"Les Damnés" Détail d'une toile a Tempera - R. Dumoux

LES APOCALYPSES. LES FINS DU MONDE.

Cavaliers de l'Apocalypse" (détail) - Tempera sur toile - R. Dumoux
Cavaliers de l’Apocalypse » (détail) – Tempera sur toile – R. Dumoux

Image à la Une : « Les Damnés » Détail d’une toile a Tempera – R. Dumoux

 

De l’antiquité à nos jours.

Cet article est inspiré de notes extraites d’un ouvrage de Jean Noël Lafargue. Dans cette recherche j’ai surtout travaillé à des dessins qui sont ensuite repris et fondus dans l’ensemble de mon travail et de sa réflexion.
Il s’agit de la grande fragilité de l’humanité depuis la Mésopotamie jusqu’à nous, Fukushima, ou la fonte de la calotte glaciaire qui en est une manifestation flagrante. Cette fragilité est caractéristique de notre sublime pensée depuis toujours.

Nous portons en nous une fascination de la fin du monde et les iconographies, les fictions du passé ou bien actuelles constituent un parcours passionnant y compris au cœur des religions. Parcours que je propose très régulièrement dans mon ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3. (www.viapictura.com). C’est une inquiétude quant au devenir de l’humanité.

Actuellement cette inquiétude n’est plus religieuse ou philosophique mais elle se base sur la catastrophe écologique ou nucléaire que l’on ne peut plus maitriser. On s’inquiète d’une grande vague qui peut être un tsunami, de la menace de catastrophe avec des tours de plus en plus hautes, de la disparition des abeilles dans les campagnes, de la décadence générale de la société et de la mort apparente de l’art ainsi que de la disparition de ce que nos ancêtres nous ont légué.

Ainsi on peut observer de très diverses représentations des fins du monde au cours des siècles et des civilisations. Cet article, ainsi que je l’ai suggéré propose une recherche à effectuer, des compositions peintes ou gravées significatives de cette question.

Je ne retiendrais que ce qui me parait essentiel par rapport à l’Apocalypse.
Ces divers textes ne sont pas pour moi une étude historique en soi mais une suite d’impressions qui vont m’aider à dessiner et me suggérer des compositions, m’inspirer des gravures, des toiles et finalement une œuvre monumentale sur ce thème de l’Apocalypse, permanent pour l’humanité.

Dessins dans l'atelier - R. Dumoux
Dessins dans l’atelier – R. Dumoux

Ainsi je me suis intéressé en particulier aux civilisations ci-dessous :

– En Égypte :
il s’agit d’une angoisse religieuse, eschatologique avec au centre le souci de la Vie et de la Mort. Le nombre impressionnant d’édifices religieux laisse penser que les égyptiens étaient animés d’une foi religieuse leur permettant d’expliquer les phénomènes du monde, les animaux, les astres, ou les végétaux. Ces phénomènes leur sont révélés par la puissance d’un dieu.
 Je ne ferai que citer quelques dieux des Égyptiens pour qui la vie et la mort sont au cœur de la religiosité.
Le soleil Ré est né du chaos initial, il est le créateur des dieux majeurs : Isis, Osiris, Shou (l’air), Geb (la terre), Nout (la voûte céleste). Ré chaque jour parcourt le ciel dans sa barque céleste. Et si le soleil ne se lève plus, le monde retourne au Néant, immensité liquide obscure ; alors cette fin du monde est une lutte contre le chaos, la lutte de la lumière sur les ténèbres.

L’Hindouisme et les âges du monde.
Il exprime la fascination pour les cycles sans fin de la réincarnation des âmes. Il faut se libérer de ce cycle sans fin. Le Bouddhisme va offrir aux hommes la voie du salut et atteint la Délivrance par le Nirvana.
La voie moyenne est celle de l’éveil, la voie de la méditation, celle de l’extinction de la soif d’existence.
Pour le bouddhisme, Bouddha est le personnage historique. Pour le Bouddhisme, les hommes vont oublier peu à peu l’ordre du cosmos et les derniers jours ce sera la fin du monde la disparition de l’ordre cosmique. Puis lorsque cette disparition est faite l’ordre cosmique ou ordre du monde reviendra avec l’incarnation du futur Bouddha.
On le comprend c’est une conception cyclique car avec le nouveau Bouddha, l’enseignement bouddhique est à nouveau enseigné, respecté.

  La spiritualité Chinoise
La conception de l’Univers est celle du tout ordonné, où le monde est en perpétuelle transformation de l’Ordre au Chaos. C’est le Yin et le Yang.
On ressent les forces cosmiques et les retours cycliques. Le monde cesse de finir pour toujours se renouveler et il n’y a pas de promesse de fin du monde.

– Les précolombiens, les Mayas.
Cette civilisation a bien annoncé une fin du monde, plusieurs même. Pour les Mayas l’histoire se découpe en cycles où alternent des mondes.
Chaque cycle voit la fin d’un monde et le début d’un nouveau.

Les mythes ne sont pas fondés sur le surnaturel ni sur des dieux mais sur les grandes forces de la nature. Ces forces sont bien sûr représentées par des esprits, des êtres hybrides, des monstres.
Les Mayas observaient dans ces forces une impertinence et par là ils cherchaient à avoir contrôle sur le temps et l’éternité. Le temps a une place capitale dans la culture maya  Et c’est par le Temps que l’homme comprend les forces cosmiques. Pour les Mayas il y a une trilogie incontournable : les Hommes, les Forces, le Temps. La combinaison de ces données liée à l’observation des cycles naturels et des phénomènes, permet  aux Mayas de prévoir et de prédire l’avenir. En effet ils comprennent la répétition des cycles, leur succession et ainsi ils peuvent envisager la succession des Dynasties et prédire l’avenir.

