La Pensée de l’art dans le blog viapictura

L’ART dans le BLOG VIAPICTURA.

Quelques artiste actuels :
Damien Hirst Jeff Koons. Soulages. Derain. Buren. Vasconcelos. Gloria Friedman. Lavier. Boltanski. Rothko. Mapplethorpe Garouste Bill Viola. Cy  Twonbly. Richter. Tapies. Morellet. Clemente. Penone. Sophie Calle. Basquiat. Cursky. Cindy Scherman. Sigmar Polke.. Serra. Don Judd. Kusama. Anish Kapoor. Kiefer. Boetti. Nam June Paik. Sol Lewitt. Eva Hesse. Kosuth, Bruce Nauman Mona Hatoum. De Kooning. Rachel Witheread. Pipilotti Rist. Fischli et Weiss. Les Peintres de Monochrome : Klein, Malevitch, Rodchenko, Soulages, Buren, Mosset, Toroni Parmentier. Gupta.
Tous aperçus ou vu dans des expositions, biennales ou rétrospectives de grands musées depuis les années 70- 75 jusqu’aux années 2000 et plus.

– Le lecteur assidu de mon blog viapictura a sans doute remarqué que beaucoup de mes notes et références se rapportent aux anciens maîtres, de l’Antiquité  à la Renaissance, aux grands artistes ou miniaturistes du Moyen-Age comme aux chefs d’œuvre de l’antiquité gréco-latine ou encore de  l’Assyrien ou de l’Égypte ; tout un passé jusqu’au  19ème siècle et à Rodin.
Je n’ai pas voulu être exhaustif ni orienter quiconque dans cette seule perspective. Je n’ai fait que citer les sources évidentes sur lesquelles je réfléchis et travaille souvent.
Et les mouvements du 20éme et du début du 21ème siècle demeurent pour moi d’une signification importante quant à l’évolution historique et mondiale de la société.

L’art contemporain actuel peut décevoir et paraitre matériel, manquant d’élévation, intellectuel , incompréhensible. Il n’est pas ce papillon aérien de ¨Psyché » qui virevolte au gré du vent pour nous insuffler une pensée, il a la pesanteur du Diable d’argent sous lequel peine le peuple et à l’aide duquel il écrase de son pied la grâce de la pensée libre et intelligente. Cependant je considère réellement les artistes dits contemporains qui sont en recherche et je vois leurs expositions.

– Je me réfère par exemple au collectif  ART & LANGUAGE (Voir sur le site du centre Pompidou) qui m’assure d’une certaine liberté d’esprit et dans lequel je me retrouve pour quelques uns de mes travaux.
D’ailleurs il semble que le blog Viapictura que je tiens, manifeste un certain nombre des caractéristiques des activités de Art & Language
Je citerai ici à titre d’exemple  quelques uns de mes travaux décrits dans les articles du Blog viapictura. Ils coïncident de près avec les propos de Art & Language.

Art & Language pose la question suivante : « Comment un texte sur l’art pourrait-il être considéré comme une création artistique ?

L’expérience de l’Ekphrasis  me semble t-il permet de répondre affirmativement.

Tel est l’exemple de Mantegna qui a réalisé un tableau : « la Calomnie d’Apelle » tableau ancien (disparu) selon la description de l’historien antique Lucien.

Le texte devient une véritable création : il décrit la composition, les figures, leurs habits, leur époque et leur activité.
« Et verbum factum est ». C’est une phrase biblique qui a été incarnée en art : le verbe, le mot s’est fait chair .

Les textes de Art & Language sont très divers :

– il y a des protocoles qui décrivent des installations ou accrochages d’œuvres existantes ou à réaliser.
– Souvent des textes et lectures à elles seules constituent l’exposition avec une présentation à l’image d’un tableau.
– Il y a des conversations (avec le spectateur parfois)
– On découvre aussi  des  descriptions en tout genre.
– Enfin on lit des textes de critiques d’art ou des emprunts à des artistes ou critiques (Malevitch, par exemple.)

Il est intéressant de comprendre ce qui distingue Art &Language de l’art Conceptuel ;
Depuis Avril 2016, le château de Montsoreau près de Saumur a réalisé une exposition du travail de la collection de Art & Language.
L’art conceptuel apparait comme un dérivé de Art & Language. L’art conceptuel paraissant plus limité et maintenant en fin de parcours, alors que Art & Language est complexe, historique et bien Vivant.

– Dans l’ensemble de mon travail il est permis d’envisager diverses tendances ou réalisations  qui s’apparentent de très près aux travaux de Art & Language.
Je citerai déjà le blog que je tiens depuis 10 ans qui est une compilation de textes historiques et de descriptions de mes travaux réalisés, de descriptions du métier de peindre. Et aussi des sources mythologiques historiques. Avec par exemple la description du mandala et de son rôle.

