L’ASIE CENTRALE, LA MONGOLIE – Toile de 5 mètres x 3

Image à la une : Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit de la conception d’une nouvelle toile de 5 mètres x 3 qui sera incluse dans mon ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres et constituant un panorama de l’histoire de l’Humanité.  www.viapictura.com  (ensemble monumental peint)

Ayant fait une longue recherche  sur l’Asie centrale, j’ai écrit, pris des notes, beaucoup dessiné, ébauché des compositions.

Le pays des Mongoles, c’est l’immensité des terres des steppes, l‘immensité d’un ciel  dominant. Les montagnes escarpées et l’arc en ciel assurent le lien entre Ciel et Terre dans ce monde  sans limite, de la Sibérie au lac Baïkal.
C’est au XIIIéme siècle  qu’apparait  un peuple qui va partir à la conquête du monde, de la Chine à la méditerranée. Ce peuple va englober des civilisations, des populations de la Perse à la Chine.
Pour réaliser cela un Géant apparait : Gengis Khan, né en 1167. Il va créer à partir de1206 l’Empire mongole. Il modèle le monde à sa mesure  dans l’immensité du Ciel à la Terre. Il unit les peuplades en tenant compte des traditions de la vie nomade  qui restera une constante avec le culte des ancêtres.

Après des guerres sanglantes et la PAX MONGOLICA, il y eut des échanges culturels et commerciaux entre l’Occident et l’Orient dans l’empire du Grand Khan, ce que Marco Polo a bien connu. Avec les développements des arts et de la culture il y eut aussi,  soutenue par Khan, l’émergence des traditions populaires et la promotion des basses classes sociales, liées à la culture pastorale et nomade.

Parfois Gengis Khan fut réduit à l’image d’un barbare, alors que dans l’histoire des steppes, il peut être vu comme un demi Dieu magnanime, de grand bon sens, pétri d’humanité. Il fut un souverain Universel.
Il a un rôle d’envoyé du Ciel pour rassembler les peuples des steppes autour de lui.

– Cette conception assez divine de Gengis Khan a quelque peu dirigé ma composition, en mettant en évidence l’immensité horizontale  de ces paysages.

L’horizontalité se déroule au Ciel comme sur Terre. C’est le concept fondamental expliquant la Mongolie et la personne divine de Gengis Khan.

Dans ma composition, cet empereur océanique  est représenté au milieu du ciel (plus ou moins estompé avec les nuages) parmi la diversité des phénomènes météorologiques.

 –  Ce sont les ciels très divers qui, en 5 mètres de longueur, vont se déployer sous nos yeux.  Le ciel Bleu noir, cédant la place à la luminosité bleu azur traversée par l’arc en ciel. (C’est le  mythe accompagnant Iris qui relie le ciel à la terre) .
Plus bas ce sont les défilés des cumulus très volumineux, suivis des nimbus sur un fond en dégradés jusqu’à la lumière blanche éclatante au bord des montagnes de 4000  mètres : repère de l’ aigle royal.
– Plus au centre de l’univers céleste la Lumière rayonne autour de Gengis Khan  (suggérant Dieu le père ou encore Zeus et son foudre éclatant).
– Plus loin à droite de ce ciel qui occupe la moitié de la toile  (soit 1 mètre 50 x 5 m) apparait une surface lumineuse  se dégageant d’une masse obscure dominant  la  capitale Oulan Bator.

Oulan Bator est une cité, une  capitale très riche et moderne mais aussi très polluée. La pollution provient de l’entassement des populations venues des steppes  surtout du chauffage. Les gens occupent une multitude de Yourtes, parfois dans une vie misérable qui génère une grande pollution. C’est un paysage urbain d’où s’élève ce gros nuage noir.
– Dans cette même partie à droite, le gros nuage noir déverse une pluie intense sur la ville.
– Toujours les variations de lumières, de contrastes et de phénomènes météorologiques très variés mettent en valeur l’immensité de ce territoire de l’Asie centrale, de la Grèce à la Chine. Ce grand couloir qui fut aussi la route de la Soie de Samarkand à Boukhara.

Enfin la moitié inférieure de la toile est consacrée à la terre et aux animaux qui peuvent se chiffrer à 25 millions de têtes de bétail. Il y a les  immenses troupeaux de chevaux sur tout le territoire. Les bovins se développent près d’Oulan Bator, la capitale. La France y envoie de nombreuses vaches Montbéliardes pour l’élevage. La population s’accroit beaucoup dans la  région d’Oulan Bator et il faut subvenir aux besoins.
Les moutons et les chameaux sont nombreux. Citons en particulier les chameaux au longs poils roux qui sont magnifiques.
Ce sont les Mongoles nomades (environ 800 000 ) qui s’occupent de ces troupeaux tout en conservant les traditions ancestrales.

