la Basilique de St Denis

Image à la une : Tombeau de Pépin le Bref et de sa femme Bertrade

Un Monument exceptionnel de Notre histoire, entouré de la vie mouvante, dans ce monde qui bouge
D’origine paléo-chrétienne l’abbaye de St Denis est liée aux dynasties qui se sont succédées sur le trône de France. St Denis est le premier chef d’œuvre monumental de l’art gothique. Au long de cet article je n’ai pas l’intention d’entrer dans tous les détails historiques ou architecturaux de cet édifice mais je pense simplement attirer l’attention sur un monument d’insigne valeur et qui a survécu malgré les infamies et injures des temps et ainsi est demeuré un site majeur de la conscience nationale.

St Denis est placé sous le patronage de 3 martyrs chrétiens, dont Saint Denis, rattachés à l’enseignement de St Paul.

La révolution à vidé le monument des ossements royaux et de certains tombeaux et l’abbatiale fut abandonnée aux pillages et destructions…
Cet édifice à moitié ruiné éveilla l‘intérêt de Napoléon et ainsi d’immenses travaux de restauration eurent lieu tout au long du XIXème siècle, avec des apports et reconstitutions exceptionnelles. Puis la révolution industrielle a provoqué le développent d’une économie et d’une vaste banlieue. Tout cela dans un contexte déchristianisé anti monarchique et en rupture avec les valeurs spirituelles.
Au XXème dans les années 50 ce fut le département de la plaine St Denis. On est alors projeté dans le XXIème siècle. En 2012 dans la suite de cette revalorisation touristique on programme la restauration de la façade occidentale St Denis et cette abbatiale va vers un exceptionnel destin.

A L’origine Le personnage de St Denis fut l’un des 7 évêques envoyés en mission pour évangéliser la Gaule. On lui trancha la tête lorsqu’il évangélisait Paris avec deux compagnons appelés Rustique et Eleuthère , qui subirent la décollation. Une pieuse femme recueillit le corps de St Denis et l’inhuma dans son Champ. (Faits développés dans la vie de Ste Geneviève édité vers 520.)
Le corps de St Denis fut ensuite inhumé loin de Lutèce sur le domaine de Catullus (devenu St Denis) En ce lieu vers 451 Geneviève aurait édifié une basilique à l’emplacement de la tombe de Denis.
Dès le VIIéme siècle Denis est reconnu comme le protecteur du peuple Franc. Alors le culte de St Denis ne cessa de croître. (Denis missionnaire à Paris, avait trouvé le martyr à Montmartre).


Les épisodes de la vie de St Denis, de sa légende ont été fixés par l’abbé Hildouin. Pour St Denis il y eut un écrit de théologien grec appelé Pseudo Denis l’Aérophagie : il se présente comme Denis d’Athènes disciple de St Paul. Il y est dit que Dieu est Lumière, marquant ainsi la pensée néoplatonicienne de la fin de l’école d’Athènes.
Or il se passe que l’abbé Hildouin fond en un seul personnage tout ce qui vient de la tradition de ces personnages relativement à Denis. En somme Denis a été ordonné évêque d’Athènes puis envoyé en gaule pour évangéliser.
L’Empereur Domitien inquiet de la diffusion de la Foi a ordonné la persécution de St Denis qui aurait été arrêté avec ses deux amis au cours d’une réunion dans une carrière aux abords de la capitale. Ils subirent la décapitation sur le mont de Mercure, appelé Mont des Martyrs et puis Montmartre.

Denis persécuté, martyr, connait un destin semblable à celui des apôtres. Alors les religieux le placent sur un pied d’égalité avec Rome : leur Saint Patron Denis est l’égal d’un apôtre. A Saint Denis était attribué un texte fondamental où Denis justifie la fonction monacale transposée dans la théologie chrétienne. Dans ce texte encore, Denis place cette fonction monacale dans la société pour la grâce divine et en rapport avec le peuple de Dieu.

(Il y a en effet deux sortes de moines : les initiateurs, (le corps sacerdotal) et les initiés, (les purifiées) et le peuple saint. Leur pensée est celle de l’ascension des choses matérielles vers les immatérielles à travers la lumière essentielle qui irradie dans les ténèbres de l’esprit.)

Cette pensée a marqué profondément l’abbé Suger et en particulier pour ses projets de construction de l’abbaye. C’était aussi l’époque du moine théologien Abélard … qui va rédiger deux hymnes en l’honneur de St Denis : « apôtres des Gaules » et « le plus grand des philosophes ». Ces textes furent recopiés à la suite des écrits d’Hildouin qui furent très importants et reconnus à la fin du XIIéme siècle.

La basilique de St Denis. Eléments de Chronologie.

La 1ère basilique : au tout début il y a l’intervention de Geneviève et de Dagobert. La 1ère église est un petit édifice de 20 m de long. Elle fut édifiée à proximité du lieu de la sépulture de St Denis qui comportait un mausolée… Sur ordre de Geneviève vers 451 – 459 cette église fut agrandie puis il y eut vers 629, 639 un nouvel agrandissement par Dagobert qui fut un grand bienfaiteur de ce lieu. A la demande de Dagobert le sarcophage de St Denis fut revêtu d’or et de pierres précieuses. Il réalise aussi un chancel et une grande croix d’or haute de 2 m.
Avec Dagobert la royauté se renforça considérablement à St Denis, il fut le 1er Roi à élire sa sépulture dans la Basilique en 639. Ce sera sous le règne de Clovis 1er que les francs manifestent le désir d’être inhumé à St Denis; dans la Basilique qui devient Nécropole Royale.

Le mobilier funéraire est d’une qualité exceptionnelle : l’orfèvrerie mérovingienne luxueuse est constituée de matériaux précieux. Ainsi il y a des reliques royales. Leur présence va attirer des reliques plus modestes et de nouvelles sépultures et ainsi va se développer une vaste nécropole au nord de la basilique.

Avec les Carolingiens, la Basilique de St Denis va connaitre une grande apogée. Charles Martel se fait inhumer à St Denis. Son fils Pépin le Bref (après le dernier mérovingien Childéric III) sera le 1er Roi à être sacré et ainsi créa une nouvelle dynastie : Les Carolingiens.

Pépin décide de faire agrandir la basilique de st Denis avec un parti plus grandiose. Le grand maître fut l’abbé Fulrad qui emprunta certains aspects de l’architecture à Rome. Le projet fut long, et la dédicace n’eut lieu qu’en 775 avec la présence de Charlemagne. La Reine Bertrade épouse de Pépin fit exécuter des chasses d’argent pour contenir les reliques et contribua ainsi à la collection du Trésor de St Denis qui présente déjà un siège d’apparat en bronze gravé de Dagobert. (Selon Suger qui voulait relier son abbaye à la royauté des origines).
Pépin le Bref fut inhumé en 768 à l’extérieur de l’église par humilité (selon son petit fils Louis Le Pieux). Il fut inhumé la face contre terre à cause des péchés de son père Charles Martel qui aurait dépouillé des religieux. Le monument de Pépin était important et un édifice fut élevé sur sa tombe à la demande de Charlemagne qui fait aussi venir le corps de Bertrade épouse de Pépin. L’ensemble devint un écrin, véritable mémorial célébrant la dynastie carolingienne.

Charles Le Chauve et l’enrichissement du Trésor.