– Exemple : Les textes de mon Blog fonctionnent comme des Ekphrasis, c’est à dire  réalisant une description complète de chacune de mes toiles de 5 mètres. Texte permettant de la réaliser, sa composition, ses figures, les lieux, paysages et architectures.

Avec cet article je tiens à citer et à honorer les anciens maîtres de l’Art qui m’ont inspiré profondément et pour lesquels je devais essayer de montrer l’élévation par mon travail.

De même que Rubens (si je puis me permettre) a rendu un hommage à Léonard de Vinci  en faisant une copie magistrale de la Cène appelé aussi  » The Last  Super » ) J’ai moi même réalisé en 2017 une copie de la Cène, sous l’angle particulier du coloris avec ses couleurs translucides et superposées. A tempéra. (350 x 200 cm)

Quelques Maîtres anciens vénérés.
Véronèse. Rodin. Tiepolo. Rubens. Mantegna. Durer. Altdorfer. Rembrandt. Fra Angelico.  Carpaccio. Michel Ange. Titien. Le Greco. Velasquez, Jordaens. Grünwald. David. Goya. Praxitèle. Martin Schongauer. Brueghel. Hubert et Jean Van Eyck. Hokusai. Quentin Metsys. Pol de Limbourg. Jean Bourdichon. Jean Haincelin. Jean Fouquet. Phidias. Piranèse. Piero della Francesca… et les autres.. Beatus de Liébana. Duccio et la Maesta. Christine de Pisan…

R. Dumoux
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La sculpture actuelle

Image à la une : un lion en basalte néo-hitite du temple d’Aïn Dara en Syrie – 1300-700 avant J.C.

Égyptiens, Assyriens, le Bas relief d’un lion blessé à Ninive que j’ai eu l »occasion de copier en terre il y a des années, la porte d’Ishtar … Rodin,  Maillol etc ou Julio Gonzalès

Et récemment cette découverte des lions sculptés au Temple de Aïn Dara en Syrie (temple de 3 000 ans, détruit par les turcs fin janvier 2018)

Les chefs-d’œuvre de la sculpture demeurent ou renaissent.
J’ai beaucoup dessiné à partir de l’antique grecque, romaine ou d’Assyrie, de la sculpture de Rodin comme récemment à partir de ses dessins Noirs. De même en ce moment je dessine à partir de Maillol, comme avec les lions ou taureaux en céramiques colorées du Musée de Berlin avec les chefs-d’œuvre de Pergame.

Mon approche de la sculpture : l’Art des sculpteurs des lions en Syrie m’a fasciné par leur aspect très stylisé mais en même temps très naturels avec leurs proportions et aussi avec un dessin très appuyé, qui est gravé, incisé avec vigueur ..

J’ai alors pensé à la gravure en taille douce, du moins celle qui évite le flou vaporeux pour ne faire que du trait. Caractéristique puissante qui se retrouve dans l’Art de la Médaille  et des Camées (depuis Rome jusqu’ à nos jours). Art qui lui même va évoluer vers le Bas Relief  et s’affirmer jusqu’à la Ronde bosse.

Jusque là, j’ai participé à la sculpture du XXéme où domine l’art du collage (comme avec Dada ou  Schwitters), et de la soudure avec le fer soudé de Julio Gonzalès, César. Depuis Mark di Suvero ou Serra ou Stella puis avec Tingueli et les italiens ou autres anglo-saxons que l’on connait bien.

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« Sculpture assemblage » : iron and wood – 40 x 30 cm – Raymond Dumoux

Cependant cet art détruit, saccagé à coups de masse au Moyen-Orient depuis les Bouddhas de Bamian jusqu’à la Syrie où le temple, le Tétrapyle à Palmyre fut anéanti et cependant demeure vivant dans l’esprit.

Cet Art ne fait que constituer un Appel vers tous ces grands chefs-d’œuvre universels y compris en Afrique Noire (au Nigéria, la sculpture d’Ifé) où sont apparues ces admirables portraits sculptés en Ronde Bosse, si fameux depuis les Grecs, depuis Phidias et les frises du Parthénon, ou l’art  de Praxitèle.

Ayant réalisé dans ma recherche sur la sculpture des collages mais aussi des  assemblages parfois taillés de matériaux naturels ou artificiels, j’ai aussi approché de plus près la véritable sculpture ou encore le Modelage dans de petites statuettes en argile mais de petites tailles ; semblables à certains modelages de l’art Brut en argile ou mie de pain.

Peu à peu ces réflexions sur la sculpture m’ont conduit à considérer La Ronde Bosse chez Rodin ou chez Maillol. Ces deux œuvres étant nées d’une pratique prolifique du dessin.
Et suite à ces destructions guerrières des grands chefs-d’œuvre et par l’affaiblissement de la sculpture vers le spectaculaire mais sans le métier spécifique, j’ai été amené à reconsidérer cet Art de la sculpture dont on a presque oublié le nom.

