Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (5)

Image à la Une : Empilements, accumulations de mes œuvres

(Articles divers au jour le jour…)

Cependant dans l’accumulation de mes réalisations, dans les divers ateliers et endroits où je travaille, il me faut effectuer des rangements, des classement, dans ces lieux de 220 ou 230 m2 environ, complètement occupés de mes toiles monumentales, grandes toiles, panneaux a tempéra ou caisses de gravures, de  dessins

Alors que je suis occupé à classer quelques épreuves de gravure  sur cuivre  abandonnées, je redécouvre  un livre sur Uccello. Je m’arrête à la bataille de San Romano et sur son Saint Georges et le dragon, thème (avec le St Michel quoique différent) qui m’est bien familier, et que j’ai souvent développé en gravure ou sur panneaux  a tempéra  comme sur des grandes toiles murales de  2,5 mètres x 1,5 m. Uccello, ce personnage solitaire  mélancolique reste pour moi un monument de la culture occidentale.

Bien d’autres points de vue seront abordés dans cette pensée de l’art.

Raymond Dumoux
viapictura.com

1200px-Paolo_Uccello_047b
Paolo Ucello – Saint Georges et le Dragon

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (3)

Image à la Une : Assassinat de Nicolas II et de sa famille (détail d’une toile monumentale « La Russie »)

(Articles divers au jour le jour…)

Je viens de représenter cette famille assassinée dans une toile de 5 mètres x 3 à propos de la Russie historique (de mon cycle monumental peint Pictorama)

Une petite description de cette toile monumentale semble s’imposer : elle est composée en 3 registres horizontaux.
La partie du bas se réfère à la Russie de la Révolution Russe au moment du communisme dont  seul subsiste maintenant la statue de Lénine alors que se déroulent le goulag, les camps et l’assassinat de Nicolas II, de sa femme et de ses enfants.
Dans la partie médiane, il y a comme un envol. Au centre, paraissent des usines et Gagarine va conquérir l’espace avec sa fusée.
Puis dans la bande supérieure apparait la renaissance de l’ancienne Russie, du moins des aspects très reconnaissables : les  églises orthodoxes et le réapparition du drapeau des tsars au cours de l’été 2018. Je me suis particulièrement intéressé aux dessins et reliefs colorés des bulbes des  cathédrales de Moscou. De même aussi à l’intérieur d’une cathédrale se remarquent des fresques qui évoquent Roublev, ses compositions et couleurs inspirées.

Raymond Dumoux
viapictura.com

DUMOUX_IMGP3792
Vue partielle dans l’atelier d’une toile monumentale de 5 mètres x 3 : « La Russie » – Raymond Dumoux

 

 

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (2)

Image à la Une : vitrine étagère placée derrière ma chaise à la table de la cuisine

(Articles divers au jour le jour…)

Mes dessins se poursuivent et cette fois se rapportent aux miniatures de Christine de Pisan dans l’Épitre à Othéa. Ou bien encore avec les miniatures du Cantique des Cantiques au 13éme siècle en Italie.

nor
« La Roue de Fortune » – Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

Et parfois, sur le coin d’une table de ma maison qui est peu à peu une sorte d’atelier, (chaque pièce étant ainsi), je parcours les chapitres de la Légende Dorée et les récits de la vie des figures historiques.  Telle est ma source  d’inspiration pour le moment.

La table de cuisine est destinée aux repas mais aussi à mes dessins  quotidiens  avec sa vitrine étagère placée derrière ma chaise. Sur cette table, le titre d’un volume m’interpelle : « Chagall, Lissitzki, Malevitch ». Je revisite le constructivisme, le suprématisme à cette époque après la révolution Russe à la suite des malheurs et désastres  et  après le massacre de Nicolas II et  de sa famille. Je comprends le choix de  Chagall de quitter  Vitebsk et son école populaire d’art  pour  travailler sa peinture à la  façon d’un poète, d’un grand inspiré. Alors que l’école d’Art de Vitebsk va se diriger vers un certain nombre de poncifs plus pratiques. J’en parlerai mieux bientôt.