Si Charlemagne se fait inhumer ailleurs, Charles Le Chauve (abbé laïc de St Denis) renoue avec la tradition des carolingiens en se faisant enterrer dans la Basilique.
En 841- 847 les moines de St Denis doivent se protéger des assauts des Normands et Vikings et il faut évacuer le trésor de l’abbaye, payer des rançons. Cependant le monastère fut pillé. Aussi Charles Le Chauve va créer une enceinte tout autour, et il va enrichir le Trésor de précieux joyaux.
Des chefs d’oeuvre de l’orfèvrerie médiévale, des objets de luxe, manuscrits ou sculptures …
Parmi ces objets citons seulement le plus précieux : la Coupe des Ptolémées : c’est un canthare antique présentant une cérémonie dionysiaque. Cet objet fut transformé en calice avec une monture d’or et pierres précieuses. L’orfèvrerie cloisonnée est aussi utilisée pour un autel, don de Charles Chauve ainsi qu’une croix en or Repoussé. Sur cet autel est posé un reliquaire d’une richesse exceptionnelle, appelé le Crista pour magnifier l’Eucharistie, de 1 m 20 x 80 cm il est composé d’une succession d’arcades et de très divers arcs. Et à chaque arc sont suspendus des pendeloques et couronnes votives. On inventorie 700 perles, des rubis, 130 émeraudes, 200 saphirs, 20 gros grenats, des améthystes et de petits grenats dans les ors cloisonnés.
Cette dernière description montre bien la grande somptuosité du trésor de St Denis enrichi par Charles Le Chauve. Tout cela est très édifiant et inspirant.

La Nécropole de St Denis, Symbole de l’unité monarchique.

– Succession des translations des cendres :
– Dès 1264 Translation de cendres de corps royaux : les rois EUDES, Hugues CAPET, Robert le Pieux, la Reine Constance d’Arles.
– Puis Henri Ier, Louis VI le gros et son fils Philippe
– Puis une autre translation : Clovis II fils de Dagobert. Et Charles Martel Pépin le Bref et sa femme Bertrade
– La reine Ermentrude, Carloman fils de Pépin et frère de Charlemagne. (et aussi Carloman fils de Louis II le Bègue.)
On réalise 16 Gisants de pierre. Il en demeure 14)
– 1267 : cérémonie d’inauguration. On les dispose au transept autour de l’autel de la Ste Trinité près des sépultures de Philippe Auguste et de Louis VIII.
– 1270 St Louis mort en août devant Tunis fut enterré à St Denis. Mais sa femme Blanche de Castille fut inhumée au couvent de Maubuisson? Car St Louis n’acceptait à St Denis que les figures de Roi Sacré.

– Le tombeau de St Louis.


D’abord, la sainteté de St louis a fait que le roi de Sicile demanda le coeur et les entrailles du roi. Il les obtint et les déposa à l’abbaye de Monreale près de Palereme et il y eut des miracles.
A St Denis , les infirmes visitaient la simple dalle funéraire de St Louis sans faste ni abondance et il y eut d’autres miracles. La foule nombreuse venait prier et s’allonger si bien qu’il fallut imaginer installer une protection. Et on déposa des cierges et des offrandes.
Plus tard on éleva sur la dalle un luxueux tombeau d’or et d’argent, avec la figure du roi en gisant royal et les insignes du pouvoir.
St Louis fut canonisé en 1297, le 25 août et à la suite de cela un immense prestige rejaillit sur l’ensemble de la dynastie capétienne.

NB : A propos de St Denis on ne peut éluder le nom de l’abbé Suger qui fut l’inspirateur de cette abbaye. Son inspiration venait de la pensée de Saint Denis, persécuté, martyr, au destin semblable à celui des apôtres.

Tel est le sens profondément sacré de St Denis.

Un article important pourra être publié ultérieurement à propos de l’Abbé SUGER..

R. Dumoux

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Le Cabinet des dessins du Louvre

Image à la une : Andrea del Sarto « Tête d’homme » – Dessin de la collection royale acquis sous Louis XIV – Musée du Louvre

Un cabinet des arts graphiques est né de la volonté de Louis XIV et il devient à la révolution, propriété nationale. Ce cabinet va alors s’enrichir considérablement au cours des siècles et constituer une prestigieuse collection de dessins : Ce sont des feuilles du XVéme au XIX éme, de Vinci, Piranèse, Fouquet, Delacroix, Dürer, Bosch, Pisanello, Mantegna, Bellini, Brueghel, Rembrandt, Bernin, Rubens, Murillo, Vasari, Jean Bourdichon, Primatice, Rosso, Goya, Ingres, Friedrich, Greuze, William Blake, Girodet, Victor Hugo… etc

HISTORIQUE. La véritable collection commence avec Louis XIV alors qu’avant il ne s’agissait que de pièces isolées. Vers 1670 on enregistre pour cette collection royale 101 tableaux et 5 542 dessins qui ont été négociés par Colbert. Puis on remarque un immobilisme malgré l’accroissement du « Fatras » du roi. Mais à partir de 1674 l’administration royale sort de l’immobilisme.

Le contrôleur des bâtiments du roi, Houasse est chargé des tableaux et dessins et il en fait un inventaire. Puis Antoine Coypel procède à un nouveau récolement en 1704. Cependant l »enrichissement du cabinet du roi n’a pas de vraie stratégie. On acquiert ici ou là… Par exemple Cochin prend en compte les dessins de Coypel, sa collection de dessins italiens et les siens propres. Comme il n’y a pas de stratégie on estime que le roi a déjà assez de fatras pour en ajouter encore.

On sort de l’immobilisme en 1774 après la mort de Mariette. En effet sa collection de dessins, illustre en Europe, est dispersée et 1 000 pièces sont acquises par le Louvre : des dessins de tous les pays du XVéme au XVIIIéme. Ces œuvres encadrées de cartouches dessinés par Mariette, sont parmi les œuvres essentielles du Louvre.

A la Révolution le cabinet du Roi est saisi, les dessins deviennent biens de la nation. Les dessins sont marqués et sont ensuite transportés dans un local fermé d’une double porte avec 3 serrures pour une meilleure protection. (Dans l’entresol des actuelles salles des antiquités du Louvre. Les dessins étaient rangés en paquets ou en porte-feuille dans 3 chambres. En 1792 la collection comptait 10 999 pièces.

Le 15 Aout 1797 est organisée une exposition de 415 oeuvres. C’est un premier accès aux collections jusque là tenues à l’écart. Les oeuvres proviennent du fond royal mais aussi de saisies sur les biens du clergé et les collections des émigrés, saisies qui ont doublé le fond royal jusqu’à 20 000 pièces. (La seule collection du comte de Morus comptait 14 000 pièces.) Il y eut un excellent accueil pour cette exposition, aussi les expositions vont se succéder jusqu’en 1845.

En 1802 Vivant Denon fut nommé directeur du Museum des arts au Louvre. Et il entreprend l’inventaire des dessins jusqu’en 1812. (Ensuite on ajouta à la collection les dessins acquis par Denon, par exemple 1200 dessins italiens) De la 2éme république au Second Empire : les dessins sont placés sous la responsabilité du conservateur Marius Granet.

De 1850 à 1860 Avec Reiset le cabinet des dessins est réorganisé et l’inventaire compte 36 000 pièces. On met alors un ambitieux programme de présentation au public. On organise un parcours chronologique dans 16 salles le long de la rue de Rivoli à l’étage. Sont présentés des dessins précieux de Raphael, Michel Ange, Léonard, Dürer, Poussin, Murillo… Reiset recherche d’autres oeuvres de qualité pour enrichir ce patrimoine. Par exemple en 1866 il fait entrer au Louvre 300 dessins attribués à Léonard, plus tard reconnus comme de Pisanello. Reiset s’intéresse à la production contemporaine comme la vente de l’atelier Delacroix. Et, pour le Louvre, il achète aussi à l’étranger dans des ventes importantes.

