Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (7)

Image à la Une : « Enluminure du Sacramentaire gélasien de Chelles » Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

(Articles divers au jour le jour…)

Ce Jour de Janvier, en ce début d’année, mois de Janus, il apparait que notre époque met bien en évidence l’anachronisme régnant.

On peut, comme le fait remarquer Jean Dibbets, distinguer l’anachronisme des revivalismes apparus au 19e siècle jusqu’à nous, avec toutes les expositions que nous avons pu visiter à Paris, jusqu’au postmoderne et au retour à la figuration.

L’approche anachronique ne se confond pas avec le simple goût de la citation mais cherche  plutôt à créer des « constellations », des passerelles qui vont révéler l’ancien dans le nouveau  et le nouveau dans l’ancien.

Plusieurs exemples dans mon travail pictural semblent exprimer cet état de fait, lorsque dans la même image se côtoient des constructions géométriques abstraites minimalistes et des compositions figuratives inspirées de la mythologie  ou de la Bible.

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Composition géométrique – Composition figurative 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux

Il me semble nécessaire de revenir prochainement à cette alliance entre figure et géométrie. Entre art médiéval et art actuel.

Ci-dessous, des œuvres de Raban Maur (Art carolingien) pour les poèmes des Louanges à la Sainte Croix. (De Laudibus Sanctae Crucis de Raban Maur, 875).

Raymond Dumoux
viapictura.com

 

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Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (6)

Image à la Une : Vue de mes collections de toiles

(Articles divers au jour le jour…)

Mais revenons à mes lectures quotidiennes ainsi qu’à mes chères études et dessins, croquis de lecture de chaque matin.

J’en viens à parler d’un Collectionneur du 19e siècle en Italie : le marquis Campana 
Il est né à Rome. Exposées au Louvre actuellement, ses collections sont impressionnantes. Immenses, elles sont composées de milliers d’objets d’archéologie, de sculptures, de 600 peintures dont Botticelli et autres grands maîtres illustres.

C’est ainsi que me revient en tête cette image du temps du lycée où je recueillais tout ce passé glorieux de la littérature, de l’art aussi pour  réunir de nombreuses images et rêves de l’art. Tout était un peu flou mais je n’avais pas vraiment de choix, car pour une orientation professionnelle j’étais embarrassé et je n’avais pas de préoccupation réaliste  pour un choix précis.
Ensuite il me fut impossible de ne pas faire du dessin et d’accumuler, d’entasser sans rien jamais jeter. Mais je ne pouvais pas raisonnablement devenir collectionneur faute d’argent, de lieux et de milieu familial ou social adéquat pour cela.
Mon travail artistique ne fit que se multiplier se diversifier, s’enrichir. Les écoles d’art avec leurs entassements de moulages de la statuaire de tous les temps, des grecs aux romains ou Assyriens. Et puis les études approfondies d’histoire de l’art enrichit, compliqua de plus en plus mes tendances aux collections et il en fut ainsi de mes productions personnelles telle par exemple une collection de 2000 dessins de même dimension A4  rassemblés en dossiers. 
Pour arriver peu à peu à un travail continu pendant des années incessamment.  Il n’y eut pas une année où il ne m’est pas possible de signaler des suites importantes de réalisations.
C’est ainsi que j’arrive maintenant à affirmer l’existence de mes collections très envahissantes de dessins, gravures (une multitude de caisses), peinture sur panneaux puis de toiles par centaines et aussi d’objets  construits.
Pour culminer avec un ensemble monumental peint de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune, sur l’histoire de l’Humanité. Panorama qui collectionne des actions et scènes de la préhistoire à l’époque actuelle. Apparaissent ainsi la Robotique, la Conquête de l’espace, l’Évolutionnisme ou  la Biodiversité en cours d’évolution…

Raymond Dumoux
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Collections de gravures – 2019 – Raymond Dumoux
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Vue de mon atelier – Raymond Dumoux

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (5)

Image à la Une : Empilements, accumulations de mes œuvres

(Articles divers au jour le jour…)

Cependant dans l’accumulation de mes réalisations, dans les divers ateliers et endroits où je travaille, il me faut effectuer des rangements, des classement, dans ces lieux de 220 ou 230 m2 environ, complètement occupés de mes toiles monumentales, grandes toiles, panneaux a tempéra ou caisses de gravures, de  dessins

Alors que je suis occupé à classer quelques épreuves de gravure  sur cuivre  abandonnées, je redécouvre  un livre sur Uccello. Je m’arrête à la bataille de San Romano et sur son Saint Georges et le dragon, thème (avec le St Michel quoique différent) qui m’est bien familier, et que j’ai souvent développé en gravure ou sur panneaux  a tempéra  comme sur des grandes toiles murales de  2,5 mètres x 1,5 m. Uccello, ce personnage solitaire  mélancolique reste pour moi un monument de la culture occidentale.

