La Pensée de l’art dans le blog viapictura

L’ART dans le BLOG VIAPICTURA.

Quelques artiste actuels :
Damien Hirst Jeff Koons. Soulages. Derain. Buren. Vasconcelos. Gloria Friedman. Lavier. Boltanski. Rothko. Mapplethorpe Garouste Bill Viola. Cy  Twonbly. Richter. Tapies. Morellet. Clemente. Penone. Sophie Calle. Basquiat. Cursky. Cindy Scherman. Sigmar Polke.. Serra. Don Judd. Kusama. Anish Kapoor. Kiefer. Boetti. Nam June Paik. Sol Lewitt. Eva Hesse. Kosuth, Bruce Nauman Mona Hatoum. De Kooning. Rachel Witheread. Pipilotti Rist. Fischli et Weiss. Les Peintres de Monochrome : Klein, Malevitch, Rodchenko, Soulages, Buren, Mosset, Toroni Parmentier. Gupta.
Tous aperçus ou vu dans des expositions, biennales ou rétrospectives de grands musées depuis les années 70- 75 jusqu’aux années 2000 et plus.

– Le lecteur assidu de mon blog viapictura a sans doute remarqué que beaucoup de mes notes et références se rapportent aux anciens maîtres, de l’Antiquité  à la Renaissance, aux grands artistes ou miniaturistes du Moyen-Age comme aux chefs d’œuvre de l’antiquité gréco-latine ou encore de  l’Assyrien ou de l’Égypte ; tout un passé jusqu’au  19ème siècle et à Rodin.
Je n’ai pas voulu être exhaustif ni orienter quiconque dans cette seule perspective. Je n’ai fait que citer les sources évidentes sur lesquelles je réfléchis et travaille souvent.
Et les mouvements du 20éme et du début du 21ème siècle demeurent pour moi d’une signification importante quant à l’évolution historique et mondiale de la société.

L’art contemporain actuel peut décevoir et paraitre matériel, manquant d’élévation, intellectuel , incompréhensible. Il n’est pas ce papillon aérien de ¨Psyché » qui virevolte au gré du vent pour nous insuffler une pensée, il a la pesanteur du Diable d’argent sous lequel peine le peuple et à l’aide duquel il écrase de son pied la grâce de la pensée libre et intelligente. Cependant je considère réellement les artistes dits contemporains qui sont en recherche et je vois leurs expositions.

– Je me réfère par exemple au collectif  ART & LANGUAGE (Voir sur le site du centre Pompidou) qui m’assure d’une certaine liberté d’esprit et dans lequel je me retrouve pour quelques uns de mes travaux.
D’ailleurs il semble que le blog Viapictura que je tiens, manifeste un certain nombre des caractéristiques des activités de Art & Language
Je citerai ici à titre d’exemple  quelques uns de mes travaux décrits dans les articles du Blog viapictura. Ils coïncident de près avec les propos de Art & Language.

Art & Language pose la question suivante : « Comment un texte sur l’art pourrait-il être considéré comme une création artistique ?

L’expérience de l’Ekphrasis  me semble t-il permet de répondre affirmativement.

Tel est l’exemple de Mantegna qui a réalisé un tableau : « la Calomnie d’Apelle » tableau ancien (disparu) selon la description de l’historien antique Lucien.

Le texte devient une véritable création : il décrit la composition, les figures, leurs habits, leur époque et leur activité.
« Et verbum factum est ». C’est une phrase biblique qui a été incarnée en art : le verbe, le mot s’est fait chair .

Les textes de Art & Language sont très divers :

– il y a des protocoles qui décrivent des installations ou accrochages d’œuvres existantes ou à réaliser.
– Souvent des textes et lectures à elles seules constituent l’exposition avec une présentation à l’image d’un tableau.
– Il y a des conversations (avec le spectateur parfois)
– On découvre aussi  des  descriptions en tout genre.
– Enfin on lit des textes de critiques d’art ou des emprunts à des artistes ou critiques (Malevitch, par exemple.)

Il est intéressant de comprendre ce qui distingue Art &Language de l’art Conceptuel ;
Depuis Avril 2016, le château de Montsoreau près de Saumur a réalisé une exposition du travail de la collection de Art & Language.
L’art conceptuel apparait comme un dérivé de Art & Language. L’art conceptuel paraissant plus limité et maintenant en fin de parcours, alors que Art & Language est complexe, historique et bien Vivant.

– Dans l’ensemble de mon travail il est permis d’envisager diverses tendances ou réalisations  qui s’apparentent de très près aux travaux de Art & Language.
Je citerai déjà le blog que je tiens depuis 10 ans qui est une compilation de textes historiques et de descriptions de mes travaux réalisés, de descriptions du métier de peindre. Et aussi des sources mythologiques historiques. Avec par exemple la description du mandala et de son rôle.

– Exemple : Les textes de mon Blog fonctionnent comme des Ekphrasis, c’est à dire  réalisant une description complète de chacune de mes toiles de 5 mètres. Texte permettant de la réaliser, sa composition, ses figures, les lieux, paysages et architectures.

Avec cet article je tiens à citer et à honorer les anciens maîtres de l’Art qui m’ont inspiré profondément et pour lesquels je devais essayer de montrer l’élévation par mon travail.

De même que Rubens (si je puis me permettre) a rendu un hommage à Léonard de Vinci  en faisant une copie magistrale de la Cène appelé aussi  » The Last  Super » ) J’ai moi même réalisé en 2017 une copie de la Cène, sous l’angle particulier du coloris avec ses couleurs translucides et superposées. A tempéra. (350 x 200 cm)

Quelques Maîtres anciens vénérés.
Véronèse. Rodin. Tiepolo. Rubens. Mantegna. Durer. Altdorfer. Rembrandt. Fra Angelico.  Carpaccio. Michel Ange. Titien. Le Greco. Velasquez, Jordaens. Grünwald. David. Goya. Praxitèle. Martin Schongauer. Brueghel. Hubert et Jean Van Eyck. Hokusai. Quentin Metsys. Pol de Limbourg. Jean Bourdichon. Jean Haincelin. Jean Fouquet. Phidias. Piranèse. Piero della Francesca… et les autres.. Beatus de Liébana. Duccio et la Maesta. Christine de Pisan…

R. Dumoux
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Mon travail de dessin – Avril / Juillet 2018.

Image à la une : Mise en place du dessin d’une grande toile de 5 mètres. R. Dumoux ©viapictura.com

Comme j’ai pu l’écrire, chaque jour un travail graphique s’impose à moi. Chaque jour, au moins 2 à 3 pages dessinées sortent de l’ombre, prennent naissance et cela depuis plusieurs décennies.

