Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (5)

Image à la Une : Empilements, accumulations de mes œuvres

(Articles divers au jour le jour…)

Cependant dans l’accumulation de mes réalisations, dans les divers ateliers et endroits où je travaille, il me faut effectuer des rangements, des classement, dans ces lieux de 220 ou 230 m2 environ, complètement occupés de mes toiles monumentales, grandes toiles, panneaux a tempéra ou caisses de gravures, de  dessins

Alors que je suis occupé à classer quelques épreuves de gravure  sur cuivre  abandonnées, je redécouvre  un livre sur Uccello. Je m’arrête à la bataille de San Romano et sur son Saint Georges et le dragon, thème (avec le St Michel quoique différent) qui m’est bien familier, et que j’ai souvent développé en gravure ou sur panneaux  a tempéra  comme sur des grandes toiles murales de  2,5 mètres x 1,5 m. Uccello, ce personnage solitaire  mélancolique reste pour moi un monument de la culture occidentale.

Bien d’autres points de vue seront abordés dans cette pensée de l’art.

Raymond Dumoux
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Paolo Ucello – Saint Georges et le Dragon

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (3)

Image à la Une : Assassinat de Nicolas II et de sa famille (détail d’une toile monumentale « La Russie »)

(Articles divers au jour le jour…)

Je viens de représenter cette famille assassinée dans une toile de 5 mètres x 3 à propos de la Russie historique (de mon cycle monumental peint Pictorama)

Une petite description de cette toile monumentale semble s’imposer : elle est composée en 3 registres horizontaux.
La partie du bas se réfère à la Russie de la Révolution Russe au moment du communisme dont  seul subsiste maintenant la statue de Lénine alors que se déroulent le goulag, les camps et l’assassinat de Nicolas II, de sa femme et de ses enfants.
Dans la partie médiane, il y a comme un envol. Au centre, paraissent des usines et Gagarine va conquérir l’espace avec sa fusée.
Puis dans la bande supérieure apparait la renaissance de l’ancienne Russie, du moins des aspects très reconnaissables : les  églises orthodoxes et le réapparition du drapeau des tsars au cours de l’été 2018. Je me suis particulièrement intéressé aux dessins et reliefs colorés des bulbes des  cathédrales de Moscou. De même aussi à l’intérieur d’une cathédrale se remarquent des fresques qui évoquent Roublev, ses compositions et couleurs inspirées.

Raymond Dumoux
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Vue partielle dans l’atelier d’une toile monumentale de 5 mètres x 3 : « La Russie » – Raymond Dumoux

 

 

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (2)

Image à la Une : vitrine étagère placée derrière ma chaise à la table de la cuisine

(Articles divers au jour le jour…)

Mes dessins se poursuivent et cette fois se rapportent aux miniatures de Christine de Pisan dans l’Épitre à Othéa. Ou bien encore avec les miniatures du Cantique des Cantiques au 13éme siècle en Italie.

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« La Roue de Fortune » – Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

Et parfois, sur le coin d’une table de ma maison qui est peu à peu une sorte d’atelier, (chaque pièce étant ainsi), je parcours les chapitres de la Légende Dorée et les récits de la vie des figures historiques.  Telle est ma source  d’inspiration pour le moment.

La table de cuisine est destinée aux repas mais aussi à mes dessins  quotidiens  avec sa vitrine étagère placée derrière ma chaise. Sur cette table, le titre d’un volume m’interpelle : « Chagall, Lissitzki, Malevitch ». Je revisite le constructivisme, le suprématisme à cette époque après la révolution Russe à la suite des malheurs et désastres  et  après le massacre de Nicolas II et  de sa famille. Je comprends le choix de  Chagall de quitter  Vitebsk et son école populaire d’art  pour  travailler sa peinture à la  façon d’un poète, d’un grand inspiré. Alors que l’école d’Art de Vitebsk va se diriger vers un certain nombre de poncifs plus pratiques. J’en parlerai mieux bientôt.

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« Le Cantique des Cantiques » Ébauche d’un panneau a Tempera – Raymond Dumoux

Raymond Dumoux
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Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (1)

Image à la une : « Tête sculptée – Afrique » (détail) – Crayon de couleur sur papier – Raymond Dumoux

Articles divers au jour le jour

A titre d’exemple, cet article et les suivants font référence à mes recherches et pensées  sur l’art pour une période assez brève de quelques jours pendant plusieurs mois.
De multiples sources se présentent : les images, les livres, les articles de revue, les photos d’œuvres d’art, les noms d’artistes de tous les temps et aussi les photographes, vidéastes, graveurs et dessinateurs, les images publiées sur internet, tels des documents sur l’Égypte ou sur  Jérôme Bosch et les grandes expositions en Art… etc.

Ainsi ce jour mon regard  se porte sur une compilation, un énorme livre, très lourd, d’au moins 5 ou 6 kilos : c’est l’œuvre d’un chinois Ai Wei Wei. Ce mois ne me suffira pas pour l’épuiser, pas plus que l’observation des 10 milliards de graines de tournesol (en céramique émaillées) et  transportées à Londres avec mille chinois à la Tate Galerie.

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Sunflower Seeds (Graines de tournesol) (détail), 2010, porcelaine peinte à la main, 12 x 8 x 0.1 cm
© Studio Ai Weiwei

Je regarde des vues, je lis des titres d’article et remarque les photos. Je regarde avec attention les sculptures de Charles Ray ou de John de Andrea qui était présent  au Petit-Palais à Paris avec une très belle sculpture qui peut évoquer l’hyperréalisme. En effet la  technique est très étonnante et mérite d’être étudiée de prés.
Alors la sculpture égyptienne que  je rencontre souvent dans mes lectures, s’impose à mon imagination .

