La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
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L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
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Atelier de dessin (4)

Après la visite de l’atelier des grandes toiles, il est intéressant de proposer un périple dans mon « atelier de dessin. » Le dessin couvre  toutes les facettes  de mon travail :

la création mythologique, le rêve, le symbolisme ou l’allégorie…
Tout s’y développe depuis les années 70.

– Je conseille  au lecteur de se rapporter aux pages du site viapictura qui présentent des dessins anciens.
Les 1ers répertoriés en nombre datent des années 1962 1964.
Ils sont influencés par l’abstraction géométrique, tachiste ou par le surréalisme, de Hartung
, Tapiès , Soulages ou Mathieu. Néanmoins ils ont une présence particulière qui les apparente aussi aux décors de l’antiquité arabe ou gréco latine ou bien aux mosaïques et dessins paléochrétiens. (doura Europos).
Ces dessins par centaines déclinent inlassablement les rumeurs de la passion de l’art qui a accompagné l’humanité dans sa démarche au cours des siècles.

– Il m’est arrivé de systématiser la succession des dessins et d’instituer l’ensemble comme un mouvement plastique autour de la ligne courbe. Ainsi, de 1970 à 1980, j’ai réalisé de très nombreuses pages de courbes, cela pendant des mois.
Le lecteur peut voir quelques exemplaires de ces dessins sur le site viapictura : on y voit une multitude de volutes et spirales mais aussi des lignes parallèles suggérant des courbes de niveau, comme si ces lignes allaient recréer des reliefs disparus ou des formes de la vie qui renaît avec ses tendons et sa musculature.
Mais toujours il s’agit de lignes tendues, de dynamisme vital.

– Peu à  peu les courbes reconstruisent la figure, la représentation. Ces dessins, abstraits à l’origine, vont se conjuguer aux recherches historiques dessinées en relisant les textes ou bien dans l’étude des maîtres anciens.
On assistera alors à l’apparition d’un dessin figuratif primitiviste faisant songer aux calligraphies et enluminures médiévales ou aux fresques de St Savin (Vienne).
C’est la musique des lignes, des ondoyantes qui trament la vie et l’esprit.

R.Dumoux
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Mon atelier (3)

Cet article, complément de l’article 2, parle d’un autre travail essentiel : celui de mes panneaux a tempéra

J’ai essayé de faire comprendre, de saisir les impressions diverses qui apparaissent en visitant l’atelier des grands toiles, les vastes compositions, le dessin, les histoires, la narration et les transparences de la couleur, la superposition des couches de colle, de préparations d’usage antique qui constituent une réelle renaissance de la peinture, une réincarnation semblable à la vie frémissante  sous la peau d’un visage, de ses carnations.


Ces impressions de réincarnation de la vie, se confirment encore plus nettement en ce moment dans des oeuvres de plus petites dimensions.

Mon atelier, en raison du froid persistant s’est réfugié devant la fenêtre d’une chambre : un chevalet, quelques  palettes et le coin d’une  table où poser les pigments sont le matériel apparemment  pauvre dont je dispose.
C’est là que se passe la réalisation de nombreux tableaux a tempéra : ce sont des panneaux entoilés, marouflés à la colle et ayant reçu les préparations habituelles selon plusieurs couches. Sur ces préparations dessinées avec précision et ébauchées, les couches colorées vont se superposer en  voiles colorés.

Dumoux_0022Panneaux préparés dans l’atelier – R. Dumoux – ©viapictura.com

Ce sont des tableaux de méditation pourrait on dire parfois. Ils sont à la dimension de la main, du visage.