Ce sont des desseins inspirés parfois de catalogues imposants de Rembrandt à Poussin ou Dürer ou encore des Fresques des temples de Lhassa au Tibet ou de Turquie comme  des églises romanes… Images et desseins inspirés aussi des revues d’art comme « l’Estampe », ou  des miniatures de Jean Fouquet et de Jean Bourdichon et de bien d’autres.

Enfin ce sont aussi des dessins imaginés librement évoquant un souvenir, un concept issu de ma pensée, de mes lectures ou bien simplement le souvenir d’œuvres vues et analysées, que ce  soit au musée d’Orsay ou au Louvre ou encore au centre Pompidou pour se terminer au palais de Tokyo avec le monde actuel ou au musée d’art moderne de la ville de Paris. Autant de lieux que j’ai bien souvent fréquenté (sur une durée d’environ 30 ans) en visitant de très nombreuses expositions ou rétrospectives à Paris. En témoignent mes feuilles de notes ou petits croquis, schémas de ces années là.
Et aussi ailleurs, ce furent des dessins inspirés  du geste puis d’une forme automatique qui se développe indéfiniment et par milliers.

Ce travail de dessin est une expression mais aussi une recherche et une étude d’œuvre pour une nouvelle création ou  une connaissance d’un moment particulier de mon histoire et de l’histoire proche des siècles passés ou bien visant le futur. Cette approche est comme une lecture qui permet de comprendre, de méditer à la pointe du crayon l’esprit qui en émane.
C’est aussi une compilation, peut on dire, où le monde se bouscule de l’antique à l’art l’actuel, artistique, scientifique ou cosmique.
Cette prolifération exprime la liberté de tout appréhender. C’est la conquête d’une liberté  sans  frontière qui va me permettre de créer selon une graphie particulière qui est le fil conducteur de ma pensée  comme un influx du cerveau, un enregistrement qui se met en mouvement, et trace, écrit ou danse.

Ainsi quelques exemples avec les titres  de mon travail actuel peuvent être cités :

Les grandes figures mythologiques de Jupiter à Hercule ou Orphée et le Panthéon complet  ou comme actuellement la mise en place d’une toile de 3 mètres à propos d’Orphée et les animaux accompagné cette fois-ci d’Eurydice.
L’inspiration biblique de Moïse à  Jésus.
Ou Bouddha ou encore les divinités et cultes des Ethnies et peuples d’Afrique ou d’Asie.
– Les cabinets de curiosité comme celui d’Aldrovandi.

L’inspiration des grands maîtres de Dürer,  Rembrandt à Piero della Francesca ou Titien.
– L’Inspiration des trésors des Manuscrits de Topkapi à l’Enluminure Médiévale en grand nombre qui sera étudiée et dessinée librement de façon assidue.

L’ensemble de cette accumulation dessinée de milliers de dessins interroge .. comme une vue Kaléidoscopique du monde. Cependant, derrière cette somme apparait nécessairement une communauté d’esprit entre  tous les éléments. Par exemple, il y aura un mouvement, un graphisme, une écriture proche et familière à chaque  page.

Pourquoi ce dessin se démultiplie t’il ?
D’abord c’est un besoin personnel de graphie quasi permanente.
Puis, de la simple copie, le dessin devient une recherche de composition originale. Il peut aussi être considéré comme pièce de collection dans un ensemble graphique et iconographique  sur le même thème.

Cette  somme de dessins est la base de l’ensemble de mon travail selon un choix personnel vécu : des gravures, eaux fortes, burin, panneaux  a tempéra, toiles de 150 cm x 250 et enfin un ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres x 3 : C’est un panorama historique de l’humanité depuis le Big Bang jusqu’à maintenant et se projetant dans l’espace, dans la robotique, les implants et le futur ou l’espace.

 Que dire de cet ensemble sinon qu’il n’est pas comme un navire échoué.
Ce ne sera pas cela mais comme un sauvetage de l’esprit, de la recherche, de l’intelligence et  de la générosité, de l’humanisme.

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A la suite de cela, on peut évoquer le  DESSIN à l’époque de Rembrandt avec l’importance majeure du dessin au XVIIéme siècle.
Les élèves de Rembrandt comme lui même devaient dessiner chaque jour. Le dessin était une matière générale enseignée aux enfants.
Dès l’âge de 12 ans, le jeune peintre Moses ( au 17éme siècle)  réalise des dessins à partir de la sculpture antique et de la Renaissance. Puis il fait des copies d’estampes de Dürer, Blomaert ou Carrache. Il peint des scènes narratives comme Moïse sauvé des eaux ou le Jugement de Salomon. Les dessins de toute la famille sont conservés par le père puis transmis aux descendants : cela montre l’importance du dessin au 17éme siècle, la compréhension et l’intelligence de cet Art et de sa Pensée, la Pensée de L’Art .

Dès l’antiquité, La devise d’APPEL était :
NULLA DIES SINE LINEA. 
Ce mot, rapporté par Pline l’ancien, était populaire en Hollande.
On encouragea à dessiner tous les jours : « Qu’aucune journée ne se termine sans avoir tracé un trait « . Appel incarne  cette maxime.

Citons un exemple d’un grand processus créateur à partir du Dessin :
Il eut lieu en Hollande au XVIIéme siècle à l’époque de Rembrandt. Il fallait maitriser la pratique du dessin.  Van Mander décrit ainsi les préparations du dessin pour créer une peinture.
On était déjà rompu au dessin depuis l’enfance car le dessin dès les premiers âges était enseigné dans les programmes scolaires.
Van Mander, théoricien de l’art a décrit ainsi comment on s’attache aux dessins sous-jacents  qui sont tracés directement sur le tableau ou la toile ; et guidant  l’artiste dans la réalisation de la peinture. Certains artistes ont réalisé leur dessin directement sur la toile ou le panneau et ensuite les ont couvert de couches transparentes en superposant les couleurs.

 Plusieurs étapes se succèdent ainsi :

– 1 Le tracé à partir du Dessin précis est l’étape cruciale pour la réalisation et la réussite du tableau. Il est du ressort exclusif du peintre.

– 2 La prééminence du dessin, reposait sur l’idée que sa pratique aiguisait le regard et qu’il  fixait dans la mémoire un objet d’étude.

– 3 Sa technique et pédagogie : dessiner les membres du corps un à un puis comment les combiner, d’abord pour un enfant puis pour un adulte et enfin assembler 3 ou 4 personnes pour réaliser une composition, un ensemble de figures.