Je revois de multiples séances de dessins d’après l’antique. Ce sont alors les Assyriens, Gilgamesh puis les nus dans l’art grec, Praxitèle, Lysippe ou Phidias avec des retours à l’imagination des sarcophages et des momies égyptiennes jusqu’au chat momifié  accompagné des innombrables statuettes des tombeaux, les fameuses Ouchebtis sous le regard des portraits du Fayoum.

S’en suivent quelques uns de mes dessins  qui pourront figurer dans certaines de mes  compositions de gravures ou de panneaux a tempéra ou de grandes toiles.

Raymond Dumoux
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bty

Mon travail de dessin – Avril / Juillet 2018.

Image à la une : Mise en place du dessin d’une grande toile de 5 mètres. R. Dumoux ©viapictura.com

Comme j’ai pu l’écrire, chaque jour un travail graphique s’impose à moi. Chaque jour, au moins 2 à 3 pages dessinées sortent de l’ombre, prennent naissance et cela depuis plusieurs décennies.

Ce sont des desseins inspirés parfois de catalogues imposants de Rembrandt à Poussin ou Dürer ou encore des Fresques des temples de Lhassa au Tibet ou de Turquie comme  des églises romanes… Images et desseins inspirés aussi des revues d’art comme « l’Estampe », ou  des miniatures de Jean Fouquet et de Jean Bourdichon et de bien d’autres.

Enfin ce sont aussi des dessins imaginés librement évoquant un souvenir, un concept issu de ma pensée, de mes lectures ou bien simplement le souvenir d’œuvres vues et analysées, que ce  soit au musée d’Orsay ou au Louvre ou encore au centre Pompidou pour se terminer au palais de Tokyo avec le monde actuel ou au musée d’art moderne de la ville de Paris. Autant de lieux que j’ai bien souvent fréquenté (sur une durée d’environ 30 ans) en visitant de très nombreuses expositions ou rétrospectives à Paris. En témoignent mes feuilles de notes ou petits croquis, schémas de ces années là.
Et aussi ailleurs, ce furent des dessins inspirés  du geste puis d’une forme automatique qui se développe indéfiniment et par milliers.

Ce travail de dessin est une expression mais aussi une recherche et une étude d’œuvre pour une nouvelle création ou  une connaissance d’un moment particulier de mon histoire et de l’histoire proche des siècles passés ou bien visant le futur. Cette approche est comme une lecture qui permet de comprendre, de méditer à la pointe du crayon l’esprit qui en émane.
C’est aussi une compilation, peut on dire, où le monde se bouscule de l’antique à l’art l’actuel, artistique, scientifique ou cosmique.
Cette prolifération exprime la liberté de tout appréhender. C’est la conquête d’une liberté  sans  frontière qui va me permettre de créer selon une graphie particulière qui est le fil conducteur de ma pensée  comme un influx du cerveau, un enregistrement qui se met en mouvement, et trace, écrit ou danse.

Ainsi quelques exemples avec les titres  de mon travail actuel peuvent être cités :

Les grandes figures mythologiques de Jupiter à Hercule ou Orphée et le Panthéon complet  ou comme actuellement la mise en place d’une toile de 3 mètres à propos d’Orphée et les animaux accompagné cette fois-ci d’Eurydice.
L’inspiration biblique de Moïse à  Jésus.
Ou Bouddha ou encore les divinités et cultes des Ethnies et peuples d’Afrique ou d’Asie.
– Les cabinets de curiosité comme celui d’Aldrovandi.

L’inspiration des grands maîtres de Dürer,  Rembrandt à Piero della Francesca ou Titien.
– L’Inspiration des trésors des Manuscrits de Topkapi à l’Enluminure Médiévale en grand nombre qui sera étudiée et dessinée librement de façon assidue.

L’ensemble de cette accumulation dessinée de milliers de dessins interroge .. comme une vue Kaléidoscopique du monde. Cependant, derrière cette somme apparait nécessairement une communauté d’esprit entre  tous les éléments. Par exemple, il y aura un mouvement, un graphisme, une écriture proche et familière à chaque  page.

Pourquoi ce dessin se démultiplie t’il ?
D’abord c’est un besoin personnel de graphie quasi permanente.
Puis, de la simple copie, le dessin devient une recherche de composition originale. Il peut aussi être considéré comme pièce de collection dans un ensemble graphique et iconographique  sur le même thème.

Cette  somme de dessins est la base de l’ensemble de mon travail selon un choix personnel vécu : des gravures, eaux fortes, burin, panneaux  a tempéra, toiles de 150 cm x 250 et enfin un ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres x 3 : C’est un panorama historique de l’humanité depuis le Big Bang jusqu’à maintenant et se projetant dans l’espace, dans la robotique, les implants et le futur ou l’espace.

 Que dire de cet ensemble sinon qu’il n’est pas comme un navire échoué.
Ce ne sera pas cela mais comme un sauvetage de l’esprit, de la recherche, de l’intelligence et  de la générosité, de l’humanisme.

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A la suite de cela, on peut évoquer le  DESSIN à l’époque de Rembrandt avec l’importance majeure du dessin au XVIIéme siècle.
Les élèves de Rembrandt comme lui même devaient dessiner chaque jour. Le dessin était une matière générale enseignée aux enfants.
Dès l’âge de 12 ans, le jeune peintre Moses ( au 17éme siècle)  réalise des dessins à partir de la sculpture antique et de la Renaissance. Puis il fait des copies d’estampes de Dürer, Blomaert ou Carrache. Il peint des scènes narratives comme Moïse sauvé des eaux ou le Jugement de Salomon. Les dessins de toute la famille sont conservés par le père puis transmis aux descendants : cela montre l’importance du dessin au 17éme siècle, la compréhension et l’intelligence de cet Art et de sa Pensée, la Pensée de L’Art .

