Mon travail de dessin – Avril / Juillet 2018.

Image à la une : Mise en place du dessin d’une grande toile de 5 mètres. R. Dumoux ©viapictura.com

Comme j’ai pu l’écrire, chaque jour un travail graphique s’impose à moi. Chaque jour, au moins 2 à 3 pages dessinées sortent de l’ombre, prennent naissance et cela depuis plusieurs décennies.

Ce sont des desseins inspirés parfois de catalogues imposants de Rembrandt à Poussin ou Dürer ou encore des Fresques des temples de Lhassa au Tibet ou de Turquie comme  des églises romanes… Images et desseins inspirés aussi des revues d’art comme « l’Estampe », ou  des miniatures de Jean Fouquet et de Jean Bourdichon et de bien d’autres.

Enfin ce sont aussi des dessins imaginés librement évoquant un souvenir, un concept issu de ma pensée, de mes lectures ou bien simplement le souvenir d’œuvres vues et analysées, que ce  soit au musée d’Orsay ou au Louvre ou encore au centre Pompidou pour se terminer au palais de Tokyo avec le monde actuel ou au musée d’art moderne de la ville de Paris. Autant de lieux que j’ai bien souvent fréquenté (sur une durée d’environ 30 ans) en visitant de très nombreuses expositions ou rétrospectives à Paris. En témoignent mes feuilles de notes ou petits croquis, schémas de ces années là.
Et aussi ailleurs, ce furent des dessins inspirés  du geste puis d’une forme automatique qui se développe indéfiniment et par milliers.

Ce travail de dessin est une expression mais aussi une recherche et une étude d’œuvre pour une nouvelle création ou  une connaissance d’un moment particulier de mon histoire et de l’histoire proche des siècles passés ou bien visant le futur. Cette approche est comme une lecture qui permet de comprendre, de méditer à la pointe du crayon l’esprit qui en émane.
C’est aussi une compilation, peut on dire, où le monde se bouscule de l’antique à l’art l’actuel, artistique, scientifique ou cosmique.
Cette prolifération exprime la liberté de tout appréhender. C’est la conquête d’une liberté  sans  frontière qui va me permettre de créer selon une graphie particulière qui est le fil conducteur de ma pensée  comme un influx du cerveau, un enregistrement qui se met en mouvement, et trace, écrit ou danse.

Ainsi quelques exemples avec les titres  de mon travail actuel peuvent être cités :

Les grandes figures mythologiques de Jupiter à Hercule ou Orphée et le Panthéon complet  ou comme actuellement la mise en place d’une toile de 3 mètres à propos d’Orphée et les animaux accompagné cette fois-ci d’Eurydice.
L’inspiration biblique de Moïse à  Jésus.
Ou Bouddha ou encore les divinités et cultes des Ethnies et peuples d’Afrique ou d’Asie.
– Les cabinets de curiosité comme celui d’Aldrovandi.

L’inspiration des grands maîtres de Dürer,  Rembrandt à Piero della Francesca ou Titien.
– L’Inspiration des trésors des Manuscrits de Topkapi à l’Enluminure Médiévale en grand nombre qui sera étudiée et dessinée librement de façon assidue.

L’ensemble de cette accumulation dessinée de milliers de dessins interroge .. comme une vue Kaléidoscopique du monde. Cependant, derrière cette somme apparait nécessairement une communauté d’esprit entre  tous les éléments. Par exemple, il y aura un mouvement, un graphisme, une écriture proche et familière à chaque  page.

Pourquoi ce dessin se démultiplie t’il ?
D’abord c’est un besoin personnel de graphie quasi permanente.
Puis, de la simple copie, le dessin devient une recherche de composition originale. Il peut aussi être considéré comme pièce de collection dans un ensemble graphique et iconographique  sur le même thème.

Cette  somme de dessins est la base de l’ensemble de mon travail selon un choix personnel vécu : des gravures, eaux fortes, burin, panneaux  a tempéra, toiles de 150 cm x 250 et enfin un ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres x 3 : C’est un panorama historique de l’humanité depuis le Big Bang jusqu’à maintenant et se projetant dans l’espace, dans la robotique, les implants et le futur ou l’espace.

 Que dire de cet ensemble sinon qu’il n’est pas comme un navire échoué.
Ce ne sera pas cela mais comme un sauvetage de l’esprit, de la recherche, de l’intelligence et  de la générosité, de l’humanisme.

