La Biodiversité – Tableau de 5 mètres x 3

 
©Dumoux - Singe
Stylo bille sur papier marouflé à la colle de peau sur tablette – R. Dumoux ©viapitura.com

La diversité de la nature et du vivant, représentée au moment d’une apothéose rêvée des Espèces, est l’objet d’une nouvelle toile de 300 x 500 cm en préparation. Cette grande toile sera réalisée selon les mêmes procédés que les 65 toiles de 5 mètres x 3 constituant mon ensemble monumental peint Pictorama. (visible sur le site www.viapictura.com)

Cette grande toile « Biodiversité » sera donc réalisée a tempéra. Pour cela, je dois avant tout, préparer la toile à la colle de peau chaude et au blanc de Troie, en appliquant sur cette grande surface de 15m2, plusieurs couches fines qu’il faut poncer une fois sèches. C’est un travail de préparation du support, considérable et long, qu’il est bien difficile de rencontrer de nos jours.
Ce travail sur mes supports est systématique : toiles libres, panneaux de bois marouflé, ou encore carton marouflé de toile ou papier.

J’insiste sur ces préparations car elles sont essentielles pour le procédé de la tempéra. Elles assurent la plus grande liberté de travail pictural jusqu’au résultat final qui se caractérise par une lumière intérieure magique et divinement spirituelle bien loin du matériel prosaïque des supports ordinaires des objets du quotidien. Cette préparation assure également une grande conservation des œuvres dans le temps.
Telle est cette préparation que l’on ose à peine évoquer dans la brutalité des autres supports actuels.

« Biodiversité » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il est maintenant question de la composition de cette apothéose rêvée des Espèces :

Ce grand tableau se construit selon une grille horizontale et verticale.
Ce sont les arbres qui créent les bandes verticales. Avec les 3 arbres, le chêne, le baobab et les palmiers dattiers qui sont entourés d’arbustes ou de plantes annexes selon les pays et les climats.
Les bandes horizontales déterminent les étagements du paysage, depuis l’horizon du ciel en haut jusqu’au bord de l’eau tout en bas, étagements où se situent divers animaux, oiseaux et une succession de plantes et arbustes, fleurs et petits animaux.

En ces jours je réalise des séries de dessins à la sanguine : des planches A4 , constituants une collection de plantes, arbres ou fleurs, puis d’autre dossiers d’insectes, puis de divers animaux ou oiseaux. Ces longues collections de dessins peuvent permettre, dans cette grande composition de 5 mètres, une installation très diversifiée des richesses animales végétales de la nature, qui nous entourent. Il y aurait au moins 200 pages A4 de dessins.

 
Pissenlit – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Cassis – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Pensée sauvage -Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Fenouil – Mine de plomb et crayon de couleur sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

 

Cette grande composition rend compte de la vie terrestre au milieu de laquelle se trouve aussi l’humain, qui est omniprésent, menaçant mais aussi menacé par les forces de la nature.

La vie de l’homme est mise en évidence, à partir de sa naissance dépendante de la nature : telle est l’image mythologique de la naissance d’Adonis, divinité antique qui est née d’un tronc d’arbre. Ce tronc d’arbre représente la figure de Myrrha dans la mythologie grecque, métamorphosée en arbre dont le tronc-corps s’ouvre d’une large blessure-orifice pour accoucher d’Adonis ; Myrrha est dépeinte dans les métamorphoses d’Ovide.
Cet épisode illustre la vie de l’homme comme étant liée à l’animalité et à la vie des grands arbres.

 

Myrrha – « Biodiversité » (détail) – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

On observe également parfois la proximité du comportement de l’animal avec celui de l’homme et l’on peut montrer aisément ces rapprochements et similitudes. On note souvent la ressemblance ou les expressions communes d’un chien avec le visage de son maître ou bien la mimique et le bruit vocal d’un chat imitant la voix de sa maîtresse lorsque elle lui donne son assiette. Le chat semble parler en imitant son maître ou encore le singe qui parait comme notre proche parent qui peint et écrit…
De nombreux exemples d’animaux qui calquent leur comportement sur l’homme sont cités, en particulier les gestes, mouvements, chants ou cris, qui sont autant de parentés et de similitudes entre l’animal et l’homme.
Les Bonobos ont des gestes et mouvements de danseurs proches de l’homme et présentent 98,7 % de notre ADN humain. La perruche est très bavarde et les oiseaux sont champions du langage. Le perroquet est un exemple modèle pour parler ou imiter l’aboiement d’un chien. L’éléphant entend les infrasons et il communique jusqu’à 10 km sous terre par le sous sol.
Les dauphins nous donnent des sons très variés. En Amérique du sud ils échangent des mots avec des pêcheurs et collaborent avec eux pour rassembler les poissons et les conduire aux filets des pécheurs, bel exemple de collaboration entre l’homme et l’animal.
En biologie et en chirurgie, le porc laisse entrevoir la possibilité de greffes de parties de ses organes sur le corps humain.
Le foi du porc par exemple, est compatible avec l’organisme de l’homme, ce qui nous induit à un véritable respect de l’animal comme de l’organisme humain.

Ce respect dû à l’animal et à la nature se justifie ainsi du fait des rapports communs et de proximité de l’animal avec l’homme.

Ainsi dans cette grande toile, peuvent être mises en valeur toutes ces observations pour étudier et soigner l’animal et pour assurer la protection des espèces, au même titre que le soin que nous apportons à L’homme, avec les soins, médicaments ou interventions chirurgicales. Selon les grands débats actuels.

NOTA BENE : L’animal intervient de nombreuses fois dans l’histoire de l’homme et de la nature, en particulier dans diverses réflexions scientifiques et œuvres d’art des grands musées (musée d’Orsay par ex.) mais aussi dans les recherches scientifiques.