Peut être une nouvelle orientation pour mon travail s’annonce, même de façon modeste ?

Après un long travail de dessin gravure et peinture y compris selon des dimensions monumentales ou bien aussi avec la pratique du métier dans des panneaux a tempéra (www.viapictura.com) la sculpture m’est déjà apparue avec une première réalisation cachée dans une caisse en bois : il s’agit d’une tête sculptée dans un bloc de ciment  granuleux, comme un masque ou un portrait funéraire couché où les traits du visage à peine esquissés sont comme la mémoire d’un proche disparu mais qui reste présent de façon intemporelle.
Cette tête m’a évoqué un instant le masque égyptien dans son sarcophage découvert au musée Guimet à Lyon. Il s’appelait Aménophis III.

NB
Il ne semble pas possible d’achever cet article sans évoquer en quelques lignes la présentation de la sculpture polychrome au musée d’Orsay.
Sont mis en évidence les liens qui existent entre la Couleur et la Sculpture au cours des siècles.
De l’Antiquité Gréco-Romaine au Moyen-Age, à la Renaissance, puis au XVIIéme siècle jusqu’au XIXéme siècle et XXéme.

R. Dumoux
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La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
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L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com

Alberola au Palais de Tokyo – PARIS

Image à la une : Béatrice Dumoux, peinture

Ce centre d’art contemporain, très important, a présenté récemment Jean Michel Alberola.

L’intitulé de cette exposition :  » l’Aventure des détails  » faisait référence à la littérature comme au cinéma de Godard et à l’île aux trésors de Stevenson.
La forme de l’exposition correspondait à un processus mental avec un élargissement de la conscience : par exemple j’écoute de la musique et en même temps, je peins, je dessine ou j’écris une citation quand la nuit tombe .
Il y a une concentration de phénomènes et alors on se demande comment capturer tout cela.
Alberola consacre une grande partie de son temps à la lecture. Et il se met en situation de penser le Présent. C’est ce qui explique le titre de l’exposition « Aventure des détails ».

Jean Michel Alberola est venu à Mâcon en Saône et Loire à l’école des Beaux Arts où il est intervenu.

Il est aussi venu dans mon appartement. En voyant mes toiles et panneaux a tempéra il m’a parlé de Chirico de Derain de la figuration. J’ai reçu de lui l’adresse du peintre anglais à Dublin Mac Kenna avec lequel j’ai correspondu.
Il connaissait bien ma fille Béatrice qui aimait beaucoup son discours et sa gentillesse. Béatrice était aux Beaux arts de Mâcon (France). Elle a été inspirée de la pensée d’Alberola et ainsi elle a réalisé un bon nombre de peintures de toiles très parlantes, expressives. Ces toiles sont visibles sur le site www.viapictura.com sous le lien galerie virtuelle Béatrice Dumoux

Cependant le train de Paris attendait. Il fallu partir pour prendre un TGV. Je le conduisis dans mon Opel Kadett jaune d’or comme le jaune de certaines de ses toiles ; un jour bien plus tard, je l’ai rencontré rue Beaubourg pas très loin de la porte de la galerie Templon où je me rendais . . .
Les jours ont passé avec d’autres ailleurs et puis je le revois maintenant dans ce Palais de Tokyo à Paris. Une aventure en effet.

Mes toiles ont poursuivi leur chemin … mais aussi les dessins par milliers : des détails du passé au présent puis au futur, ou encore à l’espace ou à l’union Homme- Robot. Mais aussi je me donne à des écrits, des accumulations d’images et de textes, de notes de lectures. Avec à la suite, la rédaction de blogs de l’Antique à l’Actuel, de l’histoire à la description de continents avec les tribus et leur culte des ancêtres. Avec les expéditions ethnographiques de Michel Leiris de Dakar à Djibouti se consacrant à l’observation de l’excision ou bien au culte des ancêtres ou au vaudou.
Alberola consacre beaucoup de temps à la lecture. Il tend à se situer dans un contexte général avec une somme d’éléments pour penser le présent et toutes ses données et informations. D’où le titre de l’exposition  » L’aventure des détails « . Grâce à la lecture, Alberola, cherche une sortie (qu’il ne trouvera pas ) Il ramasse ici ou là, des faits, après tout le monde, et ses écrits lui permettent d’être plus précis pour en tirer quelque chose de formel ; Ce qui intéresse Alberola c’est un journal d’écrivain, de fragments comme ceux de Kafka ; Il constitue un Syncrétisme de détails qui forment et composent un individu et déterminent une œuvre en cours.