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A la suite de cela, on peut évoquer le  DESSIN à l’époque de Rembrandt avec l’importance majeure du dessin au XVIIéme siècle.
Les élèves de Rembrandt comme lui même devaient dessiner chaque jour. Le dessin était une matière générale enseignée aux enfants.
Dès l’âge de 12 ans, le jeune peintre Moses ( au 17éme siècle)  réalise des dessins à partir de la sculpture antique et de la Renaissance. Puis il fait des copies d’estampes de Dürer, Blomaert ou Carrache. Il peint des scènes narratives comme Moïse sauvé des eaux ou le Jugement de Salomon. Les dessins de toute la famille sont conservés par le père puis transmis aux descendants : cela montre l’importance du dessin au 17éme siècle, la compréhension et l’intelligence de cet Art et de sa Pensée, la Pensée de L’Art .

Dès l’antiquité, La devise d’APPEL était :
NULLA DIES SINE LINEA. 
Ce mot, rapporté par Pline l’ancien, était populaire en Hollande.
On encouragea à dessiner tous les jours : « Qu’aucune journée ne se termine sans avoir tracé un trait « . Appel incarne  cette maxime.

Citons un exemple d’un grand processus créateur à partir du Dessin :
Il eut lieu en Hollande au XVIIéme siècle à l’époque de Rembrandt. Il fallait maitriser la pratique du dessin.  Van Mander décrit ainsi les préparations du dessin pour créer une peinture.
On était déjà rompu au dessin depuis l’enfance car le dessin dès les premiers âges était enseigné dans les programmes scolaires.
Van Mander, théoricien de l’art a décrit ainsi comment on s’attache aux dessins sous-jacents  qui sont tracés directement sur le tableau ou la toile ; et guidant  l’artiste dans la réalisation de la peinture. Certains artistes ont réalisé leur dessin directement sur la toile ou le panneau et ensuite les ont couvert de couches transparentes en superposant les couleurs.

 Plusieurs étapes se succèdent ainsi :

– 1 Le tracé à partir du Dessin précis est l’étape cruciale pour la réalisation et la réussite du tableau. Il est du ressort exclusif du peintre.

– 2 La prééminence du dessin, reposait sur l’idée que sa pratique aiguisait le regard et qu’il  fixait dans la mémoire un objet d’étude.

– 3 Sa technique et pédagogie : dessiner les membres du corps un à un puis comment les combiner, d’abord pour un enfant puis pour un adulte et enfin assembler 3 ou 4 personnes pour réaliser une composition, un ensemble de figures.

Il y eut à cette époque une grande quantité de dessins et de carnets qui ont disparu, ce qui parfois nous prive  d’information sur les techniques et les sujets ;
Une autre fonction du dessin au 17éme en Hollande  était de cataloguer ses dessins dans un livre, un Carnet de modèles.
Un Artiste à l’époque de Rembrandt se devait de posséder et de publier un livre d’estampes représentant des statues, pour offrir à l’Art des fondements universels et classiques, antiques et réels.

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btyMes collections de dessins par milliers sur des années se rapportent à ce travail de compilation des anciens maîtres et en soi constituent une richesse de références mythologiques, bibliques, historiques et aussi par rapport à l’actualité des sciences, de la robotique, à la conquête de l’espace ou de la biotechnologie ou à la biodiversité.
(Se joint à cette compilation  de dessins, mes collections de gravures  depuis les années 75-80.
Exemple sur le site viapictura.com : Diaporama de 40 gravures de l’ensemble monumental peint.

Autres fonctions du dessin :

Dans les siècles passés le but du dessin étaient de parvenir à proposer des modèles pour la sculpture, le vitrail ou la tapisserie et aussi divers modèles pour les artisans. C’est un exemple de la prééminence du dessin qu’il est essentiel de maîtriser pour réaliser des compositions en peinture et des cartons pour les métiers d’art.
Il y eut aussi les dessins de cartouches, les cartes topographiques, les atlas, et les frontispices. Divers artistes ont produit des cartes du Monde. Par exemple Berchem et ses allégories des éléments naturels au 17éme siècle.
Ce sera aussi  la production dessinée, gravée pour être diffusée, des arts appliqués avec des modèles de cartouches, de vaisselles comme un projet de salière de Wetwael. D’autres  artistes ont travaillé ainsi des modèles d’orfèvrerie  maniériste à Utrecht.
Enfin les architectes ont dessiné des projets très aboutis pour des églises, hôtels de ville, pour un yacht royal comme pour la plupart des projets d’ustensiles usuels.

En dernier lieu il apparait  que le Dessin fut la porte ouverte à la production d’un grand art :
la Gravure qui sera développée brillamment
et diffusera à l’aide de ses multiples textes et  estampes, l’histoire, la vie, les grands chefs d’œuvre de tous les temps de la peinture, de la sculpture à l’architecture.
Les xylographies, les burins et eaux fortes sont produites comme œuvres indépendantes ou comme illustrations de livres ou encore pour diffuser  la grandeur d’un pays ou d’une nation ou d’un Roi.
Au 16éme siècle, Cock publie Brueghel l’ancien, Floris et aussi des dessins de Stradanus, de De Vos très détaillés qui étaient ensuite gravés sur cuivre.
Également  les dessins de Vinckboons qui représente des ripailles de mendiants et pouilleux.