Citons du XIXème siècle, Gabriel von Max qui vit avec ses singes et les peint, les considère d’une grande intelligence, comme des êtres purs ; contrairement à certains hommes qu’il nomme des singes culturels dégénérés !

Singe devant un squelette, 1900 – Gabriel von Max

Dès le XIXème siècle DARWIN lie la culture à l’art. On découvre ainsi de grandes beautés dans tout le système de la vie avec la nature et l’animal, comme on le voit dans ma toile.
L’homme est là avec ses histoires, mais en compagnie de très divers animaux. L’homme occupe bien toujours sa place mais à égalité ou en concurrence, en équilibre avec l’animal dans la Nature dans son entier.

En 1817, Jean Baptiste De LAMARCK, naturaliste français, disait :
« On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui même, après avoir rendu la planète inhabitable. »

R. Dumoux
www.viapictura.com

Dumoux - Poissons Dessin
Poissons – Sanguine sur papier – R. Dumoux ©viapictura.com

L’Art Égyptien

Image à la une : décor du tombeau de Toutankhamon © Factum Arte

L’Égypte ancienne se caractérise par le souci de l’au delà, de l’âme du défunt et la pratique d’un grand art Sacré.
Cet article ne vise pas à relire les siècles et la succession des empires, mais surtout il veut mettre en valeur un Art tourné vers la Force de l’Esprit, l’Élévation de l’âme et le sens du Divin, du Sacré auquel l’humain est invité. Invitation à laquelle nous sommes particulièrement sensibles maintenant, avec la contemplation de ces sculptures, pour lesquelles nous sommes disposés à offrir un culte quotidien.
Ces sculptures sont un art sacré sujet à un culte et elles nous permettent de renouveler sans cesse le mécanisme de la Création.
L’humain vit avec ces statues, les nourrit, leur donne des processions et des fêtes.
Dans les célébrations quotidiennes, le Souverain, le pharaon doit donner l’exemple, avec son collège de prêtres. Tous ces rituels sont gravés sur les murs des temples, c’est un Art Sacré.

Historique. On peut citer et situer quelques empires de pharaon sur 3000 ans et 30 dynasties. Le mot Pharaon vient de la Bible et désigne le palais qui est attaché à la personne royale.
Le Pharaon est promoteur de l’art. Il est consacré fils de dieu et dieu lui même, monarque absolu. Au dessus de lui il n’y a que la déesse de la Vérité et de la Justice.
La religion en effet détermine l’ Art :
il y a un Art funéraire et d’autre part un Art divin dans les sanctuaires.

1 – Un art funéraire dans les tombeaux et les habitations où toutes les richesses sont consacrées à la vie dans l’au-delà et à l’éternité.
Opposition irréductible avec notre civilisation actuelle où toutes les richesses sont consacrées à la vie terrestre et aux banalités matérielles. De nombreuses œuvres d’art actuelles en font largement état… L’idée de l’élévation de l’art, du spirituel a disparu. Parler du spirituel ou du Requiem de Mozart ne semble pas correct.

2 – Et puis il y a un art Divin où s’exerce cette création. Cet art apparait dans les temples, là où le roi préserve l’équilibre du monde. La statue du temple reçoit un culte quotidien. On l’habille, la nourrit l’encense dans des processions. Et les rituels son gravés sur les murs.
Sanctuaires et nécropoles sont des constructions gigantesques Il faut une main d’œuvre considérable pour édifier les monuments pharaoniques et les entretenir.
Les tables d’offrandes sont liées aux dons de l’exploitation des terres agricoles. Ainsi en Égypte l’art est utilitaire, fonctionnel mais il est un joyau spirituel de la civilisation mondiale.

Stylisation et Dessin. C’est un style linéaire ornemental Tout est sculpté avec précision selon des traits abstraits. Parfois le texte est l’essentiel du motif décoratif. L’écriture est proche du dessin : c’est une caractéristique du décor pharaonique.
Un Art Somptueux : les matériaux utilisés sont variés et proviennent d’Égypte ou aussi des colonies. Par exemple : le grès, le calcaire , le granit rose à Assouan, l’albâtre. Ce sont des blocs parfois gigantesques. Il y a aussi les pierres semi-précieuses : turquoise, cornaline,améthyste dans le Sinaï et aussi le cuivre. Le lapis – lazuli d’Afghanistan ; l’Or de de Nubie, l’argent d’Asie.
Les bois sont utilisés tels l’acacia,le palmier, le sycomore, et les bois locaux. Mais aussi les bois importés : cèdre, ébène , ivoire de Nubie. A partir de cette base, l’iconographie royale est fixée et aussi les canons du dessin. De plus on maîtrisera la taille de la pierre en architecture.

Les Tombeaux et les Temples constituent une Architecture Monumentale sacrée. Citons d’abord les masses rectangulaires des Mastabas. Puis à partir de la 3éme dynastie la Pyramide devient le symbole de la tombe royale. On découvre la pyramide de Djéser, à degrés, à escaliers que le monarque emprunte pour accéder au soleil. Ces célèbres tombeaux royaux sont sur le site de Giza : Chéops , Chéphren, Mykérinos.
Puis au cours du nouvel empire les souverains se font creuser des Hypogées. On creuse les caveaux dans le rocher pour recevoir la momie. Les textes et le décor mural de la chambre sépulcrale aident le monarque à renaître. L’Hypogée s’enfonce dans le rocher et le sarcophage est au fond dans la chambre sépulcrale.