Ainsi je me retrouve à écrire mes blog sur le Blog viapictura.com. Également à dessiner à partir de mes notes innombrables qui se bousculent comme les particules de l’univers dans les constellations, pour la rencontre de deux trous noirs qui vont recréer la vie et cette humanité éperdue qui devient une poussière d’Étoile dans l’espace cosmique.
En Témoigne cette grande toile de 5 mètres x 3 Intitulée  » Trou Noir « , sur le blog viapictura.

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« Trou noir » détail d’une toile a tempéra – 500 x 300 cm – R. Dumoux – ©viapictura.com

 

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Jean-Michel Alberola, palais de Tokyo du 19/02/2016 au 16/05/2016

DÉTRUIRE ?

Image à la une : photo prise le 14 mars 2014 du temple de Bêl dans l’antique cité de Palmyre. – JOSEPH EID / AFP

Après la disparition du Temple de Palmyre…

(Traduction et réflexions autour d’un article de Beaux arts magazine à propos du livre du Suisse Dario Gamboni , traduit en français 20 ans après sa parution en anglais)

Dans l’action de détruire, Gamboni distingue le vandalisme politique du pur vandalisme nihiliste.
La destruction de l’Art remonte à la querelle des images au sujet de la représentation de DIEU au VIIIème siècle. On revisite cette pensée et ces images des destructions de trésors peints, d’icônes, de retables d’or.
Gamboni évoque ensuite les destructions des arts indigènes en Amérique ou en Afrique.

La Révolution Française occupe une place importante : on vend les pierres de la Bastille. La rage des révolutionnaires, des sans culotte, s’attaque aux sculptures des œuvres et chefs d’œuvre des églises et châteaux. On détruit la capitale de la chrétienté, Cluny. A Notre-Dame de Paris on renverse à terre la galerie des rois.

Mais cette rage devient aussi créatrice car on va créer les musées pour protéger de cette rage des éléments de ces chefs d’œuvre. Le Paris de la Terreur va créer le Louvre et nos musées des préfectures dans tout le pays. L’abbé Grégoire fut l’instigateur.
(cf l’article du blog viapictura : Historique du Musée du 19 Décembre 2011)

Autres destructions de monuments ou d’œuvres d’art au cours de l’histoire :
Il y eut en 1871 l’écroulement de la colonne Vendôme par les communards.
En 1917 , les allemands bombardent la cathédrale de Reims.
Puis durant la guerre de 39-45, il y eut l’obsession de la table rase des Nazis jusqu’à l’exposition d’art dégénéré à Munich en 193 .

Les futuristes aussi en Italie se débarrassent du cancer des musées, des antiquaires, professeurs ou archéologues et du monde classique.
Puis les Communistes multiplient les statues déboulonnées, les sigles effacés, ou les villes débaptisées. Il semble que la Destruction est au cœur de la vie de l’art.

Parmi d’autres formes de destruction il y a :
le recouvrement des classiques en cours, les palimpsestes. En Art contemporain les anglais Chapman ont peint sur des gravures de Goya… D’autres ont gommé tel dessin et ainsi l’ont présenté comme nouvelle œuvre d’art .
Il y a également la critique et la moquerie qui dénoncent et détruisent les œuvres… Les détournements des surréalistes sont parlants. On se rappelle LHOOQ, la Joconde à moustache de Duchamp en 1919

Et encore la politique des musées pratique un iconoclasme majeur, car il choisit et évalue dans un sens précis et il élimine. C’est l’iconoclasme d’en haut.
Il y a aussi l’iconoclasme d’en bas, celui des sans pouvoir. C’est par exemple le cas de la Vénus au miroir de Velázquez qui fut tailladée par une femme contre la phallocratie en 1914.
Une théorie dit que les objets, les œuvres peuvent construire détruire, penser , interagir.
L’art inclut la destruction comme un de ses possibles.

Gamboni fait de la destruction de l’art l’aspect spectaculaire d’un processus plus large de disqualification de l’art. C’est une pulsion interne de l’art moderne et contemporain, une contradiction. Cet art ne fait qu’être en rupture et aller vers sa propre disparition, par dérision désespérée. Maintenant cette rupture est autre et se situe ailleurs.

Dictateurs, psychopathes sont des ennemis de l’art. Parmi les ennemis, il y a aussi les artistes (chaque artiste par moments dans les tréfonds de son âme)… plus ou moins volontairement.
Palmyre est l’actuel plus grand symbole de la Destruction de la culture occidentale Gréco latine.

L’œuvre d’Art est déjà le théâtre de sa destruction.

R. Dumoux
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L’Essence de l’Art. La grotte Chauvet

Image à la une : « Peintures des rhinoceros avec perspective » © grotte du pont d’arc

Cette grotte préhistorique et ses fresques fut découverte en 1994.
En pénétrant dans cette grotte obscure, les hommes s’éclairaient à l’aide de torches de pin sylvestre dont on a retrouvé des vestiges. Ils imaginaient plonger dans un autre monde, dans un monde surnaturel.

