La marche des femmes sur Versailles - Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com

Participation à l’exposition « Amazones de la Révolution » – Musée Lambinet Versailles

Image à la une : « La marche des femmes sur Versailles » – Tempera sur toile 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

VERSAILLES / Musée Lambinet.
Exposition « Amazones de la Révolution, des femmes dans la tourmente de 1789 »
Du 5 Novembre 2016 au 19 Février 2017.

Le Thème retenu pour cette exposition veut montrer l’importance des Femmes au moment de la Révolution.

Il est question de Charlotte Corday ou bien de Madame Roland dans sa prison ou de Madame Talien.
Mon travail est aussi  témoin du rôle important des Femmes pendant la Révolution.

En effet j’ai réalisé un ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3 m à propos de l’histoire de l’humanité..

En particulier l’une de ces toiles illustre le rôle des Femmes à la Révolution. Cette réalisation  dépeint la marche des Femmes sur Versailles ( les 5 et 6 Octobre 1789)
Ma réalisation montre la manifestation des  femmes armées de faux et de fourches et roulant un canon, en direction de Versailles, pour demander du pain pour le peuple en ces moments  de disette et de famine.
Cette marche des femmes se déroule devant la silhouette de la Bastille, image majeure de la Révolution.

Ma création picturale  réalise comme une superposition, un collage des deux épisodes essentiels de la Révolution de 1789 : la prise de la Bastille et d’autre part la Marche des Femmes sur Versailles.

Ce vaste tableau de 300 cm x 500 cm, est réalisé a tempéra sur toile préparée.  Les préparations sont à base de colle de peau et ensuite d’un mélange de  colle et de  Blanc de Meudon.

La force de ce déplacement de femmes est particulièrement mis en valeur par le déroulement des costumes, des robes  très colorées en mouvement dynamique dans l’espace grâce à un graphisme vivant.
J’ai voulu faire ressortir non seulement l’esprit révolutionnaire  mais aussi  la vivacité, le renouveau  et l’espoir de ces femmes  dans le futur .

Un espoir symbolique  nous fait  signe à l’arrière-plan, avec cet enfant  qui est brandi à bout de bras.

En raison de ses dimensions monumentales la toile de 5 mètres ne peut être accrochée dans les salles du Musée Lambinet de Versailles. C’est pourquoi, une reproduction photo de cette toile, accompagnée de la maquette colorée et d’une gravure de cette même composition, seront présentées dans cette exposition.

 

La marche des femmes sur Versailles - Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Etude préparatoire, maquette colorée du projet - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Etude préparatoire, maquette colorée du projet – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Gravure - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Gravure – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

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Télécharger le dossier de presse de l’exposition : dp_amazones_planche_bd

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La Russie au cours des siècles

Image à la une : éléments et premières recherches pour la composition d’une toile de 5 mètres x 3 sur la Russie

EKPHRASIS ou description verbale d’une toile monumentale à propos de la RUSSIE au cours des siècles. Projet de 5 mètres x 3

Avant toute réalisation, j’effectue dans cet article une sorte d’inventaire descriptif de toutes les composantes d’une toile que j’envisage depuis des mois déjà à propos de La Russie,  depuis la Russie des tsars à l’Union Soviétique et à sa fin pour un renouveau plus orthodoxe en relation avec le centre culturel et spirituel orthodoxe inauguré récemment à Paris.
Ma conception première est d’envisager une composition horizontale  en deux bandes superposées.

– La partie inférieure de la toile étant consacrée au communisme  de l’union soviétique avec tous les problèmes d’organisation et de politique.
– Et puis la partie plus aérienne, on peut dire spirituelle, moins matérialiste, étant plutôt rattachée à  l’histoire de la Sainte Russie et à des renaissances éventuelles qui se font jour.

– Bien sûr des passages font que ces deux bandes ne sont pas étanches et permettent entre elles des passerelles importantes.

Le drapeau rouge (avec le marteau et la faucille en jaune (ainsi que l’étoile symbole de l’Armé Rouge des républiques socialistes soviétiques triomphe sur la bande du bas de la toile.
Opposé sur la bande supérieure flotte le drapeau  Tricolore  Blanc  Bleu Rouge de retour le 22 aout 2016 , (ce drapeau tricolore  date du Tsar  Alexis  (1745) et il est de retour à l’occasion de la Fête du Drapeau  en Russie).

Ces deux grands symboles laissent  la place au déroulement des divers évènements qui ont ponctué  les grands moments de l’histoire russe.

– Dans  la bande en bas de la composition apparaissent les portraits  de Marx  Lénine et Staline ; ou la statue de Lénine au Kremlin  bien évidente.

Diverses manifestations populaires ou simplement connues du communisme seront évoquées. Le Marxisme définit l’homme par le travail. L’Homme est un animal qui produit. Il y a aussi l’autorité, les camps avec Staline , les camps de travail et  aussi de redressement. De même les grands travaux du peuple seront décrits et aussi des images du Goulag. Parfois la mort sera présente, en particulier avec l’évocation de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille.