Les temples. Les dieux ne sont pas sauveurs de l’humanité mais ils sont créateurs et régulateurs du monde. C’est un Panthéon multiple. Des systèmes théologiques expliquent la naissance de l’Univers à partir des principaux démiurges. Par exemple : Thot à tête d’Ibis, Ptah, Atoun ou Ré. Horus le Faucon, Hathor et Isis, Anubis l’embaumeur et Osiris roi dans l’au delà. Et les divinités locales qui s’imposent comme Amon à Thèbes. Le Temple est le palais des dieux : il rappelle le lieu primordial sur lequel le dieu démiurge a créé le monde.

Un disque solaire avec deux ailes déployées décore le sommet des porches. L’ensemble est un monde en réduction comme un résumé de la création divine et les plafonds imitent un ciel étoilé avec des vautours. A la base des murs sont des fourrés de papyrus évoquant la terre et la végétation.

A Edfou, le temple d’Horus (époque des Ptolémées) permet de préciser le plan de ces monuments divins.
L’entrée principale est le Pylône : il représente une forteresse symétrique protégeant le dieu contre les forces nuisibles et il figure aussi les deux montagnes entre lesquelles se lève le soleil.
Puis derrière cette façade plusieurs cours bordées de colonnes : c’est l’accès, la porte de l’édifice. Ce sont alors deux salles hypostyles avec colonnes s’ouvrant sur le NAOS qui contient la Statue du culte.
Ce Naos présente des chapelles de chaque côté. Et puis il y a de nombreuses annexes et magasins pour entreposer le nécessaire au culte quotidien. On veut aussi montrer la distance l’éloignement du Dieu en allongeant la perspective, jusqu’au saint des Saints.
Il est intéressant de montrer en somme la complexité des temples. Cependant autour de ces quelques éléments importants s’ajoutent:
– un Dromos, allée bordée de sphinx avant le pylône.
– un Mammisi maison de naissances annexée au temple.
– des cryptes sont aussi prévues pour entreposer le Trésor du Temple. Ce plan général du Temple Égyptien est bien connu au cours des époques.

Des éléments du Temple restent à décrire tels :
– les Colonnes et chapiteaux. dont les formes sont inspirées de végétaux, de palmes ou papyrus et témoignent d’un richesses d’inspiration religieuse.
le décor architectural : Bas-reliefs ou peintures sur bois ou sur pisé ou pierre. Le décor c’est l’horreur du vide car les plafonds sont recouverts ainsi que tous les murs. C’est un art intellectuel qui récréé l’objet pour faire apparaitre l’essence même.
Le Bas Relief comporte deux techniques différentes.
A l’extérieur des monuments on utilise une gravure profonde ; des rainures très accentuées.
A l’ intérieur, il s’agit d’un bas relief saillant. Le fond du relief est creusé pour faire ressortir le figures en méplat.

Autres éléments à étudier :
Le décor des tombes royales : les sépultures des vallées des Rois.
Le décor des tombes civils tels que les Mastabas de l’Ancien Empire.
Le décor des Temples.
La statuaire royale comme Chéphren ou Toutmosis. Le roi est immortalisé avec le pagne et la coiffure (les nèmes et uraneus)
La statuaire civile.
Tous ces points si particuliers et riches seront développés ultérieurement .

Tous ces aspects témoignent de l’art égyptien qui dans toutes ses caractéristiques est consacré au culte religieux, à l’esprit et à la vie dans l’au delà, avec le sens du Divin et du Sacré.

R. Dumoux

www.viapictura.com

les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

R.Dumoux
www.viapictura.com

 

Œdipe. Les épreuves de l’âme.

Image à la une : Œdipe – Dessin plume et crayons de couleurs. R. Dumoux –  2001 – © viapictura.com
Œdipe face au  mystère de l’homme.

L’histoire de Thésée se situait au bord de la mer Égée.
Avec Œdipe nous sommes à Thèbes, à la recherche de ses parents.
Sur ce minuscule coin de terre, Œdipe recherche le mystère de ses origines.
Qui sont ses vrais parents ? Qui est-il ? Pourquoi un sort aussi inquiétant ?

( Le père d’œdipe  était Laïos.
Un oracle avait prévenu Laïos de ne pas procréer car son fils le tuerait.)


La naissance d’Œdipe est marquée du sceau de la malédiction divine. (comme Thésée)

 L’enfant Œdipe fut exposé près de Thèbes sur le mont Cithéron.
On lui perça les chevilles pour y passer une corde: on  l’abandonna ainsi, attaché dans la montagne.
Découvert, iI fut remis à un berger qui l’accueillit et l’emmena à  son père.

Exposer ainsi un enfant aux bêtes sauvages était cruel mais laissait une chance à la victime. Chance minime mais plus importante dans le cas des héros.
(Ainsi furent Romulus et Rémus et Persée qui aussi fut confié aux flots avec sa mère Danaé.)
Tous ces héros sont recueillis par un étranger ou protégés par un animal sauvage.

Échappant à de telles épreuves, le héros est appelé aux plus hautes destinées. (Ainsi en est-il aussi de destinées artistiques.)

Œdipe grandit à la cour de Corinthe. Mais le Destin veillait.
Un jour par hasard un homme lui dit qu’il était « un enfant trouvé ».
A partir de ce moment, Œdipe se questionna sur son origine, sur le mystère de sa naissance et il partit à Delphes.


Sur le chemin de Delphes, il rencontra plusieurs hommes et un voyageur en litière.

Œdipe eut une altercation avec ces voyageurs : fou de rage pour avoir été agressé, il se précipita sur l’un d’eux . Ainsi il tua le voyageur Laïos qui n’était autre que son père.