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L’ensemble de ce texte ci dessus peut paraitre désordonné  et disparate. Il est l’image d’une prolifération de l’Art du dessin, omniprésent dans les diverses activités de l’Art et de la vie en société, mais aussi toujours présent partout en tout lieu  et à toutes les époques des  civilisations.
C’est tout cela d’ailleurs qui détermine l’importance majeure du dessin.

Ainsi, le corpus de mes dessins devient peu à peu une somme immense et comme un cosmos ou un océan infini qui sera la source de toutes mes réflexions et de toutes mes compositions.

N.B. Chacun de mes dessins est suffisamment travaillé et sur la marge ou bien en haut ou bas, chaque page souvent contient  des annotations, un texte. Ces annotations expliquent au lecteur l’origine de la composition ainsi que la description du  contenu graphique, légendaire ou symbolique. Ce commentaire permet au lecteur grâce à Google d’entrer dans le détail complet du dessin présenté.
L’ensemble des centaines de dessins ainsi commentés devient un répertoire impressionnant et d’un grande richesse pour composer… écrire ou peindre et humblement je dirais qu’il me rappelle l’utilisation par les maîtres anciens de la Légende dorée de Jacques de Voragine.

 R.Dumoux
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Panneau dessiné – R. Dumoux ©viapictura.com
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La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
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L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com

La Russie au cours des siècles

Image à la une : éléments et premières recherches pour la composition d’une toile de 5 mètres x 3 sur la Russie

EKPHRASIS ou description verbale d’une toile monumentale à propos de la RUSSIE au cours des siècles. Projet de 5 mètres x 3

Avant toute réalisation, j’effectue dans cet article une sorte d’inventaire descriptif de toutes les composantes d’une toile que j’envisage depuis des mois déjà à propos de La Russie,  depuis la Russie des tsars à l’Union Soviétique et à sa fin pour un renouveau plus orthodoxe en relation avec le centre culturel et spirituel orthodoxe inauguré récemment à Paris.
Ma conception première est d’envisager une composition horizontale  en deux bandes superposées.

– La partie inférieure de la toile étant consacrée au communisme  de l’union soviétique avec tous les problèmes d’organisation et de politique.
– Et puis la partie plus aérienne, on peut dire spirituelle, moins matérialiste, étant plutôt rattachée à  l’histoire de la Sainte Russie et à des renaissances éventuelles qui se font jour.

– Bien sûr des passages font que ces deux bandes ne sont pas étanches et permettent entre elles des passerelles importantes.

Le drapeau rouge (avec le marteau et la faucille en jaune (ainsi que l’étoile symbole de l’Armé Rouge des républiques socialistes soviétiques triomphe sur la bande du bas de la toile.
Opposé sur la bande supérieure flotte le drapeau  Tricolore  Blanc  Bleu Rouge de retour le 22 aout 2016 , (ce drapeau tricolore  date du Tsar  Alexis  (1745) et il est de retour à l’occasion de la Fête du Drapeau  en Russie).

Ces deux grands symboles laissent  la place au déroulement des divers évènements qui ont ponctué  les grands moments de l’histoire russe.

– Dans  la bande en bas de la composition apparaissent les portraits  de Marx  Lénine et Staline ; ou la statue de Lénine au Kremlin  bien évidente.

Diverses manifestations populaires ou simplement connues du communisme seront évoquées. Le Marxisme définit l’homme par le travail. L’Homme est un animal qui produit. Il y a aussi l’autorité, les camps avec Staline , les camps de travail et  aussi de redressement. De même les grands travaux du peuple seront décrits et aussi des images du Goulag. Parfois la mort sera présente, en particulier avec l’évocation de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille.

– Dans la Bande supérieure, seront développées des figures de l’histoire de la Sainte Russie et du monde Orthodoxe.
Le paysage caractéristique  de l’architecture Russe sera évident et imposant : par exemple la cathédrale de Pokrovsk sur la place Rouge, le chef d’oeuvre de l’architecture nationale Russe, temple de Saint Basile.
Ou encore le clocher d’Ivan le Grand, partie centrale de la composition architecturale  de la place du Kremlin. l’architecture nationale Russe.

– Un choix d’églises bien caractéristique de la Sainte Russie pourra être présenté. D’ailleurs des éléments de fresques  et de décors d’iconostases ou de Déisis  retrouveront cette couleur transparente et lumineuse d’esprit et de foi des peintres d’icônes et en particulier de Roublev.