Ils vivaient également comme un retour dans la matrice de la Terre mère dans ses entrailles… comme dans un subconscient inoubliable et protecteur.
Et en ce lieu hors du monde ils imaginaient et établissaient un contact nouveau avec des esprits, des divinités.

Ainsi ils réalisèrent des œuvres peintes inspirées possédant un grand pouvoir Magique. Ce sont des prises de contact avec les divinités, avec les forces de la nature et en particulier avec le monde animal… en face duquel il faut vivre et survivre. Ces dessins, gravures et peintures sont comme des invocations, des protections, un appel ou une prière incantatoire.
C’est une définition de l’art.

On peut parler aussi de chamanisme car il s’agit d’une pensée fluide, c’est à dire que tout peut changer, se modifier : un homme peut prendre une autre entité, celle d’un animal par exemple.
D’autre part il peut se produire une mutation, un glissement, une perméabilité entre le monde réel et le monde surnaturel.

Ces deux mondes ne sont pas séparés mais s’interpénètrent.

Dans le grotte Chauvet comme dans d’autres lieux de la préhistoire, le statut de l’animal domine tout.
La présence de l’animal est mythique : il devient une divinité qu’il faut représenter pour le prier, l’invoquer, lui demander ses protections et ses bienfaits.

L’animal devient omniprésent dans les représentations. Il n’y pas de paysages (ou très rarement) et l’homme intervient comme acteur ou dans le sens de la procréation et de la protection de l’espèce humaine, avec les Vénus callipyges ou hottentotes.

Pour conclure on peut dire que les peintres préhistoriques sont de véritables artistes, au sens profond du terme. Ils observent et vivent la réalité qui les entoure : ils la représentent mais la transforment de façon mythique, incantatoire.

Ils assimilent et reproduisent les choses par la vision, par l’œil de l’esprit qui est l’Art et le sentiment artistique sacré.

Les hommes préhistoriques expriment un Art sacré, celui de leur religion.

Cette religion qui leur permet de se protéger, et les aide face aux adversités de la vie et de la Nature.
Ces artistes de la préhistoire sont l’expression du grand Art de tous les temps.

R. Dumoux
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-> Voir le site de la grotte Chauvet

Diderot et l’Art

Image à la une : « Diderot, les ateliers au XVIIIème siècle, Falconnet, Milon de Crotone » (détail) – Dessin R. Dumoux 2015 ©viapictura.com


Diderot et son aventure dans le monde de l’Art :

une belle évolution culturelle

 

Il s’y engage dans les années 1750 par trois entrées et mutations :
• la 1ére est l’aventure de l’Encyclopédie : il s’agit là de réévaluer les arts mécaniques face aux arts libéraux.
• la 2éme entrée est l’Aventure Théâtrale : cette expérience amène Diderot à faire une théorie du Tableau et de la Scène comme disposition. On pourrait parler de scénographie.
Cette 2éme mutation est marquée au début 1763 par le 2éme livre des planches de l’Encyclopédie : ce livre présente des planches de Dessin et de ce fait diffuse un canon artistique français. Il définit aussi une méthode d’acquisition de la culture artistique. Cela va produire une attention nouvelle de Diderot pour le domaine de l’Art avec les salons de 1783, 1765, 1767.
• le 3éme élément déterminant sera la proposition de Grimm de rédiger des correspondances littéraires : les comptes rendus des Salons.
Le salon de 1767 présente cette 3éme mutation avec les commentaires littéraires sur l’art. Par exemple Diderot ne sépare plus la technique de l’idéal et il reconnait une autonomie artistique du faire.
Pour le développement de cette pensée et au cours de cette approche de l’Art, Diderot est imprégné des exigences de Roger De Piles. Le principe de Roger de Piles : c’est l’expérience du face à face avec l’œuvre qui permet de penser l’activité de l’imagination. Les vrais tableaux pour Diderot étaient les tableaux imaginaires : le goût de l’art, la pensée de l’Art étant destinés à déterminer une physiologie de l’esprit.


Le XIIIéme siècle, c’est Le siècle des Lumières, l’Encyclopédie, Diderot, d’Alembert. Mais Diderot c’est aussi : le goût de l’Art.
C’est le titre d’un ouvrage remarquable, catalogue d’une exposition ayant eu Lieu à Lausanne en janvier 2014.
En 1759 Diderot, grâce à son ami Grimm doit rédiger les comptes rendus des expositions de l’Académie Royale de peinture et de sculpture. C’est un journal destiné à une clientèle internationale huppée pour inviter à la visite des salons d’art. Diderot fut critique et correspondant des rois en Europe : pour cela il était accompagné d’un ami, l’éditeur Naigeon ou de peintres comme Chardin ou Falconnet.
Diderot, après la visite des salons, rédige ses articles pour ses illustres abonnés afin qu’ ils soient informés des Foires internationales de l’Art contemporain qui étaient très prestigieuses en Europe. Et Pour cela Diderot va beaucoup progresser en élargissant considérablement sa culture. Dans la correspondance littéraire les comptes rendus d’expositions sont les plus riches. Et ils sont attrayants par leur liberté, leur naturel de proximité.