Continuant sa route en direction de Thèbes il fit une deuxième rencontre : celle de la Sphinge, fille de Typhon.
La Sphinge était un être à la figure et à la poitrine de femme, aux pattes et à la queue de lion, avec des ailes. La Sphinge avait comme gîte un rocher dominant le chemin : c’est là qu’elle posait des devinettes redoutables. Lorsque le voyageur ne savait pas répondre, elle le dévorait. Mais Oedipe sut répondre à ses questions , alors la Sphinge se jeta du haut de son rocher et se tua.


Œdipe est le symbole de l’homme qui se cherche. Le héros qui enquête avec lucidité sur sa vérité.

Enfin Œdipe vécut à Thèbes en triomphateur. Avec son épouse Jocaste, il eut des enfants et il régna sur la ville, vivant au fait des honneurs.

 Mais le souvenir de l’oracle revenait de temps à autres… Comme le destin qui veille…
L’infernale mécanique est en marche et rien ne peut l’entraver….

Puis un jour, le drame éclate : la peste s’abat sur la ville de Thèbes.
(La peste est symbole de souillure morale portée par un habitant présent dans la ville.)
Un habitant est le meurtrier de Laïos, le responsable de cette peste persistante.

Œdipe lui-même va mener l’enquête et peu à peu l’étau va se resserrer sur lui.
Il apprend ses vérités en forçant les consciences de tous les témoins de sa vie.

Œdipe voit clairement sa vérité, il harcèle, ne laisse rien dans l’ombre:
– il est le meurtrier de Laïos.
– il est régicide.
– il est fils incestueux et parricide.

N.B.
La question de la sphinge :
– quel est l’être qui marche le matin à 4 pattes, le midi sur 2 pattes et le soir sur 3 ?
réponse : L’homme.
– Quelles sont les deux sœurs qui s’engendrent mutuellement?
réponse : Le jour et la nuit.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Dieux de la Mythologie – Thésée

Thésée est le roi mythique d’Athènes et sa vie est légendaire et relève du fabuleux : il doit lutter contre les monstres et descendre aux Enfers.

Thésée fut le roi législateur d’Athènes qui appartient à l’histoire, car il a créé les institutions fondamentales  et organise la vie de toute l’Attique. Il passe pour être un roi pieux, juste et tolérant.
Thésée est le fils d’Égée et il grandit à Trezene et il ira retrouver son père à Athènes.


Ses exploits et ses combats :

– Sur la route d’Athènes il passe par un chemin infecté de brigands. Il en tua une hécatombe : ce sont ces victoires sur les brigands qui lui valurent la gloire à Athènes et il fut adopté officiellement par son père sous le nom de Thésée.

– Plus tard il lutta contre 50 cousins prétendant au trône d’Athènes et après avoir tué tous ses adversaires il s’attaqua au minotaure.

Le COMBAT de THÉSÉE contre le MINOTAURE et ses amours avec ARIANE sont les épisodes les plus célèbres de la légende.

Ce combat est une épreuve essentielle qui fait appel à l’intelligence et à la ruse.
C’est l’affrontement avec les forces bestiales de la terre qu’il faut vaincre pour mériter le ciel.

Le Minotaure avait le corps d’un homme et la tête d’un taureau : il était né de Pasiphaé et de ses amours avec le taureau du roi Minos, un beau taureau qu’il avait gardé parmi ses troupeaux. Ainsi fut conçu le Minotaure.
Pour cacher un peu cette affaire Minos le Roi, fit construire un labyrinthe sous terrain pour y enfermer ce monstre. C’est là dans l’obscurité de couloirs qu’il vécut. Bien sûr ce fut l’architecte et sculpteur Dédale qui construisit cette architecture souterraine.
Le minotaure était un monstre : il fallait que les habitants d’Athènes envoient régulièrement 7 jeunes garçons et 7 filles pour qu’ils les dévorent.

 Les Athéniens étaient révoltés et ainsi pour en finir, Thésée se proposa de tuer l’Homme-Taureau.

Thésée ainsi est enfermé dans les couloirs obscurs du labyrinthe, mais avant il avait été remarqué par Ariane, fille de Minos. Elle s’était promise à lui s’il sortait vainqueur de cette épreuve.
Ariane donna à Thésée le moyen de sortir vivant en lui donnant une pelote de fil dont elle tient le bout.

Thésée assoma le monstre et revint à la lumière grâce au fil d’Ariane. Il l’épousa et ils s’enfuirent en Grèce.
Mais Thésée abandonne Ariane sur l’île de Naxos et c’est ainsi que Dionysos va arriver, la secourir, pour ensuite l’épouser.
Thésée perdit ainsi Ariane : il fut rongé de chagrin et au retour de l’Attique, il laissa  sa voile noire en signe de deuil.
Son père Égée voyant revenir cette voile noire, crut que Thésée était mort et il se jeta dans la mer, d’où le nom de la mer Égée.
Involontairement Thésée avait tué son père.

(Il y a également, les événements importants entre Thésée et Pirithoos et d’autre part Hélène.)

Thésée mourut peu après, loin de la cité.
Mais son fantôme continue de hanter les hommes.

Le héros Thésée connut une gloire sans nuage : la gloire d’un héros et d’un roi qui sut vaincre l’ombre et élucider les mystères de la mort.

Tel est le destin de ces héros, mélange de poésie, de tragédie et d’idéal spirituel.
Ainsi nous poursuivrons ce périple  avec les figures passionnantes d’œdipe, de Jason, Ulysse et Psyché pour lesquels j’ai consacré plusieurs séries de dessins… préludes à des compositions peintes ou gravées.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Dieux de la mythologie. Persée

Image à la une : Persée – tempera sur toile 2003 –  R. Dumoux
Pourquoi reprendre ces récits mythologiques ?
Ces textes sont pour moi, la source de nombreuses compositions dessinées et peintes dans lesquelles entrent des éléments et des expressions personnels.
Actuellement je réalise des suites de dessins et il se trouve par exemple que l’histoire de Persée est au cœur de bons nombres de ces compositions.

