La Biodiversité – Tableau de 5 mètres x 3

 
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Stylo bille sur papier marouflé à la colle de peau sur tablette – R. Dumoux ©viapitura.com

La diversité de la nature et du vivant, représentée au moment d’une apothéose rêvée des Espèces, est l’objet d’une nouvelle toile de 300 x 500 cm en préparation. Cette grande toile sera réalisée selon les mêmes procédés que les 65 toiles de 5 mètres x 3 constituant mon ensemble monumental peint Pictorama. (visible sur le site www.viapictura.com)

Cette grande toile « Biodiversité » sera donc réalisée a tempéra. Pour cela, je dois avant tout, préparer la toile à la colle de peau chaude et au blanc de Troie, en appliquant sur cette grande surface de 15m2, plusieurs couches fines qu’il faut poncer une fois sèches. C’est un travail de préparation du support, considérable et long, qu’il est bien difficile de rencontrer de nos jours.
Ce travail sur mes supports est systématique : toiles libres, panneaux de bois marouflé, ou encore carton marouflé de toile ou papier.

J’insiste sur ces préparations car elles sont essentielles pour le procédé de la tempéra. Elles assurent la plus grande liberté de travail pictural jusqu’au résultat final qui se caractérise par une lumière intérieure magique et divinement spirituelle bien loin du matériel prosaïque des supports ordinaires des objets du quotidien. Cette préparation assure également une grande conservation des œuvres dans le temps.
Telle est cette préparation que l’on ose à peine évoquer dans la brutalité des autres supports actuels.

« Biodiversité » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il est maintenant question de la composition de cette apothéose rêvée des Espèces :

Ce grand tableau se construit selon une grille horizontale et verticale.
Ce sont les arbres qui créent les bandes verticales. Avec les 3 arbres, le chêne, le baobab et les palmiers dattiers qui sont entourés d’arbustes ou de plantes annexes selon les pays et les climats.
Les bandes horizontales déterminent les étagements du paysage, depuis l’horizon du ciel en haut jusqu’au bord de l’eau tout en bas, étagements où se situent divers animaux, oiseaux et une succession de plantes et arbustes, fleurs et petits animaux.

En ces jours je réalise des séries de dessins à la sanguine : des planches A4 , constituants une collection de plantes, arbres ou fleurs, puis d’autre dossiers d’insectes, puis de divers animaux ou oiseaux. Ces longues collections de dessins peuvent permettre, dans cette grande composition de 5 mètres, une installation très diversifiée des richesses animales végétales de la nature, qui nous entourent. Il y aurait au moins 200 pages A4 de dessins.

 
Pissenlit – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Cassis – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Pensée sauvage -Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Fenouil – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Cette grande composition rend compte de la vie terrestre au milieu de laquelle se trouve aussi l’humain, qui est omniprésent, menaçant mais aussi menacé par les forces de la nature.

La vie de l’homme est mise en évidence, à partir de sa naissance dépendante de la nature : telle est l’image mythologique de la naissance d’Adonis, divinité antique qui est née d’un tronc d’arbre. Ce tronc d’arbre représente la figure de Myrrha dans la mythologie grecque, métamorphosée en arbre dont le tronc-corps s’ouvre d’une large blessure-orifice pour accoucher d’Adonis ; Myrrha est dépeinte dans les métamorphoses d’Ovide.
Cet épisode illustre la vie de l’homme comme étant liée à l’animalité et à la vie des grands arbres.

 

Myrrha – « Biodiversité » (détail) – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

On observe également parfois la proximité du comportement de l’animal avec celui de l’homme et l’on peut montrer aisément ces rapprochements et similitudes. On note souvent la ressemblance ou les expressions communes d’un chien avec le visage de son maître ou bien la mimique et le bruit vocal d’un chat imitant la voix de sa maîtresse lorsque elle lui donne son assiette. Le chat semble parler en imitant son maître ou encore le singe qui parait comme notre proche parent qui peint et écrit…
De nombreux exemples d’animaux qui calquent leur comportement sur l’homme sont cités, en particulier les gestes, mouvements, chants ou cris, qui sont autant de parentés et de similitudes entre l’animal et l’homme.
Les Bonobos ont des gestes et mouvements de danseurs proches de l’homme et présentent 98,7 % de notre ADN humain. La perruche est très bavarde et les oiseaux sont champions du langage. Le perroquet est un exemple modèle pour parler ou imiter l’aboiement d’un chien. L’éléphant entend les infrasons et il communique jusqu’à 10 km sous terre par le sous sol.
Les dauphins nous donnent des sons très variés. En Amérique du sud ils échangent des mots avec des pêcheurs et collaborent avec eux pour rassembler les poissons et les conduire aux filets des pécheurs, bel exemple de collaboration entre l’homme et l’animal.
En biologie et en chirurgie, le porc laisse entrevoir la possibilité de greffes de parties de ses organes sur le corps humain.
Le foi du porc par exemple, est compatible avec l’organisme de l’homme, ce qui nous induit à un véritable respect de l’animal comme de l’organisme humain.