Bien d’autres points de vue seront abordés dans cette pensée de l’art.

Raymond Dumoux
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Paolo Ucello – Saint Georges et le Dragon

Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (2)

Image à la Une : vitrine étagère placée derrière ma chaise à la table de la cuisine

(Articles divers au jour le jour…)

Mes dessins se poursuivent et cette fois se rapportent aux miniatures de Christine de Pisan dans l’Épitre à Othéa. Ou bien encore avec les miniatures du Cantique des Cantiques au 13éme siècle en Italie.

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« La Roue de Fortune » – Crayon de couleur et mine de plomb sur papier – Raymond Dumoux

Et parfois, sur le coin d’une table de ma maison qui est peu à peu une sorte d’atelier, (chaque pièce étant ainsi), je parcours les chapitres de la Légende Dorée et les récits de la vie des figures historiques.  Telle est ma source  d’inspiration pour le moment.

La table de cuisine est destinée aux repas mais aussi à mes dessins  quotidiens  avec sa vitrine étagère placée derrière ma chaise. Sur cette table, le titre d’un volume m’interpelle : « Chagall, Lissitzki, Malevitch ». Je revisite le constructivisme, le suprématisme à cette époque après la révolution Russe à la suite des malheurs et désastres  et  après le massacre de Nicolas II et  de sa famille. Je comprends le choix de  Chagall de quitter  Vitebsk et son école populaire d’art  pour  travailler sa peinture à la  façon d’un poète, d’un grand inspiré. Alors que l’école d’Art de Vitebsk va se diriger vers un certain nombre de poncifs plus pratiques. J’en parlerai mieux bientôt.

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« Le Cantique des Cantiques » Ébauche d’un panneau a Tempera – Raymond Dumoux

Raymond Dumoux
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Regards sur l’Art et la pensée de l’Art (1)

Image à la une : « Tête sculptée – Afrique » (détail) – Crayon de couleur sur papier – Raymond Dumoux

Articles divers au jour le jour

A titre d’exemple, cet article et les suivants font référence à mes recherches et pensées  sur l’art pour une période assez brève de quelques jours pendant plusieurs mois.
De multiples sources se présentent : les images, les livres, les articles de revue, les photos d’œuvres d’art, les noms d’artistes de tous les temps et aussi les photographes, vidéastes, graveurs et dessinateurs, les images publiées sur internet, tels des documents sur l’Égypte ou sur  Jérôme Bosch et les grandes expositions en Art… etc.

Ainsi ce jour mon regard  se porte sur une compilation, un énorme livre, très lourd, d’au moins 5 ou 6 kilos : c’est l’œuvre d’un chinois Ai Wei Wei. Ce mois ne me suffira pas pour l’épuiser, pas plus que l’observation des 10 milliards de graines de tournesol (en céramique émaillées) et  transportées à Londres avec mille chinois à la Tate Galerie.

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Sunflower Seeds (Graines de tournesol) (détail), 2010, porcelaine peinte à la main, 12 x 8 x 0.1 cm
© Studio Ai Weiwei

Je regarde des vues, je lis des titres d’article et remarque les photos. Je regarde avec attention les sculptures de Charles Ray ou de John de Andrea qui était présent  au Petit-Palais à Paris avec une très belle sculpture qui peut évoquer l’hyperréalisme. En effet la  technique est très étonnante et mérite d’être étudiée de prés.
Alors la sculpture égyptienne que  je rencontre souvent dans mes lectures, s’impose à mon imagination .

Je revois de multiples séances de dessins d’après l’antique. Ce sont alors les Assyriens, Gilgamesh puis les nus dans l’art grec, Praxitèle, Lysippe ou Phidias avec des retours à l’imagination des sarcophages et des momies égyptiennes jusqu’au chat momifié  accompagné des innombrables statuettes des tombeaux, les fameuses Ouchebtis sous le regard des portraits du Fayoum.

S’en suivent quelques uns de mes dessins  qui pourront figurer dans certaines de mes  compositions de gravures ou de panneaux a tempéra ou de grandes toiles.

Raymond Dumoux
viapictura.com

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à propos de mon Dessein

Image à la Une : « Les 2000 dessins » Raymond Dumoux 1962-1963

Un espace cosmique se développant à partir d’un point, d’un noyau ou embryon. Mon travail de dessin, de composition, de graphisme se développe depuis les années 60 avec les 2000 dessins  de 1962-1963.
Ils constituent une origine qui se prolonge jusqu’à maintenant de façon plus ou moins  apparente mais très inspirée par la Courbe.