Dumoux_IMGP3802
« Le Cantique des Cantiques » Ébauche d’un panneau a Tempera – Raymond Dumoux

Raymond Dumoux
viapictura.com

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (1)

Image à la une : « Tête sculptée – Afrique » (détail) – Crayon de couleur sur papier – Raymond Dumoux

Articles divers au jour le jour

A titre d’exemple, cet article et les suivants font référence à mes recherches et pensées  sur l’art pour une période assez brève de quelques jours pendant plusieurs mois.
De multiples sources se présentent : les images, les livres, les articles de revue, les photos d’œuvres d’art, les noms d’artistes de tous les temps et aussi les photographes, vidéastes, graveurs et dessinateurs, les images publiées sur internet, tels des documents sur l’Égypte ou sur  Jérôme Bosch et les grandes expositions en Art… etc.

Ainsi ce jour mon regard  se porte sur une compilation, un énorme livre, très lourd, d’au moins 5 ou 6 kilos : c’est l’œuvre d’un chinois Ai Wei Wei. Ce mois ne me suffira pas pour l’épuiser, pas plus que l’observation des 10 milliards de graines de tournesol (en céramique émaillées) et  transportées à Londres avec mille chinois à la Tate Galerie.

mcb-a_Ai-Weiwei_Sunflower-Seeds-detail-1-1024x604
Sunflower Seeds (Graines de tournesol) (détail), 2010, porcelaine peinte à la main, 12 x 8 x 0.1 cm
© Studio Ai Weiwei

Je regarde des vues, je lis des titres d’article et remarque les photos. Je regarde avec attention les sculptures de Charles Ray ou de John de Andrea qui était présent  au Petit-Palais à Paris avec une très belle sculpture qui peut évoquer l’hyperréalisme. En effet la  technique est très étonnante et mérite d’être étudiée de prés.
Alors la sculpture égyptienne que  je rencontre souvent dans mes lectures, s’impose à mon imagination .

Je revois de multiples séances de dessins d’après l’antique. Ce sont alors les Assyriens, Gilgamesh puis les nus dans l’art grec, Praxitèle, Lysippe ou Phidias avec des retours à l’imagination des sarcophages et des momies égyptiennes jusqu’au chat momifié  accompagné des innombrables statuettes des tombeaux, les fameuses Ouchebtis sous le regard des portraits du Fayoum.

S’en suivent quelques uns de mes dessins  qui pourront figurer dans certaines de mes  compositions de gravures ou de panneaux a tempéra ou de grandes toiles.

Raymond Dumoux
viapictura.com

bty
bty

à propos de mon Dessein

Image à la Une : « Les 2000 dessins » Raymond Dumoux 1962-1963

Un espace cosmique se développant à partir d’un point, d’un noyau ou embryon. Mon travail de dessin, de composition, de graphisme se développe depuis les années 60 avec les 2000 dessins  de 1962-1963.
Ils constituent une origine qui se prolonge jusqu’à maintenant de façon plus ou moins  apparente mais très inspirée par la Courbe.

img_20190121_142117_resized_20190121_022907216
« Glyphes Maya » – Sanguine sur papier – Raymond Dumoux – 2019

Partant d’un point, d’un embryon, un dessin se déroule en spirale de plus en plus grande pour se développer ou se propager alentour avec de multiples ramifications qui aussi vont se développer en courbes parallèles se superposant. C’est la caractéristique d’un développement embryonnaire.
Certaine page des dessins sont très abstraites mais ensuite se diversifient. Elles font apparaitre des silhouettes animale ou humaine des yeux, muscles, bouches… Des corps assez complets évoquant les Vénus préhistoriques par exemple.
Ainsi tout un monde va naitre ! : une sorte de Biodiversité.
Ces  courbes parallèles paraissent aussi comme des courbes de niveau définissant les relief du sol de la montagne comme des rochers ou sculptures égyptiennes.
Jusqu’à relier les courbes de jardins Zen aux reliefs créés sur les Rochers de Gavrinis en Bretagne.

