L’ASIE CENTRALE, LA MONGOLIE – Toile de 5 mètres x 3

Image à la une : Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit de la conception d’une nouvelle toile de 5 mètres x 3 qui sera incluse dans mon ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres et constituant un panorama de l’histoire de l’Humanité.  www.viapictura.com  (ensemble monumental peint)

Ayant fait une longue recherche  sur l’Asie centrale, j’ai écrit, pris des notes, beaucoup dessiné, ébauché des compositions.

Le pays des Mongoles, c’est l’immensité des terres des steppes, l‘immensité d’un ciel  dominant. Les montagnes escarpées et l’arc en ciel assurent le lien entre Ciel et Terre dans ce monde  sans limite, de la Sibérie au lac Baïkal.
C’est au XIIIéme siècle  qu’apparait  un peuple qui va partir à la conquête du monde, de la Chine à la méditerranée. Ce peuple va englober des civilisations, des populations de la Perse à la Chine.
Pour réaliser cela un Géant apparait : Gengis Khan, né en 1167. Il va créer à partir de1206 l’Empire mongole. Il modèle le monde à sa mesure  dans l’immensité du Ciel à la Terre. Il unit les peuplades en tenant compte des traditions de la vie nomade  qui restera une constante avec le culte des ancêtres.

Après des guerres sanglantes et la PAX MONGOLICA, il y eut des échanges culturels et commerciaux entre l’Occident et l’Orient dans l’empire du Grand Khan, ce que Marco Polo a bien connu. Avec les développements des arts et de la culture il y eut aussi,  soutenue par Khan, l’émergence des traditions populaires et la promotion des basses classes sociales, liées à la culture pastorale et nomade.

Parfois Gengis Khan fut réduit à l’image d’un barbare, alors que dans l’histoire des steppes, il peut être vu comme un demi Dieu magnanime, de grand bon sens, pétri d’humanité. Il fut un souverain Universel.
Il a un rôle d’envoyé du Ciel pour rassembler les peuples des steppes autour de lui.

– Cette conception assez divine de Gengis Khan a quelque peu dirigé ma composition, en mettant en évidence l’immensité horizontale  de ces paysages.

L’horizontalité se déroule au Ciel comme sur Terre. C’est le concept fondamental expliquant la Mongolie et la personne divine de Gengis Khan.

Dans ma composition, cet empereur océanique  est représenté au milieu du ciel (plus ou moins estompé avec les nuages) parmi la diversité des phénomènes météorologiques.

 –  Ce sont les ciels très divers qui, en 5 mètres de longueur, vont se déployer sous nos yeux.  Le ciel Bleu noir, cédant la place à la luminosité bleu azur traversée par l’arc en ciel. (C’est le  mythe accompagnant Iris qui relie le ciel à la terre) .
Plus bas ce sont les défilés des cumulus très volumineux, suivis des nimbus sur un fond en dégradés jusqu’à la lumière blanche éclatante au bord des montagnes de 4000  mètres : repère de l’ aigle royal.
– Plus au centre de l’univers céleste la Lumière rayonne autour de Gengis Khan  (suggérant Dieu le père ou encore Zeus et son foudre éclatant).
– Plus loin à droite de ce ciel qui occupe la moitié de la toile  (soit 1 mètre 50 x 5 m) apparait une surface lumineuse  se dégageant d’une masse obscure dominant  la  capitale Oulan Bator.

Oulan Bator est une cité, une  capitale très riche et moderne mais aussi très polluée. La pollution provient de l’entassement des populations venues des steppes  surtout du chauffage. Les gens occupent une multitude de Yourtes, parfois dans une vie misérable qui génère une grande pollution. C’est un paysage urbain d’où s’élève ce gros nuage noir.
– Dans cette même partie à droite, le gros nuage noir déverse une pluie intense sur la ville.
– Toujours les variations de lumières, de contrastes et de phénomènes météorologiques très variés mettent en valeur l’immensité de ce territoire de l’Asie centrale, de la Grèce à la Chine. Ce grand couloir qui fut aussi la route de la Soie de Samarkand à Boukhara.

Enfin la moitié inférieure de la toile est consacrée à la terre et aux animaux qui peuvent se chiffrer à 25 millions de têtes de bétail. Il y a les  immenses troupeaux de chevaux sur tout le territoire. Les bovins se développent près d’Oulan Bator, la capitale. La France y envoie de nombreuses vaches Montbéliardes pour l’élevage. La population s’accroit beaucoup dans la  région d’Oulan Bator et il faut subvenir aux besoins.
Les moutons et les chameaux sont nombreux. Citons en particulier les chameaux au longs poils roux qui sont magnifiques.
Ce sont les Mongoles nomades (environ 800 000 ) qui s’occupent de ces troupeaux tout en conservant les traditions ancestrales.