Il y eut à cette époque une grande quantité de dessins et de carnets qui ont disparu, ce qui parfois nous prive  d’information sur les techniques et les sujets ;
Une autre fonction du dessin au 17éme en Hollande  était de cataloguer ses dessins dans un livre, un Carnet de modèles.
Un Artiste à l’époque de Rembrandt se devait de posséder et de publier un livre d’estampes représentant des statues, pour offrir à l’Art des fondements universels et classiques, antiques et réels.

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btyMes collections de dessins par milliers sur des années se rapportent à ce travail de compilation des anciens maîtres et en soi constituent une richesse de références mythologiques, bibliques, historiques et aussi par rapport à l’actualité des sciences, de la robotique, à la conquête de l’espace ou de la biotechnologie ou à la biodiversité.
(Se joint à cette compilation  de dessins, mes collections de gravures  depuis les années 75-80.
Exemple sur le site viapictura.com : Diaporama de 40 gravures de l’ensemble monumental peint.

Autres fonctions du dessin :

Dans les siècles passés le but du dessin étaient de parvenir à proposer des modèles pour la sculpture, le vitrail ou la tapisserie et aussi divers modèles pour les artisans. C’est un exemple de la prééminence du dessin qu’il est essentiel de maîtriser pour réaliser des compositions en peinture et des cartons pour les métiers d’art.
Il y eut aussi les dessins de cartouches, les cartes topographiques, les atlas, et les frontispices. Divers artistes ont produit des cartes du Monde. Par exemple Berchem et ses allégories des éléments naturels au 17éme siècle.
Ce sera aussi  la production dessinée, gravée pour être diffusée, des arts appliqués avec des modèles de cartouches, de vaisselles comme un projet de salière de Wetwael. D’autres  artistes ont travaillé ainsi des modèles d’orfèvrerie  maniériste à Utrecht.
Enfin les architectes ont dessiné des projets très aboutis pour des églises, hôtels de ville, pour un yacht royal comme pour la plupart des projets d’ustensiles usuels.

En dernier lieu il apparait  que le Dessin fut la porte ouverte à la production d’un grand art :
la Gravure qui sera développée brillamment
et diffusera à l’aide de ses multiples textes et  estampes, l’histoire, la vie, les grands chefs d’œuvre de tous les temps de la peinture, de la sculpture à l’architecture.
Les xylographies, les burins et eaux fortes sont produites comme œuvres indépendantes ou comme illustrations de livres ou encore pour diffuser  la grandeur d’un pays ou d’une nation ou d’un Roi.
Au 16éme siècle, Cock publie Brueghel l’ancien, Floris et aussi des dessins de Stradanus, de De Vos très détaillés qui étaient ensuite gravés sur cuivre.
Également  les dessins de Vinckboons qui représente des ripailles de mendiants et pouilleux.

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L’ensemble de ce texte ci dessus peut paraitre désordonné  et disparate. Il est l’image d’une prolifération de l’Art du dessin, omniprésent dans les diverses activités de l’Art et de la vie en société, mais aussi toujours présent partout en tout lieu  et à toutes les époques des  civilisations.
C’est tout cela d’ailleurs qui détermine l’importance majeure du dessin.

Ainsi, le corpus de mes dessins devient peu à peu une somme immense et comme un cosmos ou un océan infini qui sera la source de toutes mes réflexions et de toutes mes compositions.

N.B. Chacun de mes dessins est suffisamment travaillé et sur la marge ou bien en haut ou bas, chaque page souvent contient  des annotations, un texte. Ces annotations expliquent au lecteur l’origine de la composition ainsi que la description du  contenu graphique, légendaire ou symbolique. Ce commentaire permet au lecteur grâce à Google d’entrer dans le détail complet du dessin présenté.
L’ensemble des centaines de dessins ainsi commentés devient un répertoire impressionnant et d’un grande richesse pour composer… écrire ou peindre et humblement je dirais qu’il me rappelle l’utilisation par les maîtres anciens de la Légende dorée de Jacques de Voragine.

 R.Dumoux
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Panneau dessiné – R. Dumoux ©viapictura.com

La sculpture actuelle

Image à la une : un lion en basalte néo-hitite du temple d’Aïn Dara en Syrie – 1300-700 avant J.C.

Égyptiens, Assyriens, le Bas relief d’un lion blessé à Ninive que j’ai eu l »occasion de copier en terre il y a des années, la porte d’Ishtar … Rodin,  Maillol etc ou Julio Gonzalès

Et récemment cette découverte des lions sculptés au Temple de Aïn Dara en Syrie (temple de 3 000 ans, détruit par les turcs fin janvier 2018)

Les chefs-d’œuvre de la sculpture demeurent ou renaissent.
J’ai beaucoup dessiné à partir de l’antique grecque, romaine ou d’Assyrie, de la sculpture de Rodin comme récemment à partir de ses dessins Noirs. De même en ce moment je dessine à partir de Maillol, comme avec les lions ou taureaux en céramiques colorées du Musée de Berlin avec les chefs-d’œuvre de Pergame.

Mon approche de la sculpture : l’Art des sculpteurs des lions en Syrie m’a fasciné par leur aspect très stylisé mais en même temps très naturels avec leurs proportions et aussi avec un dessin très appuyé, qui est gravé, incisé avec vigueur ..

J’ai alors pensé à la gravure en taille douce, du moins celle qui évite le flou vaporeux pour ne faire que du trait. Caractéristique puissante qui se retrouve dans l’Art de la Médaille  et des Camées (depuis Rome jusqu’ à nos jours). Art qui lui même va évoluer vers le Bas Relief  et s’affirmer jusqu’à la Ronde bosse.

Jusque là, j’ai participé à la sculpture du XXéme où domine l’art du collage (comme avec Dada ou  Schwitters), et de la soudure avec le fer soudé de Julio Gonzalès, César. Depuis Mark di Suvero ou Serra ou Stella puis avec Tingueli et les italiens ou autres anglo-saxons que l’on connait bien.

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« Sculpture assemblage » : iron and wood – 40 x 30 cm – Raymond Dumoux

Cependant cet art détruit, saccagé à coups de masse au Moyen-Orient depuis les Bouddhas de Bamian jusqu’à la Syrie où le temple, le Tétrapyle à Palmyre fut anéanti et cependant demeure vivant dans l’esprit.