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Projet dessiné pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

– Les Religions
En Asie centrale la 1ère religion est le Chamanisme, c’est à dire le BOO des peuples des  steppes. Face aux phénomènes de la nature les nomades croient en une Force suprême cachée. Le Ciel est le premier Dieu Unique d’où émergent d’autres divinités, les éléments  comme le feu, l’eau, la terre, l’air.
Matin et soir Gengis Khan au XIIIéme siècle priait vers le ciel.
Actuellement en Mongolie la tradition du chamanisme est très forte : La Notion essentielle est que chaque élément de la nature doit être respecté et vénéré. Le chaman travaille par divination et par Magie préventive pour soigner et chasser les mauvais esprits.

L’autre religion présente est le Bouddhisme (introduit au 15éme siècle ) qui partage le choix religieux du peuple avec le Chamanisme. Bouddhisme et Chamanisme n’étant pas incompatibles.
Puis, après les conquêtes, ce sera pour Gengis Khan, empereur, la reconstruction de tous les territoires. A Boukhara l’Islam s’impose. On reconnaîtra la richesse spectaculaire des mosquées, leur grande beauté. D’où dans mon tableau, la présence d’une mosquée dont  l’ornementation abstraite, monumentale, est très colorée.

Dans un article de Art Press Thibaut de Ruyter parle de l’Asie centrale de l’Ex Union Soviétique. En 2014 il y eut une Mission par le Goethe Institut en Ouzbekistan pour étudier les transformations en Art et dans d’autre pays : les changements opérés après la chute du communisme.

En 2016 on a organisé une exposition et des centres d’art en ont rapporté les images des présentations :
On a découvert  en économie comme en tous les domaines de la vie, que ces pays d’Asie centrale étaient à la recherche d’une identité d’expression artistique et d’une Histoire particulière ; contrairement à ce qui se passe parfois, en occident l’art actuel n’est  souvent fasciné que par  la « réussite » et l’argent , c’est à dire : par le diable d’argent.

On peut s’interroger sur les évolutions possibles, hors de directives uniques et globales.
Nous comprenons que tout ce que nous avons considéré comme union au XXéme, tout cela va laisser place à une autre recherche, celle de notre histoire de nos sources de nos libertés et de nos origines particulières à chaque pays.

Ce que précisément je cultive en art  (voir le site viapictura.com )
Pour un art plus lisible et inspirant, aidant à comprendre nos sources, qui ailleurs respectent celles d’autres pays ou cultures.
C’est pourquoi, en Asie centrale, chaque pays développera sa propre identité,  son histoire personnelle. Par exemple la Géorgie avec  son identité propre :
La Géorgie est une charmante destination touristique et la Gastronomie Géorgienne est la référence d’une identité culturelle, une valeur sûre conservant un trait d’union entre tous les pays.

Ces diverses approches et observations m’ont permis de voir, d’étudier une composition et surtout de m’inspirer à partir des paysages exceptionnels et aussi de la pensée de l’empereur céleste Gengis Khan qui a réuni des peuples en respectant leur culture et leur religion.

 R. Dumoux
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La Mésopotamie : Origine de notre Histoire

Image à la une : « La tour de Babel » vue dans l’atelier. Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit dans cet article d’évoquer la naissance de la civilisation, avec l’approche de la Mésopotamie.
( Précédemment on a pu s’intéresser aux origines mêmes de l’humain. En se consacrant aux lieux ou pays qui au delà des millénaires ont réussi à faire naitre à créer l’apparition de l’humanité, dépassant le monde animal.)

La Mésopotamie présente les premiers signes de la civilisation, signes qui vont prévaloir  dans les diverses civilisations de la planète, au cours des siècles.