Dès l’antiquité, La devise d’APPEL était :
NULLA DIES SINE LINEA. 
Ce mot, rapporté par Pline l’ancien, était populaire en Hollande.
On encouragea à dessiner tous les jours : « Qu’aucune journée ne se termine sans avoir tracé un trait « . Appel incarne  cette maxime.

Citons un exemple d’un grand processus créateur à partir du Dessin :
Il eut lieu en Hollande au XVIIéme siècle à l’époque de Rembrandt. Il fallait maitriser la pratique du dessin.  Van Mander décrit ainsi les préparations du dessin pour créer une peinture.
On était déjà rompu au dessin depuis l’enfance car le dessin dès les premiers âges était enseigné dans les programmes scolaires.
Van Mander, théoricien de l’art a décrit ainsi comment on s’attache aux dessins sous-jacents  qui sont tracés directement sur le tableau ou la toile ; et guidant  l’artiste dans la réalisation de la peinture. Certains artistes ont réalisé leur dessin directement sur la toile ou le panneau et ensuite les ont couvert de couches transparentes en superposant les couleurs.

 Plusieurs étapes se succèdent ainsi :

– 1 Le tracé à partir du Dessin précis est l’étape cruciale pour la réalisation et la réussite du tableau. Il est du ressort exclusif du peintre.

– 2 La prééminence du dessin, reposait sur l’idée que sa pratique aiguisait le regard et qu’il  fixait dans la mémoire un objet d’étude.

– 3 Sa technique et pédagogie : dessiner les membres du corps un à un puis comment les combiner, d’abord pour un enfant puis pour un adulte et enfin assembler 3 ou 4 personnes pour réaliser une composition, un ensemble de figures.

Il y eut à cette époque une grande quantité de dessins et de carnets qui ont disparu, ce qui parfois nous prive  d’information sur les techniques et les sujets ;
Une autre fonction du dessin au 17éme en Hollande  était de cataloguer ses dessins dans un livre, un Carnet de modèles.
Un Artiste à l’époque de Rembrandt se devait de posséder et de publier un livre d’estampes représentant des statues, pour offrir à l’Art des fondements universels et classiques, antiques et réels.

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btyMes collections de dessins par milliers sur des années se rapportent à ce travail de compilation des anciens maîtres et en soi constituent une richesse de références mythologiques, bibliques, historiques et aussi par rapport à l’actualité des sciences, de la robotique, à la conquête de l’espace ou de la biotechnologie ou à la biodiversité.
(Se joint à cette compilation  de dessins, mes collections de gravures  depuis les années 75-80.
Exemple sur le site viapictura.com : Diaporama de 40 gravures de l’ensemble monumental peint.

Autres fonctions du dessin :

Dans les siècles passés le but du dessin étaient de parvenir à proposer des modèles pour la sculpture, le vitrail ou la tapisserie et aussi divers modèles pour les artisans. C’est un exemple de la prééminence du dessin qu’il est essentiel de maîtriser pour réaliser des compositions en peinture et des cartons pour les métiers d’art.
Il y eut aussi les dessins de cartouches, les cartes topographiques, les atlas, et les frontispices. Divers artistes ont produit des cartes du Monde. Par exemple Berchem et ses allégories des éléments naturels au 17éme siècle.
Ce sera aussi  la production dessinée, gravée pour être diffusée, des arts appliqués avec des modèles de cartouches, de vaisselles comme un projet de salière de Wetwael. D’autres  artistes ont travaillé ainsi des modèles d’orfèvrerie  maniériste à Utrecht.
Enfin les architectes ont dessiné des projets très aboutis pour des églises, hôtels de ville, pour un yacht royal comme pour la plupart des projets d’ustensiles usuels.

En dernier lieu il apparait  que le Dessin fut la porte ouverte à la production d’un grand art :
la Gravure qui sera développée brillamment
et diffusera à l’aide de ses multiples textes et  estampes, l’histoire, la vie, les grands chefs d’œuvre de tous les temps de la peinture, de la sculpture à l’architecture.
Les xylographies, les burins et eaux fortes sont produites comme œuvres indépendantes ou comme illustrations de livres ou encore pour diffuser  la grandeur d’un pays ou d’une nation ou d’un Roi.
Au 16éme siècle, Cock publie Brueghel l’ancien, Floris et aussi des dessins de Stradanus, de De Vos très détaillés qui étaient ensuite gravés sur cuivre.
Également  les dessins de Vinckboons qui représente des ripailles de mendiants et pouilleux.

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L’ensemble de ce texte ci dessus peut paraitre désordonné  et disparate. Il est l’image d’une prolifération de l’Art du dessin, omniprésent dans les diverses activités de l’Art et de la vie en société, mais aussi toujours présent partout en tout lieu  et à toutes les époques des  civilisations.
C’est tout cela d’ailleurs qui détermine l’importance majeure du dessin.

Ainsi, le corpus de mes dessins devient peu à peu une somme immense et comme un cosmos ou un océan infini qui sera la source de toutes mes réflexions et de toutes mes compositions.

N.B. Chacun de mes dessins est suffisamment travaillé et sur la marge ou bien en haut ou bas, chaque page souvent contient  des annotations, un texte. Ces annotations expliquent au lecteur l’origine de la composition ainsi que la description du  contenu graphique, légendaire ou symbolique. Ce commentaire permet au lecteur grâce à Google d’entrer dans le détail complet du dessin présenté.
L’ensemble des centaines de dessins ainsi commentés devient un répertoire impressionnant et d’un grande richesse pour composer… écrire ou peindre et humblement je dirais qu’il me rappelle l’utilisation par les maîtres anciens de la Légende dorée de Jacques de Voragine.