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Projet dessiné pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

– Les Religions
En Asie centrale la 1ère religion est le Chamanisme, c’est à dire le BOO des peuples des  steppes. Face aux phénomènes de la nature les nomades croient en une Force suprême cachée. Le Ciel est le premier Dieu Unique d’où émergent d’autres divinités, les éléments  comme le feu, l’eau, la terre, l’air.
Matin et soir Gengis Khan au XIIIéme siècle priait vers le ciel.
Actuellement en Mongolie la tradition du chamanisme est très forte : La Notion essentielle est que chaque élément de la nature doit être respecté et vénéré. Le chaman travaille par divination et par Magie préventive pour soigner et chasser les mauvais esprits.

L’autre religion présente est le Bouddhisme (introduit au 15éme siècle ) qui partage le choix religieux du peuple avec le Chamanisme. Bouddhisme et Chamanisme n’étant pas incompatibles.
Puis, après les conquêtes, ce sera pour Gengis Khan, empereur, la reconstruction de tous les territoires. A Boukhara l’Islam s’impose. On reconnaîtra la richesse spectaculaire des mosquées, leur grande beauté. D’où dans mon tableau, la présence d’une mosquée dont  l’ornementation abstraite, monumentale, est très colorée.

Dans un article de Art Press Thibaut de Ruyter parle de l’Asie centrale de l’Ex Union Soviétique. En 2014 il y eut une Mission par le Goethe Institut en Ouzbekistan pour étudier les transformations en Art et dans d’autre pays : les changements opérés après la chute du communisme.

En 2016 on a organisé une exposition et des centres d’art en ont rapporté les images des présentations :
On a découvert  en économie comme en tous les domaines de la vie, que ces pays d’Asie centrale étaient à la recherche d’une identité d’expression artistique et d’une Histoire particulière ; contrairement à ce qui se passe parfois, en occident l’art actuel n’est  souvent fasciné que par  la « réussite » et l’argent , c’est à dire : par le diable d’argent.

On peut s’interroger sur les évolutions possibles, hors de directives uniques et globales.
Nous comprenons que tout ce que nous avons considéré comme union au XXéme, tout cela va laisser place à une autre recherche, celle de notre histoire de nos sources de nos libertés et de nos origines particulières à chaque pays.

Ce que précisément je cultive en art  (voir le site viapictura.com )
Pour un art plus lisible et inspirant, aidant à comprendre nos sources, qui ailleurs respectent celles d’autres pays ou cultures.
C’est pourquoi, en Asie centrale, chaque pays développera sa propre identité,  son histoire personnelle. Par exemple la Géorgie avec  son identité propre :
La Géorgie est une charmante destination touristique et la Gastronomie Géorgienne est la référence d’une identité culturelle, une valeur sûre conservant un trait d’union entre tous les pays.

Ces diverses approches et observations m’ont permis de voir, d’étudier une composition et surtout de m’inspirer à partir des paysages exceptionnels et aussi de la pensée de l’empereur céleste Gengis Khan qui a réuni des peuples en respectant leur culture et leur religion.

 R. Dumoux
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Le Mandala

Image à la une : « L’Asie » toile de 5 mètres x 3 – extraite du Pictorama, ensembe monumental peint de Raymond Dumoux – viapictura.com

Il s’agit de la manifestation la plus  évidente du Bouddhisme.

(En Extrême Orient, le bouddhisme ésotérique existe à partir du 7 éme siècle.) ( Le Tantrisme est le prolongement direct du Bouddhisme du grand Véhicule.) (Bouddha est né en 623 avant notre ère)

Le bouddhisme tantrique autorise le salut en une seule vie terrestre, donnant à chacun le moyen d’échapper au cycle des réincarnations.
Dans la liturgie du tantrisme les dévots privilégient les pratiques pieuses comme la récitation incessante de formules sacrées et les pèlerinages. Les érudits sont initiés à des rituels complexes et ils parviennent à des degrés de plus en plus élevés dans le détachement du monde.
Les grands mystiques se livrent aux ascèses les plus difficiles, jusqu’à se faire emmurer comme les grands accomplis indiens.
Rien n’est rejeté du message originel du Bouddha. Au départ il y eut une simplicité primordiale, puis 12 siècles d’ajouts, de débats et de pratiques liturgiques variées qui aboutissent finalement  au Bouddhisme tantrique au VIIéme siècle de notre ère.
Ce sera la dernière phase  de la pensée indienne avec une culture religieuse très riche.

Le Mandala : ce mot du bouddhisme tantrique fait l’objet de diverses interprétations. Il signifie : disque, cercle, et donc territoire.
La cosmogonie brahmanique présente ainsi l’univers par la forme d’un disque avec au centre une montagne, axe du monde et les océans, continents se répartissent autour de de ce mont. Il y a des parallèles entre le mandala bouddhique et les cosmogonies d’autres civilisations.
Le centre du monde c’est le temple de la divinité, et  le cosmogramme en est  le résumé. L’autel est aussi considéré comme une sorte de résumé de l’Univers. Ainsi on met en relation microcosme et macrocosme.
(Selon Jung, les schémas de certains malades mentaux font penser à des mandalas.)