Cet Art ne fait que constituer un Appel vers tous ces grands chefs-d’œuvre universels y compris en Afrique Noire (au Nigéria, la sculpture d’Ifé) où sont apparues ces admirables portraits sculptés en Ronde Bosse, si fameux depuis les Grecs, depuis Phidias et les frises du Parthénon, ou l’art  de Praxitèle.

Ayant réalisé dans ma recherche sur la sculpture des collages mais aussi des  assemblages parfois taillés de matériaux naturels ou artificiels, j’ai aussi approché de plus près la véritable sculpture ou encore le Modelage dans de petites statuettes en argile mais de petites tailles ; semblables à certains modelages de l’art Brut en argile ou mie de pain.

Peu à peu ces réflexions sur la sculpture m’ont conduit à considérer La Ronde Bosse chez Rodin ou chez Maillol. Ces deux œuvres étant nées d’une pratique prolifique du dessin.
Et suite à ces destructions guerrières des grands chefs-d’œuvre et par l’affaiblissement de la sculpture vers le spectaculaire mais sans le métier spécifique, j’ai été amené à reconsidérer cet Art de la sculpture dont on a presque oublié le nom.

Peut être une nouvelle orientation pour mon travail s’annonce, même de façon modeste ?

Après un long travail de dessin gravure et peinture y compris selon des dimensions monumentales ou bien aussi avec la pratique du métier dans des panneaux a tempéra (www.viapictura.com) la sculpture m’est déjà apparue avec une première réalisation cachée dans une caisse en bois : il s’agit d’une tête sculptée dans un bloc de ciment  granuleux, comme un masque ou un portrait funéraire couché où les traits du visage à peine esquissés sont comme la mémoire d’un proche disparu mais qui reste présent de façon intemporelle.
Cette tête m’a évoqué un instant le masque égyptien dans son sarcophage découvert au musée Guimet à Lyon. Il s’appelait Aménophis III.

NB
Il ne semble pas possible d’achever cet article sans évoquer en quelques lignes la présentation de la sculpture polychrome au musée d’Orsay.
Sont mis en évidence les liens qui existent entre la Couleur et la Sculpture au cours des siècles.
De l’Antiquité Gréco-Romaine au Moyen-Age, à la Renaissance, puis au XVIIéme siècle jusqu’au XIXéme siècle et XXéme.

R. Dumoux
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L’ASIE CENTRALE, LA MONGOLIE – Toile de 5 mètres x 3

Image à la une : Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit de la conception d’une nouvelle toile de 5 mètres x 3 qui sera incluse dans mon ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres et constituant un panorama de l’histoire de l’Humanité.  www.viapictura.com  (ensemble monumental peint)

Ayant fait une longue recherche  sur l’Asie centrale, j’ai écrit, pris des notes, beaucoup dessiné, ébauché des compositions.

Le pays des Mongoles, c’est l’immensité des terres des steppes, l‘immensité d’un ciel  dominant. Les montagnes escarpées et l’arc en ciel assurent le lien entre Ciel et Terre dans ce monde  sans limite, de la Sibérie au lac Baïkal.
C’est au XIIIéme siècle  qu’apparait  un peuple qui va partir à la conquête du monde, de la Chine à la méditerranée. Ce peuple va englober des civilisations, des populations de la Perse à la Chine.
Pour réaliser cela un Géant apparait : Gengis Khan, né en 1167. Il va créer à partir de1206 l’Empire mongole. Il modèle le monde à sa mesure  dans l’immensité du Ciel à la Terre. Il unit les peuplades en tenant compte des traditions de la vie nomade  qui restera une constante avec le culte des ancêtres.

Après des guerres sanglantes et la PAX MONGOLICA, il y eut des échanges culturels et commerciaux entre l’Occident et l’Orient dans l’empire du Grand Khan, ce que Marco Polo a bien connu. Avec les développements des arts et de la culture il y eut aussi,  soutenue par Khan, l’émergence des traditions populaires et la promotion des basses classes sociales, liées à la culture pastorale et nomade.

Parfois Gengis Khan fut réduit à l’image d’un barbare, alors que dans l’histoire des steppes, il peut être vu comme un demi Dieu magnanime, de grand bon sens, pétri d’humanité. Il fut un souverain Universel.
Il a un rôle d’envoyé du Ciel pour rassembler les peuples des steppes autour de lui.

– Cette conception assez divine de Gengis Khan a quelque peu dirigé ma composition, en mettant en évidence l’immensité horizontale  de ces paysages.

L’horizontalité se déroule au Ciel comme sur Terre. C’est le concept fondamental expliquant la Mongolie et la personne divine de Gengis Khan.

Dans ma composition, cet empereur océanique  est représenté au milieu du ciel (plus ou moins estompé avec les nuages) parmi la diversité des phénomènes météorologiques.

 –  Ce sont les ciels très divers qui, en 5 mètres de longueur, vont se déployer sous nos yeux.  Le ciel Bleu noir, cédant la place à la luminosité bleu azur traversée par l’arc en ciel. (C’est le  mythe accompagnant Iris qui relie le ciel à la terre) .
Plus bas ce sont les défilés des cumulus très volumineux, suivis des nimbus sur un fond en dégradés jusqu’à la lumière blanche éclatante au bord des montagnes de 4000  mètres : repère de l’ aigle royal.
– Plus au centre de l’univers céleste la Lumière rayonne autour de Gengis Khan  (suggérant Dieu le père ou encore Zeus et son foudre éclatant).
– Plus loin à droite de ce ciel qui occupe la moitié de la toile  (soit 1 mètre 50 x 5 m) apparait une surface lumineuse  se dégageant d’une masse obscure dominant  la  capitale Oulan Bator.

Oulan Bator est une cité, une  capitale très riche et moderne mais aussi très polluée. La pollution provient de l’entassement des populations venues des steppes  surtout du chauffage. Les gens occupent une multitude de Yourtes, parfois dans une vie misérable qui génère une grande pollution. C’est un paysage urbain d’où s’élève ce gros nuage noir.
– Dans cette même partie à droite, le gros nuage noir déverse une pluie intense sur la ville.
– Toujours les variations de lumières, de contrastes et de phénomènes météorologiques très variés mettent en valeur l’immensité de ce territoire de l’Asie centrale, de la Grèce à la Chine. Ce grand couloir qui fut aussi la route de la Soie de Samarkand à Boukhara.

