Repartir à zéro … en peinture.

Parenthèse dans ma suite d’articles à propos de mythologies, de héros et dieux antiques dans leurs combats : un propos sur la peinture et quelques réflexions sur un art fondamental mais tenu parfois à l’écart de la scène artistique actuelle.

« Repartir à zéro, comme si la peinture n’avait jamais existé »
Barnett Newmann

Le mérite du musée des Beaux Arts de Lyon est d’avoir présenté cet hiver (2008- 2009) une intéressante exposition consacrée à la période des années 1945- 1950, lorsqu’apparaît l’abstraction.

(On peut considérer ce moment comme une seconde naissance de l’abstraction après les années 1910 et Kandinsky)

Jusque là cette renaissance des années 50 avait été envisagée uniquement sous l’angle de la peinture américaine. C’est aux alentours de 1950 que triomphe l’école de New-York avec la figure de Pollock.

Ici dans cette exposition on observe cette période de façon plus objective car on a mis en relation les oeuvres produites par les américains avec celles produites par les français, allemands ou Espagnols.

L’exposition est organisée en 6 sections selon les termes suivants :
Témoigner, expérimenter, balbutier, tracer, remplir, vider.

1 Témoigner. Avec Fautrier sont présentés des dessins de Debré faisant référence aux corps de Dachau.

2 Expérimenter. 2 artistes allemands de 1941 à 1944, en contournant l’interdiction de peindre, travaillaient dans une usine de peinture et ont ainsi expérimenté des laques sur différents supports, mais dans le sens de l’abstraction.
Sont ainsi présentés les petits formats de Willy Baumesteir et de Franze Krause: c’est la découverte des 1ers dripping.

3 Balbutier. On constate que la civilisation actuelle est à l’origine de désastres et donc on se tourne vers des modèles primitifs. Cette section présente ainsi Constant, Asger Jorn ou des sculptures de Germaine Richier. Ce sont des oeuvres entre abstraction et figuration.

4 Tracer La notion d’automatisme se continue avec les abstraits comme Pollock. Tout cela met en échec ce qui est trop méthodique. Sont présentées des oeuvres deHartung, Wolls, Riopelle,ou Mathieu.

5 Remplir. Sont exposées des oeuvres de Rothko ou de Soulages : de grands goudrons sur verre.

6 Vider. Oeuvres de Fontana et Barnett Newman.

Cette exposition fait apparaître une forme de renaissance de la peinture, répondant à la question de B. Newman: « Repartir à zéro…. comme si la peinture n’avait jamais existé.. »

La formule de Newman semble pouvoir être reprise actuellement, à cause de la banalisation et en même temps de la désaffection de la peinture, parmi les arts plastiques.
La peinture considérée comme obsolète, semble sans rapport avec ce monde qui bouge sans cesse , qui va vite, parle très vite, s’agite, communique sans cesse.
La peinture semble arrêtée, arriérée, rétrograde, face à toutes ces activités qui se bousculent et innovent chaque jour, toujours plus précoces et dynamiques.
Et cependant les mêmes interrogations demeurent et peut-être plus encore actuellement sur la vie… le devenir de l’homme…… et, ce qui paraissait novateur commence à vieillir.

On se tourne vers des permanences et en peinture le regard va s’élargir, s’ouvrir.
Il sera possible de reconsidérer la peinture, sa nouveauté et d’accorder de l’intérêt à des oeuvres abstraites déjà connues mais aussi à des oeuvres figuratives dites narratives et usant de toutes les composantes du métier.

C’est à dire aussi repartir à zéro………

R. Dumoux
www.viapictura.com

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