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« Glyphes Maya » – Sanguine sur papier – Raymond Dumoux – 2019

Partant d’un point, d’un embryon, un dessin se déroule en spirale de plus en plus grande pour se développer ou se propager alentour avec de multiples ramifications qui aussi vont se développer en courbes parallèles se superposant. C’est la caractéristique d’un développement embryonnaire.
Certaine page des dessins sont très abstraites mais ensuite se diversifient. Elles font apparaitre des silhouettes animale ou humaine des yeux, muscles, bouches… Des corps assez complets évoquant les Vénus préhistoriques par exemple.
Ainsi tout un monde va naitre ! : une sorte de Biodiversité.
Ces  courbes parallèles paraissent aussi comme des courbes de niveau définissant les relief du sol de la montagne comme des rochers ou sculptures égyptiennes.
Jusqu’à relier les courbes de jardins Zen aux reliefs créés sur les Rochers de Gavrinis en Bretagne.

¨Plus simplement ce travail de la courbe trouve un aboutissement dans certains portrait et dans toutes le figurations de mes toiles qui en effet conservent cet aspect nature dans le développement de la souplesse des corps, des drapés et des anatomies. »  … Jusqu’au visage du Christ de Claude Mellan.

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« Dessin à la plume » – Encre de Chine sur papier – Raymond Dumoux – 1970

Mon travail de dessin – Avril / Juillet 2018.

Image à la une : Mise en place du dessin d’une grande toile de 5 mètres. R. Dumoux ©viapictura.com

Comme j’ai pu l’écrire, chaque jour un travail graphique s’impose à moi. Chaque jour, au moins 2 à 3 pages dessinées sortent de l’ombre, prennent naissance et cela depuis plusieurs décennies.

Ce sont des desseins inspirés parfois de catalogues imposants de Rembrandt à Poussin ou Dürer ou encore des Fresques des temples de Lhassa au Tibet ou de Turquie comme  des églises romanes… Images et desseins inspirés aussi des revues d’art comme « l’Estampe », ou  des miniatures de Jean Fouquet et de Jean Bourdichon et de bien d’autres.

Enfin ce sont aussi des dessins imaginés librement évoquant un souvenir, un concept issu de ma pensée, de mes lectures ou bien simplement le souvenir d’œuvres vues et analysées, que ce  soit au musée d’Orsay ou au Louvre ou encore au centre Pompidou pour se terminer au palais de Tokyo avec le monde actuel ou au musée d’art moderne de la ville de Paris. Autant de lieux que j’ai bien souvent fréquenté (sur une durée d’environ 30 ans) en visitant de très nombreuses expositions ou rétrospectives à Paris. En témoignent mes feuilles de notes ou petits croquis, schémas de ces années là.
Et aussi ailleurs, ce furent des dessins inspirés  du geste puis d’une forme automatique qui se développe indéfiniment et par milliers.

Ce travail de dessin est une expression mais aussi une recherche et une étude d’œuvre pour une nouvelle création ou  une connaissance d’un moment particulier de mon histoire et de l’histoire proche des siècles passés ou bien visant le futur. Cette approche est comme une lecture qui permet de comprendre, de méditer à la pointe du crayon l’esprit qui en émane.
C’est aussi une compilation, peut on dire, où le monde se bouscule de l’antique à l’art l’actuel, artistique, scientifique ou cosmique.
Cette prolifération exprime la liberté de tout appréhender. C’est la conquête d’une liberté  sans  frontière qui va me permettre de créer selon une graphie particulière qui est le fil conducteur de ma pensée  comme un influx du cerveau, un enregistrement qui se met en mouvement, et trace, écrit ou danse.

Ainsi quelques exemples avec les titres  de mon travail actuel peuvent être cités :

Les grandes figures mythologiques de Jupiter à Hercule ou Orphée et le Panthéon complet  ou comme actuellement la mise en place d’une toile de 3 mètres à propos d’Orphée et les animaux accompagné cette fois-ci d’Eurydice.
L’inspiration biblique de Moïse à  Jésus.
Ou Bouddha ou encore les divinités et cultes des Ethnies et peuples d’Afrique ou d’Asie.
– Les cabinets de curiosité comme celui d’Aldrovandi.

L’inspiration des grands maîtres de Dürer,  Rembrandt à Piero della Francesca ou Titien.
– L’Inspiration des trésors des Manuscrits de Topkapi à l’Enluminure Médiévale en grand nombre qui sera étudiée et dessinée librement de façon assidue.

L’ensemble de cette accumulation dessinée de milliers de dessins interroge .. comme une vue Kaléidoscopique du monde. Cependant, derrière cette somme apparait nécessairement une communauté d’esprit entre  tous les éléments. Par exemple, il y aura un mouvement, un graphisme, une écriture proche et familière à chaque  page.