 R.Dumoux
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Panneau dessiné – R. Dumoux ©viapictura.com

RODIN LES DESSINS NOIRS. Pour la porte de l’enfer.

Image à la une : Auguste Rodin (1840 -1917) Ugolin entouré de trois enfants – Vers 1880 – Crayon, plume et lavis, encre et gouache sur papier H. 17,3 cm ; L. 13,7 cm – D.7627 – Ancienne collection Maurice Fenaille, acquis en 1929 ? Crédit photo : Musée Rodin

Le centenaire de Rodin : Les dessins noirs

Plutôt que de célébrer la date anniversaire de Rodin et de dire ou rappeler les caractéristiques bien connues de son œuvre, j’ai préféré m’entretenir de certains aspects importants et parfois moins connus de Rodin.

En particulier j’ai retenu  son corpus de dessins tels que les « dessins noirs », au nombre de 600 et consacrés à la Porte de l’Enfer.
.Cette appellation, les dessins noirs, se rapporte à la majorité des 600 dessins de Rodin, réalisés au moment de sa recherche pour la Porte de l’Enfer. C’est un moment fort dans l’œuvre de Rodin, et c’est pour ce travail que Bourdelle a créé ce mot.
Ces dessins sont d’un grande richesse et d’une grande diversité autour de la porte de l’enfer.
Ce sont de petits formats (de 10 à 15 ou 20 centimètres) sur des papiers médiocres ordinaires. Il peut commencer une esquiss et ensuite la coller sur une plus grande feuille pour dessiner autour, ajouter d’autres figures puis des couleurs, des gris, noirs et aussi rajouter un petit dessin collé.
Parfois il utilise  le dos d’un papier imprimé ou bien sur le recto on voit les traces d’une marque ou d’une adresse imprimée, comme avec un imprimé de 1882.
La qualification de « dessins noirs » correspond à la partie dessinée de l’œuvre de Rodin. Bourdelle en est à l’origine car il l’admire profondément. Ainsi on a fini par utiliser ce terme  pour l’ensemble de la production dessinée de Rodin de 1875 à 1890.
On retrouve les mêmes caractéristiques pour les dessins des Fleurs du Mal de  Baudelaire et les études dessinées par Rodin pour sa sculpture de Victor Hugo.

La source majeure des dessins noirs de Rodin est l’Enfer de Dante.
Pendant un an il a « vécu « avec Dante et il a dessiné les 8 cycles de l’Enfer, mais, sans suivre vraiment les phases du poème chant par chant.
Rodin est simplement attiré par certains épisodes précis  pour  dessiner ou faire des esquisses.
Rodin sépare les cercles fondamentaux  de Dante qui programme les tourments et supplices.
Il ne conserve de Dante  que l’ambiance et quelques images. Enfin il n’hésite pas à mêler des images des Métamorphoses d’Ovide ou aussi des Fleurs du Mal.
Rodin n’est pas un illustrateur ni un copiste et son travail devient  l’Enfer de Rodin

Les Dessins de Rodin sont souvent sans titre et ne sont jamais datés. Pour Rodin les champs d’expression se mêlent, se contaminent. Dans ses dessins il utilise des études directes du chant de Dante sans les modifier Et aussi ses travaux pour les vases de Sèvres qui viennent se mêler à sa recherche.
Cette Contamination est une caractéristique du travail de Rodin.

En 1897, il y eut la publication des dessinsde l’Album Fenaille. Cet album montre la dimension récupératrice du travail de Rodin pour déterminer ses composantes personnelles de sa porte de l’enfer.

Rodin a lu et relu la divine Comédie. Il avait souvent dans sa poche une petite édition du texte de Dante. La source Majeure de Rodin est en effet le poème de Dante Alighieri.
Cette publication montre 3 chapitres : L’enfer, Les Limbes, et les études. Et dans ces 3 parties on trouve des œuvres intitulées Ombres qui y figurent largement.

Là également  il existe chez Rodin une tendance à la licence poétique, licence qui aboutira à la publication des Cathédrales de France avec de grandes envolées lyriques .
Peu à peu, dessin après dessin, on aboutit à la création de ces innombrables poèmes qui composent la Porte de l’Enfer.

Actuellement des dessins noirs sur les 600 pour la Porte apparaissent sur le marché de l’art.

J’ai écrit cet article car l’œuvre dessiné de Rodin est peu connu, alors qu’en réalité il est pour Rodin essentiel, en première position, dans tout son travail.

A titre personnel je me sens en harmonie avec cette multiplicité de dessins de toutes techniques et de tous formats, dont le corpus d’ensemble est évalué à plusieurs milliers.

Raymond Dumoux
Voir sur www.vapictura.com sous le lien « dessins »

-> voir la collections de dessins de Rodin – Musée Rodin

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« L’enfer » – dessin 3 crayons et mine de plomb. 21 x 29 cm – Raymond Dumoux

Le Mandala

Image à la une : « L’Asie » toile de 5 mètres x 3 – extraite du Pictorama, ensembe monumental peint de Raymond Dumoux – viapictura.com

Il s’agit de la manifestation la plus  évidente du Bouddhisme.

(En Extrême Orient, le bouddhisme ésotérique existe à partir du 7 éme siècle.) ( Le Tantrisme est le prolongement direct du Bouddhisme du grand Véhicule.) (Bouddha est né en 623 avant notre ère)

Le bouddhisme tantrique autorise le salut en une seule vie terrestre, donnant à chacun le moyen d’échapper au cycle des réincarnations.
Dans la liturgie du tantrisme les dévots privilégient les pratiques pieuses comme la récitation incessante de formules sacrées et les pèlerinages. Les érudits sont initiés à des rituels complexes et ils parviennent à des degrés de plus en plus élevés dans le détachement du monde.
Les grands mystiques se livrent aux ascèses les plus difficiles, jusqu’à se faire emmurer comme les grands accomplis indiens.
Rien n’est rejeté du message originel du Bouddha. Au départ il y eut une simplicité primordiale, puis 12 siècles d’ajouts, de débats et de pratiques liturgiques variées qui aboutissent finalement  au Bouddhisme tantrique au VIIéme siècle de notre ère.
Ce sera la dernière phase  de la pensée indienne avec une culture religieuse très riche.