Ce respect dû à l’animal et à la nature se justifie ainsi du fait des rapports communs et de proximité de l’animal avec l’homme.

Ainsi dans cette grande toile, peuvent être mises en valeur toutes ces observations pour étudier et soigner l’animal et pour assurer la protection des espèces, au même titre que le soin que nous apportons à L’homme, avec les soins, médicaments ou interventions chirurgicales. Selon les grands débats actuels.

NOTA BENE : L’animal intervient de nombreuses fois dans l’histoire de l’homme et de la nature, en particulier dans diverses réflexions scientifiques et œuvres d’art des grands musées (musée d’Orsay par ex.) mais aussi dans les recherches scientifiques.

Citons du XIXème siècle, Gabriel von Max qui vit avec ses singes et les peint, les considère d’une grande intelligence, comme des êtres purs ; contrairement à certains hommes qu’il nomme des singes culturels dégénérés !

Singe devant un squelette, 1900 – Gabriel von Max

Dès le XIXème siècle DARWIN lie la culture à l’art. On découvre ainsi de grandes beautés dans tout le système de la vie avec la nature et l’animal, comme on le voit dans ma toile.
L’homme est là avec ses histoires, mais en compagnie de très divers animaux. L’homme occupe bien toujours sa place mais à égalité ou en concurrence, en équilibre avec l’animal dans la Nature dans son entier.

En 1817, Jean Baptiste De LAMARCK, naturaliste français, disait :
« On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui même, après avoir rendu la planète inhabitable. »

R. Dumoux
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Dumoux - Poissons Dessin
Poissons – Sanguine sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com
"Les Damnés" Détail d'une toile a Tempera - R. Dumoux

LES APOCALYPSES. LES FINS DU MONDE.

Cavaliers de l'Apocalypse" (détail) - Tempera sur toile - R. Dumoux
Cavaliers de l’Apocalypse » (détail) – Tempera sur toile – R. Dumoux

Image à la Une : « Les Damnés » Détail d’une toile a Tempera – R. Dumoux

 

De l’antiquité à nos jours.

Cet article est inspiré de notes extraites d’un ouvrage de Jean Noël Lafargue. Dans cette recherche j’ai surtout travaillé à des dessins qui sont ensuite repris et fondus dans l’ensemble de mon travail et de sa réflexion.
Il s’agit de la grande fragilité de l’humanité depuis la Mésopotamie jusqu’à nous, Fukushima, ou la fonte de la calotte glaciaire qui en est une manifestation flagrante. Cette fragilité est caractéristique de notre sublime pensée depuis toujours.

Nous portons en nous une fascination de la fin du monde et les iconographies, les fictions du passé ou bien actuelles constituent un parcours passionnant y compris au cœur des religions. Parcours que je propose très régulièrement dans mon ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3. (www.viapictura.com). C’est une inquiétude quant au devenir de l’humanité.

Actuellement cette inquiétude n’est plus religieuse ou philosophique mais elle se base sur la catastrophe écologique ou nucléaire que l’on ne peut plus maitriser. On s’inquiète d’une grande vague qui peut être un tsunami, de la menace de catastrophe avec des tours de plus en plus hautes, de la disparition des abeilles dans les campagnes, de la décadence générale de la société et de la mort apparente de l’art ainsi que de la disparition de ce que nos ancêtres nous ont légué.

Etude"Art mexicain Olmèque 800 av. J.C." R. Dumoux
Etude »Art mexicain Olmèque 800 av. J.C. » R. Dumoux

Ainsi on peut observer de très diverses représentations des fins du monde au cours des siècles et des civilisations. Cet article, ainsi que je l’ai suggéré propose une recherche à effectuer, des compositions peintes ou gravées significatives de cette question.