Enfin le mot Mandala renvoie à l’idée d’une représentation microscopique. Il s’applique au corps de l’homme dont chaque partie est en correspondance avec un élément du cosmos, corps gigantesque avec tous les aspects du monde.
(Le corps humain dans le Yoga est parcouru de canaux et de centres où résident des divinités. Le corps est considéré pendant les exercices de Yoga  comme un vrai mandala.)

Moines dessinant un Mandala de poudres colorées

Divers Mandalas :

–  Les plus anciens mandalas sont réalisés en poudres colorées. (technique encore actuelle du Bouddha Tibétain, par exemple au monastère des mille Bouddhas de Kaghiu Ling à Toulon-sur-Arroux (France)
– De même on confectionne des maquettes représentant des mandalas. Ces maquettes sont ornées de statuettes amovibles. Certains petits bronzes conservés proviennent de mandalas.
– D’autres fois certains mandalas sont des lotus en bronze aux pétales articulés  qui s’entrouvrent et révèlent une divinité et sa suite. Tels sont les mandalas en bronze doré en Chine au 17éme siècle.
– La plupart des mandalas himalayens sont peints sur toile mais ils jouent le même rôle liturgique que les mandalas éphémères faits de poudres.


Il y a 3 types de mandalas peints :

1 – Des diagrammes présentant de déités sous forme anthropomorphe

2 – Le 2nd type présente des divinités symboliques : elles sont représentées par des syllabes Graines. (Plan de la parole)

3 – Le 3eme type est le plan de la pensée et les divinités sont évoquées par leurs attributs principaux.

Mandala peint sur le plafond de la porte d un temple bouddhiste à Thimphou (Bhutan)


Mandala et architecture
:

A l’origine des architectures, il y a en Inde des mandalas en trois dimensions avec des figurines. Ce sont de vrais modello de palais divins. En Inde et à Java en particulier :  Borobudur ( IX éme siècle) est un stupa gigantesque, sorte de mandala en architecture.
Dans l’Himalaya et au Boutan en architecture, autour du Bouddha suprême, il y a une série de chapelles sur 6 étages. Sont ainsi représentées toutes les divinités du Panthéon Bouddhique.


Dernier aspect important des mandalas :

Ceux qui sont peints en grandes dimensions sur les murs. Chaque Mandala étant un accomplissement spirituel.
A Dunhuang dans la cachette des cavernes on découvre des diagrammes sur papier avec des formules conjuratoires. Ces œuvres spectaculaires dans les cavernes sont des peintures murales qui suivent fidèlement le prescription du Bouddhisme du Grand Véhicule ou Mahayana.


Remarques :

Les textes ésotériques désignent par mandalas les palais célestes des divinités hors du monde phénoménal. Ce sont des lieux abstraits d’ordonnance purement mentale. Le mandala essaie de faire évoluer vers l’Éveil, grâce à la présence des divinités. Il s’agit de prendre conscience de la vacuité universelle. Le mandala ne sert pas à présider à  une connaissance ni à l’harmonie entre l’individu et le cosmos.

Le Mandala a pour finalité la dissolution de l’illusion du moi dans un état indéfinissable, jusqu’à l’Extinction.

Les antécédents : cette conception du Mandala est due à l’origine aux multiples  pratiques de dévotion du Bouddhisme ancien du « grand Véhicule ». Par exemple le Mahayana est une forme embryonnaire du mandala. Ainsi à Allora dans une caverne bouddhique, 9 personnages sont réunis dans des cases de  3 par 3, la case centrale étant occupée par le bouddha Cakyamuni.

Autre remarque : le bouddhisme tantrique systématise les associations aux régions de l’espace avec au sommet son Panthéon de 5 Bouddhas de méditation. Ces associations permettent de produire des schémas graphiques conduisant à des mandalas. Certains Bouddhas sont appelés Jina et ils se répartissent autour des stupa : ce sont des tumulus reliquaires, monuments fondamentaux du Bouddhisme. Le plus célèbre est dans l’Himalaya proche de Kathmandou. (Hors de l’Inde à Java les Jina garnissent le temple de Borobudur.)

N. B.  Pour plus de précisions, il est conseillé de rechercher les sites essentiels qui sont cités ici

: Dunhuang, Allora, Borobudur,  Kathmandou  

Cet article peut être mis en relation avec mes créations : les toiles de 5 m x 3 de mon ensemble peint Pictorama, à propos de l’Asie ou de l’Inde, œuvres  visibles sous le lien Pictorama sur www.viapictura.com (en référence aussi à des articles sur mon blog viapictura : Asie  ou Inde)

NB : Le pictorama est un ensemble monumental peint composé de 60 toiles de 5 m x 3 m chacune. Panorama de l’histoire de l’humanité au cours des siècles jusqu’à nous et se projetant dans le futur avec la conquête de l’espace ou la robotique et les implants .