De la 3éme république à la guerre 39-45. Il y eut l’acquisition de dessins de Bellini, de Tiepolo. En 14-18 les collections sont évacuées. Cependant elles s’accroissent : en 1927 3 000 dessins sont légués par Moreau Nelaton. De plus, 1 524 dessins de Delacroix, 360 dessins de Corot et 260 de Millet. Plus tard le don le plus conséquent consenti fut celui des héritiers du Baron de Rothschild : 40 000 gravures et 3 000 dessins déposés au Louvre en Juillet 1936. Un véritable trésor dont la conservation est bien assurée.

Lors de la guerre 39-45 la grande majorité des collections est évacuée au château de Chambord. La collection Rothschild va au château de Valençay. De retour au Louvre en 1950 les dessins sont installés à l’aile Mollien puis en 1969 il déménage dans l’aile de Flore. Depuis 1950 le cabinet des dessins sous Mme Bouchot connait un grand essor avec des expositions à un rythme soutenu. En 1988, le Cabinet des dessins est officialisé comme le 7éme département du Musée du Louvre.

-> Inventaire du département des Arts graphiques du Louvre

J’ai écrit cet article en raison de l’aspect manifeste du développement d’une collection. (et dans le cas présent prestigieuse et magnifique.)

C’est finalement la création d’un monde, une sorte d’oeuvre d’art total avec de multiples acteurs jouant une partition sublime dans l’espace comme dans le temps.

Cette idée me fascine car je suis moi même modestement une sorte de collectionneur de mon travail de dessin… qui accumule des centaines, des milliers de dessins mettant en scène des figures, des paysages, des arbres, plantes zoomorphes, des objets, des accumulations d’objets à la Morandi ou bien comme les simulationistes ; des composition historiques, des monstres des portraits des animaux courants familiers ou bien multiforme, des objets historiques archéologiques, l’art antique grec ou égyptien, les études très variées à l’imitation des miniatures médiévales ou du musée de Topkapi. Sans oublier les dessins abstraits de formes, de courbes de niveau, rappelant les orographie des paysages chinois Ming ou Qing.

C’est un art total en mouvement en perpétuel progression, une forme de process-art. Composant aussi avec les robots, les vues du ciel, de l’espace, des étoiles et des pauvres humains qui s’éparpillent comme fétus en direction du trou Noir.

R.Dumoux www.viapictura.com

ob_3132b2_dess2007-6g-jpg » Le déluge » – crayon de couleur et mine de plomb. 21 x 29 cm – 2007 – R. Dumoux ©viapictura.com
Le colpoteur - détail de la toile monumentale "Le siècle des Lumières" R. Dumoux- ©viapictura.com

Les Larmessin (1632- 1694)

Image à la une : « Le colpoteur » – détail de la toile monumentale « Le siècle des Lumières » R. Dumoux- ©viapictura.com

Auteur de l’ensemble monumental peint Pictorama (composé de 50 toiles de 5 m x 3 chacune) j’ai abordé le XVIIIème siècle avec une composition qui représente dans sa partie centrale, une figure importante, celle du colporteur qui parait afficher toutes les connaissances du siècle des Lumières.

Cette figure du Colporteur est constituée d’un assemblage de livres, d’images scientifiques, géographiques, de paysages et autres curiosités qui évoquent toutes les connaissances de l’époque.
En fait ce colporteur semble être dans la continuité de gravures du XVIIème siècle évoquant les métiers. Ce Colporteur parait être l’héritier de ces costumes grotesques du XVIIème siècle qui suggèrent les métiers.
L’ensemble de gravures célèbres sous le nom de « Les Larmessin » 1632- 1694 est une collection de costumes grotesques évoquant les métiers.

A la BNF il y a un dessin bien connu préparatoire à une gravure de Larmessin :
« L’Homme Livre et le Médecin ». C’est un homme barbu vêtu d’une robe de livres, alignés en rangées dont les titres citent Avéroès, Paul d’Egine et les grands médecins de l’Université de Paris.
L’estampe qui s’en suit montre l’élaboration des images au XVIIème siècle et permet de comprendre toute la série des costumes grotesques des Larmessin.

Voir cette page sur les Larmessin :

http://www.laboiteverte.fr/costumes-grotesques-et-metiers-de-nicolas-de-larmessin/

La suite des Costumes grotesques.

On commence à les étudier à partir des années 60.

Il s’agit d’une série d’estampes de gravures consacrées à la représentation de professions très en vogue au XVIIème siècle en Europe jusqu’à nos jours. (jusqu’ à Etienne Martin ou Birgit Jurgenssen )
Cette évocation des métiers se fait à partir de personnages isolés devant un paysage vêtus des attributs, outils ou produits liés à leur activité, qui devient leur habit, leur parure. Par exemple le potier est recouvert de récipients et son tour est une partie de son corps. Le personnage est ainsi totalement identifié à son métier. L’effet peut être comique mais aussi fantastique et bizarre.

Ces images sont dans la tradition d’Arcimboldo, dont le principe est d’utiliser des objets variés pour constituer un corps d’apparence humaine. Ce lien des Larmessin avec Arcimboldo est évident.

D’ailleurs Arcimboldo a aussi réalisé un homme livre. Mais outre cette parenté il faut signaler le fait que les Larmessin ont leur source dans la tradition des mascarades de la cour. En effet la famille royale se déguisait, lors de fêtes, en costumes se métamorphosant en êtres ou objets inattendus.

Les mascarades de la cour figurent des gens du peuple et leurs métiers. Telles sont les origines des Larmessin.
Ces costumes font l’objet d’estampes et certaines gravures détaillent les habits des différents métiers. La fantaisie qui est appliquée à ces costumes justifie le mot de grotesque. Dans les figures il y a quelque chose de naturel mais aussi de chimérique : c’est un habit ridicule, bizarre, extravagant.

Les auteurs des dessins et gravures sont les 3 frères Larmessin. Nicolas I,  Nicolas II, Nicolas III : l’un est libraire à Paris, éditeur, l’autre est l’inventeur, concepteur des figures et le troisième est graveur.
(Les dessins des Larmessin sont des habits de métier et pour se réaliser ils comportent des corrections, des modifications inventées par Nicolas I. Il y a une évolution de la figure : le médecin a une tête barbue avec un nouveau visage imberbe et des flèches brisées sortant de la bouche comme les foudres d’Hercule.

Un exemple de dessin et gravure de Larmessin : Le Mireur d’Urines. Ce personnage va observer les urines pour produire son ordonnance.
Cette figure se réfère à l’iconographie connue depuis le Moyen Age et il symbolise le médecin et son savoir, avec sa culture livresque, ses discours savants et son ordonnance à la main. L’accumulation de livres et références rappelle le médecin de Molière avec un discours ridicule de latin ou grec, et un « pompeux galimatias » sort de sa bouche.
L’attitude a un aspect chorégraphique : les bras soulèvent les pans d’un manteau dévoilant des reliures et l’on distingue les noms de médecins de l’antiquité : Hippocrate, Galien, Avicenne avec les apports grecs ou arabes.

En général la vision de la médecine dans ces estampes correspond à celle des comédies de Molière. Il y a une persistance, une continuité de cette vision. Et la gravure du médecin s’intègre à la série des costumes grotesques.