Pourquoi ce dessin se démultiplie t’il ?
D’abord c’est un besoin personnel de graphie quasi permanente.
Puis, de la simple copie, le dessin devient une recherche de composition originale. Il peut aussi être considéré comme pièce de collection dans un ensemble graphique et iconographique  sur le même thème.

Cette  somme de dessins est la base de l’ensemble de mon travail selon un choix personnel vécu : des gravures, eaux fortes, burin, panneaux  a tempéra, toiles de 150 cm x 250 et enfin un ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres x 3 : C’est un panorama historique de l’humanité depuis le Big Bang jusqu’à maintenant et se projetant dans l’espace, dans la robotique, les implants et le futur ou l’espace.

 Que dire de cet ensemble sinon qu’il n’est pas comme un navire échoué.
Ce ne sera pas cela mais comme un sauvetage de l’esprit, de la recherche, de l’intelligence et  de la générosité, de l’humanisme.

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A la suite de cela, on peut évoquer le  DESSIN à l’époque de Rembrandt avec l’importance majeure du dessin au XVIIéme siècle.
Les élèves de Rembrandt comme lui même devaient dessiner chaque jour. Le dessin était une matière générale enseignée aux enfants.
Dès l’âge de 12 ans, le jeune peintre Moses ( au 17éme siècle)  réalise des dessins à partir de la sculpture antique et de la Renaissance. Puis il fait des copies d’estampes de Dürer, Blomaert ou Carrache. Il peint des scènes narratives comme Moïse sauvé des eaux ou le Jugement de Salomon. Les dessins de toute la famille sont conservés par le père puis transmis aux descendants : cela montre l’importance du dessin au 17éme siècle, la compréhension et l’intelligence de cet Art et de sa Pensée, la Pensée de L’Art .

Dès l’antiquité, La devise d’APPEL était :
NULLA DIES SINE LINEA. 
Ce mot, rapporté par Pline l’ancien, était populaire en Hollande.
On encouragea à dessiner tous les jours : « Qu’aucune journée ne se termine sans avoir tracé un trait « . Appel incarne  cette maxime.

Citons un exemple d’un grand processus créateur à partir du Dessin :
Il eut lieu en Hollande au XVIIéme siècle à l’époque de Rembrandt. Il fallait maitriser la pratique du dessin.  Van Mander décrit ainsi les préparations du dessin pour créer une peinture.
On était déjà rompu au dessin depuis l’enfance car le dessin dès les premiers âges était enseigné dans les programmes scolaires.
Van Mander, théoricien de l’art a décrit ainsi comment on s’attache aux dessins sous-jacents  qui sont tracés directement sur le tableau ou la toile ; et guidant  l’artiste dans la réalisation de la peinture. Certains artistes ont réalisé leur dessin directement sur la toile ou le panneau et ensuite les ont couvert de couches transparentes en superposant les couleurs.

 Plusieurs étapes se succèdent ainsi :

– 1 Le tracé à partir du Dessin précis est l’étape cruciale pour la réalisation et la réussite du tableau. Il est du ressort exclusif du peintre.

– 2 La prééminence du dessin, reposait sur l’idée que sa pratique aiguisait le regard et qu’il  fixait dans la mémoire un objet d’étude.

– 3 Sa technique et pédagogie : dessiner les membres du corps un à un puis comment les combiner, d’abord pour un enfant puis pour un adulte et enfin assembler 3 ou 4 personnes pour réaliser une composition, un ensemble de figures.

Il y eut à cette époque une grande quantité de dessins et de carnets qui ont disparu, ce qui parfois nous prive  d’information sur les techniques et les sujets ;
Une autre fonction du dessin au 17éme en Hollande  était de cataloguer ses dessins dans un livre, un Carnet de modèles.
Un Artiste à l’époque de Rembrandt se devait de posséder et de publier un livre d’estampes représentant des statues, pour offrir à l’Art des fondements universels et classiques, antiques et réels.

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btyMes collections de dessins par milliers sur des années se rapportent à ce travail de compilation des anciens maîtres et en soi constituent une richesse de références mythologiques, bibliques, historiques et aussi par rapport à l’actualité des sciences, de la robotique, à la conquête de l’espace ou de la biotechnologie ou à la biodiversité.
(Se joint à cette compilation  de dessins, mes collections de gravures  depuis les années 75-80.
Exemple sur le site viapictura.com : Diaporama de 40 gravures de l’ensemble monumental peint.