Enfin la moitié inférieure de la toile est consacrée à la terre et aux animaux qui peuvent se chiffrer à 25 millions de têtes de bétail. Il y a les  immenses troupeaux de chevaux sur tout le territoire. Les bovins se développent près d’Oulan Bator, la capitale. La France y envoie de nombreuses vaches Montbéliardes pour l’élevage. La population s’accroit beaucoup dans la  région d’Oulan Bator et il faut subvenir aux besoins.
Les moutons et les chameaux sont nombreux. Citons en particulier les chameaux au longs poils roux qui sont magnifiques.
Ce sont les Mongoles nomades (environ 800 000 ) qui s’occupent de ces troupeaux tout en conservant les traditions ancestrales.

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Projet dessiné pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

– Les Religions
En Asie centrale la 1ère religion est le Chamanisme, c’est à dire le BOO des peuples des  steppes. Face aux phénomènes de la nature les nomades croient en une Force suprême cachée. Le Ciel est le premier Dieu Unique d’où émergent d’autres divinités, les éléments  comme le feu, l’eau, la terre, l’air.
Matin et soir Gengis Khan au XIIIéme siècle priait vers le ciel.
Actuellement en Mongolie la tradition du chamanisme est très forte : La Notion essentielle est que chaque élément de la nature doit être respecté et vénéré. Le chaman travaille par divination et par Magie préventive pour soigner et chasser les mauvais esprits.

L’autre religion présente est le Bouddhisme (introduit au 15éme siècle ) qui partage le choix religieux du peuple avec le Chamanisme. Bouddhisme et Chamanisme n’étant pas incompatibles.
Puis, après les conquêtes, ce sera pour Gengis Khan, empereur, la reconstruction de tous les territoires. A Boukhara l’Islam s’impose. On reconnaîtra la richesse spectaculaire des mosquées, leur grande beauté. D’où dans mon tableau, la présence d’une mosquée dont  l’ornementation abstraite, monumentale, est très colorée.

Dans un article de Art Press Thibaut de Ruyter parle de l’Asie centrale de l’Ex Union Soviétique. En 2014 il y eut une Mission par le Goethe Institut en Ouzbekistan pour étudier les transformations en Art et dans d’autre pays : les changements opérés après la chute du communisme.

En 2016 on a organisé une exposition et des centres d’art en ont rapporté les images des présentations :
On a découvert  en économie comme en tous les domaines de la vie, que ces pays d’Asie centrale étaient à la recherche d’une identité d’expression artistique et d’une Histoire particulière ; contrairement à ce qui se passe parfois, en occident l’art actuel n’est  souvent fasciné que par  la « réussite » et l’argent , c’est à dire : par le diable d’argent.

On peut s’interroger sur les évolutions possibles, hors de directives uniques et globales.
Nous comprenons que tout ce que nous avons considéré comme union au XXéme, tout cela va laisser place à une autre recherche, celle de notre histoire de nos sources de nos libertés et de nos origines particulières à chaque pays.

Ce que précisément je cultive en art  (voir le site viapictura.com )
Pour un art plus lisible et inspirant, aidant à comprendre nos sources, qui ailleurs respectent celles d’autres pays ou cultures.
C’est pourquoi, en Asie centrale, chaque pays développera sa propre identité,  son histoire personnelle. Par exemple la Géorgie avec  son identité propre :
La Géorgie est une charmante destination touristique et la Gastronomie Géorgienne est la référence d’une identité culturelle, une valeur sûre conservant un trait d’union entre tous les pays.

Ces diverses approches et observations m’ont permis de voir, d’étudier une composition et surtout de m’inspirer à partir des paysages exceptionnels et aussi de la pensée de l’empereur céleste Gengis Khan qui a réuni des peuples en respectant leur culture et leur religion.

 R. Dumoux
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Alberola au Palais de Tokyo – PARIS

Image à la une : Béatrice Dumoux, peinture

Ce centre d’art contemporain, très important, a présenté récemment Jean Michel Alberola.

L’intitulé de cette exposition :  » l’Aventure des détails  » faisait référence à la littérature comme au cinéma de Godard et à l’île aux trésors de Stevenson.
La forme de l’exposition correspondait à un processus mental avec un élargissement de la conscience : par exemple j’écoute de la musique et en même temps, je peins, je dessine ou j’écris une citation quand la nuit tombe .
Il y a une concentration de phénomènes et alors on se demande comment capturer tout cela.
Alberola consacre une grande partie de son temps à la lecture. Et il se met en situation de penser le Présent. C’est ce qui explique le titre de l’exposition « Aventure des détails ».

Jean Michel Alberola est venu à Mâcon en Saône et Loire à l’école des Beaux Arts où il est intervenu.

Il est aussi venu dans mon appartement. En voyant mes toiles et panneaux a tempéra il m’a parlé de Chirico de Derain de la figuration. J’ai reçu de lui l’adresse du peintre anglais à Dublin Mac Kenna avec lequel j’ai correspondu.
Il connaissait bien ma fille Béatrice qui aimait beaucoup son discours et sa gentillesse. Béatrice était aux Beaux arts de Mâcon (France). Elle a été inspirée de la pensée d’Alberola et ainsi elle a réalisé un bon nombre de peintures de toiles très parlantes, expressives. Ces toiles sont visibles sur le site www.viapictura.com sous le lien galerie virtuelle Béatrice Dumoux

Cependant le train de Paris attendait. Il fallu partir pour prendre un TGV. Je le conduisis dans mon Opel Kadett jaune d’or comme le jaune de certaines de ses toiles ; un jour bien plus tard, je l’ai rencontré rue Beaubourg pas très loin de la porte de la galerie Templon où je me rendais . . .
Les jours ont passé avec d’autres ailleurs et puis je le revois maintenant dans ce Palais de Tokyo à Paris. Une aventure en effet.

Mes toiles ont poursuivi leur chemin … mais aussi les dessins par milliers : des détails du passé au présent puis au futur, ou encore à l’espace ou à l’union Homme- Robot. Mais aussi je me donne à des écrits, des accumulations d’images et de textes, de notes de lectures. Avec à la suite, la rédaction de blogs de l’Antique à l’Actuel, de l’histoire à la description de continents avec les tribus et leur culte des ancêtres. Avec les expéditions ethnographiques de Michel Leiris de Dakar à Djibouti se consacrant à l’observation de l’excision ou bien au culte des ancêtres ou au vaudou.
Alberola consacre beaucoup de temps à la lecture. Il tend à se situer dans un contexte général avec une somme d’éléments pour penser le présent et toutes ses données et informations. D’où le titre de l’exposition  » L’aventure des détails « . Grâce à la lecture, Alberola, cherche une sortie (qu’il ne trouvera pas ) Il ramasse ici ou là, des faits, après tout le monde, et ses écrits lui permettent d’être plus précis pour en tirer quelque chose de formel ; Ce qui intéresse Alberola c’est un journal d’écrivain, de fragments comme ceux de Kafka ; Il constitue un Syncrétisme de détails qui forment et composent un individu et déterminent une œuvre en cours.