Ma représentation de la figure du Colporteur qui symbolise le siècle des Lumières et s’en inspire, se rattache à cette tradition des Larmessin, d’Arcimboldo et des figures des comédies de Molière.

R.Dumoux
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ob_74de72_nicolas-larmessin-costumes-grotesquesLarmessin – Le tonnelier
ob_fe0668_nicolas-larmessin-costumes-grotesquesLarmessin – Le tapissier

CORDOUE

CORDOUE. La grande Mosquée

A la fin du 8 éme siècle en Espagne au Nord il y eut Béatus de Liébana qui rédigea l’Apocalypse de St Jean, manifeste chrétien, avec les grandes enluminures illustres que nous connaissons.

Au sud à l’opposé il y eut la montée des musulmans qui s’établirent et ont fait de Cordoue la capitale de l’Occident maure pendant 275 ans.

Et c’est à Cordoue que l’émir Rahman 1er fonda la grande mosquée en 785. Cordoue c’est la naissance des Omeyades en Occident , après Damas. Peu à peu le nombre des musulmans s’accroit considérablement et Cordoue connait un grand développement. Il sera nécessaire d’agrandir la Mosquée à plusieurs reprises…. en 832, 912, 961 987 et 1031

La grande mosquée devient le plus grand centre de prière du monde musulman.
Elle fut construite devant le grand pont romain sur le Guadalquivir. Ce magnifique pont, les arabes vont l’entretenir et le conserver.
La grande mosquée fut agrandie à partir de l’église existante qui était trop petite pour contenir le flux des populations arabes.
Proche du pont romain antique, proche des moulins sur le Gadalquivir la grande mosquée n’est pas orientée vers la Mecque car elle est construite sur les fondations d’un temple romain et d’une église de la basse antiquité.

Le patio des Orangers et le minaret sont remarquables comme le reflet des guerres de conquêtes et de la victoire musulmane . Cet édifice de Abd er Rhaman a un caractère hautain et sévère à l’aspect défensif comme un fortin.
L’ensemble est comme une forteresse de 75 m de côté et s’agrandit jusqu’à 140 m x 65 maintenant…avec le patio des orangers.
Le minaret est dans le style des minarets carrés du Magrheb. Un nouveau minaret est construit puis modifié au16 éme pour en faire un clocher de cathédrale. Sous Hacham 2 il eut un agrandissement sur toute la largeur des 11 nefs alors qu’au départ elle ne mesurait que 75 m de largeur. les 11 nefs parallèles sont séparées par 10 arcades La surface totale est de 3000m2; C’est là un exemple semblable aux plus anciens modèles de l’Islam, avec le recours à un grand nombre de piliers , colonnes comme une véritable forêt.

-Cette forêt de piliers dans la salle hypostyle de Cordoue semble suggérer l’infini. Dans les exemples anciens de l’Islam la construction de cet espace de colonnes étaient réalisé à l’aide de troncs de palmiers . Ces piliers de troncs supportent un toiture plate revêtue de pisé sur des palmes .

C’est l’exemple de l’habitat dès le 2 éme millénaire avant notre ère dans les territoires arides : Arabie, Egypte, Mésopotamie. Un tel plan facilite aussi l’agrandissement , l’élargissement de l’espace.

Puis dans le monde arabe classique les troncs seront remplacés par des colonnes antiques de réemploi utilisées avec leur base et leur chapiteau..
Citons parmi les plus anciennes mosquées hypostyles , celle d’Amr en Egypte , l’exemple aussi de la vénérable mosquée de Kairouan en Tunisie ou ou bien encore la l‘Al-Azhar au Caire.
Dans tous les cas le réemploi d’éléments porteurs antiques ou Byzantins est une pratique fréquente dans l’architecture islamique, comme aussi à Damas.

A Cordoue il y eut en fait une série d’agrandissements pour faire que cette mosquée soit le majestueux des bâtiments hypostyles à colonnes.

– La construction de la mosquée de Cordoue remonte à l’an 785 . Elle fut agrandie nous l’avons vu, en 832 , 848, 929, 987.. Il y aura d’abord 180 colonnes pour 300 à la fin.
Le Mirhab (et la Quibla) seront modifiés avec des ajouts. Il y aura des parures d’Or , des mosaïques à fond d’Or à la manière byzantine avec des oeuvres magnifiqu
es.
En 987, de nouveaux agrandissements font décompter 224 colonnes et 19 nefs. (140 m x 200m..)

– Ce lieu totalise alors 600 supports : c’est une forêt de fûts de marbre…. une forêt créant une impression d’immensité, l’image parfaite d’une spatialité sans équivalent dans l’histoire.. C’est un espace qui est forgé par le caractère lancinant du désert de la péninsule ibérique.. Cela, dès la création du 1er lieu de prière par Mahomet créé à Médine .
Dès les débuts cet espace arabe du désert inspire l’art de l’Islam jusqu’à Cordoue.

NB Cordoue grande cité d’occident. On la qualifie de la plus grande cité d’occident Il y eut 1/2 millions d »habitants et le population ne cessera d’augmenter avec des chrétiens en grand nombre, des maghrébins et aussi des juifs. Outre la présence vitale des artisans et commerçants Cordoue était le rendez vous d’une élite culturelle avec des artistes, des lettrés , savants ou médecins. en contact avec l’Islam oriental.. Cordoue est une ville de culture sur le territoire romain de Sénèque ou de Lucain. Il y a aussi à Cordoue un éclat de la pensée médiévale: Massara est un philosophe Mystique ou bien Hazm qui est historien chrétien des religions.

N.B. Enfin on ne peut omettre de citer un fait religieux dramatique : les martyrs de Cordoue.

R.Dumoux
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L’Apocalypse Beatus de Liébana

BEATUS de LIEBANA : L’APOCALYPSE.

Béatus est un moine espagnol au VII éme siècle vivant à Liébana. Il a écrit un commentaire de l’Apocalypse de Jean. Ce manuscrit de grande dimension est illustré de nombreuses miniatures très célèbres qui ont eu et ont encore maintenant un grand retentissement.
Nous sommes au moment de l’édification de la grande MOSQUEE de CORDOUE. Les chrétiens restés libres au nord de l’Espagne vont partir à la reconquête de leur royaume envahi par les arabes.
C’est dans le texte enflammé de l’Apocalypse que les chrétiens puisent l’énergie pour lutter contre leurs adversaires musulmans. Les musulmans sont motivés par les sourates dans le Djihad du Coran et les paroles du prophète .
Face au message de Mahomet le texte eschatologique de l’Apocalypse apporte son secours aux chrétiens et à ces fidèles du Christ des promesses divines et l’espoir.
Coran et Apocalypse expriment l’opposition des deux partis, chrétiens et musulmans.
Béatus était retiré dans la région sauvage au nord de l’Espagne où il méditait . Là, il écrit son texte sur l’apocalypse 70 ans après l’invasion musulmane en Espagne.Il réalise une compilation des interprétations de l’apocalypse de Jean par les grecs et latins , texte qui est violent , obscur, difficile à intègrer dans le canon de l’Eglise.
Béatus sait qu’il y a une grande similitude entre l’époque romaine où fut écrite l’Apocalypse et le temps de l’occupation arabe en Espagne. L’Apocalypse de Jean a trait à une époque où les adeptes du Christ étaient persécutés par les romains.Les persécuteurs sont désignés par les mots de « la Bête », la Prostituée » ou « le dragon à 7 têtes et 10 cornes »Ces êtres maléfiques désignent la puissance impériale qui inflige aux hommes des fléaux: l’empire c’est la Bête, le Dragon: le royaume , la Prostituée: Rome.