¨Plus simplement ce travail de la courbe trouve un aboutissement dans certains portrait et dans toutes le figurations de mes toiles qui en effet conservent cet aspect nature dans le développement de la souplesse des corps, des drapés et des anatomies. »  … Jusqu’au visage du Christ de Claude Mellan.

dumoux_1970tête(60x80)
« Dessin à la plume » – Encre de Chine sur papier – Raymond Dumoux – 1970

La Pensée de l’art dans le blog viapictura

L’ART dans le BLOG VIAPICTURA.

Quelques artiste actuels :
Damien Hirst Jeff Koons. Soulages. Derain. Buren. Vasconcelos. Gloria Friedman. Lavier. Boltanski. Rothko. Mapplethorpe Garouste Bill Viola. Cy  Twonbly. Richter. Tapies. Morellet. Clemente. Penone. Sophie Calle. Basquiat. Cursky. Cindy Scherman. Sigmar Polke.. Serra. Don Judd. Kusama. Anish Kapoor. Kiefer. Boetti. Nam June Paik. Sol Lewitt. Eva Hesse. Kosuth, Bruce Nauman Mona Hatoum. De Kooning. Rachel Witheread. Pipilotti Rist. Fischli et Weiss. Les Peintres de Monochrome : Klein, Malevitch, Rodchenko, Soulages, Buren, Mosset, Toroni Parmentier. Gupta.
Tous aperçus ou vu dans des expositions, biennales ou rétrospectives de grands musées depuis les années 70- 75 jusqu’aux années 2000 et plus.

– Le lecteur assidu de mon blog viapictura a sans doute remarqué que beaucoup de mes notes et références se rapportent aux anciens maîtres, de l’Antiquité  à la Renaissance, aux grands artistes ou miniaturistes du Moyen-Age comme aux chefs d’œuvre de l’antiquité gréco-latine ou encore de  l’Assyrien ou de l’Égypte ; tout un passé jusqu’au  19ème siècle et à Rodin.
Je n’ai pas voulu être exhaustif ni orienter quiconque dans cette seule perspective. Je n’ai fait que citer les sources évidentes sur lesquelles je réfléchis et travaille souvent.
Et les mouvements du 20éme et du début du 21ème siècle demeurent pour moi d’une signification importante quant à l’évolution historique et mondiale de la société.

L’art contemporain actuel peut décevoir et paraitre matériel, manquant d’élévation, intellectuel , incompréhensible. Il n’est pas ce papillon aérien de ¨Psyché » qui virevolte au gré du vent pour nous insuffler une pensée, il a la pesanteur du Diable d’argent sous lequel peine le peuple et à l’aide duquel il écrase de son pied la grâce de la pensée libre et intelligente. Cependant je considère réellement les artistes dits contemporains qui sont en recherche et je vois leurs expositions.

– Je me réfère par exemple au collectif  ART & LANGUAGE (Voir sur le site du centre Pompidou) qui m’assure d’une certaine liberté d’esprit et dans lequel je me retrouve pour quelques uns de mes travaux.
D’ailleurs il semble que le blog Viapictura que je tiens, manifeste un certain nombre des caractéristiques des activités de Art & Language
Je citerai ici à titre d’exemple  quelques uns de mes travaux décrits dans les articles du Blog viapictura. Ils coïncident de près avec les propos de Art & Language.

Art & Language pose la question suivante : « Comment un texte sur l’art pourrait-il être considéré comme une création artistique ?

L’expérience de l’Ekphrasis  me semble t-il permet de répondre affirmativement.

Tel est l’exemple de Mantegna qui a réalisé un tableau : « la Calomnie d’Apelle » tableau ancien (disparu) selon la description de l’historien antique Lucien.