– Dans la Bande supérieure, seront développées des figures de l’histoire de la Sainte Russie et du monde Orthodoxe.
Le paysage caractéristique  de l’architecture Russe sera évident et imposant : par exemple la cathédrale de Pokrovsk sur la place Rouge, le chef d’oeuvre de l’architecture nationale Russe, temple de Saint Basile.
Ou encore le clocher d’Ivan le Grand, partie centrale de la composition architecturale  de la place du Kremlin. l’architecture nationale Russe.

– Un choix d’églises bien caractéristique de la Sainte Russie pourra être présenté. D’ailleurs des éléments de fresques  et de décors d’iconostases ou de Déisis  retrouveront cette couleur transparente et lumineuse d’esprit et de foi des peintres d’icônes et en particulier de Roublev.

– Des passages, des passerelles existent entre les deux bandes de ma composition. J’évoquerai en particulier  la conquête de l’espace. La figure de Youri Gagarine (1er cosmonaute du monde ) parmi un  éventail de  satellites et de constructions spatiales.  Avec par exemple une vue du pavillon Cosmos, la route du Cosmos.
Il me reste maintenant à dessiner  et surtout  à assembler, à composer dans la toile ces éléments divers  .

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La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

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« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com
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Alberola au Palais de Tokyo – PARIS

Image à la une : Jean-Michel Alberola, palais de Tokyo du 19/02/2016 au 16/05/2016

Ce centre d’art contemporain, très important, a présenté récemment Jean Michel Alberola.

L’intitulé de cette exposition :  » l’Aventure des détails  » faisait référence à la littérature comme au cinéma de Godard et à l’île aux trésors de Stevenson.
La forme de l’exposition correspondait à un processus mental avec un élargissement de la conscience : par exemple j’écoute de la musique et en même temps, je peins, je dessine ou j’écris une citation quand la nuit tombe .
Il y a une concentration de phénomènes et alors on se demande comment capturer tout cela.
Alberola consacre une grande partie de son temps à la lecture. Et il se met en situation de penser le Présent. C’est ce qui explique le titre de l’exposition « Aventure des détails ».

Jean Michel Alberola est venu à Mâcon en Saône et Loire à l’école des Beaux Arts où il est intervenu.

Il est aussi venu dans mon appartement. En voyant mes toiles et panneaux a tempéra il m’a parlé de Chirico de Derain de la figuration. J’ai reçu de lui l’adresse du peintre anglais à Dublin Mac Kenna avec lequel j’ai correspondu.
Il connaissait bien ma fille Béatrice qui aimait beaucoup son discours et sa gentillesse. Béatrice était aux Beaux arts de Mâcon (France). Elle a été inspirée de la pensée d’Alberola et ainsi elle a réalisé un bon nombre de peintures de toiles très parlantes, expressives. Ces toiles sont visibles sur le site www.viapictura.com sous le lien galerie virtuelle Béatrice Dumoux

Cependant le train de Paris attendait. Il fallu partir pour prendre un TGV. Je le conduisis dans mon Opel Kadett jaune d’or comme le jaune de certaines de ses toiles ; un jour bien plus tard, je l’ai rencontré rue Beaubourg pas très loin de la porte de la galerie Templon où je me rendais . . .
Les jours ont passé avec d’autres ailleurs et puis je le revois maintenant dans ce Palais de Tokyo à Paris. Une aventure en effet.

Mes toiles ont poursuivi leur chemin … mais aussi les dessins par milliers : des détails du passé au présent puis au futur, ou encore à l’espace ou à l’union Homme- Robot. Mais aussi je me donne à des écrits, des accumulations d’images et de textes, de notes de lectures. Avec à la suite, la rédaction de blogs de l’Antique à l’Actuel, de l’histoire à la description de continents avec les tribus et leur culte des ancêtres. Avec les expéditions ethnographiques de Michel Leiris de Dakar à Djibouti se consacrant à l’observation de l’excision ou bien au culte des ancêtres ou au vaudou.
Alberola consacre beaucoup de temps à la lecture. Il tend à se situer dans un contexte général avec une somme d’éléments pour penser le présent et toutes ses données et informations. D’où le titre de l’exposition  » L’aventure des détails « . Grâce à la lecture, Alberola, cherche une sortie (qu’il ne trouvera pas ) Il ramasse ici ou là, des faits, après tout le monde, et ses écrits lui permettent d’être plus précis pour en tirer quelque chose de formel ; Ce qui intéresse Alberola c’est un journal d’écrivain, de fragments comme ceux de Kafka ; Il constitue un Syncrétisme de détails qui forment et composent un individu et déterminent une œuvre en cours.

Ainsi je me retrouve à écrire mes blog sur le Blog viapictura.com. Également à dessiner à partir de mes notes innombrables qui se bousculent comme les particules de l’univers dans les constellations, pour la rencontre de deux trous noirs qui vont recréer la vie et cette humanité éperdue qui devient une poussière d’Étoile dans l’espace cosmique.
En Témoigne cette grande toile de 5 mètres x 3 Intitulée  » Trou Noir « , sur le blog viapictura.

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« Trou noir » détail d’une toile a tempéra – 500 x 300 cm – R. Dumoux – ©viapictura.com
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En Papouasie

Image à la une : « Les Papous » Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3. R. Dumoux © viapictura.com

Tel est le sujet de cette toile de 5 mètres x 3 et devant s’intégrer dans mon Ensemble monumental peint composé actuellement de 58 toiles de 5 mètres x 3.