Les chrétiens d’Espagne vaincus, taxés, déportés face aux califes de Cordoue peuvent faire penser aux martyrs chrétiens sous Néron. A ce moment là ce n’est pas Rome mais l’Islam qui impose sa loi. Cordoue fait penser à Rome, pour les chrétiens.

L’art Mozarabe.
Le texte de l’Apocalypse est pour un chrétien d’Espagne l’étendard de la reconquête. L’apocalypse sera très vite illustrée de précieuses miniatures dans un style sous l’influence du décor de la grande mosquée.
L’art mozarabe s’applique aux chrétiens du midi qui sont sous la domination musulmane. Mozarabe signifie à l’origine arabisé. Ce que l’on appelle art mozarabe c’est l’art développé au Nord de l’Espagne qui était restée indépendante au 7 éme siècle. Dans l’art mozarabe les chrétiens expriment un art de la Résistance.
L’art mozarabe dénonce l’oppression et annonce la Reconquista. Dans les nouveaux monastères, du 9 éme au 10 éme siècle, on s’inspire des formes de la Grande Mosquée de Cordoue. Tout cela se passe dans la vallée du Douro et la ville de Léon (en 856) qui devient en 911 la capitale du Nord.

Les Miniatures de l’Apocalypse.
Il y eut un engouement pour l’Apocalypse et on compte 32 manuscrits de Béatus illustrés. En ces temps de la Reconquête, l’Apocalypse est le plus célèbre des écrits chrétiens. Il s’agit de grands livres ( 36x 26 cm) de 312 feuillets . 98 grandes illustrations. L’Apocalypse est appelé aussi le livre de Feu. Il remonte au 10 éme siècle. Conservé à Léon, ce livre présente une intense pigmentation de la couleur dans des compositions très structurées . Le style très fruste, sans composition au début, évolue vers un véritable expressionnisme.
On découvre ainsi des anges aux ailes hérissées et au regard fascinant , des drapés sobres et aussi des fonds unis avec des cadres géométriques horizontaux peuplés parfois de monstres. Quelle inspiration sublime et inspirante, maintenant!

Les plus beaux Béatus sont dus au peintre l’ARCHIPICTOR MAGIUS qui travaille au moment de l’agrandissement de la grande Mosquée de Cordoue C’est ce peintre qui a introduit les grands bandes horizontales colorées dans les fonds des enluminures.. Cela se continue dans les compositions du moine FACUNDUS: c’est la présence des couleurs abstraites irréelles inspirées du Pentateuque de Tours (VII éme siècle).
Telle est la marque des peintres mozarabes: Structure solide et éclatante polychromie pour glorifier le message d’histoire de l’Apocalypse, le moteur de la Reconquista.

Les miniatures de Béatus s’inspirent du caractère des édifices de conception islamique . Cependant ce n’est pas une soumission culturelle à l’Islam. On retrouve l’influence dans les rideaux d’origine byzantine mais aussi on utilise des formes vues dans les mihrabs ou portes de mosquée . Les miniatures de Béatus figurent également des monstres. Avec la représentation de la Bête , du Dragon ou de la Grande Prostituée de Jérusalem cet art atteint des sommets d’expressivité. Et aussi avec les fléaux du ciel, les scorpions, chevaux ailés, sauterelles énormes dans la conflagration universelle. avant le jugement dernier et l’illumination.

Cette iconographie inspirée est pour mon travail l’approche d’une lumière, d’une vérité qui est importante maintenant.

Les chrétiens utilisent cette iconographie exaltée avec beaucoup d’intérêt d’autant que les musulmans doivent observer l’interdit qui frappe l’image. Il doivent aussi observer les critiques de Haddiths sur l’art figuratif. Les musulmans condamnent la représentations des personnages, ou animaux ainsi que les formes réalistes portraits ou statues pour ne recourir qu’à des motifs géométriques.

On s’achemine ainsi vers la Crise iconoclaste et la querelle des images qui débute en 726 à Constantinople qui va opposer les iconoclastes aux iconodules . Ce sera alors un autre chapitre .

R.Dumoux
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Le roman de la Rose

LE ROMAN de la ROSE.
La miniature médiévale est, pour mon travail, une source d’études d’une richesse et d’une actualité inépuisable. (je pourrai citer aussi les miniatures persanes et l’enluminure des manuscrits du musée de Topkapi par exemple.) La revue » l’Art de l’Enluminure » est précieuse pour toutes ces études.
Ce travail ne semble pas hors du temps mais me parait au contraire comme une sorte de nouvelle renaissance nécessaire dans les arts , au delà de toutes les confusions ou négations et à la recherche d’un humanisme.

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L’article présent se rapporte au Roman de la rose. J’ai ainsi revu, relu des textes et aussi toutes les enluminures parfois étudiées à la loupe. Bien sûr je me suis adonné chaque jour à des dessins et compositions me permettant de rêver à des compositions ou à des ensembles nouveaux.

( je ne me réfère pas uniquement à ces pensées « historiques ou littéraires » : en ce moment je fais une recherche à propos des « Abysses » (Claire Nouvian) ce qui me permet de dessiner de multiples organismes sous marins, des profondeurs abyssales. Et ainsi je découvre cette catastrophe des grands fonds. L’homme détruit des surfaces immenses, les coraux et tous les organismes ou poissons et espèces précieuses datant de 10 000 ans.)

Il y eut le Roman de la Rose. et ses manuscrits enluminés.
Quelques rappels: ce long poème allégorique de 22000 vers est une histoire d’amour. Les auteurs sont guillaume de Loris (vers 1230 et vers 1270 Jean de Meun).
C’est le songe de la Conquête d’une Rose, une toute jeune fille, par un jeune homme l’amant , puis sa cueill
ette.

La 1ère partie de Lorris est un hymne à l’Amour Courtois.
La 2 éme partie est plus savante : elle peut être vue comme un répertoire des stratégies de séductions mais aussi comme une encyclopédie du monde . Il y eut environ 300 livres illustrés publiés qui ont eu une grande diffusion jusqu’au 16éme siècle. Les plus anciens manuscrits du Roman de la Rose datent de la fin du XIII éme siècle.
Le roman de la Rose est aussi intégré à des recueils divers, fabliaux de tendance ésotérique ou religieux.
Pour ce qui est des miniatures la première partie du roman ne comporte que 20 miniatures alors que par ailleurs elles sont très nombreuses et d’une grande richesse narrative et historiée.. Les manuscrits proposent une lecture morale du code de la courtoisie.

Le roman de la Rose évoque aussi les figures anti courtoises que l’Amant découvre (au jardin de Déduit) : La Haine, la Félonie, la Convoitise, l’Avarice, l’Envie, la Tristesse, la Papelardise, la Vieillesse, la Pauvreté. Et aussi le baiser, les mains jointes, le commandement ou encore l’épisode de Narcisse à la fontaine et la Muse Echo.
Apparait enfin une autre figure: Danger: c’est le vilain avec sa massue.

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Le Roman de la Rose est en langue vulgaire et les manuscrits s’ouvrent sur une page de Frontispice qui est une peinture bipartite : par exemple, d’une part , l’éveil du dormeur et d’autre part la découverte du Verger de Déduit.
Plus tard au 15éme , elle devient quadripartite. Les figures courtoises de la Carole (bel exemple de la danse médiévale) sont très présentes dans les cycles iconographiques.
Le Roman de la Rose suscite des querelles en raison d’une diversification des cycles. On s’oppose à la crudité du langage de jean de Meun. Christine de Pisan s’offusque de la mysogynie du Roman et d’une sorte d’incitation à la débauche.