Je ne retiendrais que ce qui me parait essentiel par rapport à l’Apocalypse.
Ces divers textes ne sont pas pour moi une étude historique en soi mais une suite d’impressions qui vont m’aider à dessiner et me suggérer des compositions, m’inspirer des gravures, des toiles et finalement une œuvre monumentale sur ce thème de l’Apocalypse, permanent pour l’humanité.

Dessins dans l'atelier - R. Dumoux
Dessins dans l’atelier – R. Dumoux

Ainsi je me suis intéressé en particulier aux civilisations ci-dessous :

– En Égypte :
il s’agit d’une angoisse religieuse, eschatologique avec au centre le souci de la Vie et de la Mort. Le nombre impressionnant d’édifices religieux laisse penser que les égyptiens étaient animés d’une foi religieuse leur permettant d’expliquer les phénomènes du monde, les animaux, les astres, ou les végétaux. Ces phénomènes leur sont révélés par la puissance d’un dieu.
 Je ne ferai que citer quelques dieux des Égyptiens pour qui la vie et la mort sont au cœur de la religiosité.
Le soleil Ré est né du chaos initial, il est le créateur des dieux majeurs : Isis, Osiris, Shou (l’air), Geb (la terre), Nout (la voûte céleste). Ré chaque jour parcourt le ciel dans sa barque céleste. Et si le soleil ne se lève plus, le monde retourne au Néant, immensité liquide obscure ; alors cette fin du monde est une lutte contre le chaos, la lutte de la lumière sur les ténèbres.

L’Hindouisme et les âges du monde.
Il exprime la fascination pour les cycles sans fin de la réincarnation des âmes. Il faut se libérer de ce cycle sans fin. Le Bouddhisme va offrir aux hommes la voie du salut et atteint la Délivrance par le Nirvana.
La voie moyenne est celle de l’éveil, la voie de la méditation, celle de l’extinction de la soif d’existence.
Pour le bouddhisme, Bouddha est le personnage historique. Pour le Bouddhisme, les hommes vont oublier peu à peu l’ordre du cosmos et les derniers jours ce sera la fin du monde la disparition de l’ordre cosmique. Puis lorsque cette disparition est faite l’ordre cosmique ou ordre du monde reviendra avec l’incarnation du futur Bouddha.
On le comprend c’est une conception cyclique car avec le nouveau Bouddha, l’enseignement bouddhique est à nouveau enseigné, respecté.

Etude "Inde, Ecole de Gandhara, Tête de Bodhisattva"
Étude « Inde, École de Gandhara, Tête de Bodhisattva » Sanguine sur papier- R. Dumoux

  La spiritualité Chinoise
La conception de l’Univers est celle du tout ordonné, où le monde est en perpétuelle transformation de l’Ordre au Chaos. C’est le Yin et le Yang.
On ressent les forces cosmiques et les retours cycliques. Le monde cesse de finir pour toujours se renouveler et il n’y a pas de promesse de fin du monde.

– Les précolombiens, les Mayas.
Cette civilisation a bien annoncé une fin du monde, plusieurs même. Pour les Mayas l’histoire se découpe en cycles où alternent des mondes.
Chaque cycle voit la fin d’un monde et le début d’un nouveau.

Les mythes ne sont pas fondés sur le surnaturel ni sur des dieux mais sur les grandes forces de la nature. Ces forces sont bien sûr représentées par des esprits, des êtres hybrides, des monstres.
Les Mayas observaient dans ces forces une impertinence et par là ils cherchaient à avoir contrôle sur le temps et l’éternité. Le temps a une place capitale dans la culture maya  Et c’est par le Temps que l’homme comprend les forces cosmiques. Pour les Mayas il y a une trilogie incontournable : les Hommes, les Forces, le Temps. La combinaison de ces données liée à l’observation des cycles naturels et des phénomènes, permet  aux Mayas de prévoir et de prédire l’avenir. En effet ils comprennent la répétition des cycles, leur succession et ainsi ils peuvent envisager la succession des Dynasties et prédire l’avenir.

Les Grecs.
Notre occident est imprégné de la pensée grecque, laquelle est très proche des civilisations antiques. On constate en effet que Hésiode dans son poème « les travaux et les jours » est inspiré par les mythes Perses ou Mèdes. Hésiode a une conception cyclique de l’histoire humaine proche des mythes hindous avec les 4 âges du monde. Il distingue l’âge d’Or, puis l’âge d’argent, l’âge de Bronze et enfin, la race de Fer. Succession que j’ai eu l’occasion de développer dans une suite de tableaux a tempéra.