Autres fonctions du dessin :

Dans les siècles passés le but du dessin étaient de parvenir à proposer des modèles pour la sculpture, le vitrail ou la tapisserie et aussi divers modèles pour les artisans. C’est un exemple de la prééminence du dessin qu’il est essentiel de maîtriser pour réaliser des compositions en peinture et des cartons pour les métiers d’art.
Il y eut aussi les dessins de cartouches, les cartes topographiques, les atlas, et les frontispices. Divers artistes ont produit des cartes du Monde. Par exemple Berchem et ses allégories des éléments naturels au 17éme siècle.
Ce sera aussi  la production dessinée, gravée pour être diffusée, des arts appliqués avec des modèles de cartouches, de vaisselles comme un projet de salière de Wetwael. D’autres  artistes ont travaillé ainsi des modèles d’orfèvrerie  maniériste à Utrecht.
Enfin les architectes ont dessiné des projets très aboutis pour des églises, hôtels de ville, pour un yacht royal comme pour la plupart des projets d’ustensiles usuels.

En dernier lieu il apparait  que le Dessin fut la porte ouverte à la production d’un grand art :
la Gravure qui sera développée brillamment
et diffusera à l’aide de ses multiples textes et  estampes, l’histoire, la vie, les grands chefs d’œuvre de tous les temps de la peinture, de la sculpture à l’architecture.
Les xylographies, les burins et eaux fortes sont produites comme œuvres indépendantes ou comme illustrations de livres ou encore pour diffuser  la grandeur d’un pays ou d’une nation ou d’un Roi.
Au 16éme siècle, Cock publie Brueghel l’ancien, Floris et aussi des dessins de Stradanus, de De Vos très détaillés qui étaient ensuite gravés sur cuivre.
Également  les dessins de Vinckboons qui représente des ripailles de mendiants et pouilleux.

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L’ensemble de ce texte ci dessus peut paraitre désordonné  et disparate. Il est l’image d’une prolifération de l’Art du dessin, omniprésent dans les diverses activités de l’Art et de la vie en société, mais aussi toujours présent partout en tout lieu  et à toutes les époques des  civilisations.
C’est tout cela d’ailleurs qui détermine l’importance majeure du dessin.

Ainsi, le corpus de mes dessins devient peu à peu une somme immense et comme un cosmos ou un océan infini qui sera la source de toutes mes réflexions et de toutes mes compositions.

N.B. Chacun de mes dessins est suffisamment travaillé et sur la marge ou bien en haut ou bas, chaque page souvent contient  des annotations, un texte. Ces annotations expliquent au lecteur l’origine de la composition ainsi que la description du  contenu graphique, légendaire ou symbolique. Ce commentaire permet au lecteur grâce à Google d’entrer dans le détail complet du dessin présenté.
L’ensemble des centaines de dessins ainsi commentés devient un répertoire impressionnant et d’un grande richesse pour composer… écrire ou peindre et humblement je dirais qu’il me rappelle l’utilisation par les maîtres anciens de la Légende dorée de Jacques de Voragine.

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 www.viapictura.com

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Panneau dessiné – R. Dumoux ©viapictura.com

RODIN LES DESSINS NOIRS. Pour la porte de l’enfer.

Image à la une : Auguste Rodin (1840 -1917) Ugolin entouré de trois enfants – Vers 1880 – Crayon, plume et lavis, encre et gouache sur papier H. 17,3 cm ; L. 13,7 cm – D.7627 – Ancienne collection Maurice Fenaille, acquis en 1929 ? Crédit photo : Musée Rodin

Le centenaire de Rodin : Les dessins noirs

Plutôt que de célébrer la date anniversaire de Rodin et de dire ou rappeler les caractéristiques bien connues de son œuvre, j’ai préféré m’entretenir de certains aspects importants et parfois moins connus de Rodin.

En particulier j’ai retenu  son corpus de dessins tels que les « dessins noirs », au nombre de 600 et consacrés à la Porte de l’Enfer.
.Cette appellation, les dessins noirs, se rapporte à la majorité des 600 dessins de Rodin, réalisés au moment de sa recherche pour la Porte de l’Enfer. C’est un moment fort dans l’œuvre de Rodin, et c’est pour ce travail que Bourdelle a créé ce mot.
Ces dessins sont d’un grande richesse et d’une grande diversité autour de la porte de l’enfer.
Ce sont de petits formats (de 10 à 15 ou 20 centimètres) sur des papiers médiocres ordinaires. Il peut commencer une esquiss et ensuite la coller sur une plus grande feuille pour dessiner autour, ajouter d’autres figures puis des couleurs, des gris, noirs et aussi rajouter un petit dessin collé.
Parfois il utilise  le dos d’un papier imprimé ou bien sur le recto on voit les traces d’une marque ou d’une adresse imprimée, comme avec un imprimé de 1882.
La qualification de « dessins noirs » correspond à la partie dessinée de l’œuvre de Rodin. Bourdelle en est à l’origine car il l’admire profondément. Ainsi on a fini par utiliser ce terme  pour l’ensemble de la production dessinée de Rodin de 1875 à 1890.
On retrouve les mêmes caractéristiques pour les dessins des Fleurs du Mal de  Baudelaire et les études dessinées par Rodin pour sa sculpture de Victor Hugo.