Au début 15éme siècle se produisent des mutations intellectuelles. Il y aut la guerre de 100 ans . D’autre part des tensions avec la déshérence des chevaliers. A ce moment, les nobles cherchent à construire un modèle social autour d’une morale de loyauté et d’humilité qui apporte en même temps, une atmosphère de poésie et de fêtes. . Ainsi en 1400 est fondée la St Valentin ou la » cour amoureuse ». En 1401 nait aussi l’ordre de la Rose autour de Louis d’Orléans.: c’est la noblesse de coeur plus que celle du sang qui fait le lignage.
En même temps les humanistes continuent de découvrir l’art de l’antiquité. et des oeuvres majeures de Boccace paraissent. Et à la fin du 15éme siècle, 20 exemplaires illustrés paraissent.

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Quelques recueils du Roman de la Rose :
– Le manuscrit français . Une nouvelle éthique courtoise . Une éducation sentimentale _
Un éloge de jean de Meun (Valencia) Enluminures: la danse médiévale La Carole . La légende de Narcisse et Echo. Le château de Jalousie. L‘arrivée de Vénus sur un char à colombes. Pygmalion chante devant sa statue, celle de Galatée à laquelle il va donner vie.
Cette succession d’images, de compositions permet de comprendre l’intérêt porté à la mythologie, à l’histoire avec parfois certaines scènes de grivoiserie. Telle la cruauté de Jean de Meun dans le réalisme de la castration de Saturne et de la naissance de Vénus. Il y a aussi une connaissance des textes savants, l’Ovide moralisé, les livres de Boccace.

– Le maître du second Roman de la Rose (du duc de Berry). C’est un artiste parisien de la fin du 14éme . Sa palette se construit autour de l’opposition de deux couleurs: le bleu roi et le rouge orangé S’ajoutent des fonds noirs parfois et un vert olive, un vieux rose, mauve.. Ce peintre a aussi travaillé aux livres du roi Modus et de la Reine Ratio et il participe aussi à des manuscrits arthuriens comme à des illustrations pour Aristote.
Les Manuscrits du Roman de la Rose (du duc de Berry). Le duc acquiert au moins 5 exemplaires. Tel est par exemple un somptueux exemplaire acheté par le duc permettant de lire le roman de la Rose: sur les thèmes de la Nature , de l’Antiquité , de la Philosophie, du Mariage et des Femmes.

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Tout au long de cet article, il s’agit d’une sorte d’énumération qui me permet d’approfondir ma recherche sur tel ou tel livre. Et ainsi de me constituer une collection de pensées, d’images, d’enluminures toutes plus merveilleuses.

Toutes ces miniatures du Roman de la Rose me permettent de penser, de dessiner et recréer et faire revivre des compositions et figures universelles de l’humanité. Telles sont mes actuelles séries de dessins en à propos du Roman de la Rose. Ils m’inspirent des compositions peintes soit a tempéra sur panneaux soit sur des grandes toiles de 2 mètres ou aussi sur mes toiles de 5 mètres x 3, de mon ensemble monumental peint de 50 toiles de 5 mètres x 3.

Ce panorama est en correspondance avec la pensée profonde du Roman de la Rose qui est tourné vers l’encyclopédie du monde et s’exprime de façon poétique au sujet de la vie, de la Nature, de l’histoire, des mythes ou de la Bible , comme des grandes figures de l’Antiquité.
R.Dumoux

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L’Art Islamique et la Figure

Image à la une : Acrylique sur toile – 240 x 150 cm – 1980 – © Raymond Dumoux

ART ISLAMIQUE . La Question de la Figure.

Dans l’art islamique il y a une unité esthétique qui est donnée par l’ornement. L’ornement avec l’absence supposée de la figure. C’est une question paradoxale car souvent on trouve une figuration bien présente dans de nombreuses oeuvres d’art de l’islam.

– En Occident il y eut une grande continuité avec la place privilégiée de la figure humaine, même dans le rôle de Dieu ou des dieux.
Depuis le 5ème siècle avant J.C. la figuration en Occident est une valeur centrale très visible et lisible. Et cela tout au long des siècles sans interruption.
Ensuite l’histoire de l’art s’est écrite en Occident sur ces bases.

Alors on a découvert les arts extra européens comme d’autres horizons complètement inconnus et nous avons dû lire, apprendre à lire autre chose et d’autres formes d’art.

– Il existe une méditation profonde sur l’ornement à partir de l’art islamique. L’historien Oleg Grabar a écrit en 1992 « la méditation de l’ornement ». ll développe 4 thèmes : l’écriture, la géométrie, l’architecture, la nature.
Il n’y est pas question de la figure car le monde islamique parait réduire la figure à l’ornement. La figure est Ornement. On voit parfois dans tel objet d’art islamique des accumulations, des suites de personnages ou animaux dépourvues de sens comme s’il s’agissait d’un simple décor. Par exemple dans un objet on va distinguer 50 ou 100 personnages et animaux entrelacés avec des végétaux ou liens, courbes abstraites. Ce sont des rébus d’images, des ensembles très décoratifs sans signification précise, comme une bizarrerie surréaliste. Citons seulement une pièce célèbre « Baptistère de Saint Louis » qui propose une extravagance ornementale où les figures sont entrelacées à profusion, selon un ordonnancement de bandes horizontales comme des écritures? (à l’extérieur de l’objet comme à l’intérieur.)

Cette manifestation originale de l’art islamique est très inspirante et stimulante pour ma création artistique qui déjà traçait un rapport entre la peinture et l’écriture. Par exemple mes toiles dites abstraites ont leur origine dans les bandes horizontales de l’écriture avec la succession des bandes couvrant toute la surface.
Certaines bandes horizontales prenaient parfois l’apparence de figures qui se répètent ( oiseaux répétitifs ou visages se répétant tout au long des lignes : mes dessins ou peintures des années 75 à 80. )

Mon travail rejoint l’analyse de l’art islamique qui est l’expression de l’ambiguité de la figure qui devient écriture.
Par la suite mon travail a suivi une évolution dans le sens d’une plus grande abstraction touchant au monochrome. S’en est suivi une réaction très figurative jusqu’à maintenant. Avec cependant toujours la présence de la figure contenue dans des bandes, comme dans des lignes d’écriture qui se déploient dans la construction de la surface.

– On le comprend dans l’art islamique la figure devient ou du moins, est complètement intégrée dans l’ornement qui est dominant.
La géométrie est très présente : c’est la géométrie de l’arc de cercle, de l’art byzantin alliée à des assemblages de lignes droites directrices. Ensemble dans lequel s’intègrent les figures.
Avec ces ensembles de courbes on est proche de ce que l’occident a appelé « Arabesque ». Ce mot apparu en Italie au 16ème siècle désigne un ornement formé de plantes, branches, feuillages entrelacés qui répartissent et structurent la répartition des figures. Il s’agit de géométries triomphantes, géométrie de la règle et du compas, et décors de polygones étoilés qui régissent l’ordonnance des figures.
On observe encore le passage de l’arabesque à la flore. Même lorsque le décor végétal triomphe tout est fortement géométrique.