R. Dumoux

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Participation à l’exposition « Amazones de la Révolution » – Musée Lambinet Versailles

Image à la une : « La marche des femmes sur Versailles » – Tempera sur toile 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

VERSAILLES / Musée Lambinet.
Exposition « Amazones de la Révolution, des femmes dans la tourmente de 1789 »
Du 5 Novembre 2016 au 19 Février 2017.

Le Thème retenu pour cette exposition veut montrer l’importance des Femmes au moment de la Révolution.

Il est question de Charlotte Corday ou bien de Madame Roland dans sa prison ou de Madame Talien.
Mon travail est aussi  témoin du rôle important des Femmes pendant la Révolution.

En effet j’ai réalisé un ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3 m à propos de l’histoire de l’humanité..

En particulier l’une de ces toiles illustre le rôle des Femmes à la Révolution. Cette réalisation  dépeint la marche des Femmes sur Versailles ( les 5 et 6 Octobre 1789)
Ma réalisation montre la manifestation des  femmes armées de faux et de fourches et roulant un canon, en direction de Versailles, pour demander du pain pour le peuple en ces moments  de disette et de famine.
Cette marche des femmes se déroule devant la silhouette de la Bastille, image majeure de la Révolution.

Ma création picturale  réalise comme une superposition, un collage des deux épisodes essentiels de la Révolution de 1789 : la prise de la Bastille et d’autre part la Marche des Femmes sur Versailles.

Ce vaste tableau de 300 cm x 500 cm, est réalisé a tempéra sur toile préparée.  Les préparations sont à base de colle de peau et ensuite d’un mélange de  colle et de  Blanc de Meudon.

La force de ce déplacement de femmes est particulièrement mis en valeur par le déroulement des costumes, des robes  très colorées en mouvement dynamique dans l’espace grâce à un graphisme vivant.
J’ai voulu faire ressortir non seulement l’esprit révolutionnaire  mais aussi  la vivacité, le renouveau  et l’espoir de ces femmes  dans le futur .

Un espoir symbolique  nous fait  signe à l’arrière-plan, avec cet enfant  qui est brandi à bout de bras.

En raison de ses dimensions monumentales la toile de 5 mètres ne peut être accrochée dans les salles du Musée Lambinet de Versailles. C’est pourquoi, une reproduction photo de cette toile, accompagnée de la maquette colorée et d’une gravure de cette même composition, seront présentées dans cette exposition.

 

La marche des femmes sur Versailles - Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Etude préparatoire, maquette colorée du projet - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Etude préparatoire, maquette colorée du projet – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Gravure - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Gravure – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

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R.Dumoux
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Télécharger le dossier de presse de l’exposition : dp_amazones_planche_bd

La Russie au cours des siècles

Image à la une : éléments et premières recherches pour la composition d’une toile de 5 mètres x 3 sur la Russie

EKPHRASIS ou description verbale d’une toile monumentale à propos de la RUSSIE au cours des siècles. Projet de 5 mètres x 3

Avant toute réalisation, j’effectue dans cet article une sorte d’inventaire descriptif de toutes les composantes d’une toile que j’envisage depuis des mois déjà à propos de La Russie,  depuis la Russie des tsars à l’Union Soviétique et à sa fin pour un renouveau plus orthodoxe en relation avec le centre culturel et spirituel orthodoxe inauguré récemment à Paris.
Ma conception première est d’envisager une composition horizontale  en deux bandes superposées.

– La partie inférieure de la toile étant consacrée au communisme  de l’union soviétique avec tous les problèmes d’organisation et de politique.
– Et puis la partie plus aérienne, on peut dire spirituelle, moins matérialiste, étant plutôt rattachée à  l’histoire de la Sainte Russie et à des renaissances éventuelles qui se font jour.

– Bien sûr des passages font que ces deux bandes ne sont pas étanches et permettent entre elles des passerelles importantes.

Le drapeau rouge (avec le marteau et la faucille en jaune (ainsi que l’étoile symbole de l’Armé Rouge des républiques socialistes soviétiques triomphe sur la bande du bas de la toile.
Opposé sur la bande supérieure flotte le drapeau  Tricolore  Blanc  Bleu Rouge de retour le 22 aout 2016 , (ce drapeau tricolore  date du Tsar  Alexis  (1745) et il est de retour à l’occasion de la Fête du Drapeau  en Russie).

Ces deux grands symboles laissent  la place au déroulement des divers évènements qui ont ponctué  les grands moments de l’histoire russe.

– Dans  la bande en bas de la composition apparaissent les portraits  de Marx  Lénine et Staline ; ou la statue de Lénine au Kremlin  bien évidente.

Diverses manifestations populaires ou simplement connues du communisme seront évoquées. Le Marxisme définit l’homme par le travail. L’Homme est un animal qui produit. Il y a aussi l’autorité, les camps avec Staline , les camps de travail et  aussi de redressement. De même les grands travaux du peuple seront décrits et aussi des images du Goulag. Parfois la mort sera présente, en particulier avec l’évocation de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille.

