge avait détruit l’humanité. Mais l’humanité va se régénérer grâce à la survie d’un couple.

A partir de Noé, de ses fils, Sem, Japhet, Cham apparaissent divers peuples à surface de la terre et l’humanité va conquérir la civilisation avec des difficultés telles que l’effondrement de la Tour de Babel.

       Le progrès de la civilisation sera dû à la volonté de l’homme, lequel attribue aussi aux dieux et divinités ses progrès et sa protection.

La civilisation pour se développer a bénéficié de techniques matérielles mais aussi de techniques spirituelles.

Dans les deux cas, des mythes se sont développés sous le vocable de divinités précises. Cela nous conduit aux récits mythologiques proprement dits…
(La mythologie paraît toujours difficile à cause de sa complexité. La description des progrès de la civilisation en facilite l’accès en donnant quelques repères et ainsi, quelques noms de divinités illustres)

       – Les techniques matérielles de progrès et les dieux.
Ce sont des conquêtes essentielles telles le labour, les semailles ou la moisson.
Telles aussi la domestication des animaux, l’élevage.
On dit alors que Poséidon (par Méduse) a fait don à l’homme du cheval.
Il y a aussi le mythe d’Aristée : comment traire les brebis, élever les abeilles, récolter le miel.
Pour ce qui est des cultures, les techniques agraires ont donné lieu à de nombreux mythes et on leur attribue des dieux.

Le Blé est la plus courante des céréales. Les mythes nous montrent comment elle fut cultivée :
le labour, les semailles, le travail de la charrue, du joug.
En Grèce, le blé était un don de Déméter qui révéla les mystères de la germination et des récoltes.

Germination, Agriculture, Mystères sacrés sont les trois dons de Déméter.
Grâce à la découverte du Blé et à sa culture, l’homme ne vit plus à la façon des bêtes et il accède à un mode de vie supérieur.
L’Agriculture est une sagesse à l’inverse de la chasse qui est meurtrière.
Chasser, c’est tuer, alors que l’agriculture cultive fait vivre et ajoute à la fécondité.
Pour les Anciens, l’Agriculture est la voie royale menant à la civilisation.


                 La Vigne fut aussi un don essentiel des dieux. (la vigne, le vin  mais aussi l’ivresse)

 C’est Dionysos qui a introduit la vigne en Grèce et enseigné comment fabriquer le vin.
Dionysos était le fils de Zeus et Sémélé (zeus avait cousu dans sa cuisse l’enfant de Sémélé  et c’est ainsi que ensuite naquit Dionysos.)
Dionysos le « deux fois né », eut  une enfance tourmentée, il fut élevé par les nymphes qui lui enseignent comment cultiver la vigne. Puis il va parcourir le monde.

Mais les effets du vin de Dionysos surprennent beaucoup et le font passer pour fou. Il est aussi accompagné d’un cortège de satyres de bacchantes et silènes échevelés. Et partout où la vigne est introduite, il y a des épisodes tragiques et des malentendus, des drames ou des morts.

Le Mythe de Dionysos montre le pouvoir ambigu du vin et de l’ivresse, sa faculté d’élever l’homme aux sphères divines mais aussi de risquer de le rabaisser au rang d’animal.


    Autre technique matérielle de construction de la civilisation : le Feu, privilège des dieux. (Prométhée).
Il est essentiel pour acquérir la civilisation et il conditionne la métallurgie, la poterie ou la nourriture de l’homme.

Il est à l’état naturel, c’est la foudre de Zeus. Mais il est aussi artificiel, produit par l’homme par frottement.
Dans les textes Grecs, c’est Hermès qui a inventé le feu en frottant deux morceaux de bois.
Et c’est ce feu que Prométhée va ravir aux dieux afin de le distribuer aux hommes.
Pour l’homme la conquête du feu permet de s’approprier le pouvoir.

Prométhée : son mythe éclaire toutes les techniques du feu : il a volé l’étincelle du feu et il transmet cette flamme aux hommes.
Il utilise pour cela une férule, une torche qui s’enflamme facilement.