Diverses expositions à propos de l’œuvre de Diderot : En 1984 à Paris à l’Hôtel de la Monnaie il y eut une exposition : Diderot et l’Art, de Boucher à David. 150 œuvres furent sélectionnées pour montrer la grande diversité des Salons commentés par le philosophe Diderot de 1759 à 1781. Il y eut un catalogue qui donna l’ampleur de la Connaissance de Diderot de l’art en France pour la 2nde moitié du XIIIéme siècle.

L’année 2013 fut le tricentenaire de Diderot, on a fait le point de tout ce que l’on sait de Diderot par rapport à l’Art. Plusieurs expositions ou musées ont ainsi permis de découvrir le grandes œuvres peintes ou sculptées en Europe au siècle de Lumières. Il y eut les expos de Tours et de Toulouse en 2000. Il y eut des études scientifiques. Des monographies : au Louvre, avec l’Antiquité Rêvée, une exposition marquante d’une grande richesse, qui m’a permis de beaucoup dessiner. Également Montpellier au Musée Fabre constitue un grand mouvement muséal en 2013 pour démontrer le phénomène des Salons de Diderot.

L’exposition de Montpellier présentait 3 séquences thématiques :
– Le pari de la Vérité : présente l’opposition entre Boucher et Greuze.
– Peindre et sculpter en poète : c’est l’évocation de l’UT PICTURA POESIS d’Horace dans l’œuvre de Vien, Greuze, Deshayes, Doyen, David , Adam ou Falconnet.
– Le peintre magicien : il rassemble des oeuvres de Chardin, Vernet, Hubert Robert, Loutherbourg. Diderot met en valeur la technique et le savoir de l’artiste. La Sculpture est mise en valeur avec 18 œuvres.
Le catalogue de l’exposition présente ces 3 tendances et d’autre part Diderot privilégie l’importance de la sculpture, et le rôle qu’il donne au dessin.
D’autre part pour éclairer ce travail de Diderot en Art, il y eut une exposition à Lausanne. A l’époque, la Suisse était une terre d’élection de la pensée philosophique au XIIIéme siècle.


Dumoux_Diderot1« Mercure attachant ses talonnières » Dessin R. Dumoux 2015 ©viapictura.com

– Il est très intéressant de citer les artistes et les œuvres qui ont inspiré les commentaires de Diderot dans les Ateliers qui étaient diffusés en Europe.

Exemples d’œuvres commentées par Diderot :

Diderot regarde Corrège et commente Poussin. Il parle de la Madeleine de Corrège : elle est voluptueusement étendue dans sa caverne.
La Manne et Esther et Assuérus de Poussin sont accrochées à son mur. A partir de la Manne et du jugement de Salomon il va exposer sa théorie des masses et des groupes.
De Poussin encore Diderot mentionne la série des Sacrements.
Le Sueur et Poussin sont les références essentielles de Diderot. D’autre part il invite le lecteur à visiter des églises par exemple l’église St Gervais pour le Martyr de St Gervais et St Protais. Il évoque aussi de Le Sueur, St Paul prêchant à Athènes ou bien la prédication de St Paul à Éphèse.
D’autre part Le Brun fait partie des premières références de Diderot : il évoque les batailles d’Alexandre, la Famille de Darius, Alexandre à Babylone, le passage du Granique Alexandre et Porus.
Puis en 1767 dans les salons il fait référence au Massacre des Innocents de Le Brun et aussi à celui de Rubens. Diderot évoque Sébastien Bourdon, le Martyre de Saint Pierre, et toute une tradition sérieuse et grandiose. Il montre Vien et une Résurrection de Lazare de Rembrandt.
Mais Rubens occupe une grande place dans son esprit avec le cycle de Marie de Médicis et avec l’Élévation de la Croix.
D’autre part Diderot fait référence à la peinture hollandaise et flamande. Il parle de Téniers. Il lui oppose Boucher : face à l’artifice rococo et les boutiques d’opérettes de Boucher, Téniers apparait comme l’école de Vérité, qui est l’école des philosophes. Diderot se livre à une analyse de la composition des kermesses de Téniers qui ordonne une multitude de figures en une scène cohérente.
Enfin il parle du paysage, de Vernet et de Wouverman.