Ainsi je me retrouve à écrire mes blog sur le Blog viapictura.com. Également à dessiner à partir de mes notes innombrables qui se bousculent comme les particules de l’univers dans les constellations, pour la rencontre de deux trous noirs qui vont recréer la vie et cette humanité éperdue qui devient une poussière d’Étoile dans l’espace cosmique.
En Témoigne cette grande toile de 5 mètres x 3 Intitulée  » Trou Noir « , sur le blog viapictura.

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« Trou noir » détail d’une toile a tempéra – 500 x 300 cm – R. Dumoux – ©viapictura.com

 

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Jean-Michel Alberola, palais de Tokyo du 19/02/2016 au 16/05/2016

Exposition dans un site industriel réhabilité

Image à la une : vue de la toile de 5 mètres « L’espace 2 » – tempera – R. Dumoux ©viapictura.com


 

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Cette exposition a eu lieu dans un atelier de Tuilerie (datant du 19ème siècle) en Bourgogne à Montchanin.

Le bâtiment présentait la particularité d’avoir des charpentes métalliques assez rares; c’est pourquoi ce vaste atelier a été réhabilité. (Ce lieu présente aussi des céramiques industrielles historiées et polychromes d’un grand intérêt.)

Outre des œuvres de dimensions plus modestes (gravures et autres toiles), 4 grandes toiles de 5 mètres x 3 mètres furent accrochées aux charpentes métalliques de l’architecture.

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Préparation au sol des grandes toiles avnt de les hisser.

Les 4 toiles étaient extraites du Pictorama, Ensemble Monumental Peint réalisé à propos de l’histoire de l’humanité, du Passé au Futur.

Elles furent suspendues dans l’espace, mettant en évidence la trame des poutrelles métalliques.

 

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 Chacune de ces toiles a fait l’objet d’un article précédent dans ce blog.


 

1- Le siècle de Constantin.
Grande pièce de 5 m, cette toile relative à l’antiquité met en scène Constantin et la bataille sur le pont Milvius, en direction de l’orient et de la fondation de Constantinople.

-> Lire l’article précédent sur la toile de 5 m. x 3 m. « Le siècle de Constantin – De l’Antiquité à Byzance »

expo-dumoux-constantin« Le siècle de Constantin » – Détail de la toile a tempera de 5mètres x 3 m.


2- Vercingétorix dépose ses armes devant César.
Toile relative à l’ antiquité gallo-romaine : à Alésia, Vercingétorix dépose à terre ses armes, vaincu par les Romains.

-> Lire l’article précédent sur la toile « Vercingétorix devant César – Rome et la Gaule »

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« Vercingétorix devant César » – Toile a tempera de 5 mètres x 3 m.


3- Un siècle industriel : le 19ème siècle.
Cette toile fait référence au 19ème siècle et au développement industriel avec les modifications de la vie et du travail de l’homme ainsi que les difficultés et grèves qui en ont découlé. Une manifestation, un défilé, se prépare sur le fond du carreau de la mine et des architectures industrielles caractéristiques de l »époque.

-> Lire l’article précédent sur cette toile « un siècle industriel : grèves au XIXème siècle »

-> Lire l’article précédent sur la seconde toile consacrée au XIXème siècle « la Révolution industrielle »

expo-dumoux-19eme« Le XIXe siècle » – Détail de la toile a tempera de 5 mètres x 3 m.


4- Espace II
Plusieurs toiles du Pictorama se développent par rapport à la conquête de l’espace : celle qui est présentée là est intitulée « Espace II »
Dans cette toile de 5 mètres nous assistons à la confrontation entre le monde préhistorique des dinosaures ou des grands singes et notre futur dans la conquête de l’espace, figuré ici par 2 astronautes dans leur capsule spatiale.

-> Lire l’article précédent sur toile « L’espace 2 »

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Article du 20-04-2007

Du rêve à la médiumnité.

Dans les rêves et visions de Nerval, il y a des esprits, des rencontres avec des personnes mortes. Il retrouve les traits de parents morts ou d'un ancêtre, peintre flamand mort depuis un siècle.
Figurent aussi Aurélia et sa mère mêlées à l'image d'Isis et de la Vierge.
Chez De Nerval, il y a des moments de communication directe avec les morts.

Novalis s'en approche lorsqu'il appelle la présence, l'image de Sophie; De même Nadja semble communiquer avec les morts.

Cette idée que le rêve peut nous mettre en communication avec les âmes et les esprits des morts est très répandue dans de nombreuses civilisations. Le rêve met aussi en contact avec les vivants et prend des vertus divinatoires.

1853-C'est l'année d'introduction du spiritisme en France (il était né en 1847 aux Etats Unis et avait été répandu sous la forme des tables tournantes par Fox)
Victor Hugo va pratiquer le spritisme à Jersey.
La médiumnité est consécutive au succès du spiritisme: c'est la croyance en la possibilité d'un contact avec les esprits et l'au delà, par l'intermédiaire d'un médium.

La communication peut aussi se faire avec un autre mortel.
Les supports de communication peuvent être les tables, mais aussi des écrits et des images. L'ère de l'internet et du virtuel est particulièrement propice à ces communications.
Cette question de la médiumnité apparaît très tôt dans le spiritisme. Par exemple avec les séances de sommeil pratiquées par André Breton en 1934.

Dans le groupe surréaliste Desnos est particulièrement apte: il répond par écrit, invente des jeux de mots en communication télépathique avec Marcel Duchamp.

Egalement hérité de la pratique des médiums est l'automatisme: c'est l'abandon volontaire de tout contrôle.
L'écriture automatique est une mécanique inconsciente et là, contrairement au spiritisme, il n'y a pas de voix extérieur, pas de fantôme ni d'esprit. Mais alors qui parle?

  Breton fait appel à la notion de subliminal: c'est un aspect inconscient susceptible d'intervenir dans la conscience. C'est un moi subliminal qui aboutit à une sorte de révélation. Une façon de parler, un choix particulier d'images dans un ordre donné ou l'emploi des mots et leur assemblage original, tout cela constitue un langage subliminal qui sera capté et montera peu à peu à la conscience, tel une révélation.