– Des passages, des passerelles existent entre les deux bandes de ma composition. J’évoquerai en particulier  la conquête de l’espace. La figure de Youri Gagarine (1er cosmonaute du monde ) parmi un  éventail de  satellites et de constructions spatiales.  Avec par exemple une vue du pavillon Cosmos, la route du Cosmos.
Il me reste maintenant à dessiner  et surtout  à assembler, à composer dans la toile ces éléments divers  .

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"La Russie" - Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 - Tempera sur panneau - R. Dumoux - 2017 - ©viapictura.com
« La Russie » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – Tempera sur panneau – R. Dumoux – 2017 – ©viapictura.com

les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

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Toiles de l’été 2014

Image à la une : vue de l’atelier de Raymond Dumoux

Durant les deux mois d’été Juillet Aout principalement, un certain nombre de compositions de dimensions 150 x 200 ou 230 cm ont été réalisées sur de belles toiles de lin. Ces toiles furent préparées à l’aide d’encollages et de préparations successives. Elles sont travaillées a tempéra à l’œuf selon les procédés les plus précis du métier. Je me souviens avoir étudié de près les préparations et les recettes picturales par exemple de Mantegna et cela m’a beaucoup impressionné et apporté.

Ce bref article entend seulement montrer la continuité de mon travail pendant ces mois d’été … (avant d’entreprendre d’autres aspects de mon travail.)

Sans faire une énumération je donnerai simplement ici à titre indicatif, les titres des œuvres réalisées. Inspirées de mes lectures et notes quotidiennes ainsi que de mes dessins, elles font référence aux sources historiques ou sacrées de tout pays. Ces toiles sont inspirées directement de mes collections de dessins : elles traduisent mes préoccupations et mes pensées relatives notre époque, à ses manques.

Les toiles réalisées :

Le Poète Hésiode et sa Muse – Printemps Eté – Automne Hiver – Crucifixion – Élévation Création Sublimation – Le Roman de la Rose : Le dieu amour protecteur – Le Roman de La Rose : la Carole –
Le Taureau Farnèse – La Sublimation alchimique : la Pêche – Le Père, le Fils, l’Esprit (avec ornements de fleurs, rameaux, entrelacs, oiseaux) L’Enfer de St Augustin – Pan et Syrinx -Loth et ses filles, Sodome et Gomorrhe.

Toute cette inspiration est de l’ordre historique, gréco-latine, médiévale, se référant à nos sources, mais aussi de l’ordre du Sacré sous diverses formes et latitudes et pour lequel il y a maintenant une attente.

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dumoux-toile2014« inspiration du roman de la rose, la nature, la bienveillance »- Tempera sur toile 200 cm x 150 cm
R. Dumoux – 2014 ©viapictura.com

Travail de l’automne 2013

Outre mon exposition à Paris au centre culturel Arras j’ai préparé, comme souvent en cette saison, un certain nombre de panneaux a tempéra de diverses dimensions.
Se sont succédé : la préparation des supports, des toiles marouflées, les préparations à l’antique (colle de peau et plâtre), le ponçage après chaque couche successive de préparations.

J’ai ensuite effectué les mises en place de 4 compositions (dimensions : 100 x 70 cm). Travail au fusain repris au crayon dur 4 ou 6 h.
Cet ensemble de 4 grands panneaux se rapporte aux couleurs. aux 4 couleurs primaires ! D’ordinaire on enseigne aux enfants le cercle chromatique composé de 3 couleurs primaires et 3 couleurs secondaires… selon la théorie de Goethe et du 18éme siècle. Cependant on constate que dans la réalité 4 couleurs sont souvent utilisées comme étant les 4 couleurs primaires, considérées par la majorité des personnes comme étant les 4 premières couleurs : rouge, bleu, jaune, vert… Le vert étant maintenant vu comme couleur primaire.
Ce décompte des couleurs semble relatif. (On distingue 7 couleurs pour l’arc en ciel). Cette notion de couleurs primaires semble variable. On pourrait parler du nombre des couleurs dans la technologie pixellisée ou dans le choix de 3 couleurs principales chez les Kanaks : le bleu, le Rouge, le Vert représentant respectivement, la Mer, le Sang, la Terre.

Pour la recherche et le choix de mes compositions je m’en suis donc remis aux 4 couleurs primaires communes actuellement, afin d’envisager une composition pour chaque couleur.

1- Panneau Rouge : recherche d’une composition historiée suggérant le feu et le sang. Il s’agit alors d’assembler diverses compositions historiées. La danse du Feu s’impose au centre da la composition. De part et d’autre figure la notion de sacrifice, le sang qui coule, le sang du crucifié, du martyr, puis le sang de la terre qui produit la vigne et le vin. Elévation, purification. La naissance de l’enfant d’une grenade ouverte. Figurent aussi le feu du Ciel, le foudre de Zeus, le buisson ardent et aussi le feu de l’Enfer. Cet assemblage sera traité dans une gamme de rouges. Du rouge sombre, pourpre aux divers rouges orangés, au magenta, aux roses pâles jusqu’au blanc.