– Diderot au cours de ses déplacements visite les galeries de Düsseldorf et de Dresde à l’occasion du voyage à Saint-Pétersbourg. Il y acquiert sa culture artistique de façon atypique : et par ce biais il il accède au monde des Images par l’Allégorie. Monde qui était chez les classiques l’instrument de communication du texte vers l’image. C’est par l’allégorie que Diderot parvient à la vision et à la représentation. Ainsi il jette les principes du dispositif scénique.

Même de façon simplifiée ou incomplète Il est utile de citer ces diverses œuvres mises en lumière par Diderot., de montrer comment il est parvenu peu à peu à cette rare compréhension de l’Art, dans les commentaires des Ateliers.
La lecture des titres des œuvres est très parlante : ainsi on se rend compte d’une grande liberté d’esprit d’une ouverture à l’art le plus sublime, le plus édifiant. Qu’il s’agisse de la réalité de Téniers, de scènes mythologiques, d’allégories ou de scènes d’art sacré et de la vie des saints.

Une liberté d’expression et une élévation à méditer.
Tel est le sens de cet article.

R.Dumoux
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Dumoux_Diderot2Dessin R. Dumoux – 2015 © viapictura.com

Dumoux_Diderot3« Diderot, les ateliers au XVIIIè siècle, Falconnet, Milon de Crotone » Dessin R. Dumoux 2015 ©viapictura.com

Actes de vandalisme en Art

La succession ci-dessous d’actes de vandales sur des oeuvres d’art est inspirée d’une exposition organisée par le musée Denon de Chalon sur Saône (France).

Cette exposition relate l’acte de vandalisme en 1991, sur un tableau du 19ème, représentant un homme de couleur attribué à Géricault. Cette oeuvre fut lacérée au cutter en 1991 et à cette époque il y eut une enquête et des articles de presse.

1914 : Agression d’une militante féministe sur une toile de Velázquez : « Vénus au miroir «  Une oeuvre majeure qui fut heureusement sauvée.

– 1911-1975-1990 : succession de 3 actes de vandalisme sur la Ronde de Nuit de Rembrandt.

– 1991 au musée Denon à Chalon sur Saône : toile attribuée à Géricault, lacérée.

– 1993 Nîmes et 2006 à Paris : La Fontaine Richard Mutt de Duchamp fut à deux reprises « complétée » par l’artiste Pinoncelli.
Avignon : une toile de Cy Twombly grand maitre américain, est vandalisée par une touriste qui a déposé un baiser de son rouge à lèvres sur le blanc de la toile. Toile exposée chez Mr Yvon Lambert galeriste à Avignon.
– 2007 Paris Musée d’Orsay : des vandales ivres parviennent à pénétrer dans le musée en forçant une porte du côté des quais de la Seine. Ainsi ils vont lacérer, perforer des toiles de Monet.
– 2009 Paris Le Louvre : La Joconde est agressée à l’aide d’une tasse vide contre la vitre de protection. C’est le fait d’une femme russe.
– 2011 toujours au Louvre un tableau magnifique de Poussin, Le veau d’or, est vandalisé à l’aide d’une bombe rouge.
– 2011 Washington : des toiles de Gauguin et Matisse sont attaquées à coup de poing par un déséquilibré (malade du syndrome de Stendhal)
– 2012 Johannesburg : deux hommes taguent le portrait provoquant d’un dirigeant politique dans « la lance » par Brett Muray artiste Sud Africain. Acte politique.
– 2012 Londres : sur une toile de Rothko fut apposé un nom et une inscription pour protester contre la situation faite à l’art contemporain.
– 2013 Lens : une toile de Delacroix fut vandalisée, apparemment pour raison politique.

Ce petit panorama du vandalisme dans les arts est significatif : c’est une expression de sentiments et de rancoeurs personnelles ou sociales, de la part de personnes et d’artistes le plus souvent isolés.

Cette liberté prise à l’égard des oeuvres présentées dans les musées semble se développer de plus en plus. Il faut cependant relativiser leur importance et se souvenir et revisiter le vandalisme destructeur qui eut toujours lieu au cours de l’histoire et en particulier avec les iconoclasmes, religieux ou politiques et révolutionnaires.

R.Dumoux
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L’antique est ma jeunesse

Image à la une : Rodin 1910, photo de A. Harlingue

Article de 2013 « L’ANTIQUE EST MA JEUNESSE.
Complément de l’article précédent

« L’Antique est ma jeunesse » Ce mot de Rodin signifie que le Moderne peut naitre d’un regard vers l’Antique. Il en fut ainsi à la Renaissance carolingienne lorsque les miniaturistes de Charlemagne s’inspiraient directement des manuscrits, des textes et de décors de l’Antiquité.

– Les Evangiles de St Riquier, sont des manuscrits témoins de la Renaissance carolingienne sous l’impulsion de Charlemagne en personne à Aix la chapelle. C’est le début de l’art Carolingien.