Le texte devient une véritable création : il décrit la composition, les figures, leurs habits, leur époque et leur activité.
« Et verbum factum est ». C’est une phrase biblique qui a été incarnée en art : le verbe, le mot s’est fait chair .

Les textes de Art & Language sont très divers :

– il y a des protocoles qui décrivent des installations ou accrochages d’œuvres existantes ou à réaliser.
– Souvent des textes et lectures à elles seules constituent l’exposition avec une présentation à l’image d’un tableau.
– Il y a des conversations (avec le spectateur parfois)
– On découvre aussi  des  descriptions en tout genre.
– Enfin on lit des textes de critiques d’art ou des emprunts à des artistes ou critiques (Malevitch, par exemple.)

Il est intéressant de comprendre ce qui distingue Art &Language de l’art Conceptuel ;
Depuis Avril 2016, le château de Montsoreau près de Saumur a réalisé une exposition du travail de la collection de Art & Language.
L’art conceptuel apparait comme un dérivé de Art & Language. L’art conceptuel paraissant plus limité et maintenant en fin de parcours, alors que Art & Language est complexe, historique et bien Vivant.

– Dans l’ensemble de mon travail il est permis d’envisager diverses tendances ou réalisations  qui s’apparentent de très près aux travaux de Art & Language.
Je citerai déjà le blog que je tiens depuis 10 ans qui est une compilation de textes historiques et de descriptions de mes travaux réalisés, de descriptions du métier de peindre. Et aussi des sources mythologiques historiques. Avec par exemple la description du mandala et de son rôle.

– Exemple : Les textes de mon Blog fonctionnent comme des Ekphrasis, c’est à dire  réalisant une description complète de chacune de mes toiles de 5 mètres. Texte permettant de la réaliser, sa composition, ses figures, les lieux, paysages et architectures.

Avec cet article je tiens à citer et à honorer les anciens maîtres de l’Art qui m’ont inspiré profondément et pour lesquels je devais essayer de montrer l’élévation par mon travail.

De même que Rubens (si je puis me permettre) a rendu un hommage à Léonard de Vinci  en faisant une copie magistrale de la Cène appelé aussi  » The Last  Super » ) J’ai moi même réalisé en 2017 une copie de la Cène, sous l’angle particulier du coloris avec ses couleurs translucides et superposées. A tempéra. (350 x 200 cm)

Quelques Maîtres anciens vénérés.
Véronèse. Rodin. Tiepolo. Rubens. Mantegna. Durer. Altdorfer. Rembrandt. Fra Angelico.  Carpaccio. Michel Ange. Titien. Le Greco. Velasquez, Jordaens. Grünwald. David. Goya. Praxitèle. Martin Schongauer. Brueghel. Hubert et Jean Van Eyck. Hokusai. Quentin Metsys. Pol de Limbourg. Jean Bourdichon. Jean Haincelin. Jean Fouquet. Phidias. Piranèse. Piero della Francesca… et les autres.. Beatus de Liébana. Duccio et la Maesta. Christine de Pisan…

R. Dumoux
www.viapictura.com

La sculpture actuelle

Image à la une : un lion en basalte néo-hitite du temple d’Aïn Dara en Syrie – 1300-700 avant J.C.

Égyptiens, Assyriens, le Bas relief d’un lion blessé à Ninive que j’ai eu l »occasion de copier en terre il y a des années, la porte d’Ishtar … Rodin,  Maillol etc ou Julio Gonzalès

Et récemment cette découverte des lions sculptés au Temple de Aïn Dara en Syrie (temple de 3 000 ans, détruit par les turcs fin janvier 2018)

Les chefs-d’œuvre de la sculpture demeurent ou renaissent.
J’ai beaucoup dessiné à partir de l’antique grecque, romaine ou d’Assyrie, de la sculpture de Rodin comme récemment à partir de ses dessins Noirs. De même en ce moment je dessine à partir de Maillol, comme avec les lions ou taureaux en céramiques colorées du Musée de Berlin avec les chefs-d’œuvre de Pergame.