– Dans la Bande supérieure, seront développées des figures de l’histoire de la Sainte Russie et du monde Orthodoxe.
Le paysage caractéristique  de l’architecture Russe sera évident et imposant : par exemple la cathédrale de Pokrovsk sur la place Rouge, le chef d’oeuvre de l’architecture nationale Russe, temple de Saint Basile.
Ou encore le clocher d’Ivan le Grand, partie centrale de la composition architecturale  de la place du Kremlin. l’architecture nationale Russe.

– Un choix d’églises bien caractéristique de la Sainte Russie pourra être présenté. D’ailleurs des éléments de fresques  et de décors d’iconostases ou de Déisis  retrouveront cette couleur transparente et lumineuse d’esprit et de foi des peintres d’icônes et en particulier de Roublev.

– Des passages, des passerelles existent entre les deux bandes de ma composition. J’évoquerai en particulier  la conquête de l’espace. La figure de Youri Gagarine (1er cosmonaute du monde ) parmi un  éventail de  satellites et de constructions spatiales.  Avec par exemple une vue du pavillon Cosmos, la route du Cosmos.
Il me reste maintenant à dessiner  et surtout  à assembler, à composer dans la toile ces éléments divers  .

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"La Russie" - Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 - Tempera sur panneau - R. Dumoux - 2017 - ©viapictura.com
« La Russie » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – Tempera sur panneau – R. Dumoux – 2017 – ©viapictura.com

La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

R.Dumoux
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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

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« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

En Papouasie

Image à la une : « Les Papous » Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3. R. Dumoux © viapictura.com

Tel est le sujet de cette toile de 5 mètres x 3 et devant s’intégrer dans mon Ensemble monumental peint composé actuellement de 58 toiles de 5 mètres x 3.

Cette toile a une importance symbolique très forte à notre époque tourmentée.

En effet, nous vivons entourés de dangers qui menacent la nature et la vie.

Outre les diverses pollutions qui sont bien présentes partout, l’électricité semble bien positive avec la production de l’énergie et de la lumière artificielle.

Cependant cette production peut être dangereuse dans la façon de la distribuer : on vient d’apprendre que de nouveaux compteurs seront mis en place et informatisés, automatisés.

Il y a alors un gros problème : on sait de source sûre que ce compteur sera très polluant par ses ondes émises, très dangereux pour l’homme et même il pourra provoquer des incendies dans les maisons où il est placé…

A la suite de ces diverses pollutions et dangers mortels pour la vie sur notre globe le public semble se tourner de plus en plus vers l’observation de la vie , des tribus et ethnies qui restent en marge de nos civilisations. On admire leur culte des ancêtres et leur mode de vie immuable depuis des siècles.

C’est ainsi que j’ai pensé réaliser une toile monumentale où se trouve privilégié, mis en valeur comme exemple ou modèle de pureté initiale : le mode de vie des Papous.

Comment décrire cette toile ?

Il y a plusieurs personnages, certains occupés à construire une maison dans les arbres. Dans cet environnement forestier, plusieurs maisons sont suspendues dans les arbres. Évidemment la présence de la forêt est très importante sur toute la surface du tableau. Je dois dessiner de nombreux arbres.. une véritable forêt dans toute sa variété.

Un grand homme noir escalade une sorte d’échafaudage en branches liées pour constituer de grandes échelles ou échafaudages.
Peu à peu la maison se construit au moins à 10 mètres du sol, avec des branches entrelacées et ligaturées, liées solidement. Evidemment il a fallu prévoir de la même façon un plancher et des murs, tous constitués de branchages assemblés.

Dans cette toile on remarque ainsi des hommes qui construisent, assemblent des branches dans les arbres. On remarque aussi des femmes et des enfants, certains au sol ou occupés à la cueillette de fruits et de fleurs qui serviront aussi à créer des parures pour des fêtes rituelles ou pour constituer de grands masques.

Ils vivent nus ou presque. Il y a des scènes très émouvantes de femmes avec leur enfant. Mais il y a également des personnages en costume de cérémonie constitués de fleurs très colorées. Certains portent des masques de cérémonie constitués de plumes aux couleurs éclatantes.
Au sol, prolifère une végétation luxuriante faites de grosses et larges feuilles avec des fleurs monumentales très riches en formes et couleurs, les fleurs appelées « Pied d’Éléphant »… alors que tout en bas se profile parmi des tiges abondantes la forme ondoyante d’un serpent, le Python vert. Mais au sommet de la construction, au sommet des arbres trône un bel oiseau très coloré, un paradisier.

La composition de cette toile de 5 mètres met en valeur la forêt et les constructions des maisons dans les arbres à l’aide de branches. L’élément principal est la maison au centre de la composition. Et un homme y travaille en ajoutant des branchages qu’il va ligaturer. On distingue de façon évidente les échafaudages, banches assemblées de façon orthogonale.