Les livres sont créés par des artistes étrangers de culture grecque. Ils sont imprégnés de l’antiquité et de source hellénistique. Les manuscrits carolingiens qui sont d’une grande nouveauté sont réalisés sur des parchemins teintés de pourpre et écrits en Onciales d’Or… dans la tradition des manuscrits pourpres de l’Antiquité tardive. Avec ces évangiles de Charlemagne à St Riquier c’est un nouveau style qui apparait. La jeunesse, le neuf est né de l’antique.

– Au 15éme et 16éme siècle la Renaissance fait apparaître des données nouvelles modernes, une pensée pétrie d’humanisme et des philosophes de l’Antiquité.
On s’inspire de l’architecture romaine, de la sculpture, (Donatello, Ghiberti) de l’inspiration mythologique de la peinture figurative des dieux du Panthéon gréco latin. Toutes les pensées et recherches formelles son tournées vers l’antiquité qui est le symbole de la nouveauté, de la vitalité et de la jeunesse.

Y compris dans les techniques artistiques : à la Renaissance le Stuc sera une nouveauté, une grande innovation directement inspirée de l’antiquité. Et ainsi le Stuc va permettre des réalisations étonnantes et aussi la création de sculptures en séries obtenues par moulage, ce qui constitue une vraie nouveauté moderne.

En est-il peut être maintenant de même ? Maintenant où il est bien de refuser tout ce qui touche au passé, à notre époque où les vrais héros sont « ailleurs », underground, où règnent les figures les plus ordinaires de la réalité et toutes les manifestations du quotidien rendues avec des moyens plus rapides de la publicité, de l’annonce, des médias, des people ou des jeux vidéos.

Une évolution, une révolution peut elle se faire jour ? devant ce Kaléidoscope où tout se brouille, se superpose, se délite sous couvert d’ « intellectualisme ». La jeunesse, (un sang neuf) est elle à chercher du côté des miniatures médiévales, du côté des mythes antiques dont les illustrations nous tendent les bras de toute part avec une richesse et une lisibilité toujours plus étonnante ?

Le travail, la recherche, l’étude, le métier et l’assiduité sont ils notre jeunesse?
Telle est la question que l’on peut poser. On est en droit de s’interroger devant la recherche obligatoire maintenant, du « pauvre, du maladroit, de l’illisible » à l’écart des notions de travail ou de métier .. ? ? ?

R.Dumoux

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Diffusion des images

Multiplication et diffusion des images.

(Je fais référence à un article de Chris  Sharp  – art press n°395 – en y exprimant mes expériences et réflexions personnelles.)

Actuellement  photos, blogs, revues, vidéos, galeries, sites internet, réseau sociaaux, produisent toujours plus d’art, de plus en plus.
C’est un bouillonnement actuel où tout se mixe comme une grande soupe où tout se délite. Les possibilités d’exposition et de circulation de l’art sont de plus en plus diversifiées et de plus, de fausses expositions offrent des possibilités infinies.
Des blogs  (tel Contemporary ART Daily à Chicago) sont très courants très répandus et avec eux on consulte à domicile plutôt que de voir des expositions en réalité. On peut visiter de fausses expositions.
C’est une production immense  comme si cette activité proliférante était devenue depuis 10 ans la principale activité de l’humain sur terre. L’abondance de cette production est devenue grotesque.
Autre exemple : l’auteur de l’article , Chris Sharp, relate l’expansion hypertrophique de Chelsea à New York : l’idée d‘abondance a des proportions monstrueuses. Les galeries ont des proportions de musée des dimensions semblables à des palais et d’une richesse inouïe.
Il y a aussi l’explosion des publications qui produisent une myriade de périodiques qui nous dépasse et que tout lecteur même le plus  assidu ne peut couvrir.

Cette prolifération est à la fois, cause et effet de la multiplication des modes de circulation et de communication. Ce sont deux proliférations qui se multiplient l’une l’autre.
Les communications , les satellites, portables, réseaux sociaux et les trains grande vitesse, les avions constituent le réseau de circulation hyper développé de l’humanité sur toute la planète. C’est  un labyrinthe infiniment complexe de tunnels de circulation, le long desquels se propage la communication et l’art, provoquant d’autres connexions.

C’est comme si la principale activité humaine se déroulait dans ces parcours de plus en plus complexes.
Qu’il s’agisse de création ou de communication nous sommes devant une prolifération qui frise au grotesque, à l’outrance, excluant la Pensée, l’Inspiration ou le Génie.

Il s’agit là d’un phénomène énorme de ce début du XXI éme siècle qui  risque d’aboutir à un art basique et du quotidien, distrayant, ludique, et proche des parcours des centres d’attraction, assurant jeu et  convivialité entre les jeunes gens. Tout cela se déroule dans un vaste embroussaillage bruyant, non dépourvu de charme superficiel.

R.Dumoux
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