Mon approche de la sculpture : l’Art des sculpteurs des lions en Syrie m’a fasciné par leur aspect très stylisé mais en même temps très naturels avec leurs proportions et aussi avec un dessin très appuyé, qui est gravé, incisé avec vigueur ..

J’ai alors pensé à la gravure en taille douce, du moins celle qui évite le flou vaporeux pour ne faire que du trait. Caractéristique puissante qui se retrouve dans l’Art de la Médaille  et des Camées (depuis Rome jusqu’ à nos jours). Art qui lui même va évoluer vers le Bas Relief  et s’affirmer jusqu’à la Ronde bosse.

Jusque là, j’ai participé à la sculpture du XXéme où domine l’art du collage (comme avec Dada ou  Schwitters), et de la soudure avec le fer soudé de Julio Gonzalès, César. Depuis Mark di Suvero ou Serra ou Stella puis avec Tingueli et les italiens ou autres anglo-saxons que l’on connait bien.

montage09G
« Sculpture assemblage » : iron and wood – 40 x 30 cm – Raymond Dumoux

Cependant cet art détruit, saccagé à coups de masse au Moyen-Orient depuis les Bouddhas de Bamian jusqu’à la Syrie où le temple, le Tétrapyle à Palmyre fut anéanti et cependant demeure vivant dans l’esprit.

Cet Art ne fait que constituer un Appel vers tous ces grands chefs-d’œuvre universels y compris en Afrique Noire (au Nigéria, la sculpture d’Ifé) où sont apparues ces admirables portraits sculptés en Ronde Bosse, si fameux depuis les Grecs, depuis Phidias et les frises du Parthénon, ou l’art  de Praxitèle.

Ayant réalisé dans ma recherche sur la sculpture des collages mais aussi des  assemblages parfois taillés de matériaux naturels ou artificiels, j’ai aussi approché de plus près la véritable sculpture ou encore le Modelage dans de petites statuettes en argile mais de petites tailles ; semblables à certains modelages de l’art Brut en argile ou mie de pain.

Peu à peu ces réflexions sur la sculpture m’ont conduit à considérer La Ronde Bosse chez Rodin ou chez Maillol. Ces deux œuvres étant nées d’une pratique prolifique du dessin.
Et suite à ces destructions guerrières des grands chefs-d’œuvre et par l’affaiblissement de la sculpture vers le spectaculaire mais sans le métier spécifique, j’ai été amené à reconsidérer cet Art de la sculpture dont on a presque oublié le nom.

Peut être une nouvelle orientation pour mon travail s’annonce, même de façon modeste ?

Après un long travail de dessin gravure et peinture y compris selon des dimensions monumentales ou bien aussi avec la pratique du métier dans des panneaux a tempéra (www.viapictura.com) la sculpture m’est déjà apparue avec une première réalisation cachée dans une caisse en bois : il s’agit d’une tête sculptée dans un bloc de ciment  granuleux, comme un masque ou un portrait funéraire couché où les traits du visage à peine esquissés sont comme la mémoire d’un proche disparu mais qui reste présent de façon intemporelle.
Cette tête m’a évoqué un instant le masque égyptien dans son sarcophage découvert au musée Guimet à Lyon. Il s’appelait Aménophis III.

NB
Il ne semble pas possible d’achever cet article sans évoquer en quelques lignes la présentation de la sculpture polychrome au musée d’Orsay.
Sont mis en évidence les liens qui existent entre la Couleur et la Sculpture au cours des siècles.
De l’Antiquité Gréco-Romaine au Moyen-Age, à la Renaissance, puis au XVIIéme siècle jusqu’au XIXéme siècle et XXéme.

R. Dumoux
www.viapictura.com

La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
www.viapictura.com

L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com

Alberola au Palais de Tokyo – PARIS

Image à la une : Béatrice Dumoux, peinture

Ce centre d’art contemporain, très important, a présenté récemment Jean Michel Alberola.