Ce langage permet aussi d'entrer en télépathie avec une personne pour ensuite s'affirmer de façon objective. Peut-être des conditions particulières ou un choc émotionnel ont-ils au départ ébranlé des résistances et ainsi permis ces révélations progressives.

Pour conclure cet article, il est bien de citer plusieurs artistes qui, ont été particulièrement adeptes du rêve et de la médiumnité.

Victorien Sardou, auteur dramatique fut un adepte du spiritisme. Par exemple en 9 heures il réalise une eau-forte ou "la maison de Mozart". Ainsi, il communiquait avec les esprits de Mozart et aussi de Bernard Palissy.

– En 1900, un officiel reconnu, Fernand Desmoulin, a une activité spirite et il produit une oeuvre médiumnique extraordinaire.
Il réalise de larges volutes colorées où apparaissent des visages. L'expérience se déroule dans le noir, ou le visage caché et aussi à l'envers.

Augustin Lesage, mineur de fond, entend une voix lui annoncer qu'il sera peintre.
Initié au spiritisme, il fera des dessins automatiques. Puis il se consacre entièrement à le peinture et va réaliser de grandes compositions symétriques, sortes de temples ou d'autels symbolique maintenant illustres.

Joseph Crépin est aussi un peintre connu. il s'initie au spiritisme en 1930. Son oeuvre se compose de plusieurs centaines de temples qu'il voyait d'abord en rêve.
Son 1er dessin médiumnique survient en 1938 alors qu'il copie de la musique sur un cahier.

Rêve, imagination, médiumnité sont les voies de la création comme de la communication entre les âmes et  nous permettent de dépasser des aspects subconscients pour accéder à une connaissance consciente.

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Article du 20-04-2007

Rêve et imagination. (à propos de Cozens)

De nombreux artistes répondent à cet appel du Rêve.
Il est possible de citer Max Ernst (les forêts pétrifiées, le cosmos et les nébuleuses), Oscar Dominguez (les décalcomanies), Yves Tanguy (les décalcomanies), Jonh Martin (la chute des anges rebelles ou la création de la lumière), Meryon, Ubac et ses brûlages, Trouvelot (et ses pastels de Mars et Saturne), Seghers ( plateaux et montagnes imaginaires) ou Cozens dont il sera question maintenant..

– Le peintre Cozens (1717- 1786) fait référence à Léonard de Vinci et le cite lorsque Léonard répond à Botticelli qui n'aime pas le paysage:
" celui qui observe la tache d'une éponge imbibée de couleur sur un mur, y verra des têtes humaines, des chevaux, la mer, des bosquets, et toutes inventions admirables dont le génie du peintre peut tirer parti."
 


Alexander Cozens – "the cloud" – 1770

Cozens se sert de cette référence pour présenter sa méthode qu'il décrit ainsi, alors qu'il donne un cours à un élève à propos de la composition originale de paysage, en opposition à la copie.

" L'élève part d'un papier souillé. Puis il fait un mélange d'encre et produit quelques formes grossières pour esquisser comme un paysage; ce sont des formes qui sont utilisées de la même façon que les taches accidentelles du papier souillé.
A la suite de cela, il transforme la tache en une esquisse intelligible et fait alors d'immenses progrès."

Cozens  présente sa découverte sous la tutelle de Léonard mais avec un aspect très ludique où intervient le hasard. C'est le hasard (comme pour Ernst ou Dominguez) qui a mis Cozens sur la voie de sa méthode.
Le hasard est comme le rêve et l'imagination un flux entre le monde extérieur et le monde intérieur. Il créé la liaison entre le moi et le monde et il me renseigne sur mon moi intime et sur le monde extérieur.. comme un acte de voyance.

 Cozens invente le paysage à partir du hasard et voici la méthode qu'il propose en indiquant les règles du jeu sur la manière de former une tache:

– Pénétrez votre esprit d'un sujet.
– A l'aide de votre pinceau, faites toutes les variétés possibles de formes et de touches en évitant de donner aux taches un effet.
– Faites 1 ou 2 taches mais sur une quantité de papiers. Faites en un certain nombre à la fois.
– Les taches vont se multiplier avec un vaste choix.
– Choisir une tache. Fixer dessus un papier et dessiner les contours des figures que vous voulez y introduire.
– Perfectionner les clairs et les sombres.
– Lorsque tout est sec, retouchez avec la même couleur mais plus chargée, puis les masses au second plan.

Telle est la méthode Cozens qui s'inspire du hasard et créé de véritables projections artistiques et des visions prophétiques de la nature.
C'est le prélude à l'art abstrait , au paysagisme abstrait, qui créé un flux, un lien de complicité, de connivence, du moi profond avec la nature extérieure.

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Article du 11-04-2007

Rêve et Imagination. La pensée de Novalis.
(du Romantisme au surréalisme)

Cet article fait référence à une exposition qui a eu lieu au Pavillon des Arts à Paris en 2003: "Trajectoire du rêve".

Le site viapictura.com présente des oeuvres figuratives à tendance symbolique, imaginaire ou relatives à l'espace.
En particulier, la galerie virtuelle fait état de plusieurs oeuvres d'un peintre L.Troncy qui se rapporte directement aux décalcomanies surréalistes et aux oeuvres tachistes de Cozens.

 

 


Louis Troncy – Monotype

A partir des décalcomanies ou du tachisme, nous  sommes aux portes du rêve et de l'imagination.
Dans ce domaine, de multiples références littéraires et picturales peuvent se faire.

– De Novalis à Hugo, ce sont des cheminements et parcours mouvementés.
Dans cette veine il faudrait parler d'Aurélia de Nerval ou aussi de Nadja et des Vases communicants de Breton.

– Dans les arts plastiques, ce sont les paysages imaginaires de Hercule Seghers, de Cozens, Ernst ou Sima.. Il y a également les esprits visionnaires  tels John Martin avec ses grands paysages symboliques et fantastiques, Charles Meryon (et ses vues de Paris) ou Touvelot et ses pastels de Voie Lactée ou encore les célestographies d'August Strinberg.

De tous ces artistes, aucun ne se satisfait du visible et tous cherchent à révéler une réalité autre. La vie n'est pas limitée aux apparences directes. Les visages familiers sont proches mais d'autres, bien que plus éloignés, s'imposent encore plus fortement.
L'imagination et le rêve nous ouvrent cette porte.

Nous avons cité Hugo, Nerval ou Breton dans ce parcours du rêve et de l'imagination.