Dumoux_IMGP2665wR. Dumoux – 2014 – ©viapictura.com

2- Panneau Bleu : il représente le monde liquide ou de l’air, les océans etc. La composition se déroule dans l’espace marin et diverses figures allégoriques ou mythologiques s’articulent dans le mouvement de l’immensité des vagues . Et puis je fais appelle à la Mythologie et à l’histoire sainte. Ainsi Neptune et Amphitrite, les chevaux marins sont pris dans le flots. Et aussi Jonas s’échappe du gros poisson qui va l’engloutir. Dans la partie centrale sont figurées des nymphes, naïades ou encore les sirènes d’Ulysse.

Dumoux_IMGP2668wR. Dumoux – 2014 – ©viapictura.com

3- Panneau Jaune : C’est l’évocation de l’or, du soleil, de la richesse, de l’esprit, de la spiritualité. Cette inspiration sacrée se déroule dans des architectures ou objets en or. On pense aux retables sculptés en or à Venise avec la Pala d’Or, au Zeus d’Olympie ( qui mesurait 12 m de haut sur un socle de 2 m) aux Christ pantocrator monumentaux en Or ou encore les innombrables statues de Bouddha en Or. Sans omettre la statuaire Egyptienne, le trésor de Touthankamon. Plusieurs scènes témoignent de la présence de l’or dans la vie avec les pièces en or les lingots, les médailles, les bijoux et puis dans l’histoire de la mythologie, le masque d’Agamemnon, les pommes d’or du jardin des Hespérides comme les masques du musée de l’Or du Pérou à Lima. Une composition structurée par les verticales et le horizontales des architectures organise l’assemblage de ces diverses scènes.

Dumoux_IMGP2667wR. Dumoux – 2014 – ©viapictura.com

4- Panneau Vert : Le vert fait appel à l’idée de la Nature. C’est la couleur préférée des français, la couleur écologiste Le paysage de la plaine à la montagne présente une grande variété d’arbres, de plantes et de frondaisons. Les cultures dans les plaines constituent une mosaïque de gamme de verts. On remarque des divinités de la Nature, une sorte de Dieu Pan revêtu de feuillages, ou encore des déesses, Déméter , Cérès.

Dumoux_IMGP2662wR. Dumoux – 2014 – ©viapictura.com

L’ensemble de ces tableaux résulte d’une pensée, d’une idée à propos des couleurs, de la décomposition de la lumière et des couleurs de l’arc en ciel. Très naturellement à chacune d’elles se rapportent des histoires de notre fond culturel qui vit en chacun de nous comme une vague de fond que nous ne pouvons ignorer, et dont nous pouvons et devons parler ouvertement de façon lisible par tous. Ces histoires, ces inspirations se réfèrent souvent aux héros, aux dieux de l’antiquité, à leurs exploits mais aussi, aux figures bibliques .

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Travail Hiver 2012-2013

Image à la une : « Variété de portraits » – tempera sur panneau – 65 x 40 cm – 2012 – R. Dumoux © viapictura.com

 

Travail de l’hiver 2012- 2013
Ce travail de peinture pure se déroule sur environ 4 mois … Il est réalisé sur des panneaux marouflés de toile et recouverts de couches de préparations au plâtre et à la colle de peau, élément naturel à l’origine de toute la peinture occidentale  (depuis l’antique, l’enluminure carolingienne, les polyptyques jusqu’au 19 éme siècle)
(Au long de ce blog j’ai développé des articles complets relatifs aux procédés précis de ce métier)

Ainsi selon les saisons et en particulier avec l’hiver, il y a un retrait, une intériorisation qui me conduit à un travail plus méditatif et de dimensions plus restreintes que les grandes toiles de 5 mètres , certains panneaux n’excédant pas les 20 cm. Les 25 à 30 panneaux préparés et poncés, les mises en place sont effectuées au fusain puis dessinées avec précision à la pointe de métal ou à la mine de plomb 5 ou 6 H. S’en suit l‘ébauche colorée, l’imprimatura, avec des jus très liquides au blanc d’oeuf et vinaigre et enfin la réalisation proprement dite a tempéra. (saturation de la couleur par couches successives, contrastes, lumières, accents et rayons lumineux blancs ou dorés.)

Les compositions relèvent d’inspirations personnelles, autobiographiques, de souvenirs personnels et également de rapports à l’histoire, à la mythologie comme à l’art sacré ou à l’allégorie et au paysage symbolique. 