Le Mandala : ce mot du bouddhisme tantrique fait l’objet de diverses interprétations. Il signifie : disque, cercle, et donc territoire.
La cosmogonie brahmanique présente ainsi l’univers par la forme d’un disque avec au centre une montagne, axe du monde et les océans, continents se répartissent autour de de ce mont. Il y a des parallèles entre le mandala bouddhique et les cosmogonies d’autres civilisations.
Le centre du monde c’est le temple de la divinité, et  le cosmogramme en est  le résumé. L’autel est aussi considéré comme une sorte de résumé de l’Univers. Ainsi on met en relation microcosme et macrocosme.
(Selon Jung, les schémas de certains malades mentaux font penser à des mandalas.)

Enfin le mot Mandala renvoie à l’idée d’une représentation microscopique. Il s’applique au corps de l’homme dont chaque partie est en correspondance avec un élément du cosmos, corps gigantesque avec tous les aspects du monde.
(Le corps humain dans le Yoga est parcouru de canaux et de centres où résident des divinités. Le corps est considéré pendant les exercices de Yoga  comme un vrai mandala.)

Moines dessinant un Mandala de poudres colorées

Divers Mandalas :

–  Les plus anciens mandalas sont réalisés en poudres colorées. (technique encore actuelle du Bouddha Tibétain, par exemple au monastère des mille Bouddhas de Kaghiu Ling à Toulon-sur-Arroux (France)
– De même on confectionne des maquettes représentant des mandalas. Ces maquettes sont ornées de statuettes amovibles. Certains petits bronzes conservés proviennent de mandalas.
– D’autres fois certains mandalas sont des lotus en bronze aux pétales articulés  qui s’entrouvrent et révèlent une divinité et sa suite. Tels sont les mandalas en bronze doré en Chine au 17éme siècle.
– La plupart des mandalas himalayens sont peints sur toile mais ils jouent le même rôle liturgique que les mandalas éphémères faits de poudres.


Il y a 3 types de mandalas peints :

1 – Des diagrammes présentant de déités sous forme anthropomorphe

2 – Le 2nd type présente des divinités symboliques : elles sont représentées par des syllabes Graines. (Plan de la parole)

3 – Le 3eme type est le plan de la pensée et les divinités sont évoquées par leurs attributs principaux.

Mandala peint sur le plafond de la porte d un temple bouddhiste à Thimphou (Bhutan)


Mandala et architecture
:

A l’origine des architectures, il y a en Inde des mandalas en trois dimensions avec des figurines. Ce sont de vrais modello de palais divins. En Inde et à Java en particulier :  Borobudur ( IX éme siècle) est un stupa gigantesque, sorte de mandala en architecture.
Dans l’Himalaya et au Boutan en architecture, autour du Bouddha suprême, il y a une série de chapelles sur 6 étages. Sont ainsi représentées toutes les divinités du Panthéon Bouddhique.


Dernier aspect important des mandalas :

Ceux qui sont peints en grandes dimensions sur les murs. Chaque Mandala étant un accomplissement spirituel.
A Dunhuang dans la cachette des cavernes on découvre des diagrammes sur papier avec des formules conjuratoires. Ces œuvres spectaculaires dans les cavernes sont des peintures murales qui suivent fidèlement le prescription du Bouddhisme du Grand Véhicule ou Mahayana.


Remarques :

Les textes ésotériques désignent par mandalas les palais célestes des divinités hors du monde phénoménal. Ce sont des lieux abstraits d’ordonnance purement mentale. Le mandala essaie de faire évoluer vers l’Éveil, grâce à la présence des divinités. Il s’agit de prendre conscience de la vacuité universelle. Le mandala ne sert pas à présider à  une connaissance ni à l’harmonie entre l’individu et le cosmos.

Le Mandala a pour finalité la dissolution de l’illusion du moi dans un état indéfinissable, jusqu’à l’Extinction.

Les antécédents : cette conception du Mandala est due à l’origine aux multiples  pratiques de dévotion du Bouddhisme ancien du « grand Véhicule ». Par exemple le Mahayana est une forme embryonnaire du mandala. Ainsi à Allora dans une caverne bouddhique, 9 personnages sont réunis dans des cases de  3 par 3, la case centrale étant occupée par le bouddha Cakyamuni.

Autre remarque : le bouddhisme tantrique systématise les associations aux régions de l’espace avec au sommet son Panthéon de 5 Bouddhas de méditation. Ces associations permettent de produire des schémas graphiques conduisant à des mandalas. Certains Bouddhas sont appelés Jina et ils se répartissent autour des stupa : ce sont des tumulus reliquaires, monuments fondamentaux du Bouddhisme. Le plus célèbre est dans l’Himalaya proche de Kathmandou. (Hors de l’Inde à Java les Jina garnissent le temple de Borobudur.)

N. B.  Pour plus de précisions, il est conseillé de rechercher les sites essentiels qui sont cités ici

: Dunhuang, Allora, Borobudur,  Kathmandou  

Cet article peut être mis en relation avec mes créations : les toiles de 5 m x 3 de mon ensemble peint Pictorama, à propos de l’Asie ou de l’Inde, œuvres  visibles sous le lien Pictorama sur www.viapictura.com (en référence aussi à des articles sur mon blog viapictura : Asie  ou Inde)

NB : Le pictorama est un ensemble monumental peint composé de 60 toiles de 5 m x 3 m chacune. Panorama de l’histoire de l’humanité au cours des siècles jusqu’à nous et se projetant dans le futur avec la conquête de l’espace ou la robotique et les implants .