Cette toile a une importance symbolique très forte à notre époque tourmentée.

En effet, nous vivons entourés de dangers qui menacent la nature et la vie.

Outre les diverses pollutions qui sont bien présentes partout, l’électricité semble bien positive avec la production de l’énergie et de la lumière artificielle.

Cependant cette production peut être dangereuse dans la façon de la distribuer : on vient d’apprendre que de nouveaux compteurs seront mis en place et informatisés, automatisés.

Il y a alors un gros problème : on sait de source sûre que ce compteur sera très polluant par ses ondes émises, très dangereux pour l’homme et même il pourra provoquer des incendies dans les maisons où il est placé…

A la suite de ces diverses pollutions et dangers mortels pour la vie sur notre globe le public semble se tourner de plus en plus vers l’observation de la vie , des tribus et ethnies qui restent en marge de nos civilisations. On admire leur culte des ancêtres et leur mode de vie immuable depuis des siècles.

C’est ainsi que j’ai pensé réaliser une toile monumentale où se trouve privilégié, mis en valeur comme exemple ou modèle de pureté initiale : le mode de vie des Papous.

Comment décrire cette toile ?

Il y a plusieurs personnages, certains occupés à construire une maison dans les arbres. Dans cet environnement forestier, plusieurs maisons sont suspendues dans les arbres. Évidemment la présence de la forêt est très importante sur toute la surface du tableau. Je dois dessiner de nombreux arbres.. une véritable forêt dans toute sa variété.

Un grand homme noir escalade une sorte d’échafaudage en branches liées pour constituer de grandes échelles ou échafaudages.
Peu à peu la maison se construit au moins à 10 mètres du sol, avec des branches entrelacées et ligaturées, liées solidement. Evidemment il a fallu prévoir de la même façon un plancher et des murs, tous constitués de branchages assemblés.

Dans cette toile on remarque ainsi des hommes qui construisent, assemblent des branches dans les arbres. On remarque aussi des femmes et des enfants, certains au sol ou occupés à la cueillette de fruits et de fleurs qui serviront aussi à créer des parures pour des fêtes rituelles ou pour constituer de grands masques.

Ils vivent nus ou presque. Il y a des scènes très émouvantes de femmes avec leur enfant. Mais il y a également des personnages en costume de cérémonie constitués de fleurs très colorées. Certains portent des masques de cérémonie constitués de plumes aux couleurs éclatantes.
Au sol, prolifère une végétation luxuriante faites de grosses et larges feuilles avec des fleurs monumentales très riches en formes et couleurs, les fleurs appelées « Pied d’Éléphant »… alors que tout en bas se profile parmi des tiges abondantes la forme ondoyante d’un serpent, le Python vert. Mais au sommet de la construction, au sommet des arbres trône un bel oiseau très coloré, un paradisier.

La composition de cette toile de 5 mètres met en valeur la forêt et les constructions des maisons dans les arbres à l’aide de branches. L’élément principal est la maison au centre de la composition. Et un homme y travaille en ajoutant des branchages qu’il va ligaturer. On distingue de façon évidente les échafaudages, banches assemblées de façon orthogonale.

Les autres figures de cette toile montrent les traditions et activités de ce peuple. Telles sont les parades colorées pour des danses rituelles. Cette danse c’est le Sing Sing rythmée par le son du Tambour. Il y a aussi la danse des squelettes, c’est à dire que les danseurs sont déguisés, maquillés et tatoués en squelettes.
Les matières colorées des masques et des costumes proviennent des plantes des fleurs très abondantes et volumineuses comme celles figurant au sol dans la toile. Pour ces masques et costumes, les Papous utilisent également des plumes d’oiseaux et en particulier celle du Paradisier (oiseau qui figure en haut de la toile, perché au sommet des branchages ).
C’est la vie en harmonie avec la nature avec sa pureté initiale loin des questions d’argent de pouvoir et d’oppression.

Cette toile « les Papous » est un élément important de mon ensemble monumental de 58 toiles de 5 mètres chacune. Elle se rattache à plusieurs autres telles que « les Aborigènes » ou encore « les Dogons », le Kénya et les Peul.

Ces réalisations développent une recherche sur les ethnies, comme si maintenant notre intérêt et notre curiosité étaient plus forts au moment des crises successives des économies fragilisées et remises en question. Tout cela se développe sur le fait de l’effondrement de certaines valeurs matérielles de nos civilisations modernes ultra sophistiquées.
Ainsi nous avons une attention grandissante pour les peuplades qui ont conservé la pureté initiale de la Vie, comme s’il s’agissait pour nous de préserver ce rêve de l’Eden, de l’Empyrée, du Panthéon de toutes les divinités, de Zeus à Dieu le Père, du véritable Paradis Terrestre.
Curieusement cette toile est sous la protection du bel oiseau perché au sommet, le Paradisier cher aux Papous.