PERSÉE
Persée est un autre héros (comme nous avons vu Hercule)  qui est amené à lutter contre les dieux.
Il est le fils de Zeus et de Danaé : c’est un personnage très lié au monde surnaturel.

                   – L’enfance de Persée est très singulière :
Le roi d’Argos avait une fille, Danaé et il l’enferme car il craint que cette fille ait un fils (qui plus tard le tuerai). Ainsi Danaé sera enfermée loin des êtres vivants et de tout homme. Mais Zeus avait remarqué Danaé et il réussit à s’infiltrer dans cette prison souterraine par une fente du toit : pour cela il se mue en pluie d’or.
C’est bien sûr la représentation célèbre si souvent rencontrée chez les peintres.

                   – Zeus aima Danaé et de leur union, naquit un fils. Mais le père de Danaé, le roi d’Argos, entendit l’enfant crier et fut pris de frayeur à cause de l’oracle qui lui avait prédit que cet enfant le tuerai. Aussi, il mit Danaé et son fils dans un coffre de bois et les confia au hasard des flots.
Ce coffre de Danaé vogua longtemps en mer des Cyclades et ils furent enfin recueillis par un pêcheur, sur une île.

                  – Persée grandit sur l’île auprès de sa mère. Et alors le roi de l’île, amoureux de Danaé, voulut écarter ce fils de sa mère. Aussi pour éloigner Persée, il lui demanda de lui rapporter la tête de Méduse.

                 – Tuer Méduse était pour Persée une épreuve difficile: Méduse était une des 3 Gorgones. Avec ses sœurs (Sthéno et Euryalé)  elle habitait près du jardin des Hespérides. Leurs têtes était coiffées de serpents en guise de cheveux. Leur regard était foudroyant  et elles avaient des ailes d’or leur permettant de voler. Seule Méduse était mortelle.

                 – Entreprise difficile pour Persée : aussi il fut aidé dans son projet de tuer Méduse par trois vieilles femmes qui lui remirent des armes magiques : une paire de sandales ailées, un casque d’Hadès qui rendait invisible et aussi une besace pour mettre la tête de Méduse.

                   – Alors Persée vola au dessus de Méduse et lui trancha la tête : un sang noir jaillit de la blessure et un cheval ailé se forma et bondit dans les cieux : ce fut PÉGASE. Persée prit la tête de Méduse et l’emporta dans sa besace. Il survola la mer et les sables de Libye.

                   – Le soir Persée arrive près d’Atlas, le Géant : il lui demande l’hospitalité  mais ce dernier lui refuse.
Persée est furieux et il lui tend la tête de Méduse ensanglantée. Alors Atlas est changé en montagne et condamné à soutenir le ciel de ses bras : sa barbe et ses cheveux deviennent des forêts, ses os des pierres, ses bras et épaules des coteaux. Son corps ainsi grandi et développé, soutint le ciel et ses lourds nuages.

                   – Persée repris alors sa route et arrivé au dessus de l’Éthiopie il vit un homme qui attachait une jeune fille à un rocher. Et tout près un monstre surgit de la mer, un monstre marin, crachant le feu et couvert d’écailles.
Cette jeune fille c’était Andromède.
(Son histoire : un dragon marin menaçait le pays pour le dévaster. Les ravages ne pouvaient cesser que si le roi sacrifie sa fille Andromède. Aussi est-elle attachée au rocher menacée par les dents du monstre  que Persée va abattre.)
Persée grâce à ses sandales ailées vola au dessus de lui pour libérer Andromède.

                   – Persée va avouer son amour à Andromède; aussi lorsqu’il mourut, Zeus ne voulut pas le séparer d’Andromède qui fut son seul bonheur.
Aussi Zeus les changea en astres réunis dans le ciel.

Les article suivants seront consacrés successivement aux héros les plus illustres de la mythologie :
– Thésée
– Œdipe
– Jason
– Ulysse
– Psyché

R.Dumoux
www.viapictura.com

Hercule et les épreuves physiques

Image à la une : « Hercule et le taureau » : Tempera sur toile – « non finito » – 150 x 240 cm – 2003 – Raymond Dumoux
Il y a à l’origine le Chaos et les dieux se révèlent par le combat qu’ils mènent contre les monstres informes, les dragons et le chaos.

(Tel est le combat de Zeus contre Typhée, monstre à 100 têtes de serpent et au corps recouvert d’écailles. Tel aussi Apollon contre Python qui représente l’affrontement de la lumière et des ténèbres.)

Dans mon travail de nombreuses esquisses ou compositions picturales ou gravées sont ainsi extraites de ces  récits.

Les dieux de la mythologie se révèlent par les épreuves et le combat qu’ils imposent aux héros.

Dans cette suite d’articles nous irons à la rencontre de héros tels :
Héraclès, Persée, puis Thèsèe, Œdipe, Jason, Ulysse,Icare.
On assistera à des épreuves physiques comme dans le cas d’Hercule ou bien au contraire à des épreuves de l’âme et là nous imaginons les épreuves d’ Œdipe.


Héros dans les épreuves Physiques.

– Hercule,
Héraclès en Grèce, très populaire, il a beaucoup inspiré les artistes de tous les temps. Son père est Zeus, et sa mère Alcmène.

Dès sa naissance Hercule a des dispositions à la vaillance, à la brutalité. A l’âge de 8 ans il étouffe deux serpents envoyés par Héra et à 10 ans il tue son précepteur.
A 18 ans son premier exploit est de tuer un lion énorme
.