La source majeure des dessins noirs de Rodin est l’Enfer de Dante.
Pendant un an il a « vécu « avec Dante et il a dessiné les 8 cycles de l’Enfer, mais, sans suivre vraiment les phases du poème chant par chant.
Rodin est simplement attiré par certains épisodes précis  pour  dessiner ou faire des esquisses.
Rodin sépare les cercles fondamentaux  de Dante qui programme les tourments et supplices.
Il ne conserve de Dante  que l’ambiance et quelques images. Enfin il n’hésite pas à mêler des images des Métamorphoses d’Ovide ou aussi des Fleurs du Mal.
Rodin n’est pas un illustrateur ni un copiste et son travail devient  l’Enfer de Rodin

Les Dessins de Rodin sont souvent sans titre et ne sont jamais datés. Pour Rodin les champs d’expression se mêlent, se contaminent. Dans ses dessins il utilise des études directes du chant de Dante sans les modifier Et aussi ses travaux pour les vases de Sèvres qui viennent se mêler à sa recherche.
Cette Contamination est une caractéristique du travail de Rodin.

En 1897, il y eut la publication des dessinsde l’Album Fenaille. Cet album montre la dimension récupératrice du travail de Rodin pour déterminer ses composantes personnelles de sa porte de l’enfer.

Rodin a lu et relu la divine Comédie. Il avait souvent dans sa poche une petite édition du texte de Dante. La source Majeure de Rodin est en effet le poème de Dante Alighieri.
Cette publication montre 3 chapitres : L’enfer, Les Limbes, et les études. Et dans ces 3 parties on trouve des œuvres intitulées Ombres qui y figurent largement.

Là également  il existe chez Rodin une tendance à la licence poétique, licence qui aboutira à la publication des Cathédrales de France avec de grandes envolées lyriques .
Peu à peu, dessin après dessin, on aboutit à la création de ces innombrables poèmes qui composent la Porte de l’Enfer.

Actuellement des dessins noirs sur les 600 pour la Porte apparaissent sur le marché de l’art.

J’ai écrit cet article car l’œuvre dessiné de Rodin est peu connu, alors qu’en réalité il est pour Rodin essentiel, en première position, dans tout son travail.

A titre personnel je me sens en harmonie avec cette multiplicité de dessins de toutes techniques et de tous formats, dont le corpus d’ensemble est évalué à plusieurs milliers.

Raymond Dumoux
Voir sur www.vapictura.com sous le lien « dessins »

-> voir la collections de dessins de Rodin – Musée Rodin

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« L’enfer » – dessin 3 crayons et mine de plomb. 21 x 29 cm – Raymond Dumoux

Le Cabinet des dessins du Louvre

Image à la une : Andrea del Sarto « Tête d’homme » – Dessin de la collection royale acquis sous Louis XIV – Musée du Louvre

Un cabinet des arts graphiques est né de la volonté de Louis XIV et il devient à la révolution, propriété nationale. Ce cabinet va alors s’enrichir considérablement au cours des siècles et constituer une prestigieuse collection de dessins : Ce sont des feuilles du XVéme au XIX éme, de Vinci, Piranèse, Fouquet, Delacroix, Dürer, Bosch, Pisanello, Mantegna, Bellini, Brueghel, Rembrandt, Bernin, Rubens, Murillo, Vasari, Jean Bourdichon, Primatice, Rosso, Goya, Ingres, Friedrich, Greuze, William Blake, Girodet, Victor Hugo… etc

HISTORIQUE. La véritable collection commence avec Louis XIV alors qu’avant il ne s’agissait que de pièces isolées. Vers 1670 on enregistre pour cette collection royale 101 tableaux et 5 542 dessins qui ont été négociés par Colbert. Puis on remarque un immobilisme malgré l’accroissement du « Fatras » du roi. Mais à partir de 1674 l’administration royale sort de l’immobilisme.

Le contrôleur des bâtiments du roi, Houasse est chargé des tableaux et dessins et il en fait un inventaire. Puis Antoine Coypel procède à un nouveau récolement en 1704. Cependant l »enrichissement du cabinet du roi n’a pas de vraie stratégie. On acquiert ici ou là… Par exemple Cochin prend en compte les dessins de Coypel, sa collection de dessins italiens et les siens propres. Comme il n’y a pas de stratégie on estime que le roi a déjà assez de fatras pour en ajouter encore.