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Toile « Les Papous » en cours de réalisation. Tempera sur toile, 5 mètres x 3. Mai 2016. Tous droits réservés. © viapictura.com

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L’Art Égyptien

Image à la une : décor du tombeau de Toutankhamon © Factum Arte

L’Égypte ancienne se caractérise par le souci de l’au delà, de l’âme du défunt et la pratique d’un grand art Sacré.
Cet article ne vise pas à relire les siècles et la succession des empires, mais surtout il veut mettre en valeur un Art tourné vers la Force de l’Esprit, l’Élévation de l’âme et le sens du Divin, du Sacré auquel l’humain est invité. Invitation à laquelle nous sommes particulièrement sensibles maintenant, avec la contemplation de ces sculptures, pour lesquelles nous sommes disposés à offrir un culte quotidien.
Ces sculptures sont un art sacré sujet à un culte et elles nous permettent de renouveler sans cesse le mécanisme de la Création.
L’humain vit avec ces statues, les nourrit, leur donne des processions et des fêtes.
Dans les célébrations quotidiennes, le Souverain, le pharaon doit donner l’exemple, avec son collège de prêtres. Tous ces rituels sont gravés sur les murs des temples, c’est un Art Sacré.

Historique. On peut citer et situer quelques empires de pharaon sur 3000 ans et 30 dynasties. Le mot Pharaon vient de la Bible et désigne le palais qui est attaché à la personne royale.
Le Pharaon est promoteur de l’art. Il est consacré fils de dieu et dieu lui même, monarque absolu. Au dessus de lui il n’y a que la déesse de la Vérité et de la Justice.
La religion en effet détermine l’ Art :
il y a un Art funéraire et d’autre part un Art divin dans les sanctuaires.

1 – Un art funéraire dans les tombeaux et les habitations où toutes les richesses sont consacrées à la vie dans l’au-delà et à l’éternité.
Opposition irréductible avec notre civilisation actuelle où toutes les richesses sont consacrées à la vie terrestre et aux banalités matérielles. De nombreuses œuvres d’art actuelles en font largement état… L’idée de l’élévation de l’art, du spirituel a disparu. Parler du spirituel ou du Requiem de Mozart ne semble pas correct.

2 – Et puis il y a un art Divin où s’exerce cette création. Cet art apparait dans les temples, là où le roi préserve l’équilibre du monde. La statue du temple reçoit un culte quotidien. On l’habille, la nourrit l’encense dans des processions. Et les rituels son gravés sur les murs.
Sanctuaires et nécropoles sont des constructions gigantesques Il faut une main d’œuvre considérable pour édifier les monuments pharaoniques et les entretenir.
Les tables d’offrandes sont liées aux dons de l’exploitation des terres agricoles. Ainsi en Égypte l’art est utilitaire, fonctionnel mais il est un joyau spirituel de la civilisation mondiale.

Stylisation et Dessin. C’est un style linéaire ornemental Tout est sculpté avec précision selon des traits abstraits. Parfois le texte est l’essentiel du motif décoratif. L’écriture est proche du dessin : c’est une caractéristique du décor pharaonique.
Un Art Somptueux : les matériaux utilisés sont variés et proviennent d’Égypte ou aussi des colonies. Par exemple : le grès, le calcaire , le granit rose à Assouan, l’albâtre. Ce sont des blocs parfois gigantesques. Il y a aussi les pierres semi-précieuses : turquoise, cornaline,améthyste dans le Sinaï et aussi le cuivre. Le lapis – lazuli d’Afghanistan ; l’Or de de Nubie, l’argent d’Asie.
Les bois sont utilisés tels l’acacia,le palmier, le sycomore, et les bois locaux. Mais aussi les bois importés : cèdre, ébène , ivoire de Nubie. A partir de cette base, l’iconographie royale est fixée et aussi les canons du dessin. De plus on maîtrisera la taille de la pierre en architecture.

Les Tombeaux et les Temples constituent une Architecture Monumentale sacrée. Citons d’abord les masses rectangulaires des Mastabas. Puis à partir de la 3éme dynastie la Pyramide devient le symbole de la tombe royale. On découvre la pyramide de Djéser, à degrés, à escaliers que le monarque emprunte pour accéder au soleil. Ces célèbres tombeaux royaux sont sur le site de Giza : Chéops , Chéphren, Mykérinos.
Puis au cours du nouvel empire les souverains se font creuser des Hypogées. On creuse les caveaux dans le rocher pour recevoir la momie. Les textes et le décor mural de la chambre sépulcrale aident le monarque à renaître. L’Hypogée s’enfonce dans le rocher et le sarcophage est au fond dans la chambre sépulcrale.

Les temples. Les dieux ne sont pas sauveurs de l’humanité mais ils sont créateurs et régulateurs du monde. C’est un Panthéon multiple. Des systèmes théologiques expliquent la naissance de l’Univers à partir des principaux démiurges. Par exemple : Thot à tête d’Ibis, Ptah, Atoun ou Ré. Horus le Faucon, Hathor et Isis, Anubis l’embaumeur et Osiris roi dans l’au delà. Et les divinités locales qui s’imposent comme Amon à Thèbes. Le Temple est le palais des dieux : il rappelle le lieu primordial sur lequel le dieu démiurge a créé le monde.

Un disque solaire avec deux ailes déployées décore le sommet des porches. L’ensemble est un monde en réduction comme un résumé de la création divine et les plafonds imitent un ciel étoilé avec des vautours. A la base des murs sont des fourrés de papyrus évoquant la terre et la végétation.