R. Dumoux

www.viapictura.com

La Mésopotamie : Origine de notre Histoire

Image à la une : « La tour de Babel » vue dans l’atelier. Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit dans cet article d’évoquer la naissance de la civilisation, avec l’approche de la Mésopotamie.
( Précédemment on a pu s’intéresser aux origines mêmes de l’humain. En se consacrant aux lieux ou pays qui au delà des millénaires ont réussi à faire naitre à créer l’apparition de l’humanité, dépassant le monde animal.)

La Mésopotamie présente les premiers signes de la civilisation, signes qui vont prévaloir  dans les diverses civilisations de la planète, au cours des siècles.

• 1852  c’est la découverte de la Mésopotamie, avec le début des fouilles de  KHORSABAD. Il s’ensuit un grand engouement, et une science, en raison de l’importance majeure du patrimoine pour l’humanité. Importance accrue du fait  de la menace actuelle sur ce patrimoine.
L’Assyriologie  devient une discipline. Cette science s’intéresse à tout ce qui s’est passé dans ce pays avant la conquête d’Alexandre Le Grand en 331  avant J. C. Ce passé vertigineux a été étudié depuis 10 000 avant J.C.
Alors un territoire plus précis se distingue avec l’Irak actuel, le Koweit, une partie de la Syrie et de la Turquie. C’est une vaste plaine entre les deux fleuves venus du Nord : la Mésopotamie entre le Tigre et l’Euphrate. On distingue deux régions principales : l’Assyrie et la Babylonie dont l’influence s’étend  en Syrie à Suse.
Cette Mésopotamie  est plurielle mais a aussi une grande unité.

Cette région riche en agriculture et aussi pour l’élevage à cause du sol très fertile,  mais elle doit chercher  ailleurs d’autres ressources qui lui manquent  telles que le métal et la pierre.
Ainsi des échanges ont lieu avec d’autres pays  et s’ensuit un commerce important. Les artisanats sont très développés pour la métallurgie, la vannerie et les matières vitreuses. Pour toutes ces raisons, c’est une région traversée par des marchands et des mouvements de population.

• Les populations sont les Sumériens et les Akkadiens et d’autres groupes comme les Araméens, les Amorties, les Hurrites et les Kassites.
Les pluralités s’expriment  dans  les dialectes locaux. De grands roi conquérants unifient et pacifient les territoires : par exemple, Sargon Hammourabi Assurbanipal Nabuchodonosor.
Les différentes cultures sont unies par l’économie, par la religion, et l’écriture cunéiforme  est commune à tous. Elle permet le rayonnement de la culture de Mésopotamie.

La Mésopotamie, le Pays de l’argile.

Cette terre, l’argile, a été très importante pour le pays car elle a été le support principal de l’écriture, la première écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers l’an 3200 avant J.C. Ainsi va se conter l’histoire de la Mésopotamie dans les détails.
L’argile est le matériau de base pour l’écriture mais aussi pour l’architecture.

Depuis la préhistoire cette terre est omniprésente, et tellement qu’il est dit que l’homme a été  créé à partir d’argile par le Dieu Enki.
La céramique apparait vers 7 000 ans  av J.C .
L’argile est le matériau de base de la civilisation. des milliers de briques permettent de construire d’immenses villes, des ziggourat et des bâtiments énormes comme la tour de Babel. Et la Brique sert de pierre et le Bitume de mortier, de joint contre l’humidité. L’argile a ainsi permis la construction extraordinaire des jardins de Babylone.

Il n’y a pas de pierre en Babylonie, mais ce pays est riche en agriculture avec les Grains de Cérès, le blé. C’est un Eden de l’agriculture. La plaine est couverte de palmiers. Hérodote dit que l’on en tire des fruits et du vin. Pour ce faire, on a inventé l’irrigation avec des machines hydrauliques des réseaux de canaux. L’irrigation commence en 6 000 ans avant J.C. Le Tigre et l’Euphrate sont les seuls fleuves du Paradis terrestre. Pour cela il y eut aussi la force du Travail et l’inventivité des hommes.
Les fleuves sont la  voie de circulation naturelle pour les bateaux et le commerce. Ces fleuves sont dangereux et imprévisibles avec les crues ; (le récit du Déluge avec le dieu Enki fut imaginé et continué dans la Bible.)

Ce pays était exposé aux raids aux envahissements pour exterminer des peuples. Ainsi fut créé un récit mésopotamien à propos du Déluge, un récit magnifique : ce fut  l’épopée de GILGAMESH . Les faits sont décrits tels que on les lira plus tard dans la Bible.
Outre la savoir scientifique et le création des villes et de l’écriture, la Mésopotamie nous a donné des mythes et des récits magnifiques, d’un grande sagesse.

Cette culture a peu à peu disparu après la conquête grecque. Et il en résulta un grand rayonnement pour cette culture.
Aussi la Mésopotamie est vue comme le berceau de l’humanité et la première étape majeure dans l’histoire de l’humanité.
Actuellement cette force première est menacée par les destructions de sociétés barbares. Ce paysdemeure une civilisation antique de première importance pour notre civilisation, comme ancêtre de la culture de l’architecture et de la Bible.  A protéger d’urgence .


LES CITES, 4000 ans avant notre ère.
Les premières villes sont apparues entre le Tigre et l’Euphrate, avec les innovations techniques autour de l’agriculture, du commerce, des échanges et technologies scientifiques. Le fonctionnement repose sur l’invention de l’écriture, faisant avancer les sociétés au delà de l’oral. Avec en plus le décompte du temps selon le calendrier divisé en 12 mois et le savoir astronomique.