• 1852  c’est la découverte de la Mésopotamie, avec le début des fouilles de  KHORSABAD. Il s’ensuit un grand engouement, et une science, en raison de l’importance majeure du patrimoine pour l’humanité. Importance accrue du fait  de la menace actuelle sur ce patrimoine.
L’Assyriologie  devient une discipline. Cette science s’intéresse à tout ce qui s’est passé dans ce pays avant la conquête d’Alexandre Le Grand en 331  avant J. C. Ce passé vertigineux a été étudié depuis 10 000 avant J.C.
Alors un territoire plus précis se distingue avec l’Irak actuel, le Koweit, une partie de la Syrie et de la Turquie. C’est une vaste plaine entre les deux fleuves venus du Nord : la Mésopotamie entre le Tigre et l’Euphrate. On distingue deux régions principales : l’Assyrie et la Babylonie dont l’influence s’étend  en Syrie à Suse.
Cette Mésopotamie  est plurielle mais a aussi une grande unité.

Cette région riche en agriculture et aussi pour l’élevage à cause du sol très fertile,  mais elle doit chercher  ailleurs d’autres ressources qui lui manquent  telles que le métal et la pierre.
Ainsi des échanges ont lieu avec d’autres pays  et s’ensuit un commerce important. Les artisanats sont très développés pour la métallurgie, la vannerie et les matières vitreuses. Pour toutes ces raisons, c’est une région traversée par des marchands et des mouvements de population.

• Les populations sont les Sumériens et les Akkadiens et d’autres groupes comme les Araméens, les Amorties, les Hurrites et les Kassites.
Les pluralités s’expriment  dans  les dialectes locaux. De grands roi conquérants unifient et pacifient les territoires : par exemple, Sargon Hammourabi Assurbanipal Nabuchodonosor.
Les différentes cultures sont unies par l’économie, par la religion, et l’écriture cunéiforme  est commune à tous. Elle permet le rayonnement de la culture de Mésopotamie.

La Mésopotamie, le Pays de l’argile.

Cette terre, l’argile, a été très importante pour le pays car elle a été le support principal de l’écriture, la première écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers l’an 3200 avant J.C. Ainsi va se conter l’histoire de la Mésopotamie dans les détails.
L’argile est le matériau de base pour l’écriture mais aussi pour l’architecture.

Depuis la préhistoire cette terre est omniprésente, et tellement qu’il est dit que l’homme a été  créé à partir d’argile par le Dieu Enki.
La céramique apparait vers 7 000 ans  av J.C .
L’argile est le matériau de base de la civilisation. des milliers de briques permettent de construire d’immenses villes, des ziggourat et des bâtiments énormes comme la tour de Babel. Et la Brique sert de pierre et le Bitume de mortier, de joint contre l’humidité. L’argile a ainsi permis la construction extraordinaire des jardins de Babylone.

Il n’y a pas de pierre en Babylonie, mais ce pays est riche en agriculture avec les Grains de Cérès, le blé. C’est un Eden de l’agriculture. La plaine est couverte de palmiers. Hérodote dit que l’on en tire des fruits et du vin. Pour ce faire, on a inventé l’irrigation avec des machines hydrauliques des réseaux de canaux. L’irrigation commence en 6 000 ans avant J.C. Le Tigre et l’Euphrate sont les seuls fleuves du Paradis terrestre. Pour cela il y eut aussi la force du Travail et l’inventivité des hommes.
Les fleuves sont la  voie de circulation naturelle pour les bateaux et le commerce. Ces fleuves sont dangereux et imprévisibles avec les crues ; (le récit du Déluge avec le dieu Enki fut imaginé et continué dans la Bible.)

Ce pays était exposé aux raids aux envahissements pour exterminer des peuples. Ainsi fut créé un récit mésopotamien à propos du Déluge, un récit magnifique : ce fut  l’épopée de GILGAMESH . Les faits sont décrits tels que on les lira plus tard dans la Bible.
Outre la savoir scientifique et le création des villes et de l’écriture, la Mésopotamie nous a donné des mythes et des récits magnifiques, d’un grande sagesse.

Cette culture a peu à peu disparu après la conquête grecque. Et il en résulta un grand rayonnement pour cette culture.
Aussi la Mésopotamie est vue comme le berceau de l’humanité et la première étape majeure dans l’histoire de l’humanité.
Actuellement cette force première est menacée par les destructions de sociétés barbares. Ce paysdemeure une civilisation antique de première importance pour notre civilisation, comme ancêtre de la culture de l’architecture et de la Bible.  A protéger d’urgence .


LES CITES, 4000 ans avant notre ère.
Les premières villes sont apparues entre le Tigre et l’Euphrate, avec les innovations techniques autour de l’agriculture, du commerce, des échanges et technologies scientifiques. Le fonctionnement repose sur l’invention de l’écriture, faisant avancer les sociétés au delà de l’oral. Avec en plus le décompte du temps selon le calendrier divisé en 12 mois et le savoir astronomique.