A Edfou, le temple d’Horus (époque des Ptolémées) permet de préciser le plan de ces monuments divins.
L’entrée principale est le Pylône : il représente une forteresse symétrique protégeant le dieu contre les forces nuisibles et il figure aussi les deux montagnes entre lesquelles se lève le soleil.
Puis derrière cette façade plusieurs cours bordées de colonnes : c’est l’accès, la porte de l’édifice. Ce sont alors deux salles hypostyles avec colonnes s’ouvrant sur le NAOS qui contient la Statue du culte.
Ce Naos présente des chapelles de chaque côté. Et puis il y a de nombreuses annexes et magasins pour entreposer le nécessaire au culte quotidien. On veut aussi montrer la distance l’éloignement du Dieu en allongeant la perspective, jusqu’au saint des Saints.
Il est intéressant de montrer en somme la complexité des temples. Cependant autour de ces quelques éléments importants s’ajoutent:
– un Dromos, allée bordée de sphinx avant le pylône.
– un Mammisi maison de naissances annexée au temple.
– des cryptes sont aussi prévues pour entreposer le Trésor du Temple. Ce plan général du Temple Égyptien est bien connu au cours des époques.

Des éléments du Temple restent à décrire tels :
– les Colonnes et chapiteaux. dont les formes sont inspirées de végétaux, de palmes ou papyrus et témoignent d’un richesses d’inspiration religieuse.
le décor architectural : Bas-reliefs ou peintures sur bois ou sur pisé ou pierre. Le décor c’est l’horreur du vide car les plafonds sont recouverts ainsi que tous les murs. C’est un art intellectuel qui récréé l’objet pour faire apparaitre l’essence même.
Le Bas Relief comporte deux techniques différentes.
A l’extérieur des monuments on utilise une gravure profonde ; des rainures très accentuées.
A l’ intérieur, il s’agit d’un bas relief saillant. Le fond du relief est creusé pour faire ressortir le figures en méplat.

Autres éléments à étudier :
Le décor des tombes royales : les sépultures des vallées des Rois.
Le décor des tombes civils tels que les Mastabas de l’Ancien Empire.
Le décor des Temples.
La statuaire royale comme Chéphren ou Toutmosis. Le roi est immortalisé avec le pagne et la coiffure (les nèmes et uraneus)
La statuaire civile.
Tous ces points si particuliers et riches seront développés ultérieurement .

Tous ces aspects témoignent de l’art égyptien qui dans toutes ses caractéristiques est consacré au culte religieux, à l’esprit et à la vie dans l’au delà, avec le sens du Divin et du Sacré.

R. Dumoux

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les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

R.Dumoux
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DÉTRUIRE ?

Image à la une : photo prise le 14 mars 2014 du temple de Bêl dans l’antique cité de Palmyre. – JOSEPH EID / AFP

Après la disparition du Temple de Palmyre…

(Traduction et réflexions autour d’un article de Beaux arts magazine à propos du livre du Suisse Dario Gamboni , traduit en français 20 ans après sa parution en anglais)

Dans l’action de détruire, Gamboni distingue le vandalisme politique du pur vandalisme nihiliste.
La destruction de l’Art remonte à la querelle des images au sujet de la représentation de DIEU au VIIIème siècle. On revisite cette pensée et ces images des destructions de trésors peints, d’icônes, de retables d’or.
Gamboni évoque ensuite les destructions des arts indigènes en Amérique ou en Afrique.

La Révolution Française occupe une place importante : on vend les pierres de la Bastille. La rage des révolutionnaires, des sans culotte, s’attaque aux sculptures des œuvres et chefs d’œuvre des églises et châteaux. On détruit la capitale de la chrétienté, Cluny. A Notre-Dame de Paris on renverse à terre la galerie des rois.

Mais cette rage devient aussi créatrice car on va créer les musées pour protéger de cette rage des éléments de ces chefs d’œuvre. Le Paris de la Terreur va créer le Louvre et nos musées des préfectures dans tout le pays. L’abbé Grégoire fut l’instigateur.
(cf l’article du blog viapictura : Historique du Musée du 19 Décembre 2011)

Autres destructions de monuments ou d’œuvres d’art au cours de l’histoire :
Il y eut en 1871 l’écroulement de la colonne Vendôme par les communards.
En 1917 , les allemands bombardent la cathédrale de Reims.
Puis durant la guerre de 39-45, il y eut l’obsession de la table rase des Nazis jusqu’à l’exposition d’art dégénéré à Munich en 193 .

Les futuristes aussi en Italie se débarrassent du cancer des musées, des antiquaires, professeurs ou archéologues et du monde classique.
Puis les Communistes multiplient les statues déboulonnées, les sigles effacés, ou les villes débaptisées. Il semble que la Destruction est au cœur de la vie de l’art.