On sort de l’immobilisme en 1774 après la mort de Mariette. En effet sa collection de dessins, illustre en Europe, est dispersée et 1 000 pièces sont acquises par le Louvre : des dessins de tous les pays du XVéme au XVIIIéme. Ces œuvres encadrées de cartouches dessinés par Mariette, sont parmi les œuvres essentielles du Louvre.

A la Révolution le cabinet du Roi est saisi, les dessins deviennent biens de la nation. Les dessins sont marqués et sont ensuite transportés dans un local fermé d’une double porte avec 3 serrures pour une meilleure protection. (Dans l’entresol des actuelles salles des antiquités du Louvre. Les dessins étaient rangés en paquets ou en porte-feuille dans 3 chambres. En 1792 la collection comptait 10 999 pièces.

Le 15 Aout 1797 est organisée une exposition de 415 oeuvres. C’est un premier accès aux collections jusque là tenues à l’écart. Les oeuvres proviennent du fond royal mais aussi de saisies sur les biens du clergé et les collections des émigrés, saisies qui ont doublé le fond royal jusqu’à 20 000 pièces. (La seule collection du comte de Morus comptait 14 000 pièces.) Il y eut un excellent accueil pour cette exposition, aussi les expositions vont se succéder jusqu’en 1845.

En 1802 Vivant Denon fut nommé directeur du Museum des arts au Louvre. Et il entreprend l’inventaire des dessins jusqu’en 1812. (Ensuite on ajouta à la collection les dessins acquis par Denon, par exemple 1200 dessins italiens) De la 2éme république au Second Empire : les dessins sont placés sous la responsabilité du conservateur Marius Granet.

De 1850 à 1860 Avec Reiset le cabinet des dessins est réorganisé et l’inventaire compte 36 000 pièces. On met alors un ambitieux programme de présentation au public. On organise un parcours chronologique dans 16 salles le long de la rue de Rivoli à l’étage. Sont présentés des dessins précieux de Raphael, Michel Ange, Léonard, Dürer, Poussin, Murillo… Reiset recherche d’autres oeuvres de qualité pour enrichir ce patrimoine. Par exemple en 1866 il fait entrer au Louvre 300 dessins attribués à Léonard, plus tard reconnus comme de Pisanello. Reiset s’intéresse à la production contemporaine comme la vente de l’atelier Delacroix. Et, pour le Louvre, il achète aussi à l’étranger dans des ventes importantes.

De la 3éme république à la guerre 39-45. Il y eut l’acquisition de dessins de Bellini, de Tiepolo. En 14-18 les collections sont évacuées. Cependant elles s’accroissent : en 1927 3 000 dessins sont légués par Moreau Nelaton. De plus, 1 524 dessins de Delacroix, 360 dessins de Corot et 260 de Millet. Plus tard le don le plus conséquent consenti fut celui des héritiers du Baron de Rothschild : 40 000 gravures et 3 000 dessins déposés au Louvre en Juillet 1936. Un véritable trésor dont la conservation est bien assurée.

Lors de la guerre 39-45 la grande majorité des collections est évacuée au château de Chambord. La collection Rothschild va au château de Valençay. De retour au Louvre en 1950 les dessins sont installés à l’aile Mollien puis en 1969 il déménage dans l’aile de Flore. Depuis 1950 le cabinet des dessins sous Mme Bouchot connait un grand essor avec des expositions à un rythme soutenu. En 1988, le Cabinet des dessins est officialisé comme le 7éme département du Musée du Louvre.

-> Inventaire du département des Arts graphiques du Louvre

J’ai écrit cet article en raison de l’aspect manifeste du développement d’une collection. (et dans le cas présent prestigieuse et magnifique.)

C’est finalement la création d’un monde, une sorte d’oeuvre d’art total avec de multiples acteurs jouant une partition sublime dans l’espace comme dans le temps.

Cette idée me fascine car je suis moi même modestement une sorte de collectionneur de mon travail de dessin… qui accumule des centaines, des milliers de dessins mettant en scène des figures, des paysages, des arbres, plantes zoomorphes, des objets, des accumulations d’objets à la Morandi ou bien comme les simulationistes ; des composition historiques, des monstres des portraits des animaux courants familiers ou bien multiforme, des objets historiques archéologiques, l’art antique grec ou égyptien, les études très variées à l’imitation des miniatures médiévales ou du musée de Topkapi. Sans oublier les dessins abstraits de formes, de courbes de niveau, rappelant les orographie des paysages chinois Ming ou Qing.

C’est un art total en mouvement en perpétuel progression, une forme de process-art. Composant aussi avec les robots, les vues du ciel, de l’espace, des étoiles et des pauvres humains qui s’éparpillent comme fétus en direction du trou Noir.