Finalement, en raison des dimensions plus petites, ils se réalisent un peu à la manière des enluminures. Le travail des fonds, des paysages puis le travail des personnages des costumes et parfois en dernier, les portraits. Par exemple le costume est peint en accentuant les contrastes  et se terminent à l’aide de filets colorés lumineux  ou blancs. Des raies lumineuses, celles qui viennent du ciel ou de l’esprit saint des tableaux des maîtres.
Souvent de minuscules hachures déterminent les ombres et les plans, dans le sens de la forme. Le sens de la forme au sens où Michel Ange l’entendait. Parfois ces hachures sont les traces sous-jacentes du trait  à la pointe du crayon.
Le travail des visages se trame également au petit pinceau et à l’aide de petites hachures ou touches colorées.

Ces tableaux en effet, se réalisent, ils grandissent : je leur apporte une impulsion mais ils progressent selon un ordre parallèle, par rapport à la nature.
Rien ne semble calculé ni ordonné et cependant tout suit le fil continu du naturel.

Dumoux_0018Panneau à tempera (détail) 2009 – R. Dumoux – ©viapictura.com

(On posera la question des représentations dites religieuses. Il me semble qu’un article serait nécessaire pour envisager cette réflexion importante.)

Ou bien, j’évoquerai plutôt la succession ininterrompue de mes dessins quotidiens… depuis… de nombreuses années.

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Visite de mon atelier (article 2)

Dans le premier article à propos de  mes ateliers est apparu surtout une description de la disposition des lieux,  des œuvres en place ou en cours, des objets et de l’ordonnancement. Encombrement certes mais combien intéressant et vivant.

Je pense maintenant évoquer ce qui se passe dans cet atelier, les couleurs et formes qui naissent ainsi que les rêves qui en émanent, les pensées comme les références à la réalité du monde.


On remarque les pots de pigments, les liants, l’œuf… mais ce qui est sensible surtout ce sont les surfaces colorées de ces grandes toiles suspendues accrochées dans l’espace. Ce sont des transparences des superpositions de couches colorées. Il en émane un rayonnement, une lumière intérieure, intrinsèque à la surface.


La couleur contient en elle une luminosité propre qui n’existe pas ailleurs. Cela est dû à la réverbération de la colle de peau dont la matière contient des cristaux qui réfléchissent la lumière. A ce phénomène s’ajoute la brillance discrète, satinée de la matière de l’œuf (jaune et blanc)

Toute la composition de ces toiles depuis la préparation à la colle de peau jusqu’à la peinture proprement dite se déroule selon un ordre naturel, Il s’agit d’une peinture biologique, presque écologique car tous les éléments issus de la nature se manifestent ici selon la loi de la nature.
Cette remarque importante justifie mon travail et sa réflexion profonde.

La démarche générale de ce travail est pure, sans concession. Les procédés d’encollage et de transparences des couleurs inspirés par exemple du 15éme siècle nordique ou d’Italie sont utilisés sans compromis.
Il n’y a pas de rapports avec des images issues de technologies.

Plus tard les œuvres créées peuvent être projetées sur écran ou utilisées en vidéos, agrandies ou reprises en illustration.


Autre point qui semble intéressant : les compositions complexes et puis le dessin, le trait.

Le trait, la ligne issue on le comprend de la gravure, de la pointe du stylet de diamant sur le cuivre. C’est une écriture qui exprime une présence .
Évidemment on évoquera la figuration, la narration, un rapport à l’art du passé, aux anciens maîtres, à Poussin, Vouet ou Michel Ange. Cela est d’autant plus vrai que mes compositions semblent se rapporter aux  grands mythes communs à l’humanité et à leur actualisation. C’est une réévaluation d’un humanisme et d’un respect dû aux hommes quelle que soit leur origine.
Telles sont les pensées qui peuvent apparaître ici ou là en parcourant cet atelier.


La couleur s’impose, sans doute.

A l’opposé de toutes les peintures mono-pigmentaires, ici ce sont des toiles multi-pigmentaires. A nouveau on se trouve devant un phénomène naturel et ce sont là une infinité de variations colorées en mouvement perpétuel.
C’est un peu comme le coloris des feuilles dans l’arbre avec le souffle du vent… et les impressions, superpositions colorées.