Parmi d’autres formes de destruction il y a :
le recouvrement des classiques en cours, les palimpsestes. En Art contemporain les anglais Chapman ont peint sur des gravures de Goya… D’autres ont gommé tel dessin et ainsi l’ont présenté comme nouvelle œuvre d’art .
Il y a également la critique et la moquerie qui dénoncent et détruisent les œuvres… Les détournements des surréalistes sont parlants. On se rappelle LHOOQ, la Joconde à moustache de Duchamp en 1919

Et encore la politique des musées pratique un iconoclasme majeur, car il choisit et évalue dans un sens précis et il élimine. C’est l’iconoclasme d’en haut.
Il y a aussi l’iconoclasme d’en bas, celui des sans pouvoir. C’est par exemple le cas de la Vénus au miroir de Velázquez qui fut tailladée par une femme contre la phallocratie en 1914.
Une théorie dit que les objets, les œuvres peuvent construire détruire, penser , interagir.
L’art inclut la destruction comme un de ses possibles.

Gamboni fait de la destruction de l’art l’aspect spectaculaire d’un processus plus large de disqualification de l’art. C’est une pulsion interne de l’art moderne et contemporain, une contradiction. Cet art ne fait qu’être en rupture et aller vers sa propre disparition, par dérision désespérée. Maintenant cette rupture est autre et se situe ailleurs.

Dictateurs, psychopathes sont des ennemis de l’art. Parmi les ennemis, il y a aussi les artistes (chaque artiste par moments dans les tréfonds de son âme)… plus ou moins volontairement.
Palmyre est l’actuel plus grand symbole de la Destruction de la culture occidentale Gréco latine.

L’œuvre d’Art est déjà le théâtre de sa destruction.

R. Dumoux
www.viapictura.com

manuscrit de Voynich

L’Or des Manuscrits

Image à la une : l’énigmatique manuscrit de Voynich (XVème siècle)

Étude réalisée à partir de l’ouvrage « l’Or des manuscrits », Coédition Gallimard/Musée des lettres et manuscrits.
Remarque : l’ensemble des manuscrits cités dans cet article peut être consulté sur Google. On accède ainsi à de magnifiques images.

Il existe à Paris un musée des manuscrits avec Gérard Lhéritier (actuellement fermé). De plus plusieurs volumes sont parus à propos de l’Or des Manuscrits. Ces volumes fournissent une somme documentaire importante et je me suis intéressé surtout aux manuscrits très anciens et essentiels pour notre histoire et l’origine de notre culture.

On présente là de fabuleux joyaux qui comptent dans l’histoire du monde. Cette collection trouve son origine dans la présentation des manuscrits de la Mer Morte. Il s’agit de l’ apogée biblique découverte en 1947 et étant du plus grand intérêt pour la société judaïque et l’histoire de la naissance du christianisme.

Ces manuscrits représentent définitivement la Mémoire du Monde.
Les manuscrits sont des documents fondamentaux de pays divers et dans des périodes historiques très variables.

On peut présenter les manuscrits dans un ordre chronologique. Cet article me permet d’énumérer un certain nombre de manuscrits choisis et significatifs de l’histoire de l’humanité. Successivement on peut distinguer :
Les manuscrits de la Mer Morte, le codex latins, arabes, les document historiques, la déclaration des droits de l’homme, l’édit de Nantes , une lettre de Napoléon ou de Gandhi à Hitler. Ou bien encore les nombreux livres d’Heures et leurs magnifiques enluminures, les livres de Médecine, de Pharmacologie, des grimoires, des écrits d’alchimie, des lettres de Michel-Ange ou de Van Gogh.
On découvre également des manuscrits de Dickens, Hugo Jules Verne. Des écrits scientifiques de Galilée à Curie, des partitions de Mozart. Les récits de voyage de C. Colomb ou Magellan ou encore des comtes d’Andersen ou de Grimm au procès des Templiers.
Tous ces manuscrits sont dans les musées, à la BNF, à la Bibliothèque Vaticane à Londres ou à New york. C’est tout un programme culturel. Nous sommes loin des évolutions vertigineuses que l’on peut constater aujourd’hui le plus souvent. Ici et maintenant nous parlons de lenteur, de travail fastidieux, d’apprentissage long, de copie , de dessin répétitif de reproduction. Il faut encore envisager le métier sur des années, voir toutes les composantes historiques de la peinture, ne rien acheter en magasin, fabriquer les liants, huiles, vernis, étudier leur fonctionnement. Tout sera lent et long.
C’est tout un programme de protection culturelle pour ces témoins de notre histoire..

Les Supports. Ce sont le papyrus, le bambou, le cuir, le parchemin, la soie, le papier végétal. Les textes sont très divers. Ils sont uniques, originaux ou bien encore reproduits de nombreuses fois ; Ce sont des textes officiels mais aussi des textes populaires avec des illustrations ou enluminures très inspirantes qu’il faut découvrir. On imagine la Divine Comédie ou bien les illustrations du Roman de la Rose.