L’âge d’Or : l’homme vit parmi les dieux sous le règne de Chronos.
L’âge d’argent : l’homme découvre le travail, créé l’agriculture.
L’âge de Bronze : période guerrière et coupable, l’homme va à sa perte.
L’âge de Fer auquel nous appartenons : l’homme est soumis à la démesure au labeur, à la maladie et encore aux injustices, avec la perte des valeurs, des vertus.
 Selon Héraclite, l’Univers est sans cesse en mouvement. Né avec le feu il disparait par le feu. Et il y a une cyclicité du monde qui fait que le feu devient eau et réciproquement. C’est un principe divin, l’intelligence du dieu Logos, c’est l’éternel retour. Avec Hésiode et Héraclite la fin du monde n’est qu’un passage avant le Retour. Les Romains se sont inspiré de la pensée grecque et ont hérité de l’idée des âges et pensé que l’humanité vivait maintenant son déclin.

En Perse puis en Inde du Nord
le Zoroastrisme est la religion officielle jusqu’à l’islamisation du pays au VIIème siècle. Cette religion est la première manifestation du Monothéisme et aurait influencé le judaïsme, lorsque les Juifs furent libérés par Cyrus du joug de Nabuchodonosor à Jérusalem.

De nombreux textes du Zoroastrisme nous sont parvenus. Le zoroastrisme est dérivé du Mazdéisme. Le texte sacré est l’Avesta. Le Mazdéisme est dédié au dieu Mazda et reprise par Zarathoustra (ce nom fut hellénisé en Zoroastre.)
Des textes (les Gathas) disent  que Mazda est le dieu Suprême, qu’il est le créateur du monde, de l’ordre cosmique et des valeurs morales. Dans la religion de Zoroastre l’essentiel est la Morale de la Victoire du bien sur le Mal. Avec Zoroastre on refuse la maltraitance des bêtes comme des hommes et on rejette aussi le sacrifice des animaux. Pour ne pas souiller la terre on expose les cadavres aux sommets des « tours du silence » pour les charognards.
Le culte de Zoroastre donne une grande importance au conflit de ces deux esprits jumeaux : le Bien et le Mal. A la fin des temps on assiste à une régénération du monde et à la victoire définitive de la Lumière sur le bien et le mal.

– L’Apocalypse de Jean de Patmos
Il y a plusieurs Apocalypses de Jean. La plus connue évoque Jean exilé sur l’île de Patmos : il écrit aux églises d’Orient pour leur dire une Révélation : c’est un Ange du Christ qui révèle ce que sera la Fin des Temps.
Le texte de l’Apocalypse dévoile le passé, le présent et le futur avec des allégories et des symboles. On y lit la représentation allégorique de Dieu combattant le Mal. Et il y a des créatures effrayantes, démons, dragons, bêtes à 7 cornes, la grande prostituée, l’Antechrist, les cavaliers de l’Apocalypse, l’ange des catastrophes naturelles, les coups de trompettes et l’agneau. Ce sont des textes étranges à grand succès pour chercher dans ces récits fantastiques, des réponses sur la fin des Temps… Chaque invention d’une nouvelle arme peut annoncer un des fléaux du texte de St Jean : chars d’assaut, bombe atomique, bactériologique etc.

"La Tour de Babel" Tempera sur toile - 500 cm x 300 cm - R. Dumoux
« La Tour de Babel » Tempera sur toile – 500 cm x 300 cm – R. Dumoux

Pourquoi cette compilation sur les déluges et récits historiques ?
Elle permet de mettre un ordre, une chronologie mais aussi elle me sert à informer le lecteur. Dans l’ensemble, la plupart de ces faits sont transposés dans mes dessins et dans mes toiles ou panneaux a tempéra. Actuellement d’autres toiles de 5 mètres x 3 sont  envisagées sur ce thème des Apocalypses et fins du Monde.

Un long travail en vue sur des années.

Ces différentes manifestations, expressions de l’Apocalypse me permettent de dessiner, de composer, de créer en fonction aussi de ce que nous vivons, de l’actualité, de la fragilité et du sublime.
L’ensemble de mes panneaux a tempéra ou de mes toiles de 2 ou 3 mètres s’inspire de mes collections de dessins  continus sur des années jusqu’à maintenant 
Et je désire les communiquer à tous pour les mémoriser de façon claire et lisible, comme par le biais de mes réalisations artistiques à ce propos.