Toute l’histoire des ROIS et des empires se révèle avec précision avec l’histoire des VILLES importantes telles que :
Uruk, UR, NIPPUR, NINIVE, BABYLONE, ASSUR, MARDUK.

Un exemple : Babylone La perle de l’Orient ancien.
C’est la capitale d’empire avec Hammurabi au 17éme siécle. C’est une mégapole. Elle enflamme l’imagination par sa démesure et par sa ziggourat de 70 mètre de haut. Cette capitale présente une très grande voie d’échange avec la magnifiques porte d’Ishtar (reconstituée à Berlin). Les villes sont les piliers de la civilisation en Babylonie.

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Porte d’Ishtar. Musée du Pergame, Berlin

 

La description de la Mésopotamie est très complexe et importante, car elle présente pour la première fois, tous les fondements de la civilisation, de la culture, de la justice, de l’architecture et des matériaux comme de l’agriculture et des échanges et communications avec les autres pays.

Bien que les bases soient ainsi posées, il convient de compléter ensuite cette introduction à  la naissance de la Civilisation, par une étude plus complète et détaillée.
 

Le document de cet article est une toile de 5 mètres x 3 que j’ai réalisé a tempéra : la Tour de Babel. Cette toile est un élément de mon ensemble monumental peint composé de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune. Panorama  évoquant l’histoire de l’humanité depuis le Big Bang et traversant les siècles, jusqu’à nos jours pour se projeter dans le Futur avec la conquête de l’espace, les implants ou les robots, la génétique.

R. Dumoux
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Le XVIIIème siècle. LES FÊTES GALANTES. Watteau

Image à la une : Antoine Watteau, « L’amour paisible » – vers 1718

Il faut citer, regarder les peintres : Watteau, Fragonard, Boucher. Mais aussi Chardin, Greuze, Carl van Loo, de La Tour, Nattier, Prud’hon, Oudry.
La mort de Priam de Lancret,  Hubert Robert, le rococo avec Gabriel Lemonnier, Nattier, Panini,  Joseph Vernet, Gabriel de St Aubin, Subleiras, Zoffany dans sa galerie de sculptures et aussi de peintures. Il faut aussi visiter les Débuts de la Muséologie des Lumières. Comprendre l’origine du mot Musée : Mouseion créée à Alexandrie au IIIéme  siècle av. J.C.
Il faut visiter enfin, Zoffany « la tribune des Offices », Jean François de Troy, Nicolas de Largillière. Le néoclassicisme apparu avec Vien et aussi Fragonard.


Le XVIIIéme  est le théâtre de DIVERS MOUVEMENTS PICTURAUX :
Depuis  la continuité du classicisme de l’Académie il y eut divers courants qui ont évolué  au cours du siècle des Lumières :

C’est le moment des Fêtes Galantes qui vont couvrir tout le siècle avec diverses variantes. S’impose la peinture de Watteau, libéré de l’académie et se tournant vers des commandes privées avec son art de liberté, avec les scènes de parties de campagne, de repas champêtres dans un cadre de paysages bucoliques. 
– Et  puis à la suite il y eut le rococo qui intensifie les caractéristiques de la scène galante, parfois en exagérant jusqu’à l’outrance. Le sentiment de la nature s’est aussi fortement développé.
– Et apparait la peinture Néo classique avec le retour à l’antique de Pompéo Batoni et sa peinture  mythologique.
– A la fin du XVIIIéme siècle, après le rococo, apparait le néo classicisme. Ce sera Vien qui traite des thèmes semblables à Watteau, mais avec une approche statique : Par exemple avec son tableau « Couronnement de fleurs ». Fragonard aussi est passionné par l’obsession de l’antique liée à la légèreté de la Fête Galante et de la Comedia del Arte. Il peint ainsi des chefs d’œuvre comme « la Fête à St Cloud « 


La Fête galante est  capitale  dans l’art du XVIIIéme siècle. Watteau en est un créateur illustre.

            Un exemple : Le tableau de Watteau  » l’amour paisible » présente les caractéristiques, paysages et décors de la Fête Galante.
Le paysage du monde rural, des cultures et des très hautes montagnes est souvent présent, avec aussi de nombreuses traces de l’homme. Le cadre naturel est souvent le midi parfois aussi dans le Nord et les Flandres. Il y a une double inspiration méridionale et flamande. Cependant le paysage italianisant est très en harmonie et idéal pour la Fête galante.
D’autre part, le décor dans la fête galante est animé de Sculptures ou Fontaines comme dans un parc. C’est un cadre semi naturel.
La scène avec les 4 hommes et les 3 femmes et un chien sera axée sur la séduction : elle montre l’harmonie entre l’homme et la nature et donne un cadre idéal  pour des conquêtes et entretiens libérés de la ville et des conventions sociales.

           Tout est fait pour renforcer les liens entre l’homme avec la nature.
Ce cadre harmonieux est souvent animé de conversations omniprésentes ou par des musiciens. Mais il n’y a pas trop de récit. Que se passe t’ il dans ces tableaux? On ne sait trop?
Il y a une sorte d’insouciance et pas spécialement d’action. Le chien souvent au 1er plan témoigne de cette tranquillité.
On découvre peu d’action dans la fête galante : c’est un genre élégiaque et bucolique. Sa sensibilité est celle d’une Pastorale qui touche notre sensibilité.

La principale source picturale pour la Fête Galante, c’est la Pastorale Italienne : il y a un rapprochement avec la tradition du paysage de Titien et Giorgione comme par exemple la beauté du paysage du midi où se côtoient des gens à la mode, des musiciens, des femmes nues : l’ensemble préfigure les Fêtes galantes.
D’autre éléments de la Fête Galante sont empruntés aux scènes rurales, des peintres flamands et hollandais tels Tenniers et Wouverman : ce sont le fêtes de village, les kermesses, les orchestres : on visite le charme de la champagne.