Ainsi il est possible de citer un certain nombre de manuscrits anciens avec leurs caractéristiques. C’est une invitation à la recherche et aussi à élargir l’éventail que je propose dans la liste suivante (très incomplète) :

le papyrus PRISSE, le plus vieux du monde. Égypte
– Le papyrus d’ANI, le livre des morts : guide égyptien pour l’au delà.
– le papyrus DEVERNI, Le plus ancien manuscrit européen philosophique et religieux.
– les surprenants écrits sur Bambou de GUODIAN : 804 tiges de bambous : de 7 cm de large et 30 à 40 de long. IVème siècle avant J.C. La pensée chinoise et la philosophie y est remise en question.
la démocratie athénienne dépeinte par Aristote : c’est la constitution d’Athènes au IVème siècle.
– le Codex Sinaiticus. Il fut découvert au Mont Sinaï au monastère de sainte Catherine par un érudit allemand Tischendorf
– le Codex Vaticanus : la Bible secrète des papes. Ce Codex contient l’intégralité de l’Ancien Testament. Alors que le codex Sinaiticus contient la Totalité du Nouveau Testament
le Palimpseste de Cicéron : un manuscrit en cache un autre. En effet, c’est une copie manuscrite du De Républica de Cicéron, recouverte d’un commentaire desquames de St Augustin en latin.
un double Palimpseste. A l’origine c’est un texte du Vème siècle. Il est recouvert par un texte de grammaire latine au VIéme puis par un texte du Xème , une copie d’homélies de St Jean Chrisostome
On a gratté les textes successifs pour écrire dessus, car le parchemin était cher et précieux. Avec les technologies modernes on a pu retrouver et copier les textes cachés.
Manuscrit de l’épitre aux romains de Saint Paul : Une épitre écrite en Syriaque, le fantôme d’une Bible perdue de la fin du Véme. Ce sont des copies mais elle apparaissent comme les plus proches des Épitres perdues de Saint Paul. Ces feuillets montrent la forte personnalité de Paul de Tarse : une figure marquante du 1er siècle: Paul est un juif de Silicie devenu Citoyen romain: il a participé à la lapidation de Saint Étienne et a persécuté les chrétiens de Damas. C’est précisément sur le chemin de Damas qu’il rencontre Jésus qui le désigne comme apôtre. Devenu missionnaire il voyage en Grèce puis à Rome. C’est à Corinthe qu’il écrit les épitres dont celle ci : sur la Fondation de l’Église.
Le Dioscoride de Vienne (vers 515) c’est un manuscrit grec rédigé par le médecin grec Dioscoride. Il s’intéresse aux végétaux et compile, pour cela 16 000 produits végétaux. Devant cette complexité le médecin romain Oribase va créer à partir de Discoride un traité par ordre alphabétique, qui devient d »usage courant pendant des siècles. Le Dioscoride présente une ornementation somptueuse. Le Dioscoride reste la plus importante source d’information sur la pharmacie du monde antique . Il était le dictionnaire des praticiens au Moyen Age et à la Renaissance. Il est la base de la Phytothérapie et un chef d’œuvre de l’art de l’antiquité classique.
Le codex Amiatinus (début VIIIème) Manuscrit en Latin. Il reprend l’intégralité du texte de la Vulgate de Jérôme en 405 .
Le Codex de Saana en Coran ancien dans un édifice religieux au Yémen : ce sont des écrits coraniques du VII et VIIIème siècle. Un des plus anciens du monde avec 15000 fragments.
Le Livre de Kells est un chef d’oeuvre du Christianisme Irlandais, le plus beau trésor d’enluminure. Il est appelé aussi Évangéliaire de Saint Colomba. Son origine: un île d’Écosse (Iona) ou St Colomba fonda son monastère en 561. (vers l’an 600) Ce bijou d’art médiéval comprend 4 Évangiles basés sur le texte de la Vulgate de Jérôme en 384 et des tables canoniques d’Eusébe de Césarée. Les magnifiques enluminures servent à glorifier la vie, les paroles et enseignements de Jésus. Comme si ce livre résultait du travail d’un ange.
l’Évangile de Lorsch. C’est un spécimen d’enluminure carolingienne. (vers 810) Les exceptionnelles enluminures sont en lettres d’Or.
Calligrammes à la Gloire de la Saint Croix de Raban Maur au monastère de Fulda, Allemagne. Ce sont 28 poèmes figurés. C’est une véritable œuvre d’art, de calligrammes enluminés, orgueil de Raban Maur. Il contient 28 Carmina figurata, c’est dire des figures peintes sous le texte calligraphié : un chef d’oeuvre d’art sacré carolingien.
Le serment d’ Hippocrate. Ce sont 60 textes de médecine attribués à Hippocrate de COS. Tous les médecins de l’antiquité doivent prononcer le Serment au nom de divinités médicales de la Grèce : Apollon, Esculape Hygie, Panacée. Il fut rédigé en grec au IVème siécle. C’est un contrat qui se passe de père en fils pour la passation du savoir médical. Plus tard il s’ouvrira à des disciples extérieurs.
– Trois codex Mayas. Rapportés du Mexique par Cortès en 1528 remis à Charles Quint. Ce sont des allégories de la vie et de la mort. Ils présentent des calendriers, des tables sur les astres, des textes divinatoires, des horoscopes et des tables astrologiques qui se lisent de gauche à droite mais les interprétations restent mystérieuses.
– La chanson de Roland. Premier chef d’œuvre de la littérature : c’est la 1ère épopée de la littérature française entre 1140 et 1170. Textes de 4000 vers
La chanson de Roland débute lorsque Charlemagne quitte l’Espagne après 7 ans de guerre. Seule lui résiste Saragosse. il veut négocier avec le roi Sarrasin Marsile. Pour cela il envoie Ganelon. Mais le roi aidé par Ganelon tend une embuscade à Roland neveu de Charlemagne. Roland veut sonner du cor pour appeler Charlemagne, mais il est trop tard lorsque Charlemagne arrive. Ensuite Charlemagne chasse les Sarrasins hors d’Espagne. Cette chanson de Geste prend sa source dans cet évènement historique .
Trois siècles plus tard les chrétiens d’Occident font des expéditions pour chasser les musulmans de Terre sainte : il est possible que la Chanson de Roland justifie les premières croisades.
– Les manuscrits de Tombouctou au Mali. 900 000 manuscrits en arabe. La cité fut fondée au XIIIème par les touaregs. Il y eut une activité intellectuelle très forte avec l’université de Sankore au XVème siècle.Tombouctou fut fondée au XIème siècle par les touaregs. C’était un carrefour commercial, avec une activité intellectuelle dominante.
Les manuscrits relatent aussi de nombreuses conférences qui ont été transcrites par des copistes. Ces documents sont d’une très grande valeur car ils témoignent du foisonnement intellectuel de l’Afrique pré-coloniale. C’est en somme la mémoire de l’Afrique.
– Le codex GIGAS manuscrit diabolique. Écrit en Bohème, 1204 – 1230. C’est un volume célèbre très lourds : 75 kilos, le manuscrit médiéval le plus lourd du monde. Codex Gigas veut dire Livre Géant ». C’est une merveille du monde. Il est connu sous le nom de Bible du Diable. C’est un moine ayant expié ses fautes qui a réalisé cette Bible Géante.
Le contenu du codex Gigas est énorme :
Il comprend des textes classiques de la Bible, de longs récits de Flavius Josèphe : la guerre des Juifs , les antiquités judaïques. L’illustre portrait du Diable face à la Cité Céleste permet au lecteur de choisir entre le Bien et le Mal.