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"Résurrection" Tempera sur panneau de bois marouflé - R. Dumoux
« Résurrection » Tempera sur panneau de bois marouflé – R. Dumoux

Le travail de la courbe en art

Image à la Une : Vue de mon atelier avec au premier plan un grand dessin en courbes

Dès les débuts de l’Art, la courbe prévaut, peut être à l’imitation de la Nature ou simplement épousant  le geste de la main qui spontanément ne maitrise pas complètement la  ligne droite, pour suivre un élan naturel.

Dans les premières étapes de mon travail la courbe s’est imposée. Nous en avons parlé précédemment en évoquant les ondulations de la chevelure ou les courbes parallèles des reliefs terrestres ou des  fossiles.
La courbe pour moi s’est imposée dès mes débuts dans mes dessins ou gravures et peintures.  Ce furent alors d’innombrables pages de courbes parallèles  qui peu à peu évoluaient et se transformaient dans un sens plus précis  comme des corps vivants qui se tordent jusqu’à des masques ou devenaient des arbres ou racines tortueuses.

Je pensais cela et en même temps découvrais les rochers de Gavrinis  aux décors de  courbes abstraites ou aussi à Carnac.
Je pensais aussi aux masques africains ou  aux tatouages ou  aux courbes de nivaux de l’art égyptien ou encore aux tatouages des Maoris avec leurs courbes parallèles infinies.
Ce furent de vrais études d’art à l’école de la Préhistoire ! Sous l’œil des Vénus plantureuses  de  Lespugue et Willendorf et des Vénus stéatopyges qui se trouvent être à l’origine de l’Art.
Ainsi fut mon chemin qui me conduisit à nommer cette période de ma création  » le Courbisme  » qui semble à l’origine de l’Art .

Le parcours était long et peu à peu il me vint à la pensée de progresser dans le temps et d’envisager les périodes de l’humanité plus évoluées ou de grande culture. Si l’antique  est riche en art de la courbe  (les voiles courbes ciselés dans le marbre des Grecs  en sont un bel exemple, dessinés jadis avec minutie en école de Beaux Arts), le moyen âge voit dans son œuvre phare, le livre de  Kells, l’acmé  de  la floraison de la courbe.
De même qu’elle se remarque dans le livre que j’ai sous les yeux à propos de  la Bible de Chartres. Et la courbe se retrouve essentielle dans l’art des enluminures au cours des siècles médiévaux.

Ce  voyage  accompagné de courbes est aussi évident au 16ème siècle avec l’école de Fontainebleau et se poursuit dans les siècles suivants  pour exalter la vitalité de la pensée de l’Art.
C’est la Pensée qui vit, se développe pour créer, peindre, sculpter, écrire, inventer. ..

Cette pensée de l’Art animée par la courbe revient actuellement dans mes grands dessins figuratifs de personnages et compositions figurées.

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Mise en place du dessin d’une toile dans mon atelier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

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Dessin sanguine sur papier – R. Dumoux

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Dessin sanguine sur papier – R. Dumoux

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Dessin sanguine sur papier – R. Dumoux

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Dessin sanguine sur papier – R. Dumoux

 

La peinture d’Histoire

Image à la Une : « L’Asie – Angkor » Tempera sur toile. 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux. © viapictura.com

La Vitalité graphique, le Dessin en mouvement, déterminent une activité très constructrice.

Cette activité conduit dans le cours de l’évolution humaine à un grand nombre de découvertes et de réalisations symbolisant le dynamisme de la vie et de l’Histoire …
Peu à peu j’ai été conduit à considérer et dépeindre l’activité des hommes dans leur histoire et leur vie pratique et quotidienne. C’est ainsi que s’est définit progressivement pour moi la Peinture d’Histoire.

Ainsi il s’agit de la représentation des hommes dans leur histoire, dans leur vie courante, intellectuelle et spirituelle. De ce fait la peinture d’histoire semble être une donnée  majeure de la construction du Temps et de l’Art. 
De préférence on choisira la description des évènements les plus prestigieux et marquants d’une époque.

A la base, il y a un processus culturel montrant les hommes dans leur vie et leur activité.
C’est une activité descriptive et aussi dépeinte, gravée ou dessinée. Cela définit bien où se situe la Peinture d’Histoire.