Certaines séries développent l’idée de collections, de curiosités.
La plupart de ces  compositions sont issues de mes catalogues de dessins.
(un article de ce blog a été mis en ligne à propos des mes dessins considérés comme une accumulation, un répertoire de toutes les données et figures possibles et en développement, constituant un Atlas Cosmique. -> lire l’article)

Cette pratique picturale est d’une réelle profondeur, elle est la Vérité. C’est à dire qu’elle fait référence au métier immémorial des anciens maitres du tableau, de la tavola et de sa préparation.
Ce métier est Vrai et constitué d’éléments naturels d’origine minérale ou végétale. De même les étapes successives de la réalisation sont bien définies et se déroulent selon un ordre naturel. On peut évoquer  les peintres miniaturistes, les scribes et copistes, le peintre a tempéra  jusqu’à la peinture à l’huile. Il y a cette progression d’un procédé très maigre sur le fond au plâtre et à la colle chaude, jusqu’à un liant plus gras  pour devenir huileux et enfin résineux.

Les artistes auxquels on pense sont Fra Angelico, Dürer, Piero della Francesca, Masaccio, Cimabue … et tous les primitifs nordiques.

On parle volontiers de la peinture actuelle et d’artistes qui se soucient de l’histoire de l’art ou du métier. Mais en regardant les oeuvres, il y a souvent une grande confusion et on ne parvient pas bien à saisir une vérité.

Les miniaturistes immenses et multiples de tous les continents et civilisations ne sont pas ou peu évoqués, pas plus que Giotto par exemple. Tout cela est étrange et peu convaincant car il y a un vide entre le discours tenu et les réalisations. Alors qu’en réalité tout est très simple si on consacre des années ou décennies à approfondir et à expérimenter toutes les « recettes » du métier…
Les années d’expérimentation sont les conditions impératives pour cela, de même que les encollages ou préparations à chaud de grandes toiles (la tela de Carpaccio) sont une besogne lente, laborieuse dont il n’est jamais question dans l’art actuel pas plus que des couches superposées et des transparences, source de Lumière …

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Détail d’un panneau préparé et dessiné, avant l’ébauche colorée – R. Dumoux © viapictura.com

Travail de l’année 2012

Image à la une :  « Africa » – tempera sur toile – 5 mètres x 3 mètres – Vue dans l’atelier – R. Dumoux – ©viapictura.com

Ma pratique du dessin est quasi quotidienne, permanente. Il est la source de mes gravures, de mes tableaux a tempéra, de mes toiles de 2 mètres comme de mes toiles de 5 mètres à tempéra.

– Le début d’année 2012 a vu la réalisation de panneaux a tempéra de dimensions variées. 16 x 24 cm – 24 x 32 cm- 50 x 32 cm – 64 x 50 cm.C’est une une série de 28 panneaux a tempéra

– Parallèlement j’ai  travaillé à la préparation (les encollages à chaud à la colle de peau) de toiles de 2 mètres ou de 5 mètres. Et début avril, a commencé la réalisation de grandes toiles de 5 mètres x 3.
Chaque année sont abordés des moments de l’histoire de l’humanité, dans cet ensemble monumental peint.

Pour cette année 2012, trois réalisations importantes:
– une scène historique : Clovis
– un paysage, un continent : l’Afrique (-> lire l’article 1 -> Lire l’article 2)
– un aspect de la science : l’Évolution (-> lire l’article 1 -> Lire l’article 2)
Ces 3 toiles panoramiques  de 5 m x 3 chacune, sont réalisées a tempéra.

– Durant les deux mois d’été juillet Aout est réalisé un ensemble important de toiles de 2 mètres également a tempéra.
L’inspiration en est mythologique, historique ou biblique. C’est un  développement à la suite de l’an passé (ainsi qu’une approche de la danse macabre).

– L’automne est maintenant une période de réflexion et de recherches nouvelles. Sur des panneaux préparés à l’aide  des encollages usuels je mets en place des compositions diverses. Les dimensions sont aussi variables (de 60 x 80 cm à 14 x 24 cm). L’ensemble des compositions est inspiré de mes collections de dessins récents. Dans plusieurs cas il y a un passage de l’antique au moderne, de la poésie mythologique aux mythes bibliques. Particulièrement j’ai mis en place une série de 4 panneaux (de 45 x 60 cm environ) de Bacchus à Jésus . Le blé, la vigne et le Vin sont les éléments qui tissent le lien entre le profane et le sacré. Ces 28 panneaux  seront finalement réalisés en 2013.

– En dernier lieu la fin d’année sera consacrée à la gravure. Ce sont des gravures en pointe sèche , des variations à partir de mes dessins et aussi à partir de toiles réalisées et en particulièrement pour les 3 grandes toiles de 5 mètres de cette année 2012.  (voir le diaporama sous le lien gravure www.viapictura.com) Ce sont alors des cuivres de plus grandes dimensions à partir desquels j’effectue des épreuves.