Les autres figures de cette toile montrent les traditions et activités de ce peuple. Telles sont les parades colorées pour des danses rituelles. Cette danse c’est le Sing Sing rythmée par le son du Tambour. Il y a aussi la danse des squelettes, c’est à dire que les danseurs sont déguisés, maquillés et tatoués en squelettes.
Les matières colorées des masques et des costumes proviennent des plantes des fleurs très abondantes et volumineuses comme celles figurant au sol dans la toile. Pour ces masques et costumes, les Papous utilisent également des plumes d’oiseaux et en particulier celle du Paradisier (oiseau qui figure en haut de la toile, perché au sommet des branchages ).
C’est la vie en harmonie avec la nature avec sa pureté initiale loin des questions d’argent de pouvoir et d’oppression.

Cette toile « les Papous » est un élément important de mon ensemble monumental de 58 toiles de 5 mètres chacune. Elle se rattache à plusieurs autres telles que « les Aborigènes » ou encore « les Dogons », le Kénya et les Peul.

Ces réalisations développent une recherche sur les ethnies, comme si maintenant notre intérêt et notre curiosité étaient plus forts au moment des crises successives des économies fragilisées et remises en question. Tout cela se développe sur le fait de l’effondrement de certaines valeurs matérielles de nos civilisations modernes ultra sophistiquées.
Ainsi nous avons une attention grandissante pour les peuplades qui ont conservé la pureté initiale de la Vie, comme s’il s’agissait pour nous de préserver ce rêve de l’Eden, de l’Empyrée, du Panthéon de toutes les divinités, de Zeus à Dieu le Père, du véritable Paradis Terrestre.
Curieusement cette toile est sous la protection du bel oiseau perché au sommet, le Paradisier cher aux Papous.

R. Dumoux
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Toile « Les Papous » en cours de réalisation. Tempera sur toile, 5 mètres x 3. Mai 2016. Tous droits réservés. © viapictura.com

Dumoux_Papous

les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

R.Dumoux
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Pollution et Sublime

Image à la une : « La pollution » tempera sur toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Actuellement, deux de mes grandes toiles de 5 mètres x 3 traitent du « Changement climatique » et de la « Pollution ».
Le texte ci-dessous a pour propos de montrer le caractère négatif de la pollution  mais aussi ses possibles mutations vers un renouveau de la vie ou bien vers un idéal élevé.. (La toile  » Pollution  » exprime ce paradoxe)

> voir les dossiers documentaires qui sont à la base de la construction de ces deux toiles monumentales

   POLLUTION et SUBLIME.

            LONDRES : pour se chauffer, au 18 et 19ème siècle, on utilise beaucoup le charbon pour pallier au manque de bois. d’où de très importants rejets de fumée. Cette fumée de charbon produit des effets d’atmosphère qui feront la spécialité de certains peintres tels Turner, puis Monet et Whistler.

              Par exemple de 1830 à 1840, Turner représente souvent la suie noire mêlée à l’air humide. Dans le cadre de ses évocations historiques et topographiques, Turner voulait représenter la fumée urbaine.
Turner ne s’indigne pas comme Blake ou Ruskin, il ne se plaint pas de cette ville polluée et il veut dépeindre Londres de plus en plus enfumée.

             La fumée provoquait des brouillards d’une incroyable densité. Apparaît en 1840, la purée de pois épaisse et jaune.
Ce brouillard était mortel et il pouvait tuer jusqu’à 700 personnes par semaine.
En 1888 l’obscurité enveloppa Londres pendant plusieurs jours.

18 millions de tonnes de charbon étaient brûlées chaque année et ainsi des centaines de tonnes de suie polluaient l’air.
Ce mélange de fumée et de brouillard est appelé SMOG en 1905.

             Le smog provoque des effets visuels spectaculaires et c’est cela qui incite Monet à traverser la Manche, pour observer et peindre ces effets de lumière. Monet, contre l’opinion courante, aimait le brouillard.

            En général, les conditions atmosphériques extrêmes  provoquaient répulsion mais aussi curiosité..
Le brouillard de Londres, c’est une attraction comme ailleurs le Vésuve.
Le brouillard, c’est le Sublime de Londres : la fumée, le bruit, le surpeuplement déshumanisent Londres et sont montrés amplifiés. Ce sont de vrais désastres bibliques. On pense aux toiles de John Martin ou aux gravures de Doré.

            En 1904 : le succès éclatant des toiles de Monet sur Londres, ce succès est en relation avec l’actualité de cette pollution sublime.
Les français étaient toujours attirés par l’Angleterre….. c’est une sensibilité partagée. Ainsi on est curieux de cette purée de pois de Londres.


Tout cela se déroule aussi à la lumière de l’œuvre de Turner qui fut une source d’inspiration pour Monet.

           Mallarmé a des objectifs artistiques proches de Monet et la série londonienne de Monet a des affinités particulières avec Mallarmé qui aimait le brouillard de Londres.
Pour Mallarmé, il y a un parallèle entre l’air enfumé de Londres et les  associations élégiaques dans son poème en prose « la pipe ».