         Telles sont les techniques matérielles d’acquisition de la civilisation.
Chacune d’elles a ses dieux bien déterminés et essentiels dans la mythologie, qu’il s’agisse de :  Déméter, Dionysos, Zeus, Hermès ou Prométhée.

Il sera question dans le prochain article des techniques spirituelles d’acquisition de la civilisation.

R.Dumoux

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L’épopée de Gilgamesh (Babylone Art.4)

Image à la une : Sceau-cylindre «Gilgamesh domptant un taureau », Syrie, XVIIe siècle av. J.-C., BNF.

 

UNE  DÉCOUVERTE : L’ÉPOPÉE DE  GILGAMESH

En Babylonie on fit une découverte exceptionnelle: après avoir déchiffré l’écriture cunéiforme on (Georg Smith) découvre à Ninive une tablette d’argile dont le récit parut étrange mais aussi familier.

Ce récit parlait dans la langue de  Babylone d’un Noé de Mésopotamie qui parle à Gilgamesh , qui est le roi de la ville d’URUK : il lui révèle le mystère des dieux et l’histoire du Déluge.

Découverte extraordinaire : c’est  le premier texte de création littéraire dans l’Orient ancien mais c’est aussi un exemple de l’influence déterminante de la littérature mésopotamienne  sur le récit de la Bible.

Cette découverte se fit dans les ruines du palais  d’Assurbanipal : des milliers de tablettes avaient été dévastées et on les déposa au British Museum. C’est là que Smith fit sa découverte, des fragments du texte de l’épopée. à partir de multiples fragments on reconstitua 12 tablettes, soit 3000 vers.

On fait paraître une édition de ce texte en 1821 et dès ce moment Gilgamesh prit une grande place dans la lttérature.
Nouvelle édition en 1930 et puis en 2003 l’orientaliste George apporte des compléments importants , mais il manque encore une partie du récit.

LE RÉCIT DE GILGAMESH

Gilgamesh est le roi d’Uruk.

C’est un roi impétueux qui lentement revient à la sagesse et à la raison. Il n’a en tête que son plaisir. Il oblige les hommes à se tenir prêts jour et nuit et les femmes à être à ses services.
Il sera question de rétablir l’ordre à Uruk : pour cela on créé Endiku, homme primitif et sauvage. Il sera outré par la conduite du roi.

Et ainsi Endiku et Gilgamesh vont se confronter dans un violent combat où il n’y aura pas de vainqueur et ils deviendront amis.

Tous les deux, ils vont partir en expédition vers le Liban et ils veulent tuer le Géant et Démon Humbaba gardien de la forêt des cèdres interdite aux hommes.

Ils vont tuer Humbaba et s’emparer de ses richesses.

Les dieux sont irrités par les excès aventureux des deux hommes.Et ils mettent fin à la vie de l’un d’eux: ce sera Endiku qui va mourrir. Ce héros aura des funérailles royales.

Après les funérailles, Gilgamesh va laisser la ville , le pays et les richesses. et il va errer vêtu d’une peau de lion dans la steppe.
Il est à la recherche de l’être humain ayant atteint l’immortalité. Il ne pense qu’à lui et veut apprendre du Noé de Babylone (Utanapishitm) la manière d’échapper à la mort pour jouir de la vie éternelle.
Il erre sans fin, et va aux confins du monde. Les hommes scorpions qui gardent les frontières laissent passer Gilgamesh parce qu’ ils voient en lui un dieu.
Il ne peut comprendre ce que veut dire l’immortalité et il veut demander le secret de vie éternelle au Noé de Babylone.

Alors Utanapishtim lui raconte comment il fut le seul avec sa famille à échapper au déluge, lui permettant ainsi d’accéder à l’immortalité. Mais l’idée du déluge était concrétisée.
Quand à Gilgamesh, il dut abandonner ses espoirs de vie éternelle et rentrer à Uruk. Il sera le plus grand roi de la tradition mésopotamienne.
Il va reconstruire des sanctuaires détruits par le Déluge et rétablir des cultes.
Il va permettre la paix entre les dieux et les hommes qui avait été détruite au moment du Déluge.