N.B. Extrait d’un article du blog Viapictura à propos de l’art islamique.
Mon travail est finalement très inspiré de l’art islamique. Dans les années 70 , avant même, tout a commencé avec une sorte d’abstraction que je nommais « Formisme » qui privilégiait le jeu des courbes des serpentines et ondoyantes. A ce moment là, par milliers des pages de toutes dimensions, déroulent des écheveaux de courbes comme les courbes de niveaux d’un infini cosmos.
C’est une immensité d’océans, de dunes qui se muent, se mutent en algues, en plantes qui se personnifient peu à peu ou prennent des allures animales. La figure nait peu à peu dans ce vaste mouvement d’ondulation de vagues et plissements de terrain. Telle figure, visage, animal, oiseau, se constitue dans ces lignes courbes parallèles. Peu à peu elle se fera de plus en plus évidente et présente, tout en s’insérant dans des compositions géométriques..

Le site www.viapictura.com sous le lien » toiles » témoigne clairement de cette évolution
C’est un peu ce paradoxe que je rencontre dans l’art de l’Islam qui est figuratif mais abstrait et rarement naturaliste.

R.Dumoux

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phprX9jHRAcrylique sur toile – Eléments figuratifs et projections – 150 x 150 cm – 1983 – © Raymond Dumoux

Les MAYS de Notre Dame de Paris

Image à la une : Vue de la nef de Notre-Dame de Paris au XVIIIe siècle.
XVIIIe siècle. Musée Notre-Dame de Paris. © NDP

Les MAYS de Notre Dame de Paris.

Pourquoi cet intérêt pour les Mays à l’époque de Buren, Jeff Koons ou de Kieffer pour parler « peinture » ?

L’esprit, le vent souffle où il veut. Rien ne le retient. Les Mays, loin des collages de la réalité, des assemblages spectaculaires pour grand public festif jeune, à l’écart aussi des effets technologies des médias qui d’un coup de clic couvrent la planète, les Mays sont cachés, peu visibles, il faut les découvrir.

Au cours des siècles, la cathédrale Notre Dame fut le réceptacle d’un trésor pictural : 120 tableaux furent exécutés pour la cathédrale (maintenant une vingtaine seulement sont visibles dans la cathédrale)
Les grands Mays de Notre Dame représentent un ensemble pictural cohérent où les sujets sont imposés, dirigés et les dimensions demandées car ils devaient être accrochés dans la nef.

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« Des Romains au golgothe » toile a tempera 5 mètres x 3 mètres – ©viapictura.com – R. Dumoux  – 2013


L’origine des Mays se déroule depuis l’offrande d’un arbre jusqu’au tableau de dévotion.
1er Mai 1449 : Il y eut l’offrande d’un arbre vert devant le maître autel de Notre Dame par la confrérie de Ste Anne. C’est un acte de Dévotion envers la Vierge qui se prolonge dans la réalisation d’une châsse de grande préciosité par deux maîtres orfèvres. Cette châsse devait accueillir les reliques de St Marcel. L’offrande au maitre autel de Notre Dame se transforme donc . On abandonne le dépôt de l’arbre pour un petit tabernacle suspendu à la voûte. Et alors on y joint des poèmes ou des vers. Puis à partir de 1533 le tabernacle est décoré de peintures inspirées de l’ancien testament en 1533. Et en 1608 les sujets changent  et on va les renouveler tous les ans (tels les tableaux de la vie de la Vierge.)

Apparition des Grands Mays  au 17éme siècle. C’est l’arrivée des reliques de Ste Anne en 1620 fixe les nouveaux modes de présentation des Mays et cela va favoriser les nouvelles créations et commandes.
L’offrande consacrée à Marie est exposée dans le choeur puis à l’extérieur puis dans une chapelle et enfin  dans la Nef. Cette localisation dans la Nef est nouvelle et elle va déterminer des mesures précises aux oeuvres. La confrérie se décide à faire réaliser un seul grand tableau par an  qui doit illustrer un épisode Actes desApôtres.

La tradition des Grands Mays de Notre Dame débute en 1630 avec lé tableau de Georges Lallemand: « St Pierre et St Jean guérissant. à la porte du Temple »
Au total en 1707 , 76 tableaux sont en place  jusqu’à la Révolution. 13 tableaux demeurent en place aujourd’hui. Car ils sont dispersés, 14 Toiles sont au musée d’Arras. , d’autres au Louvre , dans les églises de Paris et certains détruits. Tous ces tableaux sont une anthologie de la peinture religieuse du 17éme siècle et en même temps un panorama de la peinture religieuse et des peintres les plus connus au 17éme siècle. On découvre ainsi: Georges Lallemand, Jaques Blanchard, Charles Lebrun , Lahyre , Bourdon, Courtin. Ces peintres avec leurs tableaux accompagnent les reliques et permettent de vivre la Foi à un moment où l’image religieuse est essentielle.

Les Thèmes. Ils ont extraits des Actes des Apôtres et du nouveau Testament. Ils sont tous issus des textes bibliques. St Pierre et St Paul inaugurent la série des grands Mays. et l’hstoire de St Paul est la plus  représentée. La guérison du paralytique de Jouvenet  fait partie d’un cycle de 18 épisodes directement liés à la Vie du Christ…. : la résurrection de Lazare , les noces de Cana, Jésus chassant les marchands du Temple,Jésus guérissant des malades. D’autres tableaux évoquent la vie de la Vierge. ou encore l’histoire de Pierre et Paul.Les toiles se rapportant à la vie de Jésus démontrent les hauts faits.. Les grands Mays accompagnent de façon spectaculaire une démarche d’offrande: ils présentent un retour à la vie des apôtres et une puissante vision de la Foi.

Les Mays : Exemples de tableaux.
– Lallemant  : St Martin donnant son manteau au pauvre.
– Jacques Blanchard : la descente du St Esprit
– Laurent de la Hyre :  St Pierre guérissant les malades de son ombre . La conversion de S t Paul.
– Charles Poerson:  La Prédiction de St Pierre à Jérusalem
– Sébastien Bourdon: Crucifixion de St Pierre.
– Charles Le Brun: Lapidation de St Pierre .
-L e Sueur: prédication de St Paul à Ephèse.

Autant de noms illustres de la peinture au 17éme siècle et de titres évocateurs des grandes inspirations sacrées qui maintenant s’imposent à notre pensée.

Toute la recherche dans mon travail de peinture s’appuie sur ces visions puissamment expressives et m’invitent à penser, à composer, à dessiner, à peindre …

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« Saint Louis » ébauche pour un panneau a tempera – ©viapictura.com – R. Dumoux  – 2013

R.Dumoux
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N.B. : En 1634, Roger de Piles fait l’éloge du tableau de Blanchard : « la descente du Saint Esprit »

-> Les grands Mays de Notre-Dame de Paris

Fluxus

Image à la une : Extrait – R. Dumoux ©viapictura.com

FLUXUS

Il y a 50 ans, (à partir de 1950) naissait un mouvement développant de nouvelles attitudes en art.  S’expriment alors des théories, un journal, des éditions-diffusion, descriptions d’oeuvres et des expositions.
Cela ne paraissait pas devoir être un intérêt durable car il s’agissait d‘un groupe très disparate avec des oeuvres éphémères, bon marché, marginalisées. De plus tout paraissait inorganisé face au Pop Art, au Nouveau Réalisme ou au minimalisme soutenus par galeries et institutions.
Fluxus est un désordre radical décourageant. Les leader furent : Maciunas , Higgins , Vostel. mais les membres restaient très indépendants. Dans ce mouvement il n’y a pas de leadership, pas de stratégie bien nette. Tout semble inopérant. et l’observateur est embarrassé devant le manque d’information. Et puis la littérature de Fluxus est le plus souvent un discours de la faillite du discours ! ! ! On ne parvient pas à trouver une définition.