Hercule s’est marié avec Mégara et il eut 8 enfants.
Mais dans un accès de folie provoqué par Héra, il les égorge.
Toujours sous l’emprise d’Héra, il devra exécuter 12 travaux imposés comme des vexations, punitions pour expier cette infamie de cet infanticide.


Brièvement citons les 12 travaux d’Hercule :

(cela constitue un rappel intéressant pour qui veut s’en inspirer, méditer ou dessiner.)

– le lion de Némée. Ce lion invulnérable, vivait dans une caverne. Héraclès va l’étouffer entre ses bras. Le lion mort, il va conserver sa peau et la porter continuellement comme un trophée.

– l’hydre de Lerne : c’est un serpent à plusieurs têtes(de 5 ou 6 à 50 ou 100)
Ce sont des têtes humaines immortelles : coupées elles repoussent. Hercule en vient à bout en brûlant les blessures.

– le combat d’Hercule contre le sanglier d‘Erymanthe qu’il rapporte vivant.

– la biche de Cérynie qui ravageait les récoltes.

– les oiseaux du lac Stymphale qui dévastaient les récoltes et ses nourrissaient de chaire humaine.

– Hercule nettoie les écuries du roi Augias et détourne des fleuves pour nettoyer.

– Il va vaincre le Taureau de Crête surgi de la mer. Il le ceinture et le transporte sur ses épaules.

– Il va dompter les juments de Diomède qui étaient nourries de chair humaine.

– Il maîtrise la ceinture d’Hippolyte fils de la reine des Amazones.

– Hercule s’empare des Boeufs de Géryon.

– Il descend aux Enfers pour capturer le chien Cerbère.

– Puis il reçu l’ordre d’aller cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides.

__________________________________________________________
A titre d’exemple :

Les pommes d’or du jardin des Hespérides  sont un épisode très poétique des travaux d’Hercule.
Pour le mariage de Zeus et Héra, Gaïa , la Terre avait apporté 3 pommes d’or, mûries sur les arbres du jardin des Hespérides aux confins du monde là où le Géant Atlas soutenait le ciel. Les Hespérides étaient les 3 filles d’Atlas qui grappillaient dans ce jardin merveilleux.
Mais Héra fit garder ce jardin par un dragon à 100 têtes.
Hercule dut donc vaincre le dragon, l’endormir pour se saisir des pommes d’or et les rapporter au Roi Eurysthée.. qui les remit dans le jardin d’où elles n’auraient pas dû sortir.
(Auparavant il avait rencontré Atlas qui soutenait le ciel et l’aida dans sa recherche des pommes)

Ce jardin merveilleux avec des arbres aux pommes d’or fait songer au récit biblique de l’Éden et de la chute. Mais là, les pommes symbolisent l’éternité et le dragon n’est pas un tentateur mais un gardien qui interdit la cueillette.

Enfin, dernier épisode important, celui de la mort d’Héraclès. Toutes ces luttes contre les difficultés et le dragon comportent une sorte de gradation.

Cette gradation conduit le héros à affronter la mort.

Ainsi Hercule après avoir vaincu la mort autour de lui va la vaincre en lui et il va purifier son corps des éléments matériels. Pour cela il va confier ce rôle au feu dont le bûcher sera installé sur le mont Aeta.
Hercule va disparaître dans les flammes du bûcher puis il monte au ciel pour devenir une constellation et siéger parmi les dieux.
Zeus va le ravir à la Terre et lui accorder l’immortalité.
Mais Héraclès va continuer de vivre dans le cœur des hommes et il va continuer de s’intéresser à leurs affaires… longtemps après sa mort charnelle.

 Ces descriptions sont très évocatrices et m’ont permis de mettre en page diverses compositions originales qui seront reprises ultérieurement dans mes panneaux a tempéra ou mes toiles de grande dimension.

Dans le prochain article, un autre héros sera présenté face aux épreuves des dieux : PERSÉE.

R.Dumoux
www.viapictura.com

Civilisation et Mythologie (techniques spirituelles) art. 2

Image à la une : « Orphée et les animaux » Tempera sur panneau. R. Dumoux ©viapictura.com

Les techniques spirituelles.

Dans un précédent article il était question des techniques matérielles qui ont permis la construction de la civilisation.
Les techniques spirituelles qui ont contribué à cette évolution de l’homme sont le propos de cet article.


Les techniques spirituelles.

Pour progresser plus avant vers la civilisation, l’homme utilise des techniques nouvelles qu’il va développer :
l’écriture, la musique, la poésie, la médecine, la divination vont permettre à l’homme d’appréhender l’univers, de le maîtriser.


 

     – L’Écriture : permet de conserver sur des tablettes d’argiles ou sur papyrus, les acquisitions de l’effort des hommes. Pour lutter  contre l’aspect éphémère de la transmission orale et contre les déficiences de le mémoire.

L’écriture est une porte ouverte sur l’immortalité et l’homme échappe à l’emprise du temps.
L’écriture conditionne les découvertes de l’esprit et elles est indispensable dans la science, dans l’algèbre, la géométrie, l’arpentage ou l’astronomie.

C’est en découvrant l’écriture que les Sumériens ont eu une grande importance dans l’histoire et alors l’écriture apparaît comme un privilège, un don des dieux.
L’écriture, don des dieux communiqué aux hommes, par l’intermédiaire d’un démiurge bienveillant.
Ainsi en Mésopotamie, ce sera Nebo qui va révéler l’écriture et en Égypte, Thot.