Novalis (poète allemand, 1772- 1801) est une figure emblématique  de ce courant de pensée. A la fin du 18 ème siècle (à la fin des lumières) on affirme à nouveau l'existence d'un monde invisible. On démontre la non-séparation entre l'homme et la nature: chaque élément, animal, végétal, minéral, est en relation avec l'autre et animé d'un esprit.
Novalis renoue avec les traditions antiques, avec l'humanisme de la Renaissance comme avec l'occultisme.
 Pour Novalis c'est la conscience du Tout qui est à l'origine, c'est le chaos. C'est une vaste condensation comme le Big Bang et sensations et pensées sont indifférenciées.
Après le chaos ou le Big Bang, vient le temps de l'âge d'Or au cours duquel l'homme vit en harmonie avec la nature.
Novalis veut atteindre l'idéal du tout retrouvé. (Alors  que, plus tard, l'énergie est fragmentée et qu'un langage harmonieux est perdu)

 Son espoir est de recréer en lui l'état du chaos initial où l'homme et la nature vibrent à l'unisson au sein d'harmonies infinies.
Novalis accorde beaucoup d'intérêt aux états d'âme et aux émotions vagues, aux impressions et sensations indéfinies et par elles nous parvenons à des relations extraordinaires avec le monde.
Novalis place le sens du rêve au 1 er plan car il contient les autres sens. Nous pouvons diriger notre conscience, l'orienter si nous avons mainmise sur nos sens.
L'imagination et le rêve ne sont plus seulement imposés mais  sont garants de la liberté. Ainsi, peu à peu, nous pourrons nous donner le corps que nous souhaitons.
Le rêve est un levier qui permet de nous projeter à l'extérieur pour agir sur le monde. Ce que j'imagine n'est pas un simple reflet mais il y a dans cet acte la capacité de créer le réel.
Une chose est ou devient telle que je la pose , telle que je la suppose.

Tels sont les potentialités extraordinaires du rêve et de l'imagination.

Novalis met l'accent sur ce pouvoir agissant à l'écart de l'angoisse.
C'est une lumineuse descente en soi qui peut rejoindre là l'occultisme et surtout la télépathie et le moyen d'agir par la pensée sur le monde et sur les autres.

 Après cette pensée essentielle de Novalis, dans un prochain article il sera question d' oeuvres peintes ou gravées qui portent en elles le témoignage de cette  descente en soi créatrices du monde.

R.Dumoux

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Article du 30-03-2007

Les réflexions sur la mélancolie et la dégénérescence nous introduisent à la question de la folie et de son rapport avec le génie.

– Déjà en 1859, Moreau de Tours étudie les rapports entre le génie, la folie et l'idiotie. Il constate un lien entre la maladie du corps et  la grandeur de l'esprit et il pense qu'il y a des esprits supérieurs qui sont à la frontière du crime.
L'homme de génie ne cesse de s'interroger sur les idées écloses dans son cerveau échauffé.

– Dans sa suite, Lombroso (1835-1909), criminaliste de Turin, publie "Génie et Folie". Il décrit le génie, le fou et le criminel comme des types psycho-physiologiques qui ont des affinités. "Le génie et le fou, doués d'une forte énergie, expriment leur différence dans des oeuvres d'art et de pensée et par un comportement fou ou criminel."

Les grands artistes sont fascinés par l'abnorme. Les aliénés, empêchés d'exprimer leur nature, en prison, produisent des dessins, des tatouages, des poèmes ou des graffitis : à Turin, le musée de criminologie conserve une véritable collection d'art brut.
Les génies ont des caractères physiques de dégénérescence : asymétrie du visage, précocité sexuelle, mancinisme et divination, et aussi des caractères psychiques : apathie, perte du sens moral, interprétations mystiques, abus des symboles, excentricité, hyperesthésie, abattement.

– Lombroso présente quelques cas exceptionnels :
– de Nerval passant de l'excitation à la dépression.
Baudelaire présentant des symptômes d'hallucination et d'hyperesthésie.
Schopenhauer est un cas très complet de génie dans la folie, de la tristesse profonde à la joie excessive. il est terrorisé par l'abandon de ses parents, par la peur de la vérole, du bruit, du choléra ou du tabac.
Il se croyait victime d'un complot visant à étouffer son oeuvre. Il utilisait 5 langues pour prendre ses notes et répartissait les pages de ses manuscrits dans plusieurs
pièces.
– Pour l'artiste, le rôle de fou permet de ne pas rendre de comptes.
– Ainsi Aloïse et Wolfi ont pris le masque de la folie et ont été internés. Wolfi a ainsi en 35 ans accumulé 13 000 dessins, 44 cahiers d'histoires dans des écritures différentes, romaine ou gothique, avec des mots étrangers.

D'autres exemples d'artistes sont essentiels dans ce rapport entre génie et folie :
Artaud dit : "Nul n' a jamais écrit, peint, sculpté ou modelé et inventé que pour sortir de l'enfer". La vie d'Artaud est un véritable enfermement : à 5 ans il a un accident cérébral. A 19 ans il est abandonné de sa famille et subit 50 électrochocs.
Il est un écartelé et sa dislocation mentale est publique : il est convaincu de folie mais il est célébré comme écrivain de génie.

Henri Michaux était fasciné par la relation avec les démons intérieurs. La folie est un équilibre pour pallier à un état disloquant.
Le fou se bat contre lui même, contre une bête tapie en lui : c'est la lutte de Jacob et de l'ange.
ll faut aussi évoquer Van Gogh,  Rimbaud,  Nietzsche ou Holderlin qui conjugue le démon (le calvaire de l'enfermement et le bonheur de la création frénétique.)

D'autres artistes se passionnent pour les productions de la folie et du génie.
Breton collectionne les objets des fous. Les expressionnistes allemands collectionnent les peintures de malades mentaux.
Dali, élabore la paranoïa-critique : il simule la psychose et en appelle aux forces obscures.
Dubuffet pendant 10ans collectionne des oeuvres d'internés et constitue la Compagnie de l'Art Brut.
Tout cela vérifie bien l'affirmation de Lombroso qui dit qu'il n'y a pas de génie sans folie.

Tous ces exemples peuvent sembler relatifs à certaines formes de dégénérescence, mais il ne s'agit pas nécessairement  d'une décadence de l'espèce.
Cet aspect de la dégénérescence est porteur d'avenir, est créatif.
La norme saine est équilibrée et inerte. La plupart des individus se refusent au nouveau et au progrès et n'aiment pas le changement.

Le rôle des génies (et peut  être des fous) est d'introduire le changement et l'évolution dans la société.

R.Dumoux
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