Cependant on peut se mettre d’accord sur une suite de noms et d’évènements tels en 1962 la rencontre de Ben Vautier et Maciunas ou trouver les éditions de Fluxus  ou encore la tournée européenne des festivals en 1962. Cependant dans ces récits il y a des éléments contradictoires.

Pour tenter de définir Fluxus : il ne s’agit pas d’ un mouvement artistique au sens habituel mais d’une sorte de réponse à un besoin, à des besoins disparates. On y recherche à définir des attitudes nouvelles vis à vis de l’art.
Le fonctionnement de Fluxus repose sur la monstration, l’édition, la diffusion et la critique de l’histoire. Fluxus produit un nombre considérable de textes d’artistes.
PostFace est le texte fondateur (1964)  et l’auteur est Dick Higgins qui a cette maison d’édition créée dans ce but.
Dans ce texte sont analysées les activités des néo-avant gardes, puis une série de biographies individuelles sont traitées. L’auteur décrit les événements Fluxus en Europe, un journal de voyage et des considérations sociales. Il souligne l‘enseignement de John Cage. Il parle aussi de la querelle entre Maciunas et Vostell.

Higgins inscrit Fluxus dans un cadre américain. Postface est comme une conclusion qui dit que l’expérience collective commencée en 1958 s »achève. Aussi, il appelle à un réinvestissement dans les pratiques de chacun  comme maturation.  D’autres articles furent publiés par Fluxus en 1970 et 1980 avec aussi des catalogues d’expositions. Par ce biais on parvient à un meilleure homogénéité de la démarche de Fluxus. Surtout à partir de l’exposition de Cologne en 1970 et en 1990 avec le catalogue de la Biennale de Venise.

A remarquer que les initiatives pour ces publications appartiennent aux artistes. Ils produisent directement du producteur au consommateur. Les artistes dépossèdent les historiens et s’approprient des outils du commentateur.

                     LES ARTISTES  ET LES OEUVRES.

Ben Vautier s’expose comme objet d’art dans une vitrine à Nice.
Nam June Paik se montre en violoncelle humain et Charlotte Moorman est la musicienne avec son archet.
Yoko Ono, vêtue de noir  invite les spectateurs à monter sur son estrade pour découper des morceaux de son vêtement. Cette action fut reprise récemment.

Il s’agit d’expression directe  et immédiate. Ce sont des jeux de mots  ou parfois des calembours saugrenus et il faut mettre è l’épreuve le spectateur. Les artistes de Fluxus cherchent à sortir  la création du circuit économique classique et le geste devient une expression de la liberté de l’esprit. On veut aussi court-circuiter la chaîne commerciale en changeant les lieux d’intervention et les modes de production ou de présentation.
Pour Fluxus il s’agit  de court-circuiter la chaîne commerciale et le objets fluxus sont fabriqués à la demande.

Le  fonctionnement est ainsi :
Utilisation de l’art postal: en faisant circuler dans le monde des cartes postales des collages,  paquets surprise.
– On produit aussi de multiples publications de livres d’artistes, de revues de catalogues; qui peuvent remplacer la production plastique.
– Une boutique  galerie est ouverte à Villefranche sur Mer par Robert Filliou et George Brecht ; on y produit des poèmes, des objets, on parle, on fait des jeux, des rebuts etc. Ce sera  » la cédille qui sourit »

Fluxus reste un Mythe. Des créateurs actuels s’en réclament encore. Ce sont certains artistes pour qui les incidents banals de la vie courante, les jeux ou l’humour, font partie de la scène artistique.

            Mais aussi, Fluxus signifie : le flux,  c’est le flot, la Vague, la Naissance, l’eau qui jaillit, le monde sous marin infini, ou encore la conque et le  bénitier.
En effet, pour mon travail, une création va naître. Une toile de 5 mètres x 3 dont la composition déjà s’ébauche dans ce rêve de la vie qui nait , se renouvelle en permanence.

Première pensée : Quelques lignes courbes et ondoyantes suggèrent au centre de la composition : une figure féminine, une  naissance et une conque ou coquille St Jacques géante d’où jaillit l’eau. Alentour, le paysage environnant représente l’abysse des mondes sous marins avec son obscurité prégnante et ses organismes et animaux multiples, ou peuples de méduses, coraux, pieuvres ou encore animaux aux formes extravagantes, transparents, translucides. Des créatures abyssales aux couleurs intenses, bio-luminescentes et aussi armées de photophores qui créent une lumière comme des phares.

Tout cet univers, le plus grand espace terrestre de vie, fascine dans sa noirceur impénétrable.

R.Dumoux
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Le temple d’Hérode

Image à la une : Maquette du temple d’Hérode à Jérusalem

 

Le temple d’Hérode  (art. 2)
Il semble nécessaire de compléter même brièvement l’article précédent par un commentaire du temple d’Hérode, (après avoir visité successivement le temple de Salomon puis le temple de Zorobabel).

Surtout connu pour le Massacre des Innocents, Hérode fut un des grands bâtisseurs de l’antiquité et il rénova aussi le temple de Zorobabel. Il a d’autre part édifié 3 autres temples. Et il voulut créer là un ensemble sacré des plus ambitieux du monde ancien, lieu où Jésus va prêcher.

Hérode entreprend la rénovation du temple de Zorobabel en 19 avant JC et ce travail s’achèvera en 63 de notre ère.
Hérode démantèle le temple de Zorobabel et le remplace par une structure neuve. Il en fit un superbe édifice, prodigieux, merveille du monde antique.
Le temple d’Hérode était composé de 3 parties; le parvis, le Saint et le Saint des Saints. Comme pour le temple de Salomon.

La façade était revêtue d’or et mesurait  52 m x 52 , Le portail laissait voir une porte ouvragée. Un grand voile multicolore était à l’entrée du Saint.
Le Saint des Saints formait une grande pièce entièrement revêtue de plaques d’or.

Le mobilier était le même que dans le temple de Salomon :

Le Saint contenait un candélabre à 7 branches, l’autel de l’encens  et la table des pains.
Le voile qui séparait le Saint du Saint des Saints est sans doute celui qui se déchira au moment de la mort du Christ. C’était un voile de brocart : le rideau du temple.
(J’évoque ce voile car il apparaît dans ma toile de 5 m à propos du  monde romain finissant et de la naissance du christianisme.)

Le Saint des Saints  était un cube  de 10m de côté recouvert de plaques d’or martelé, avec la présence de la Pierre de fondation, l’origine de la création du monde, ce bloc de pierre… qui est peut être celui du Dôme.
On voyait dans le Temple une représentation du Cosmos.

Ce magnifique temple d’Hérode fréquenté par le Christ pendant sa vie publique, fut détruit par les romains et Titus en 70 de notre ère.

L’ensemble de ces notes présente sans doute des lacunes et en particulier par rapport au devenir du lieu du Temple. Mais il faut noter qu’il s’agit là de documentations pour un peintre et aussi de suggestions de formes, de décors et d’inspirations colorées  qui sont  essentielles dans la composition et la réalisation de telles oeuvres. (cf : mon ensemble monumental peint de 50 toiles de 5 m x 3).  On remarquera en particulier la forte présence de l’Or, incarnation du spirituel, du sacré.

R. Dumoux
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