N.B.
Certains auteurs antiques regrettent l’apparition de l’écriture : Platon dans « Phèdre »parle d’un mythe égyptien où l’écriture est considéré comme néfaste pour les hommes.
Car ainsi on ne fait plus d’effort pour se souvenir, on néglige la mémoire et l’oubli naît dans les âmes.


 

  – La musique est un moyen de connaissance par lequel on accédait à des états supérieurs et elle permettait aussi d’entrer en communication avec les dieux.

De même la poésie jouait un semblable rôle particulièrement comme moyen de connaissances.

Musique et poésie faisaient partie du service des dieux et l’apprentissage était aussi important que celui de la science et de la philosophie.

La musique était une invention divine
Ainsi la lyre fut créée par Hermès : Ce dieu était à la recherche des vaches d’Apollon. soudain il trouve sur le sol une tortue dans l’herbe des vaches.
Hermès voulut tirer parti de cette tortue : il la tue et à partir de sa carapace il fixe des tiges de roseaux et y ajoute 7 cordes en boyau de brebis.
La lyre était inventée; elle deviendra ensuite la cithare.

C’est Orphée qui utilise cet instrument à 7 cordes et la cithare va diffuser un charme magique : les bêtes sauvages se roulent aux pieds d’Orphée, les fleurs s’inclinent, les pierres semblent vibrer d’émotion. Les hommes méchants et sauvages deviennent dociles. La tempête se calme pendant l’expédition des Argonautes et les sirènes sont séduites.

Ainsi qu’on le voit maintenant de nombreuses divinités entourent ce développement de la musique par Orphée.

Orphée va se marier avec Eurydice fille d’Apollon. A la mort d’Eurydice, Orphée descendit aux enfers et sa musique et sa voix calment les monstres.
 Ixion, Tantale, Sisyphe, les Danaïdes cessent leurs supplices. Hadès et Perséphone sont aussi envoûtés par sa musique.
Par la musique Orphée reconquit Eurydice, mais, se retournant, il la perdit à jamais.

Le pouvoir de la musique d’Orphée va survivre.
Orphée fut mis à mort par des femmes qu’il avait dédaigné : sa tête et sa cithare voguèrent sur les eaux pour échouer sur une plage de Lesbos.
Le mythe d’Orphée est celui qui exprime le mieux l’origine divine de la musique et de la poésie puisqu’ Orphée chante aussi.

R. Dumoux
www.viapictura.com

Civilisation et Mythologie art.1

Image à la une : Dionysos : Dessin encre brune et crayon rouge – 21 x 29 cm – © R. Dumoux

Le Déluge avait détruit l’humanité. Mais l’humanité va se régénérer grâce à la survie d’un couple.

A partir de Noé, de ses fils, Sem, Japhet, Cham apparaissent divers peuples à surface de la terre et l’humanité va conquérir la civilisation avec des difficultés telles que l’effondrement de la Tour de Babel.

       Le progrès de la civilisation sera dû à la volonté de l’homme, lequel attribue aussi aux dieux et divinités ses progrès et sa protection.

La civilisation pour se développer a bénéficié de techniques matérielles mais aussi de techniques spirituelles.

Dans les deux cas, des mythes se sont développés sous le vocable de divinités précises. Cela nous conduit aux récits mythologiques proprement dits…
(La mythologie paraît toujours difficile à cause de sa complexité. La description des progrès de la civilisation en facilite l’accès en donnant quelques repères et ainsi, quelques noms de divinités illustres)

       – Les techniques matérielles de progrès et les dieux.
Ce sont des conquêtes essentielles telles le labour, les semailles ou la moisson.
Telles aussi la domestication des animaux, l’élevage.
On dit alors que Poséidon (par Méduse) a fait don à l’homme du cheval.
Il y a aussi le mythe d’Aristée : comment traire les brebis, élever les abeilles, récolter le miel.
Pour ce qui est des cultures, les techniques agraires ont donné lieu à de nombreux mythes et on leur attribue des dieux.

Le Blé est la plus courante des céréales. Les mythes nous montrent comment elle fut cultivée :
le labour, les semailles, le travail de la charrue, du joug.
En Grèce, le blé était un don de Déméter qui révéla les mystères de la germination et des récoltes.

Germination, Agriculture, Mystères sacrés sont les trois dons de Déméter.
Grâce à la découverte du Blé et à sa culture, l’homme ne vit plus à la façon des bêtes et il accède à un mode de vie supérieur.
L’Agriculture est une sagesse à l’inverse de la chasse qui est meurtrière.
Chasser, c’est tuer, alors que l’agriculture cultive fait vivre et ajoute à la fécondité.
Pour les Anciens, l’Agriculture est la voie royale menant à la civilisation.


                 La Vigne fut aussi un don essentiel des dieux. (la vigne, le vin  mais aussi l’ivresse)

 C’est Dionysos qui a introduit la vigne en Grèce et enseigné comment fabriquer le vin.
Dionysos était le fils de Zeus et Sémélé (zeus avait cousu dans sa cuisse l’enfant de Sémélé  et c’est ainsi que ensuite naquit Dionysos.)
Dionysos le « deux fois né », eut  une enfance tourmentée, il fut élevé par les nymphes qui lui enseignent comment cultiver la vigne. Puis il va parcourir le monde.

Mais les effets du vin de Dionysos surprennent beaucoup et le font passer pour fou. Il est aussi accompagné d’un cortège de satyres de bacchantes et silènes échevelés. Et partout où la vigne est introduite, il y a des épisodes tragiques et des malentendus, des drames ou des morts.

Le Mythe de Dionysos montre le pouvoir ambigu du vin et de l’ivresse, sa faculté d’élever l’homme aux sphères divines mais aussi de risquer de le rabaisser au rang d’animal.