Les Grecs.
Notre occident est imprégné de la pensée grecque, laquelle est très proche des civilisations antiques. On constate en effet que Hésiode dans son poème « les travaux et les jours » est inspiré par les mythes Perses ou Mèdes. Hésiode a une conception cyclique de l’histoire humaine proche des mythes hindous avec les 4 âges du monde. Il distingue l’âge d’Or, puis l’âge d’argent, l’âge de Bronze et enfin, la race de Fer. Succession que j’ai eu l’occasion de développer dans une suite de tableaux a tempéra.

L’âge d’Or : l’homme vit parmi les dieux sous le règne de Chronos.
L’âge d’argent : l’homme découvre le travail, créé l’agriculture.
L’âge de Bronze : période guerrière et coupable, l’homme va à sa perte.
L’âge de Fer auquel nous appartenons : l’homme est soumis à la démesure au labeur, à la maladie et encore aux injustices, avec la perte des valeurs, des vertus.
 Selon Héraclite, l’Univers est sans cesse en mouvement. Né avec le feu il disparait par le feu. Et il y a une cyclicité du monde qui fait que le feu devient eau et réciproquement. C’est un principe divin, l’intelligence du dieu Logos, c’est l’éternel retour. Avec Hésiode et Héraclite la fin du monde n’est qu’un passage avant le Retour. Les Romains se sont inspiré de la pensée grecque et ont hérité de l’idée des âges et pensé que l’humanité vivait maintenant son déclin.

En Perse puis en Inde du Nord
le Zoroastrisme est la religion officielle jusqu’à l’islamisation du pays au VIIème siècle. Cette religion est la première manifestation du Monothéisme et aurait influencé le judaïsme, lorsque les Juifs furent libérés par Cyrus du joug de Nabuchodonosor à Jérusalem.

De nombreux textes du Zoroastrisme nous sont parvenus. Le zoroastrisme est dérivé du Mazdéisme. Le texte sacré est l’Avesta. Le Mazdéisme est dédié au dieu Mazda et reprise par Zarathoustra (ce nom fut hellénisé en Zoroastre.)
Des textes (les Gathas) disent  que Mazda est le dieu Suprême, qu’il est le créateur du monde, de l’ordre cosmique et des valeurs morales. Dans la religion de Zoroastre l’essentiel est la Morale de la Victoire du bien sur le Mal. Avec Zoroastre on refuse la maltraitance des bêtes comme des hommes et on rejette aussi le sacrifice des animaux. Pour ne pas souiller la terre on expose les cadavres aux sommets des « tours du silence » pour les charognards.
Le culte de Zoroastre donne une grande importance au conflit de ces deux esprits jumeaux : le Bien et le Mal. A la fin des temps on assiste à une régénération du monde et à la victoire définitive de la Lumière sur le bien et le mal.

– L’Apocalypse de Jean de Patmos
Il y a plusieurs Apocalypses de Jean. La plus connue évoque Jean exilé sur l’île de Patmos : il écrit aux églises d’Orient pour leur dire une Révélation : c’est un Ange du Christ qui révèle ce que sera la Fin des Temps.
Le texte de l’Apocalypse dévoile le passé, le présent et le futur avec des allégories et des symboles. On y lit la représentation allégorique de Dieu combattant le Mal. Et il y a des créatures effrayantes, démons, dragons, bêtes à 7 cornes, la grande prostituée, l’Antechrist, les cavaliers de l’Apocalypse, l’ange des catastrophes naturelles, les coups de trompettes et l’agneau. Ce sont des textes étranges à grand succès pour chercher dans ces récits fantastiques, des réponses sur la fin des Temps… Chaque invention d’une nouvelle arme peut annoncer un des fléaux du texte de St Jean : chars d’assaut, bombe atomique, bactériologique etc.

"La Tour de Babel" Tempera sur toile - 500 cm x 300 cm - R. Dumoux
« La Tour de Babel » Tempera sur toile – 500 cm x 300 cm – R. Dumoux

Pourquoi cette compilation sur les déluges et récits historiques ?
Elle permet de mettre un ordre, une chronologie mais aussi elle me sert à informer le lecteur. Dans l’ensemble, la plupart de ces faits sont transposés dans mes dessins et dans mes toiles ou panneaux a tempéra. Actuellement d’autres toiles de 5 mètres x 3 sont  envisagées sur ce thème des Apocalypses et fins du Monde.

Un long travail en vue sur des années.

Ces différentes manifestations, expressions de l’Apocalypse me permettent de dessiner, de composer, de créer en fonction aussi de ce que nous vivons, de l’actualité, de la fragilité et du sublime.
L’ensemble de mes panneaux a tempéra ou de mes toiles de 2 ou 3 mètres s’inspire de mes collections de dessins  continus sur des années jusqu’à maintenant 
Et je désire les communiquer à tous pour les mémoriser de façon claire et lisible, comme par le biais de mes réalisations artistiques à ce propos.

R. Dumoux
www.viapictura.com

"Résurrection" Tempera sur panneau de bois marouflé - R. Dumoux
« Résurrection » Tempera sur panneau de bois marouflé – R. Dumoux