A partir de Gilgamesh et dans les murs d’Uruk va s’épanouir la grande civilisation de Mésopotamie.

Gilgamesh est le Héros Babylonien.

Cette ville d’Uruk a une muraille impressionnante de 9 km, hérissée de tours. Elle est la plus ancienne de Mésopotamie, réalisée au 3 éme millénaire avant notre ère.

Toujours dans cette ville en raison des tâches administratives apparaît une innovation: on élabore une écriture.

Cette écriture est destinée à faciliter la comptabilité et la planification dans l’administration.

 C’est à partir d’Uruk que l’écriture commença sa marche triomphale.

L’épopée de Gilgamesh conserve le souvenir de ces temps archaïques qui effectivement auraient été marqués par un roi du nom de Gilgamesh.

R.Dumoux
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Babylone, le Récit du Déluge (art. 3)

Image à la une : « La nouvelle arche de Noé » tempera sur toile – 5 mètres x 3 mètres © R. Dumoux

 

Dans le secret, les dieux, dans la ville de Shuruppak, décident de provoquer le Déluge.

Les Dieux disent :

 » Homme de cette ville, démolis ta maison et construit un bateau.
Abandonne tes richesses  et cherche la vie sauve.
Renonce à tes biens et sauve ta vie.
Embarque avec toi un spécimen de chaque être vivant.
Le bateau que tu vas construire, sa largeur et sa longueur doivent être semblables.
Couvre le d’un toit. »

Lorsque le bateau fut construit on procéda à son chargement, en attendant le Déluge.

Gilgamesh parle :

« Le soir du 7éme jour, le bateau était achevé. Tout ce que je possédais, je l’en chargeais. Tout ce que j’avais d’argent, je l’en chargeai ainsi que tout ce que j’avais d’or. Je chargeais à son bord tout ce que j’avais de spécimens d’espèces vivantes.
Toute ma famille et ma parenté je fis monter sur le bateau. Je fis monter à bord les animaux sauvages, gros et petits, les artisans de tous les métiers.

A la première lueur de l’aube, monta de l’horizon une sombre nuée.
Le silence de mort de l’orage traversa le ciel et ce qui était lumineux se changea en ténèbres.

Comme une bataille, le cataclysme passa sur les hommes.
Personne ne voyait plus personne. Les populations ne se reconnaissaient plus dans cette pluie.
Même les dieux furent épouvantés par le Déluge, six jours et sept nuits.
Le 7éme jour l’ouragan ralentit. Le déluge cessa. Tous les peuples étaient redevenus d’argile.
Par la lucarne, le lumière du soleil tomba sur mon visage.
Je me jetais à genoux et en pleurant, je cherchais les côtes, les rivages de la mer. Le bateau accosta sur le mont NIMUSH.

Le 7éme jour je fis sortir la colombe : elle s’envola mais revint car aucun perchoir ne lui était offert.
Je fis sortir l’hirondelle, elle revint.
Je fis sortir un corbeau, il partit et voyant les eaux se retirer, il picora, voltigea et ne revint pas vers moi

Alors je fis une offrande et un sacrifice aux 4 vents. »

     C’était le Récit du Déluge  dans l’épopée de Gilgamesh au début du 3éme millénaire avant notre ère.

Ce texte semble avoir inspiré directement le récit biblique du déluge et la description de l’arche de Noé.
Dans mon travail il est mis en étroite relation avec la toile de 5 mètres x 3 intitulée : la « Nouvelle Arche de Noé.

N.B. :
Il est peut être intéressant de se rapporter au tout 1er article publié sur Babylone et à l’exposition qui eut lieu au Louvre l’an passé.

R.Dumoux
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La Tour de Babel (art. 2)

Image à la une : La tour de Babel – Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux   ©viapictura.com

(Avec cet article je reprends le cours de mes notes sur Babylone. (-> aller à l’art. 1)
Ces études cadrent   avec l’ensemble de mon travail pictural, et en particulier avec mon ensemble monumental.
Un nouveau projet est en cours d’études, de dessins et de recherches, qui met en scène la dite Tour de Babel.
De même toutes les réflexions issues de ce rêve babylonien sont en accord avec les idées fondamentales de syncrétisme et de passage ou de communauté entre les civilisations.)