L’intitulé de cette exposition :  » l’Aventure des détails  » faisait référence à la littérature comme au cinéma de Godard et à l’île aux trésors de Stevenson.
La forme de l’exposition correspondait à un processus mental avec un élargissement de la conscience : par exemple j’écoute de la musique et en même temps, je peins, je dessine ou j’écris une citation quand la nuit tombe .
Il y a une concentration de phénomènes et alors on se demande comment capturer tout cela.
Alberola consacre une grande partie de son temps à la lecture. Et il se met en situation de penser le Présent. C’est ce qui explique le titre de l’exposition « Aventure des détails ».

Jean Michel Alberola est venu à Mâcon en Saône et Loire à l’école des Beaux Arts où il est intervenu.

Il est aussi venu dans mon appartement. En voyant mes toiles et panneaux a tempéra il m’a parlé de Chirico de Derain de la figuration. J’ai reçu de lui l’adresse du peintre anglais à Dublin Mac Kenna avec lequel j’ai correspondu.
Il connaissait bien ma fille Béatrice qui aimait beaucoup son discours et sa gentillesse. Béatrice était aux Beaux arts de Mâcon (France). Elle a été inspirée de la pensée d’Alberola et ainsi elle a réalisé un bon nombre de peintures de toiles très parlantes, expressives. Ces toiles sont visibles sur le site www.viapictura.com sous le lien galerie virtuelle Béatrice Dumoux

Cependant le train de Paris attendait. Il fallu partir pour prendre un TGV. Je le conduisis dans mon Opel Kadett jaune d’or comme le jaune de certaines de ses toiles ; un jour bien plus tard, je l’ai rencontré rue Beaubourg pas très loin de la porte de la galerie Templon où je me rendais . . .
Les jours ont passé avec d’autres ailleurs et puis je le revois maintenant dans ce Palais de Tokyo à Paris. Une aventure en effet.

Mes toiles ont poursuivi leur chemin … mais aussi les dessins par milliers : des détails du passé au présent puis au futur, ou encore à l’espace ou à l’union Homme- Robot. Mais aussi je me donne à des écrits, des accumulations d’images et de textes, de notes de lectures. Avec à la suite, la rédaction de blogs de l’Antique à l’Actuel, de l’histoire à la description de continents avec les tribus et leur culte des ancêtres. Avec les expéditions ethnographiques de Michel Leiris de Dakar à Djibouti se consacrant à l’observation de l’excision ou bien au culte des ancêtres ou au vaudou.
Alberola consacre beaucoup de temps à la lecture. Il tend à se situer dans un contexte général avec une somme d’éléments pour penser le présent et toutes ses données et informations. D’où le titre de l’exposition  » L’aventure des détails « . Grâce à la lecture, Alberola, cherche une sortie (qu’il ne trouvera pas ) Il ramasse ici ou là, des faits, après tout le monde, et ses écrits lui permettent d’être plus précis pour en tirer quelque chose de formel ; Ce qui intéresse Alberola c’est un journal d’écrivain, de fragments comme ceux de Kafka ; Il constitue un Syncrétisme de détails qui forment et composent un individu et déterminent une œuvre en cours.

Ainsi je me retrouve à écrire mes blog sur le Blog viapictura.com. Également à dessiner à partir de mes notes innombrables qui se bousculent comme les particules de l’univers dans les constellations, pour la rencontre de deux trous noirs qui vont recréer la vie et cette humanité éperdue qui devient une poussière d’Étoile dans l’espace cosmique.
En Témoigne cette grande toile de 5 mètres x 3 Intitulée  » Trou Noir « , sur le blog viapictura.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Dumoux_TrouNoir
« Trou noir » détail d’une toile a tempéra – 500 x 300 cm – R. Dumoux – ©viapictura.com

 

2016_02_18_pdt034_ok
Jean-Michel Alberola, palais de Tokyo du 19/02/2016 au 16/05/2016

DÉTRUIRE ?