Dans un autre article je présenterai  d’autres vues d’atelier.. par exemple celles de mon atelier de gravures et  de dessin………..

R.Dumoux
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Visite d’atelier (1)

On connaît bien l’atelier étonnant de Francis Bacon (reconstitué à Londres)
Atelier de peintre ou reliefs, vestiges de happening ?

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On connaît aussi les tableaux du 15éme qui représentent un peintre dans son atelier. Passionnants car ils nous instruisent sur le métier du peintre ; comment il avait un aide qui broyait les couleurs. On y découvre d’autres tableaux en cours, les pinceaux, les pigments, les panneaux préparés et puis aussi des détails familiers ou des objets de la vie courante.
Enfin, avec les  nouvelles technologies on peut observer d’autres pratiques et l’atelier devient très conceptuel. C’est un bureau d’étude technico-commercial où sont installés sur un plan de travail, un ordinateur, une  imprimante, quelques papiers, etc… Éventuellement une petite maquette figure (peut-être l’œuvre qui sera réalisée)


Je décris ici mon atelier.

C’est un atelier de peintre. Comme dans celui de Francis Bacon, on voit un certain désordre et des entassements ici où là.
Cependant à l’examiner, on parvient à suivre ou à recomposer le travail qui s’y déroule.
En pénétrant cet atelier on est d’abord impressionné par les accumulations de dossier, de livres, de dessins ou documents photos, de brochures ou articles de journaux. Ce sont par endroits des compilations formant des assemblages curieux.

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Et puis on remarque des suites d’aquarelles (sorte de maquettes colorées pour des toiles en cours) toutes de même dimension.
Également en registres ce sont alors des petits tableaux tout de grisaille mais on discerne dans chacun d’eux des tracés très pointus, aigus, dessinés au crayon.
Ailleurs d’autres préparations sur panneaux de plus grande dimension, beaucoup plus grands parfois ont le même aspect.

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Ah il faut faire attention : au sol des pots, des couleurs (mais aussi sur une  table) comme s’ils avaient… débordé. Ici, toutes les couleurs s’étalent avec des collections de pinceaux, des bouchons de boîte en plastique, des poêles dont certaines pleines de couleur : ce sont des palettes. Et puis aussi des petits papiers ou dessins oubliés.
Sur des étagères d‘autres documents des photos de Jérôme Bosch à Grünewald , du « Jardin des Délices » à la « Crucifixion » ou à la Vénus d’Urbino de Tiziano Veccellio.

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De gros rouleaux de toiles paraissent comme les colonnes d’un temple. Certaines toiles roulées semblent peintes, d’autres blanches ou révèlent des tracés.
Certaines se déroulent et appellent le regard vers ces grandes surfaces suspendues  que l’on ne voit pas d’emblée car elles nous enveloppent. Ce sont des grandes toiles de 5 m, du sol au toit de l’atelier qui nous entourent, avec des figures comme nos doubles, nos ombres qui nous accompagnent.

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Derrière une  toile tendue, il y a les réserves dans l’obscurité : ce sont de grandes toiles de 5 mètres roulées, recouvertes. Elles sont visibles sur le site viapictura.com

Enfin, le visiteur découvre des stockages de rouleaux de toiles peintes et des panneaux historiés. Ou bien des panneaux entoilés blancs.. servant de socle à des livres ou documents et photos..
Et puis sur un chevalet un grand panneau vertical …
Des revues sont là au sol avec des couvertures consacrées à Soulages ou à Venise avec François Pinault.

La visite de cet atelier permet de comprendre la nature du travail.
Bien sûr il s’agit là d’un univers figuratif narratif, historique, dont la composition et les éléments sont dessinés précisément et réalisés selon les règles du métier de la peinture. Tout cela reposant sur l’édifice des cultures du monde et de l’humanisme. Une lumière est là, présente dans le reflet des toiles qui irradient de transparence et de lumièreintérieure. C’est du moins le sentiment fortement ressenti et exprimé, affirmé.