La Bible dans la Genèse fait le récit de la construction de la Tour de Babel.
Après le Déluge, les hommes se fixent dans le pays de Shinéar et ils décident d’édifier une tour capable d’atteindre le ciel.
Dieu, inquiet, les punit et institue la confusion des langues. C’est donc une vision négative du mythe qui va se perpétuer.

Dès avant le 16éme siècle il y eut une fascination pour la capacité de l’homme à concevoir d’immenses projets et à les réaliser.

        Le personnage légendaire de NEMROD qui a décidé de ce chantier coupable aux yeux de Dieu, est aussi le libérateur de l’humanité et de toutes les tyrannies, même divines.

        – Depuis le 16ème siècle on observe une conception de plus en plus positive du mythe de la tour de Babel avec cependant la préfiguration des malheurs du temps. C’est pourquoi, à la Renaissance, il y a beaucoup de représentations de tours détruites par le feu du ciel. Telles sont les tours de Brueghel l’Ancien ou d’autres anonymes flamands. Telles sont aussi les gravures de Karel van Mander.

       – Au 17ème s. le mythe s’épuise. On peut cependant citer une figure exceptionnelle qui a représenté la tour de Babel : Athanasius Kircher. Également Monsu Desiderio est l’auteur d’une tour de Babel originale.

       – Au 18ème s. les représentations de tours disparaissent au profit de reconstitutions qui sont un peu des exaltations d’un âge d’or où l’humanité était unie et où les hommes se donnaient la main. Comme dans la tour de Babel de Cl. Boulée de 1781 : les hommes y gravissent la tour selon une grande spirale en se donnant la main.


 

Description historique de la Tour de Babel.

       Très célèbre dans l’histoire de l’humanité cette tour était inévitable dans mon travail et en particulier dans mon ensemble monumental peint (visible sur le site viapictura.com)
Il s’agit d’ une ziggourat typique de Mésopotamie.
Dés l’antiquité, Alexandre s’y était intéressé et a voulu la restaurer.
Depuis le Moyen Age on a essayé de retrouver l’image de ce bâtiment et à la Renaissance on a beaucoup imaginé à ce sujet.

       Pour la description de cet édifice il y a 3 données à envisager : la hauteur, les accès et au sommet la maison du dieu Marduk.

Les données archéologiques proviennent de stèles et de tablettes et permettent d’avancer des plans précis de monuments avec des mesures réelles.
Également, l’étude de résistance des matériaux tels la brique,  propose pour la Tour  66 m (contre 90 avant)

babel_1522_lyongravure de 1522, LYON 

Le monument de la tour de Babel est constitué de :

6 terrasses en brique crue revêtue de briques cuites.

– Au dessus de la 6ème terrasses un temple de 12 mètres, orné de briques émaillées bleu.

– Ce temple de Marduk, maître des dieux, était à 2 étages selon la tradition.

   1- au rez-de  chaussée la salle sacrée de Marduk. Nous en reparlerons car elle est d’une importance majeure dans la cosmogonie céleste et dans l’évolution religieuse vers le monothéisme.
2- au dessus la salle réservée aux grands prêtres.

Le temple disposait d’une cour couverte éclairée par une lucarne.
Les accès étaient assurés par un grand escalier central jusqu’au sommet.
– Les terrasses étaient pourvues de petits contreforts qui selon la position du soleil donnaient des aspects différents au monument.

babel_1767_boudetgravure de 1767, BOUDET

Il reste que la recherche sur la tour de Babel n’est pas finie, mais on a ouvert un dialogue historique et scientifique  autour d’une aventure intellectuelle passionnante et essentielle.

R.Dumoux
www.viapictura.com

 

-> Dossier complet sur les Ziggourat, dont celle de Babylone sur ce site dédié à la Mésopotamie