Image à la une : photo prise le 14 mars 2014 du temple de Bêl dans l’antique cité de Palmyre. – JOSEPH EID / AFP

Après la disparition du Temple de Palmyre…

(Traduction et réflexions autour d’un article de Beaux arts magazine à propos du livre du Suisse Dario Gamboni , traduit en français 20 ans après sa parution en anglais)

Dans l’action de détruire, Gamboni distingue le vandalisme politique du pur vandalisme nihiliste.
La destruction de l’Art remonte à la querelle des images au sujet de la représentation de DIEU au VIIIème siècle. On revisite cette pensée et ces images des destructions de trésors peints, d’icônes, de retables d’or.
Gamboni évoque ensuite les destructions des arts indigènes en Amérique ou en Afrique.

La Révolution Française occupe une place importante : on vend les pierres de la Bastille. La rage des révolutionnaires, des sans culotte, s’attaque aux sculptures des œuvres et chefs d’œuvre des églises et châteaux. On détruit la capitale de la chrétienté, Cluny. A Notre-Dame de Paris on renverse à terre la galerie des rois.

Mais cette rage devient aussi créatrice car on va créer les musées pour protéger de cette rage des éléments de ces chefs d’œuvre. Le Paris de la Terreur va créer le Louvre et nos musées des préfectures dans tout le pays. L’abbé Grégoire fut l’instigateur.
(cf l’article du blog viapictura : Historique du Musée du 19 Décembre 2011)

Autres destructions de monuments ou d’œuvres d’art au cours de l’histoire :
Il y eut en 1871 l’écroulement de la colonne Vendôme par les communards.
En 1917 , les allemands bombardent la cathédrale de Reims.
Puis durant la guerre de 39-45, il y eut l’obsession de la table rase des Nazis jusqu’à l’exposition d’art dégénéré à Munich en 193 .

Les futuristes aussi en Italie se débarrassent du cancer des musées, des antiquaires, professeurs ou archéologues et du monde classique.
Puis les Communistes multiplient les statues déboulonnées, les sigles effacés, ou les villes débaptisées. Il semble que la Destruction est au cœur de la vie de l’art.

Parmi d’autres formes de destruction il y a :
le recouvrement des classiques en cours, les palimpsestes. En Art contemporain les anglais Chapman ont peint sur des gravures de Goya… D’autres ont gommé tel dessin et ainsi l’ont présenté comme nouvelle œuvre d’art .
Il y a également la critique et la moquerie qui dénoncent et détruisent les œuvres… Les détournements des surréalistes sont parlants. On se rappelle LHOOQ, la Joconde à moustache de Duchamp en 1919

Et encore la politique des musées pratique un iconoclasme majeur, car il choisit et évalue dans un sens précis et il élimine. C’est l’iconoclasme d’en haut.
Il y a aussi l’iconoclasme d’en bas, celui des sans pouvoir. C’est par exemple le cas de la Vénus au miroir de Velázquez qui fut tailladée par une femme contre la phallocratie en 1914.
Une théorie dit que les objets, les œuvres peuvent construire détruire, penser , interagir.
L’art inclut la destruction comme un de ses possibles.

Gamboni fait de la destruction de l’art l’aspect spectaculaire d’un processus plus large de disqualification de l’art. C’est une pulsion interne de l’art moderne et contemporain, une contradiction. Cet art ne fait qu’être en rupture et aller vers sa propre disparition, par dérision désespérée. Maintenant cette rupture est autre et se situe ailleurs.

Dictateurs, psychopathes sont des ennemis de l’art. Parmi les ennemis, il y a aussi les artistes (chaque artiste par moments dans les tréfonds de son âme)… plus ou moins volontairement.
Palmyre est l’actuel plus grand symbole de la Destruction de la culture occidentale Gréco latine.

L’œuvre d’Art est déjà le théâtre de sa destruction.

R. Dumoux
www.viapictura.com