Toute l’histoire des ROIS et des empires se révèle avec précision avec l’histoire des VILLES importantes telles que :
Uruk, UR, NIPPUR, NINIVE, BABYLONE, ASSUR, MARDUK.

Un exemple : Babylone La perle de l’Orient ancien.
C’est la capitale d’empire avec Hammurabi au 17éme siécle. C’est une mégapole. Elle enflamme l’imagination par sa démesure et par sa ziggourat de 70 mètre de haut. Cette capitale présente une très grande voie d’échange avec la magnifiques porte d’Ishtar (reconstituée à Berlin). Les villes sont les piliers de la civilisation en Babylonie.

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Porte d’Ishtar. Musée du Pergame, Berlin

 

La description de la Mésopotamie est très complexe et importante, car elle présente pour la première fois, tous les fondements de la civilisation, de la culture, de la justice, de l’architecture et des matériaux comme de l’agriculture et des échanges et communications avec les autres pays.

Bien que les bases soient ainsi posées, il convient de compléter ensuite cette introduction à  la naissance de la Civilisation, par une étude plus complète et détaillée.
 

Le document de cet article est une toile de 5 mètres x 3 que j’ai réalisé a tempéra : la Tour de Babel. Cette toile est un élément de mon ensemble monumental peint composé de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune. Panorama  évoquant l’histoire de l’humanité depuis le Big Bang et traversant les siècles, jusqu’à nos jours pour se projeter dans le Futur avec la conquête de l’espace, les implants ou les robots, la génétique.

R. Dumoux
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Le XVIIIème siècle. LES FÊTES GALANTES. Watteau

Image à la une : Antoine Watteau, « L’amour paisible » – vers 1718

Il faut citer, regarder les peintres : Watteau, Fragonard, Boucher. Mais aussi Chardin, Greuze, Carl van Loo, de La Tour, Nattier, Prud’hon, Oudry.
La mort de Priam de Lancret,  Hubert Robert, le rococo avec Gabriel Lemonnier, Nattier, Panini,  Joseph Vernet, Gabriel de St Aubin, Subleiras, Zoffany dans sa galerie de sculptures et aussi de peintures. Il faut aussi visiter les Débuts de la Muséologie des Lumières. Comprendre l’origine du mot Musée : Mouseion créée à Alexandrie au IIIéme  siècle av. J.C.
Il faut visiter enfin, Zoffany « la tribune des Offices », Jean François de Troy, Nicolas de Largillière. Le néoclassicisme apparu avec Vien et aussi Fragonard.


Le XVIIIéme  est le théâtre de DIVERS MOUVEMENTS PICTURAUX :
Depuis  la continuité du classicisme de l’Académie il y eut divers courants qui ont évolué  au cours du siècle des Lumières :

C’est le moment des Fêtes Galantes qui vont couvrir tout le siècle avec diverses variantes. S’impose la peinture de Watteau, libéré de l’académie et se tournant vers des commandes privées avec son art de liberté, avec les scènes de parties de campagne, de repas champêtres dans un cadre de paysages bucoliques. 
– Et  puis à la suite il y eut le rococo qui intensifie les caractéristiques de la scène galante, parfois en exagérant jusqu’à l’outrance. Le sentiment de la nature s’est aussi fortement développé.
– Et apparait la peinture Néo classique avec le retour à l’antique de Pompéo Batoni et sa peinture  mythologique.
– A la fin du XVIIIéme siècle, après le rococo, apparait le néo classicisme. Ce sera Vien qui traite des thèmes semblables à Watteau, mais avec une approche statique : Par exemple avec son tableau « Couronnement de fleurs ». Fragonard aussi est passionné par l’obsession de l’antique liée à la légèreté de la Fête Galante et de la Comedia del Arte. Il peint ainsi des chefs d’œuvre comme « la Fête à St Cloud « 


La Fête galante est  capitale  dans l’art du XVIIIéme siècle. Watteau en est un créateur illustre.

            Un exemple : Le tableau de Watteau  » l’amour paisible » présente les caractéristiques, paysages et décors de la Fête Galante.
Le paysage du monde rural, des cultures et des très hautes montagnes est souvent présent, avec aussi de nombreuses traces de l’homme. Le cadre naturel est souvent le midi parfois aussi dans le Nord et les Flandres. Il y a une double inspiration méridionale et flamande. Cependant le paysage italianisant est très en harmonie et idéal pour la Fête galante.
D’autre part, le décor dans la fête galante est animé de Sculptures ou Fontaines comme dans un parc. C’est un cadre semi naturel.
La scène avec les 4 hommes et les 3 femmes et un chien sera axée sur la séduction : elle montre l’harmonie entre l’homme et la nature et donne un cadre idéal  pour des conquêtes et entretiens libérés de la ville et des conventions sociales.