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En fait tout cela représente mon atelier. Mais j’occupe un autre grand atelier plus ouvert sur l’extérieur, surtout en été. Je citerai seulement pour l’hiver mon petit atelier en sous-sol et consacré à l’impression, à la gravure, autour de la presse à taille douce.
Tout cela est une invitation à la rencontre.

Fondamentalement  je m’adresse à chacun car ce travail peut parler un langage qui touche. Et en 1er lieu j’invite le lecteur à regarder mes dessins, leur écriture sur le site www.viapictura.com

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Travail de l’hiver 2008-2009, gravures et panneaux

Cette longue période hivernale sera consacrée à la gravure et à la réalisation de panneaux peints a tempéra.

1- GRAVURE

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  • L’ensemble des planches est réalisé avec le procédé de la pointe sèche, à l’aide de diverses pointes, acier ou diamant. Dans tous les cas il est nécessaire d’inciser fortement et de façon rageuse le cuivre ou bien de le caresser.

Le procédé de la pointe sèche sur cuivre exprime l’esprit du graveur, son écriture personnelle inimitable.
Une épreuve qui révèle l’artiste véritable.

  • Divers formats ont été produits : les plus grandes dimensions sont de 25 x 35 cm et le plus petites de 5 cm x 5,5 cm. Certaines intermédiaires mesurent 10 x 15 cm ou  12 x 16cm. Quelques unes de ces gravures sont réalisées sur des cuivres planés et polis spécialement pour la taille-douce.
  • Pour ce qui est du contenu de l’œuvre, il s’agit souvent de représentations figuratives.

Les grandes de 35 cm x 25 sont une interprétation de toiles du Pictorama : elles reprennent en tout point les éléments figurés des grandes toiles.
Ainsi dans la gravure sur la Pollution on retrouve un aspect de Tchernobyl, une décharge avec une carcasse d’avion ou l’évocation d’une catastrophe comme celle de l’Erika. On remarque également la figuration des animaux qui constituent un vivier renaissant de vie autour de cette zone polluée.

D’autres gravures reprennent les compositions de toile de 2 m 40 x 1 m 50 telles que « l’aube » ou « les cosmogonies célestes » ou encore « la mélancolie »

Enfin pour ce qui est des gravures de petites dimensions, il s’agit de représentations d’animaux, d’oiseaux, de figures anthropomorphes ou zoomorphes. Ou bien aussi de portraits de héros de la mythologie, par exemple de Zeus ou encore d’un Dieu Feuillu.

Toutes ces gravures sont très importantes en nombre et les épreuves obtenues à l’aide la presse à taille douce sont très variées.
Parfois elles sont tirées séparément et prennent l’allure de quelque pièce précieuse. D’autre fois elles sont assemblées sur la même planche : tels sont les assemblages de 4 planches d’oiseaux ou bien tel dieu sera accompagné  de figures cosmologiques, toujours en petite dimension.



2- LES PANNEAUX A TEMPERA

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Autre aspect du travail de l’hiver qui va se dérouler sur 3 mois environ : les tempéra sur panneau ou peinture à l’oeuf sur panneaux préparés.

  • Précédemment des panneaux de contreplaqué ou de bois ont été encollés, marouflés de toile et recouvert de couches d’enduit à la colle de peau…

selon le procédé des couches successives et transparentes…….. qui assurent son aspect si particulier à cette technique picturale qui ne permet pas d’à peu près .
Il faut pour cela visiter Mantegna ( actuellement au Louvre).

  • Auparavant, des compositions figuratives ont été dessinées, élaborées et reportées sur le panneau préparé, au fusain puis repris à la pointe dure ou à la pointe d’argent, parfois avec des lignes fortement gravées et incisées dans l’enduit.