A titre de mémoire voici enfin quelques titres d’ouvrages divers :

– Le manuscrit de Sion : ce sont des recettes médiévales .
– La divine comédie de Chantilly, carnet de voyage aux enfers
– Un Atlas Catalan.
– Les chroniques de Froissard de 1412

Enfin :

Le mystérieux et remarquable manuscrit de VOYNICH du XVème avec de nombreux dessins souvent indéchiffrables ou incohérents. Écrit dans un alphabet et une langue inconnus. Médecine et herboristerie, œuvre d’un esprit dérangé. Ce sont 400 dessins de végétaux d’une imagination extravagante, des femmes nues dans un liquide verdâtre, le zodiaque.

Cet article se termine ainsi sur une œuvre inouïe spectaculaire qu’il est aisé de découvrir avec Google.

R. DUMOUX
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L’Essence de l’Art. La grotte Chauvet

Image à la une : « Peintures des rhinoceros avec perspective » © grotte du pont d’arc

Cette grotte préhistorique et ses fresques fut découverte en 1994.
En pénétrant dans cette grotte obscure, les hommes s’éclairaient à l’aide de torches de pin sylvestre dont on a retrouvé des vestiges. Ils imaginaient plonger dans un autre monde, dans un monde surnaturel.

Ils vivaient également comme un retour dans la matrice de la Terre mère dans ses entrailles… comme dans un subconscient inoubliable et protecteur.
Et en ce lieu hors du monde ils imaginaient et établissaient un contact nouveau avec des esprits, des divinités.

Ainsi ils réalisèrent des œuvres peintes inspirées possédant un grand pouvoir Magique. Ce sont des prises de contact avec les divinités, avec les forces de la nature et en particulier avec le monde animal… en face duquel il faut vivre et survivre. Ces dessins, gravures et peintures sont comme des invocations, des protections, un appel ou une prière incantatoire.
C’est une définition de l’art.

On peut parler aussi de chamanisme car il s’agit d’une pensée fluide, c’est à dire que tout peut changer, se modifier : un homme peut prendre une autre entité, celle d’un animal par exemple.
D’autre part il peut se produire une mutation, un glissement, une perméabilité entre le monde réel et le monde surnaturel.

Ces deux mondes ne sont pas séparés mais s’interpénètrent.

Dans le grotte Chauvet comme dans d’autres lieux de la préhistoire, le statut de l’animal domine tout.
La présence de l’animal est mythique : il devient une divinité qu’il faut représenter pour le prier, l’invoquer, lui demander ses protections et ses bienfaits.

L’animal devient omniprésent dans les représentations. Il n’y pas de paysages (ou très rarement) et l’homme intervient comme acteur ou dans le sens de la procréation et de la protection de l’espèce humaine, avec les Vénus callipyges ou hottentotes.

Pour conclure on peut dire que les peintres préhistoriques sont de véritables artistes, au sens profond du terme. Ils observent et vivent la réalité qui les entoure : ils la représentent mais la transforment de façon mythique, incantatoire.

Ils assimilent et reproduisent les choses par la vision, par l’œil de l’esprit qui est l’Art et le sentiment artistique sacré.

Les hommes préhistoriques expriment un Art sacré, celui de leur religion.

Cette religion qui leur permet de se protéger, et les aide face aux adversités de la vie et de la Nature.
Ces artistes de la préhistoire sont l’expression du grand Art de tous les temps.

R. Dumoux
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-> Voir le site de la grotte Chauvet