           Tout est fait pour renforcer les liens entre l’homme avec la nature.
Ce cadre harmonieux est souvent animé de conversations omniprésentes ou par des musiciens. Mais il n’y a pas trop de récit. Que se passe t’ il dans ces tableaux? On ne sait trop?
Il y a une sorte d’insouciance et pas spécialement d’action. Le chien souvent au 1er plan témoigne de cette tranquillité.
On découvre peu d’action dans la fête galante : c’est un genre élégiaque et bucolique. Sa sensibilité est celle d’une Pastorale qui touche notre sensibilité.

La principale source picturale pour la Fête Galante, c’est la Pastorale Italienne : il y a un rapprochement avec la tradition du paysage de Titien et Giorgione comme par exemple la beauté du paysage du midi où se côtoient des gens à la mode, des musiciens, des femmes nues : l’ensemble préfigure les Fêtes galantes.
D’autre éléments de la Fête Galante sont empruntés aux scènes rurales, des peintres flamands et hollandais tels Tenniers et Wouverman : ce sont le fêtes de village, les kermesses, les orchestres : on visite le charme de la champagne.

Aux deux sources de Watteau, la Pastorale Italienne et les sources flamandes et hollandaises, s’ajoute un nouvel élément : le  monde du Théâtre. Les acteurs s’animent et deviennent des individus à part entière comme les personnages du tableau. Le tableau  en arrive ainsi à refléter les idéaux sociaux de l’époque et Watteau, il exprime un idéal social qui s’est diffusé en France à la fin du XVIIIéme siècle.


             La pratique de la Galanterie au XVIIIéme est une caractéristique  de civilisation (pas seulement dans le sens amoureux) qui contrôle les conflits sociaux, la culture, tout ce qui se rapporte au domaine social dans  ses divers aspects.
On cultive l’art de la conversation, très civilisateur. Il devient d’une grande importance et crucial dans l’art de Watteau. Les figures de Watteau sont très humaines et sociables : elles expriment divers sentiments tels que l’amour, le désir, l’ironie, la solitude, l’âme, toute la personnalité.

Avec Watteau, la Fête galante venue de modèles flamands et vénitiens s’est adaptée avec finesse à la société  française.


             L’Académie distinguait la peinture d’histoire des Talents particuliers. Et avec le portrait et le paysage, les talents particuliers n’avaient pas d’obligation précise ni de hiérarchie et donc pouvaient se développer aisément par rapport à la peinture d’histoire. Ainsi Watteau fut reçu à l’Académie comme peintre d’histoire à cause des aspects narratifs et historiques. Il y avait là une certaine liberté… celle des Fêtes Galantes. Termes retenus  aussi par l’Académie pour Nicolas Lancret et Jean Baptiste Pater, figures majeures de l’époque dans ces domaines.
L’époque eut de la peine à définir la Fête Galante comme Genre. Et l’Académie eut de la difficulté à parler de la scène galante car elle lui paraissait inclassable et présentait une ouverture d’esprit, une souplesse révolutionnaire échappant aux carcans de la théorie. Souplesse qui d’ailleurs caractérisait déjà si bien l’époque  de Watteau, cet  esprit d’ouverture, de grand air et de liberté.


Les Grands collectionneurs furent séduits par l’art de Watteau, par son contenu.
Ainsi parut le Recueil Julienne en 4 volumes  comme un ouvrage exhaustif sur cet artiste : 2 volumes étaient consacrés aux dessins innombrables de Watteau et en consacraient l’originalité.
Le monde de l’estampe et les épreuves de gravure se sont multipliées et ont ainsi constitué un inépuisable réservoir de motifs et de modèles d’inspiration, qui sera largement diffusé et a façonné les arts visuels  et décoratifs.
Tout cela grâce au Recueil Julienne du milieu du XVIIIéme (qui ensuite sera remplacé par un langage propre à Boucher).

Artistes et collectionneurs, à ce moment voient dans la Fête Galante le domaine de la définition et du développement de la Modernité artistique.