R.Dumoux www.viapictura.com

ob_3132b2_dess2007-6g-jpg » Le déluge » – crayon de couleur et mine de plomb. 21 x 29 cm – 2007 – R. Dumoux ©viapictura.com

L’atelier de Raphaël

Image à la une : Dessin – R. Dumoux © viapictura.com

L’ATELIER de RAPHAËL

On connait la biographie de Raphaël, d’Urbino à Florence et ensuite la conquête de Rome. A Rome il participe à la décoration des appartements du pape Jules II. Il va représenter sous forme d’allégories les domaines de la Connaissance : la Théologie, la Poésie, la Jurisprudence. La 1ère scène peinte sera l’école d’Athènes le plus célèbre symbole de la Renaissance italienne. En 1511 il commence le décor de la chambre d’Héliodore. Il y a là un programme iconographique avec des scènes historiques montrant l’intervention divine en faveur de l’Église. Par exemple la rencontre du pape Léon 1er et d’Attila.

A ce moment les surfaces à couvrir sont importantes et les délais parfois brefs. Alors Raphaël doit s’organiser et il va créer un atelier avec des assistants.
Comment fonctionne cet atelier? Tout d’abord Raphaël se réserve l’invention des scènes, les figures,les compositions et les détails. Également il intervient à la fin du travail des apprentis pour corriger achever les visages par exemple ou des lumières ou contrastes plus personnels. Les assistants réalisent les cartons  à partir des dessins du maître,  ils les reportent sur le mur et participent aussi à l’exécution mais sous le contrôle du maître.

En 1515 le pape Léon X lui commande l’illustre « incendie du Bourg. » et puis en 1516 il est chargé d’exécuter 10 grands cartons (qu’il réalisera  seul)  de tapisserie des Actes des apôtres et le pape lui demande aussi de veiller à la conservation des monuments antiques, en faisant des relevés. Travail considérable qui oblige Raphaël à déléguer une grande partie de son travail à l’atelier. Raphaël doit également répondre à la demande de retables et de portraits.

L’organisation de l’Atelier de Raphaël.
Vers 1513 l’atelier de Raphaël prend une grande envergure. Il ne travaille jamais sans aide. Ses assistants préparent les toiles et panneaux font les couches préparatoires d’encollages et de préparations, et toutes les taches nécessaires à l’élaboration de l’œuvre, telles que les agrandissements. Et même à la fin de la période romaine ils contribuent à la conception et à l’exécution.

Les deux principaux  assistants sont Giulio Romano et Gianfrancesco Penni. A la mort du Maître ils seront les principaux héritiers de l’atelier et des biens. Ils poursuivront les œuvres inachevées et répondent aux commandes et contrats. Après la mort de Raphaël, Romano et Penni laissent apparaitre des qualités personnelles, une personnalité.
Il y eut une entente exceptionnelle entre ces assistants et Raphaël. Le maître semble céder la place à Penni pour les modelli et cartons : il esquisse l’idée de la composition fait les croquis en sanguine ou à la pierre noire, puis l’assistant les met au propre : il traduit les inventions et cet assistant, brille par sa maîtrise. C’est le cas de l’illustre Grand St Michel : le modello est de Penni.

De  cette grande et riche proximité  dans le travail  entre le maître et ses assistants, va naître un style d’atelier. Romano et Penni sont cités conjointement dans divers documents de commandes ou de réalisations.

La production de l’atelier est très homogène et Raphaël fait très souvent référence à ses assistants. On laisse entendre que les trois artistes sont les auteurs  d’un même style comme d’une seule main.
Mais parfois telle commande montre que Raphaël s’est très impliqué  dans l’exécution.
On comprend ainsi qu’il y a là un paradoxe, une contradiction entre la notion de style d’atelier et la pratique unique qui valorise la seule main d’un créateur.

Ce développement de l’atelier de Raphaël est du à la demande pressante mais pour Raphaël il est aussi consécutif à une vue de l’esprit. C’est à dire que Raphaël critique la délégation du travail et met l’accent sur la conception originale plutôt que sur la notion de l’exécution.
Ce fonctionnement de l’atelier où le maître délègue la réalisation aux assistants, ne se chargeant que de la conception, cela fait penser aux pratiques de l’art industriel de nos jours.
On peut presque penser aux réalisations de Jeff Koons ou encore aux énormes pièces d’usine de Richard  Serra. En effet toutes ces pratiques recherchées actuellement sont opposées aux idées dites post Renaissance, de toute façon opposées à la réalisation de l’œuvre originale personnelle.
Cependant ces œuvres énormes et de grand coût bien qu’impersonnelles ont droit d’existence mais elles ne doivent pas rejeter la création personnelle de l’auteur unique.

R.Dumoux
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