J’ai développé cette approche par le biais de lectures et de recherches écrites d’une part (un grand nombre de  notes écrites) et d’autre part à l’aide d’une grande activité graphique meublée de milliers de dessins : études historiques, philosophiques avec les figures populaires ou historiques s’y rattachant, illustres dans les moments importants de notre histoire.
De là découle une richesse du récit que le peintre discerne et met en valeur dans l’ensemble de ses compositions comme dans  l’approche des détails rares mais précis historiquement. (Par exemple l’image du détail de ce tableau montrant l’assassinat du capitaine Cook devant son  bateau  prisonnier des indigènes au cours d’une expéditions lointaines dans les îles)
Tout ce discernement de faits et détails se fait par une étude personnelle mais aussi à partir d’enseignements spécialisés reçus. Cela grâce à un travail assidu.
Tel parait être pour moi tout le travail fourni (à la fois technique et intellectuel) dans l’étude des miniatures médiévales, par exemple dans les évangéliaires et auprès de maîtres tels les frères de Limbourg, Jean Pol ou Herman ou Jean Fouquet ou Jean Bourdichon ou le maître de Dunois ou Jean Haincelin, etc. Jusqu’à la réalisation de panneaux, toiles ou triptyques. Œuvres pour la plupart inspirées des dessins et gravures dont il faudrait mieux définir l’importance exacte dans un autre article, spécifique au dessin et à la gravure en aussi grand nombre.

Exemple n°1 de recherche pour la composition d’une toile de 5 mètres : le Tibet

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Le Tibet

Exemple n°2 : Ci dessous il s’agit d’une toile horizontale de 2 mètres x 3,20 m sur le thème de la table et du repas. Ce thème se retrouve dans mes collections avec des compositions évoquant le repas à Emmaüs ou les noces de Canna mais aussi des compositions sur les repas des dieux, les noces, les bacchanales et autres spectacles païens.
 (Précédemment, d’autres séries ont été constituées sur le thème du lit ou encore du bateau, de la barque)

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Exemple n°3 : Une Découverte de la PREHISTOIRE en AMAZONIE
Il s’agit  là de 20 000 ans d’histoire avec 75 000 peintures rupestres.
Par Stéphen Rostain Archéologue et directeur de recherche au CNRS

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Ernesto Montenegro – dir de l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire; l’ambassadeur Gautier Mignot, Andres Delpuech, Directeur du Museum of Man, l’anthropologue Céline Valadeau et le chercheur Stephen Rostain sur la colline de Cerro Azul © AFP / Guillermo Legaria

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Magie et pouvoir de la chevelure

Image à la Une : Dessin lignes et courbes – Mine de plomb sur papier – R. Dumoux

Il y a la chevelure de Samson. C’est la croyance au pouvoir de la Chevelure. Cette Chevelure lui apportait une grande force lui permettant de renverser les colonnes du temple. Dalila lui enleva cette force en lui coupant les cheveux. De nombreuses compositions montrent cette scène de Samson endormi alors que Dalila lui coupe sa longue et belle chevelure ondulée.
C’est un état d’esprit, de créativité, d’imagination et de vitalité de la pensée qui perdure depuis les sociétés antiques jusqu’à nous.
Les Égyptiens accordaient un grand pouvoir à cette magie des cheveux. Ainsi, on conservait des mèches de cheveux des défunts dans les tombeaux dans un reliquaire.
Les cheveux ont une forte personnalité et personnifie l’humain. On les modèle, on les met en valeur. On peut leur ajouter des mèches, faire des extensions ajouter des suppléments, une perruque s’ils faiblissent. Ou bien au contraire on les rase pour diluer l’ennemi et le condamner ou bien pour en faire un esclave.

A propos de la vitalité et du pouvoir autonome des cheveux on pense que l’on peut atteindre un être, le diminuer l’affaiblir le contrôler par ses cheveux.
Il y eut des scalps des Indiens d’Amérique et d’autre part les rituels vaudous pouvaient affaiblir ou contrôler un être.
Les anciens Égyptiens prêtaient à la chevelure un pouvoir magique: elle était protectrice pour les plus vulnérables, les enfants ou aussi les défunts. Au contraire on pouvait dominer un ennemi pour obtenir un empire .

Maintenant, ce pouvoir, cette magie semble avoir disparu de notre société actuelle depuis quelques années. Il y a encore là comme un affaissement de la civilisation du dynamisme viral lorsque l’on voit ces multitudes d’hommes cependant encore jeunes apparemment, ne pas présenter de chevelure ou avoir la crâne rasé et ressemblant à des prisonniers bagnards d’un autre temps ou condamnés par on ne sait quel tribunal supérieur. Bref c’est aussi là le signe d’une disparition de force, d’initiative et de richesse de la culture et de l’inventivité, au profit d’un esprit moutonnier et peu créatif.