Il est nécessaire de citer quelques artistes majeurs de cette époque. Et en particulier  de comprendre les débuts de la Fête galante avec Antoine Watteau :
Pierre Antoine Quillard (et l’île de Cythère), Jean Baptiste Pater (Baigneuses à une fontaine dans un paysage ), Boucher (et la pêche Chinoise et les Chinoiseries), Nicolas Lancret  (les plaisirs du Bain et le Repas au retour de chasse) Fragonard.


Watteau et les débuts de la Fête Galante.
Au XVIIIéme siècle, la fête galante se situe dans la tradition de la Pastorale italienne mais aussi des scènes de la vie rurale flamande et hollandaise.
Watteau n’a jamais eu de formation précise en perspective, étude de nu ou de théorie de l’art. Il a copié les maîtres anciens et il s’est associé avec Claude Gillot et Claude Audran  grâce auxquels il découvre  les images du théâtre.
Aussi il va dessiner, représenter des scènes de conversation entre le théâtre et la vie, des conversations entre des acteurs et des gens qu’il connait. Il est aussi très influencé par les décors d’arabesques, comme un genre ornemental associant des éléments hétérogènes : des singeries, de la Mythologie antique aux chinoiseries, des scènes quotidiennes ou de genre mêlées à des allégories spirituelles. Il utilise aussi beaucoup des scènes villageoises dans le style de Téniers .

             Pour Watteau l’île de Cythère fut un tableau, une suite importante qui va aboutir au thème de la Fête Galante. Ce thème fut accepté comme genre historique et cet esprit imprègne les esprits, définissant la pensée du siècle.

On l’a dit la Fête galante revisite les Pastorales des paysages italiens et le genre flamand et hollandais. Aussi à l’époque on considérait Watteau comme le Téniers Français. Effectivement c’est à partir de Téniers qu’il découvert la peinture de Genre.
Watteau dessinait beaucoup : ses dessins pris isolément, il les intégrait directement dans ses compositions par ajouts successifs.. Ainsi Watteau a peu produit d’esquisses  préparatoires pour ses tableaux.
Le Succès de Watteau attire de nombreux artistes vers ce genre nouveau de la Fête galante.
Jean Baptiste Pater est le seul élève connu de Watteau. Il a suivi Watteau à la lettre mais ensuite il a ajouté des baigneuses à ses compositions pour obtenir un aspect plus sensuel dans la Fête Galante.

Nicolas Lancret atteint son sommet avec Watteau, comme inspiré par une appropriation de son style. Grâce à Lancret la Fête Galante devient une tradition majeure de l’innovation artistique  au XVIIIéme siècle.

Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild
Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild

R.Dumoux
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La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

©DUMOUX_ToilePictorama_Africa
« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Peinture et cuisine

Image à la Une : dans l’atelier de Raymond Dumoux

Sur le site viapictura.com figurent des prises de vue d’atelier ainsi que des préparations picturales.
En ce moment dans l’atelier des encollages et marouflages s’effectuent sur des panneaux de moyennes ou de petites dimensions, dans la perspective de tableaux a tempéra.

Également se poursuit l’ébauche colorée d’une autre toile de 5 mètres x 3m. Il faut préparer les pigments et le liant.

Pour ce soir nous avons prévu une omelette après le plat de légumes. Mais j’ai pris le plus grand nombre des œufs pour mon liant afin de broyer mes pigments pour l’ébauche a tempéra de ma toile. Cuisine et peinture, broyage, mixage, mastication se confondent.
D’ailleur Pontormo dans ses écrits (traductionn de Fabien Vallos éd .mix.) explique et commente son fonctionnement pictural et alimentaire.

Voici quelques citations de ses textes, extraites de son journal, c’est un aller – retour entre ce qui est mangé et ce qui est exprimé en dessin et peinture :
 » Mercredi soir chez moi un morceau de pain au romarin, des œufs, et j’ai fait l’épaule de cette figure » (croquis ) « Jeudi, j’ai fait le bras et j’ai mangé un peu de viande rôtie« .

Le peintre confond morceau de boucherie et morceau de peinture. « Samedi mon aide est venu avec toutes les couleurs broyées, les pinceaux et l’huile; le soir, j’ai soupé deux oeufs, des poires, un pot de vin, du raisin et du fromage« . Enfin : « Lundi j’ai fait la tête de cet enfant chevelu« .
On peut songer à Rembrandt ou Goya ou encore à Soutine et puis,…. au journal Cannibal de Dada.

R. Dumoux.

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