    Autre technique matérielle de construction de la civilisation : le Feu, privilège des dieux. (Prométhée).
Il est essentiel pour acquérir la civilisation et il conditionne la métallurgie, la poterie ou la nourriture de l’homme.

Il est à l’état naturel, c’est la foudre de Zeus. Mais il est aussi artificiel, produit par l’homme par frottement.
Dans les textes Grecs, c’est Hermès qui a inventé le feu en frottant deux morceaux de bois.
Et c’est ce feu que Prométhée va ravir aux dieux afin de le distribuer aux hommes.
Pour l’homme la conquête du feu permet de s’approprier le pouvoir.

Prométhée : son mythe éclaire toutes les techniques du feu : il a volé l’étincelle du feu et il transmet cette flamme aux hommes.
Il utilise pour cela une férule, une torche qui s’enflamme facilement.

         Telles sont les techniques matérielles d’acquisition de la civilisation.
Chacune d’elles a ses dieux bien déterminés et essentiels dans la mythologie, qu’il s’agisse de :  Déméter, Dionysos, Zeus, Hermès ou Prométhée.

Il sera question dans le prochain article des techniques spirituelles d’acquisition de la civilisation.

R.Dumoux

www.viapictura.com

L’épopée de Gilgamesh (Babylone Art.4)

Image à la une : Sceau-cylindre «Gilgamesh domptant un taureau », Syrie, XVIIe siècle av. J.-C., BNF.

 

UNE  DÉCOUVERTE : L’ÉPOPÉE DE  GILGAMESH

En Babylonie on fit une découverte exceptionnelle: après avoir déchiffré l’écriture cunéiforme on (Georg Smith) découvre à Ninive une tablette d’argile dont le récit parut étrange mais aussi familier.

Ce récit parlait dans la langue de  Babylone d’un Noé de Mésopotamie qui parle à Gilgamesh , qui est le roi de la ville d’URUK : il lui révèle le mystère des dieux et l’histoire du Déluge.

Découverte extraordinaire : c’est  le premier texte de création littéraire dans l’Orient ancien mais c’est aussi un exemple de l’influence déterminante de la littérature mésopotamienne  sur le récit de la Bible.

Cette découverte se fit dans les ruines du palais  d’Assurbanipal : des milliers de tablettes avaient été dévastées et on les déposa au British Museum. C’est là que Smith fit sa découverte, des fragments du texte de l’épopée. à partir de multiples fragments on reconstitua 12 tablettes, soit 3000 vers.

On fait paraître une édition de ce texte en 1821 et dès ce moment Gilgamesh prit une grande place dans la lttérature.
Nouvelle édition en 1930 et puis en 2003 l’orientaliste George apporte des compléments importants , mais il manque encore une partie du récit.

LE RÉCIT DE GILGAMESH

Gilgamesh est le roi d’Uruk.

C’est un roi impétueux qui lentement revient à la sagesse et à la raison. Il n’a en tête que son plaisir. Il oblige les hommes à se tenir prêts jour et nuit et les femmes à être à ses services.
Il sera question de rétablir l’ordre à Uruk : pour cela on créé Endiku, homme primitif et sauvage. Il sera outré par la conduite du roi.

Et ainsi Endiku et Gilgamesh vont se confronter dans un violent combat où il n’y aura pas de vainqueur et ils deviendront amis.

Tous les deux, ils vont partir en expédition vers le Liban et ils veulent tuer le Géant et Démon Humbaba gardien de la forêt des cèdres interdite aux hommes.

Ils vont tuer Humbaba et s’emparer de ses richesses.

Les dieux sont irrités par les excès aventureux des deux hommes.Et ils mettent fin à la vie de l’un d’eux: ce sera Endiku qui va mourrir. Ce héros aura des funérailles royales.

Après les funérailles, Gilgamesh va laisser la ville , le pays et les richesses. et il va errer vêtu d’une peau de lion dans la steppe.
Il est à la recherche de l’être humain ayant atteint l’immortalité. Il ne pense qu’à lui et veut apprendre du Noé de Babylone (Utanapishitm) la manière d’échapper à la mort pour jouir de la vie éternelle.
Il erre sans fin, et va aux confins du monde. Les hommes scorpions qui gardent les frontières laissent passer Gilgamesh parce qu’ ils voient en lui un dieu.
Il ne peut comprendre ce que veut dire l’immortalité et il veut demander le secret de vie éternelle au Noé de Babylone.

Alors Utanapishtim lui raconte comment il fut le seul avec sa famille à échapper au déluge, lui permettant ainsi d’accéder à l’immortalité. Mais l’idée du déluge était concrétisée.
Quand à Gilgamesh, il dut abandonner ses espoirs de vie éternelle et rentrer à Uruk. Il sera le plus grand roi de la tradition mésopotamienne.
Il va reconstruire des sanctuaires détruits par le Déluge et rétablir des cultes.
Il va permettre la paix entre les dieux et les hommes qui avait été détruite au moment du Déluge.

A partir de Gilgamesh et dans les murs d’Uruk va s’épanouir la grande civilisation de Mésopotamie.

Gilgamesh est le Héros Babylonien.

Cette ville d’Uruk a une muraille impressionnante de 9 km, hérissée de tours. Elle est la plus ancienne de Mésopotamie, réalisée au 3 éme millénaire avant notre ère.

Toujours dans cette ville en raison des tâches administratives apparaît une innovation: on élabore une écriture.

Cette écriture est destinée à faciliter la comptabilité et la planification dans l’administration.

 C’est à partir d’Uruk que l’écriture commença sa marche triomphale.

L’épopée de Gilgamesh conserve le souvenir de ces temps archaïques qui effectivement auraient été marqués par un roi du nom de Gilgamesh.

R.Dumoux
www.viapictura.com