 D’autres activités sont également mises en oeuvre telles que la préparation de toiles aux encollages à la colle de peau, à chaud, y compris pour les grandes surfaces de 15 m2.
Ou encore vernissage des toiles sèches depuis 3 mois au moins : le « vernis  » est plutôt un mélange de jaune et blanc d’œuf à quantité égale, additionné d’une part de vinaigre. Cette opération est vraiment révélatrice des qualités du procédé a tempéra. On découvre ainsi le satiné de la couche picturale, ses transparences et sa lumière sont renforcées. On a l’impression de distinguer la trame de la toile, de la couture de la trame des fils bien visibles, comme si l’œuvre  était impalpable.
Je retrouve ainsi ce rêve de la peinture lorsque il y a des années  j’ai senti cette peinture immatérielle daans les grisailles de Mantegna ou lorsque j’ai découvert la couture bien  visible au beau milieu d’une toile célèbre de Velázquez. C’est cette immatérialité de la peinture que notre époque ne voit pas toujours et rejette. C’est un art qui appelle à la méditation, à la contemplation, à la dévotion comme des tableaux de piété… le rêve de la peinture… Loin de la copie élémentaire d’une réalité directe.
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Photos (©viapictura.com) :

Dumoux_IGP4211« Clovis » (détail) – tempera sur toile – 5 mètres x 3 mètres – Toile en cours de réalisation, vue dans l’atelier

Réalisations du Printemps 2011

Image à la une : Vue de l’atelier de Raymond Dumoux – Crédit photos © viapictura.com – 2011

 

Réalisations du Printemps 2011

Trois nouvelles grandes toiles de 5 mètres x 3, devant s’insérer dans le Pictorama, ont été réalisées.

1- Le Moyen Age

Une toile de 5 mètres a été présentée récemment dans une  église romane (Mont St Vincent, en Bourgogne) : il s’agissait du « Temps des cathédrales ». (-> voir ici : http://www.viapictura.com/pages/expo_Vitrail_2011.html )

Le second volet qui vient de s’achever se rapporte aux cotés sombres du monde médiéval : les guerres, incendies, famines, épidémies, le culte très présent de la mort et les danses macabres. La religion et un défilé de flagellants sont très présents au 1er plan.
Est aussi dépeint le mythe médiévale des trois vifs et des trois morts : trois jeunes chevaliers à cheval rencontrent sur leur chemin les 3 morts . Ils sont comme interrompus dans leur cheminement par une figure imposante et cadavérique : une interprétation du transi de Ligier Richier. Sans omettre la présence du diable, de ses maléfices .

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« Le Moyen-Age II » (détail) Tempera sur toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux
Crédit photos © viapictura.com

 

2- Autre toile actuellement en cours de finition :  » l’Inde »

C’est une vue de Bénarés avec en 1er plan un temple dont les marches plongent dans les eaux du Gange. Certains personnages descendent les ghats, marches du temple, vers l’eau, d’autres au contraire montent et cela permet alors un déploiement de couleur vives, des rouges, verts, jaunes et bleus des drapés et soieries, leurs broderies d’or. Ce tableau sur l’Inde est sous le signe de la couleur qui irise le ciel. Au centre de la composition se déroule une bataille de pigments. Elle se déroule dans la nature avec les  fameux arbres aux grosses fleurs rouges et bleues. La couleur est finalement le thème de cette toile. Également sur le Gange flottent des couronnes de fleurs multicolores.

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« L’Inde » (en cours de réalisation dans l’atelier) Tempera sur toile de 5 mètres x 3 – R. Dumoux
Crédit photos © viapictura.com

3- Enfin, une troisième toile de 5 mètres est achevée depuis peu : « La grande Vague. »

C’est un phénomène de la nature… qui menace et sépare. Ce tableau de 5 mètres x 3 est réalisé a tempéra, la toile ayant été  préparée selon les normes du métier.
La composition s’inspire de la vague d’Hokusaï. Dans le creux dramatique et sublime de cette vague s’échoue un navire qui est peut -être l’Astrolabe ou  la Boussole de La Pérouse échouée en 1785 lors d’une expédition dans les îles du Pacifique Sud, à Vanikoro. (A ce moment  la révolution faisait rage et Louis XVI se préparant à monter sur l’échafaud demanda des nouvelles de La Pérouse). Les mâts se brisent et les matelots sont précipités, engloutis. Cependant de part et d’autre de la toile deux rochers sont très menaçants et grimaçants : Charibde et  Scylla peut-être.
Sur chacun des rochers se profilent deux êtres abandonnés qui se cherchent, s’appellent par delà cette énorme masse d’eau. D’un commun accord ils aperçoivent dans le lointain une île sous un ciel plus ensoleillé.