           Comme Monet et Mallarmé, Whistler, s’enthousiasmait pour les effets visuels du brouillard à Londres malgré les conséquences très néfastes sur sa santé.
Depuis 1863 il habitait près de la maison où était mort Turner et il avait vue sur des bâtiments industriels le long de la Tamise.

La laideur du cadre fait qu’ il faut remarquer l’ingéniosité de l’artiste pour créer la beauté des « nocturnes »..
Dans ses Nocturnes, les aspects de la Tamise, le smog puant, le crépuscule permanent et tous les aspects laids et incommodants sont traités avec la délicatesse des estampes japonaises.
C’est cet attachement de Whistler aux brouillards londoniens qui est à l’origine de la création des nocturnes.


Ainsi pour Monet, Turner, Mallarmé ou Whistler les manifestations les plus dérangeantes de la pollution et leurs manifestation laides sont à la source d’un nouveau sublime. Semblable au sublime des catastrophes, des tornades dévastatrices ou des montagnes écrasantes qui se muent en tremblements de terre dévastateurs.

R.Dumoux
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N.B.

Whistler a la nostalgie de Venise. Certains aspects de Venise lui rappellent Londres.

Vers 1880 une caractéristique de Venise est la puanteur, l’odeur nauséabonde du Canal en été..
Une autre odeur à Venise est celle du soufre et de la fumée de charbon, car Venise était un grand centre industriel européen.

La combustion du charbon était utilisée pour les locomotives mais aussi pour une usine à gaz.. Certains campaniles sont transformé en cheminée crachant la fumée. Également existaient des usines d’engrais et d’autre part sur l’île une énorme usine de pâtes alimentaires.

Monet et Whistler exploitaient ces aspects de la pollution urbaine du 19ème.
Le même talent est partagé par Monet, Whistler ou Turner : exploiter l’air vicié des villes pour forger un art durable.

Travail actuel (septembre et octobre 2008)

Image à la une : La fonte des glaces (détail) – Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©vaipictura.com
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Mise en place au sol de la composition de la toile de 5 mètres x 3 mètres sur la Chine Historique. ©viapictura.com

          Cette période d’automne me permet de mettre en place et d’ébaucher deux nouvelles toiles de 5 mètres x 3 mètres qui seront exécutées en 2009. (et faisant partie de l’ensemble monumental peint )

– La 1ère se rapporte à l’antarctique, à la fonte et dérive des icebergs.

Un énorme iceberg s’impose massivement occupant la plus grande partie de la surface.
Divers éléments s’imposent :
– D’une part un rayonnement spatial, source de chaleur et d’éclatement de l’iceberg.
– D’autre part, à la dérive sur un morceau de banquise, un vaisseau spatial échoué sur la glace.
– Enfin en 1er plan à gauche un ours polaire paraît bien à l’étroit sur un autre morceau de glacier.
-> Voir le dossier de documentation pour la composition de cette grande toile

– La 2nde toile de 5 mètres x 3  mise en place et en cours d’ébauche se rapporte à une civilisation : la Chine historique.
Ce  tableau réalisé a tempéra sera traité à l’aide d’une grisaille dorée évoquant la grande peinture chinoise.
Il s’agit d’un vaste paysage où se distinguent les montagnes, les rochers, l’eau, les arbres et leurs formes caractéristiques.
Dans ce paysage les éléments de la Chine historique sont :
la grande muraille, le temple de Bangkok, une maison chinoise typique, la cité interdite, le dragon de la fête du printemps, un Bouddha et au tout 1er plan la portrait de 2 chinois en costume traditionnel.

 Des documents seront mis en ligne pour accompagner ces descriptions (ekphrasis).

 Le terme de ekphrasis a une grande importance car il définit parfaitement la démarche de création picturale ou de recréation à partir de données  écrites par des historiens, archéologues ou poètes.
Il ne s’agit pas d’une illustration mais bien d’une création à part entière  actualisée, si toutefois les moyens picturaux mis en oeuvre sont à la hauteur de la tâche.



Autre aspect de l’activité actuelle : la préparation d’une exposition de mon travail jusqu’à maintenant.

              Définition du projet : Réactivation du mythe, du symbole, et du spirituel en art.
(en particulier de la peinture considérée comme le réincarnation du Verbe).

      – La scénographie de cette exposition peut se référer à certains aspects des  grotesques et aussi à des accumulations ou cabinets de curiosité. Le contenu de l’exposition sera constitué d’œuvres très diverses tant par le format que par la technique : grandes toiles de 2 mètres, panneaux a tempéra, gravures, collections de dessins, objets, approche de sculpture.

-> Un aperçu du choix d’œuvres est possible à partir de documents photos pris en grand nombre

      – Il s’agit de montrer la permanence d’un spirituel en art et de faire apparaître un passage, un syncrétisme du profane au religieux, de la mythologie à la Bible, de l’époque de Néron au christianisme.