N. B.
Dans les tombes et sarcophages antiques des Égyptiens on a découvert des tresses de cheveux emmêlés et enroulées et contenues dans une urne ou bien contenue dans une boule de terre cuite.
Bon nombre de mes dessins en courbes évoquent particulièrement ces riches enroulement de chevelures qui se rencontrent dans des portraits divers travaillés fréquemment.

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Portrait – Encre sur papier – 65 x 50 cm – R. Dumoux ©viapictura.com

Les dessins de Villard de Honnecourt

Image à la une : Dessin de Villard de Honnecourt – © BNF

Villard de Honnecourt est né au XIIIe siècle à Honnecourt sur Escaut. Son recueil comprend 250 dessins dont un certain nombre d’architectures.
Il a travaillé à la constriction de cathédrales comme Reims, Chartres, Cambrai, en Hongrie aussi ou à Lausanne.

Depuis de nombreuses années les dessins de Villard de Honnecourt m’ont beaucoup inspiré, sur le plan du Graphisme linéaire, sur la silhouette de ses figures très vibrantes.

Son carnet de 14 x 22 cm présente de nombreux dessins que l’on peut réunir sous divers thèmes :

– des planches naturalistes
– des calligraphies
– des personnages avec des allégories
– des dessins d’architecture (cathédrales) et aussi des tracés géométriques abstraits
– des engins et machines militaires et de chantier pour des gros travaux

L’ensemble des dessins de Villard de Honnecourt m’a toujours inspiré depuis les Beaux arts en raison du tracé très linéaire et à base de courbes. Ses lignes ont eu en moi une grande influence depuis très longtemps, pour mon travail de dessin constitué de courbes parallèles (par exemple au début avec les 2000 dessins ou bien les grands dessins de courbes de très grandes dimensions, dessins monumentaux)
Et aussi en raison du caractère naturaliste stylisé des personnages.

-> Feuilleter le carnet de Villard de Honnecourt sur le site de la BNF

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Dessin de Villard de Honnecourt – Carnet – © BNF

 

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« Les 2000 dessins » – Mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

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« Les 2000 dessins » – Encre sur papier – Raymond Dumoux

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (7)

Image à la Une : « Enluminure du Sacramentaire gélasien de Chelles » Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

(Articles divers au jour le jour…)

Ce Jour de Janvier, en ce début d’année, mois de Janus, il apparait que notre époque met bien en évidence l’anachronisme régnant.

On peut, comme le fait remarquer Jean Dibbets, distinguer l’anachronisme des revivalismes apparus au 19e siècle jusqu’à nous, avec toutes les expositions que nous avons pu visiter à Paris, jusqu’au postmoderne et au retour à la figuration.

L’approche anachronique ne se confond pas avec le simple goût de la citation mais cherche  plutôt à créer des « constellations », des passerelles qui vont révéler l’ancien dans le nouveau  et le nouveau dans l’ancien.

Plusieurs exemples dans mon travail pictural semblent exprimer cet état de fait, lorsque dans la même image se côtoient des constructions géométriques abstraites minimalistes et des compositions figuratives inspirées de la mythologie  ou de la Bible.

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Composition géométrique – Composition figurative 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux

Il me semble nécessaire de revenir prochainement à cette alliance entre figure et géométrie. Entre art médiéval et art actuel.

Ci-dessous, des œuvres de Raban Maur (Art carolingien) pour les poèmes des Louanges à la Sainte Croix. (De Laudibus Sanctae Crucis de Raban Maur, 875).

Raymond Dumoux
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Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (6)

Image à la Une : Vue de mes collections de toiles

(Articles divers au jour le jour…)

Mais revenons à mes lectures quotidiennes ainsi qu’à mes chères études et dessins, croquis de lecture de chaque matin.

J’en viens à parler d’un Collectionneur du 19e siècle en Italie : le marquis Campana 
Il est né à Rome. Exposées au Louvre actuellement, ses collections sont impressionnantes. Immenses, elles sont composées de milliers d’objets d’archéologie, de sculptures, de 600 peintures dont Botticelli et autres grands maîtres illustres.