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Enfin j’effectue maintenant une recherche  à propos du continent africain. Une évolution, une tentative vers le paysage peint? Une réflexion en direction du paysage peint tel qu’il fut considéré depuis des siècles jusqu’au 19ème siècle.
Intitulée « Africa », cette toile sera conçue depuis la vision du Kilimandjaro, le toit de l’Afrique. Pour l’instant il s’agit de dessiner, de faire une recherche de documents, de photos, de textes. Peu à peu une idée s’est imposée : c’est le Kilmandjaro qui domine considéré comme le toit de la composition. Ce grand trapèze horizontal au sommet de l’image permet alors d’assurer la construction comme une architecture dans laquelle vont s’étager les reliefs, les arbres ou les fleuves avec les animaux et les hommes et leur habitat.
On imagine que le peintre peut, avant de peindre, constituer une maquette en 3D et disposer dans cette espace composé de registres successifs les figures animales et humaines et mettre en scène leur action, leur histoire.
Une composition étant ainsi déterminée, la maquette sera précisée dans ses détails et mise en couleur, pour se réaliser en grande dimension en 2011-2012.

Dans ce panorama de 45 toiles de 5 mètres x 3, d’autres pensées viennent à naître : par exemple sur l’évolution, le monde animal, ou questionnent sur le problème de l’eau.

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Travail de l’automne 2010

Image à la une : Petits panneaux préparés. Automne 2010 – R. Dumoux © viapictura.com

 

– Il y eut tout d’abord la préparation en nombre de panneaux : il a fallu encoller, maroufler de la toile sur un support de bois, y apposer une préparation à base de colle de peau chaude et de plâtre. Après des recherches diverses dans mes collections de dessins, ce fut la mise en place au fusain d‘une trentaine de compositions.
Quels sont les thèmes abordés ? Souvent ils sont en prolongement des recherches de l’année précédente.

Selon des dimensions variables (de 65 x 90 à 24 x 32 cm) sont crées des variations allant de vues de cosmologies à des scènes mythologiques ou bien ce sont encore des évocations des 4 éléments sur des panneaux horizontaux de 140 x 30 cm. Scènes mythologiques alternent avec des scènes bibliques selon des formats verticaux. Enfin de nombreux petits panneaux figurent des figures de grotesques, des signes du zodiaque ou encore des animaux et oiseaux, en somme un ensemble de curiosités.
La mise en place des compositions étant assurée, il est alors nécessaire de travailler le dessin au crayon dur de façon à avoir une précision rigoureuse et un fini dans le détail.

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Petits panneaux préparés. Automne 2010 – R. Dumoux © viapictura.com

Ainsi sont préparés une trentaine de panneaux qui seront travaillés à la façon de miniatures au cours de l’hiver. Le travail sera réalisé a tempéra : tout d’abord une ébauche générale est apposée sur toute la surface du tableau de façon à définir les tonalités locales. Il s’agit d’une couleur très légère et diluée.
A la suite de cela la couleur locale sera nourrie de façon plus contrastée et avec saturation des couleurs pour terminer à l’aide de lumières, d’accents clairs, blanc dorés, rayons lumineux qui sont comme des  reflets célestes.

– Un autre travail réalisé au cours de l’automne : la préparation de plusieurs toiles de 5 mètres x 3m. ainsi que leurs maquettes, noir blanc, couleur, ébauche colorée.
Les projets sont à l’échelle 1/20ème
Les thèmes en sont :
1- Le moyen Age
2- La grande vague
3- L’Inde

On peut constater un élargissement du programme du Pictorama (40 toiles de 5 mètres x 3 m) : en effet il ne couvre plus seulement l’histoire mais se développe aussi dans l’espace selon les continents et  les manifestations naturelles.

Comme toujours il a fallu faire la préparation de la toile. Étalée au sol, la surface de 5 mètres x 3 est enduite de couches minces de colle de peau à chaud et de préparation à base de colle de peau et de blanc d’Espagne à chaud également. 3 à 4 passages légers sont nécessaires .
Pour chacun des thèmes évoqués l’agrandissement au carreau se fait à partir de la maquette sur la toile : mise en place des masses à la craie rouge , précision du dessin au fusain et reprise du trait au pinceau. Enfin à partir de la maquette colorée, est pratiquée l’ébauche colorée de la toile. C’est à dire que des jus liquides à base de pigments liés à l’œuf (jaune et blanc) mais très dilué au vinaigre, permettent une mise en place de toutes les couleurs locales.

La réalisation finale sera menée à son terme en 2011 au printemps. Ce sera un  travail considérable car il s’agit de la saturation des couleurs, des contrastes, des lumières et de la réalisation de tous les détails, des figures, portraits ou animaux , tissus drapés et de leur expression précise.
Mais j’aurai l’occasion de reparler en 2011 de chacune de ces toiles abouties.

R.Dumoux
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