Ensuite une ébauche colorée a été posée  à l’aide d’un jus  dilué au blanc d’œuf, de façon à mettre en place quelques dominantes colorées et  valeurs.

– Cette année les séries envisagées se rapportent à :

les âges de l’humanité, l’âge d’or, l’âge d’argent, et l’âge de fer.
(Dans un prochain article un commentaire plus précis sera mis en ligne, à propos des âges, relativement aussi à des textes sur la mythologie …)

les mois et saisons.

Maintenant le véritable travail d’exécution proprement dite est entamé:
Saturation des couleurs, renforcement des contrastes, des lumières, ajouts de détails expressifs et enfin raies de lumière blanche ou dorée sur les reliefs des objets et figures.

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Travail de l’été 2007 (juillet-aout)

Image à la Une : Raymond Dumoux dans son atelier – été 2007 – ©viapictura.com

Après la réalisation de 3 toiles de 5 mètres x 3 du Pictorama, comme à chaque saison, j’élabore une nouvelle suite de toiles a tempéra de 2 mètres, ou 2 m 50 x 1 m 50.

Le thème, le sujet ou la veine de pensée est puisé dans mes collections de dessins récents. Ils se rapportent à des compositions historiques , allégoriques, symboliques, bibliques ou bien sur les animaux, sur le rapport de l’homme à l’animal, la nature.


Telles sont mises en place actuellement les compositions suivantes :

La nature accompagnée de figures emblématiques représentant les éléments, eau, terre, air, feu.

L’allégorie de la nuit.

Œuvres mythologiques dans « Vénus sort de la grotte » ou encore « Vénus s’élevant au dessus des flots »  (Vénus naissant de l’écume des flots.)

– Une autre toile se réfère à un assemblage d’animaux domestiques ou exotiques, évoquant les animaux composites constitués d’une accumulation de formes animales.
Cette composition est inspirée des sculptures de Giambologna. Ce dernier était un sculpteur maniériste disciple de Michel Ange.

– Cette année plusieurs toiles sont consacrées à la danse et à la mise en évidence et en mouvement du corps dans la danse contemporaine. Les figures se trouvent insérées dans des constructions géométriques selon la verticale, l’horizontale et l’oblique.
Ce  sont des carrés, losanges ou bandes verticales qui ordonnancent la surface peinte..

– Une autre toile de 2 m 50 représente un cabinet de curiosité : un collectionneur entouré d’objets, instruments, poissons volants et animaux ou coraux étranges.

– Plusieurs toiles sont  d’inspiration biblique :

Ste Catherine embrasse le Christ en Croix (ou bien Ste Lutgarde)
Le Christ à la colonne.
Les cavaliers de l’Apocalypse. Rouge, Jauve-vert, Bleu, noir, sont les couleurs des 4 chevaux.

Cet article sera illustré de photos de dessins au fusain, à la craie ou d’ébauches colorées.

Les mises en place  sont ainsi effectuées sur des toiles préparées précédemment à la colle de peau et au blanc d’espagne.
Les diverses étapes de la réalisation se déroulent maintenant sur deux mois.
Les liants des pigments colorés sont : l’œuf , blanc seul ou blanc plus jaune ou enfin blanc plus jaune plus huile de lin. C’est le principe de l’émulsion qui assure au coloris richesse et transparence.

On progresse ainsi de l’ébauche colorée à l’exécution proprement dite, (a tempéra à l’œuf), jusqu’au rehaut de couches superposées et enfin au graphisme final venant soutenir ou accentuer tel mouvement, ligne ou couleur.
Les filets de blanc sont des raies de lumière qui concrétisent un rayonnement spirituel dans le tableau.

(Plusieurs toiles sont travaillées en même temps et il semble parfois que l’ aspect d’ébauche ou d’inachèvement soit arrêté parce que une limite est atteinte, une finitude est observée et un complément ou une continuation ne semble pas indispensable.)

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