C’est ainsi que me revient en tête cette image du temps du lycée où je recueillais tout ce passé glorieux de la littérature, de l’art aussi pour  réunir de nombreuses images et rêves de l’art. Tout était un peu flou mais je n’avais pas vraiment de choix, car pour une orientation professionnelle j’étais embarrassé et je n’avais pas de préoccupation réaliste  pour un choix précis.
Ensuite il me fut impossible de ne pas faire du dessin et d’accumuler, d’entasser sans rien jamais jeter. Mais je ne pouvais pas raisonnablement devenir collectionneur faute d’argent, de lieux et de milieu familial ou social adéquat pour cela.
Mon travail artistique ne fit que se multiplier se diversifier, s’enrichir. Les écoles d’art avec leurs entassements de moulages de la statuaire de tous les temps, des grecs aux romains ou Assyriens. Et puis les études approfondies d’histoire de l’art enrichit, compliqua de plus en plus mes tendances aux collections et il en fut ainsi de mes productions personnelles telle par exemple une collection de 2000 dessins de même dimension A4  rassemblés en dossiers. 
Pour arriver peu à peu à un travail continu pendant des années incessamment.  Il n’y eut pas une année où il ne m’est pas possible de signaler des suites importantes de réalisations.
C’est ainsi que j’arrive maintenant à affirmer l’existence de mes collections très envahissantes de dessins, gravures (une multitude de caisses), peinture sur panneaux puis de toiles par centaines et aussi d’objets  construits.
Pour culminer avec un ensemble monumental peint de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune, sur l’histoire de l’Humanité. Panorama qui collectionne des actions et scènes de la préhistoire à l’époque actuelle. Apparaissent ainsi la Robotique, la Conquête de l’espace, l’Évolutionnisme ou  la Biodiversité en cours d’évolution…

Raymond Dumoux
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Collections de gravures – 2019 – Raymond Dumoux

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Vue de mon atelier – Raymond Dumoux

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (5)

Image à la Une : Empilements, accumulations de mes œuvres

(Articles divers au jour le jour…)

Cependant dans l’accumulation de mes réalisations, dans les divers ateliers et endroits où je travaille, il me faut effectuer des rangements, des classement, dans ces lieux de 220 ou 230 m2 environ, complètement occupés de mes toiles monumentales, grandes toiles, panneaux a tempéra ou caisses de gravures, de  dessins

Alors que je suis occupé à classer quelques épreuves de gravure  sur cuivre  abandonnées, je redécouvre  un livre sur Uccello. Je m’arrête à la bataille de San Romano et sur son Saint Georges et le dragon, thème (avec le St Michel quoique différent) qui m’est bien familier, et que j’ai souvent développé en gravure ou sur panneaux  a tempéra  comme sur des grandes toiles murales de  2,5 mètres x 1,5 m. Uccello, ce personnage solitaire  mélancolique reste pour moi un monument de la culture occidentale.

Bien d’autres points de vue seront abordés dans cette pensée de l’art.

Raymond Dumoux
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Paolo Ucello – Saint Georges et le Dragon

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (2)

Image à la Une : vitrine étagère placée derrière ma chaise à la table de la cuisine

(Articles divers au jour le jour…)

Mes dessins se poursuivent et cette fois se rapportent aux miniatures de Christine de Pisan dans l’Épitre à Othéa. Ou bien encore avec les miniatures du Cantique des Cantiques au 13éme siècle en Italie.

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« La Roue de Fortune » – Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

Et parfois, sur le coin d’une table de ma maison qui est peu à peu une sorte d’atelier, (chaque pièce étant ainsi), je parcours les chapitres de la Légende Dorée et les récits de la vie des figures historiques.  Telle est ma source  d’inspiration pour le moment.

La table de cuisine est destinée aux repas mais aussi à mes dessins  quotidiens  avec sa vitrine étagère placée derrière ma chaise. Sur cette table, le titre d’un volume m’interpelle : « Chagall, Lissitzki, Malevitch ». Je revisite le constructivisme, le suprématisme à cette époque après la révolution Russe à la suite des malheurs et désastres  et  après le massacre de Nicolas II et  de sa famille. Je comprends le choix de  Chagall de quitter  Vitebsk et son école populaire d’art  pour  travailler sa peinture à la  façon d’un poète, d’un grand inspiré. Alors que l’école d’Art de Vitebsk va se diriger vers un certain nombre de poncifs plus pratiques. J’en parlerai mieux bientôt.

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« Le Cantique des Cantiques » Ébauche d’un panneau a Tempera – Raymond Dumoux

Raymond Dumoux
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