Aux deux sources de Watteau, la Pastorale Italienne et les sources flamandes et hollandaises, s’ajoute un nouvel élément : le  monde du Théâtre. Les acteurs s’animent et deviennent des individus à part entière comme les personnages du tableau. Le tableau  en arrive ainsi à refléter les idéaux sociaux de l’époque et Watteau, il exprime un idéal social qui s’est diffusé en France à la fin du XVIIIéme siècle.


             La pratique de la Galanterie au XVIIIéme est une caractéristique  de civilisation (pas seulement dans le sens amoureux) qui contrôle les conflits sociaux, la culture, tout ce qui se rapporte au domaine social dans  ses divers aspects.
On cultive l’art de la conversation, très civilisateur. Il devient d’une grande importance et crucial dans l’art de Watteau. Les figures de Watteau sont très humaines et sociables : elles expriment divers sentiments tels que l’amour, le désir, l’ironie, la solitude, l’âme, toute la personnalité.

Avec Watteau, la Fête galante venue de modèles flamands et vénitiens s’est adaptée avec finesse à la société  française.


             L’Académie distinguait la peinture d’histoire des Talents particuliers. Et avec le portrait et le paysage, les talents particuliers n’avaient pas d’obligation précise ni de hiérarchie et donc pouvaient se développer aisément par rapport à la peinture d’histoire. Ainsi Watteau fut reçu à l’Académie comme peintre d’histoire à cause des aspects narratifs et historiques. Il y avait là une certaine liberté… celle des Fêtes Galantes. Termes retenus  aussi par l’Académie pour Nicolas Lancret et Jean Baptiste Pater, figures majeures de l’époque dans ces domaines.
L’époque eut de la peine à définir la Fête Galante comme Genre. Et l’Académie eut de la difficulté à parler de la scène galante car elle lui paraissait inclassable et présentait une ouverture d’esprit, une souplesse révolutionnaire échappant aux carcans de la théorie. Souplesse qui d’ailleurs caractérisait déjà si bien l’époque  de Watteau, cet  esprit d’ouverture, de grand air et de liberté.


Les Grands collectionneurs furent séduits par l’art de Watteau, par son contenu.
Ainsi parut le Recueil Julienne en 4 volumes  comme un ouvrage exhaustif sur cet artiste : 2 volumes étaient consacrés aux dessins innombrables de Watteau et en consacraient l’originalité.
Le monde de l’estampe et les épreuves de gravure se sont multipliées et ont ainsi constitué un inépuisable réservoir de motifs et de modèles d’inspiration, qui sera largement diffusé et a façonné les arts visuels  et décoratifs.
Tout cela grâce au Recueil Julienne du milieu du XVIIIéme (qui ensuite sera remplacé par un langage propre à Boucher).

Artistes et collectionneurs, à ce moment voient dans la Fête Galante le domaine de la définition et du développement de la Modernité artistique.

Il est nécessaire de citer quelques artistes majeurs de cette époque. Et en particulier  de comprendre les débuts de la Fête galante avec Antoine Watteau :
Pierre Antoine Quillard (et l’île de Cythère), Jean Baptiste Pater (Baigneuses à une fontaine dans un paysage ), Boucher (et la pêche Chinoise et les Chinoiseries), Nicolas Lancret  (les plaisirs du Bain et le Repas au retour de chasse) Fragonard.


Watteau et les débuts de la Fête Galante.
Au XVIIIéme siècle, la fête galante se situe dans la tradition de la Pastorale italienne mais aussi des scènes de la vie rurale flamande et hollandaise.
Watteau n’a jamais eu de formation précise en perspective, étude de nu ou de théorie de l’art. Il a copié les maîtres anciens et il s’est associé avec Claude Gillot et Claude Audran  grâce auxquels il découvre  les images du théâtre.
Aussi il va dessiner, représenter des scènes de conversation entre le théâtre et la vie, des conversations entre des acteurs et des gens qu’il connait. Il est aussi très influencé par les décors d’arabesques, comme un genre ornemental associant des éléments hétérogènes : des singeries, de la Mythologie antique aux chinoiseries, des scènes quotidiennes ou de genre mêlées à des allégories spirituelles. Il utilise aussi beaucoup des scènes villageoises dans le style de Téniers .

             Pour Watteau l’île de Cythère fut un tableau, une suite importante qui va aboutir au thème de la Fête Galante. Ce thème fut accepté comme genre historique et cet esprit imprègne les esprits, définissant la pensée du siècle.

On l’a dit la Fête galante revisite les Pastorales des paysages italiens et le genre flamand et hollandais. Aussi à l’époque on considérait Watteau comme le Téniers Français. Effectivement c’est à partir de Téniers qu’il découvert la peinture de Genre.
Watteau dessinait beaucoup : ses dessins pris isolément, il les intégrait directement dans ses compositions par ajouts successifs.. Ainsi Watteau a peu produit d’esquisses  préparatoires pour ses tableaux.
Le Succès de Watteau attire de nombreux artistes vers ce genre nouveau de la Fête galante.
Jean Baptiste Pater est le seul élève connu de Watteau. Il a suivi Watteau à la lettre mais ensuite il a ajouté des baigneuses à ses compositions pour obtenir un aspect plus sensuel dans la Fête Galante.

Nicolas Lancret atteint son sommet avec Watteau, comme inspiré par une appropriation de son style. Grâce à Lancret la Fête Galante devient une tradition majeure de l’innovation artistique  au XVIIIéme siècle.

Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild
Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild

R.Dumoux
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La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

R.Dumoux
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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

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« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com