R.Dumoux
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Barbares et Romains

(Cet article se réfère à une exposition qui a eu lieu cette année à Venise au Palazzo Grassi : elle met en évidence le passage d’une civilisation à une autre.)

Passage ou syncrétisme : c’est l’objectif de mon travail dans l’ensemble monumental peint Pictorama de 35 toiles de 5 mètres x 3 mètres  (voir le site www.viapictura.com) qui retrace l’histoire de l’humanité depuis la création jusqu’à maintenant et se projette dans le futur.


Dans la Rome impériale, une idée majeure est le triomphe de la civilisation sur la barbarie. Il est intéressant d’observer l’évolution, les passages et syncrétismes qui se déroulent dans les premiers siècles jusqu’au triomphe du christianisme.

Tel sarcophage de Portonaccio montre les corps des vaincus disloqués. D’une part il y a les soldats romains bien équipés et d’autre part, les barbares, barbaresques ou africains avec les cheveux et barbes hirsutes.

Sur les sarcophages, les romains ne dépeignent pas des mythes symboliques mais des faits réels.
Les sculpteurs gravent dans le marbre la mission civilisatrice de Rome sur la terre, face aux barbares.
Ils donnent à leurs personnages des aspects ethnographiques précis et reconnaissables.

Un fait important pour cette mission civilisatrice est le souvenir de la Bataille de Teutobourg en l’an 9 en Germanie.
Trois légions romaines furent écrasées dans l’embuscade d’un chef barbare : Tacite a décrit l’horreur des têtes clouées sur des troncs d’arbre et les membres épars.

Cette vision d’apocalypse de Teutobourg va hanter les empereurs et les déterminer à repousser le plus loin possible la limite de la civilisation.
Alors ils veulent évincer ces peuplades indéterminées d’hommes sauvages pour élargir et affirmer leur mission civilisatrice.
(ce sont les grecs qui avaient inventé le mot barbare pour désigner ces peuples étranges qui communiquaient à l’aide de borborygmes incompréhensibles.)


         Les échanges et contacts pacifiques entre romains et barbares :

Des vagues successives ont ébranlé les fondements de la Pax Romana. Sur la colonne Trajane de Marc Auréle on voit des cortèges de captifs agenouillés et soumis.
Cependant on va observer une fusion et une fascination entre romains et barbares.
Ainsi il y a de nombreuses œuvres hybrides : aux côtés des dieux hérités du panthéon grec apparaissent des déesses mères aux traits rudes ou des taureaux aux cornes triples, symbole de fécondité.

Les frontières semblent maintenant un espace d’échange, de syncrétisme religieux : les artistes de l’Empire sont amateurs de l’ambre lointaine alors que l’argenterie romaine fascine les peuplades du Nord.

Distinction entre œuvres romaines et style barbare :
Les sculptures barbares traduisent une autre perception du corps.
Malgré les échanges et mélanges entre romains et barbares, on mesure la distance qui sépare les uns des autres dans la perception du corps.
Certains visages barbares sont d’une rudesse primitive, comme taillés à la serpe et semblent exclure toute humanité et toute émotion, comme s’ils étaient abstraits semblables à des concepts de visage.

Telle est ainsi la statue du dieu Frö figure importante du panthéon scandinave pour la fertilité et la paix, de la fin du 4ème siècle. C’est un style primitiviste témoin de cultes indigènes en contrée romaine.


En cette fin de l’empire, les romains se mettent à enrôler des tribus de barbares armés, mais ces tribus conservent leurs traditions, leurs dieux et cultes même s’ils sont opposés aux canons gréco-romains.

Peu à peu le christianisme va fédérer et lier peuple romain et peuple barbare.

Constantin en 313 autorise le culte chrétien et Théodose va le proclamer religion d’empire.
(cependant, les invasions vont continuer : par exemple Magnence, l’usurpateur sera proclamé empereur en 350 à Autun et d’ailleurs il va essayer de rétablir les cultes paîens.)

Après Constantin et Théodose, vers le 4ème siècle Rome perd de son influence et naissent alors de nouvelles sociétés.

Les barbares étaient les Goths, les Wisigoths ou encore les Huns.
Le génie de ces peuples nomades était dans les trésors d’orfèvrerie tels que plaques, fibules, bagues, boucles d’oreilles. Et ils apportent des modes et des techniques qui témoignent de grands raffinements et de luxe.

L’influence de Rome va diminuer et de nouvelles sociétés apparaissent.
Les rois barbares abandonnent l’arianisme pour le christianisme qui sera l’élément fondamental du patrimoine en Europe.

(A noter que le rôle des femmes est prépondérant. Par exemple la reine Clotilde conduit Clovis au baptême et il sera baptisé par  Rémi à Reims.)
(La reine Mathide va fonder le monastère de Chelles.)

Peu à peu, le Moyen Age se fait jour. Cela se remarque surtout lorsque l’on considère les diptyques en ivoire ou les évangéliaires de cette époque qui vont diffuser ainsi cette nouvelle culture.

R.Dumoux
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