La Mésopotamie : Origine de notre Histoire

Image à la une : « La tour de Babel » vue dans l’atelier. Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit dans cet article d’évoquer la naissance de la civilisation, avec l’approche de la Mésopotamie.
( Précédemment on a pu s’intéresser aux origines mêmes de l’humain. En se consacrant aux lieux ou pays qui au delà des millénaires ont réussi à faire naitre à créer l’apparition de l’humanité, dépassant le monde animal.)

La Mésopotamie présente les premiers signes de la civilisation, signes qui vont prévaloir  dans les diverses civilisations de la planète, au cours des siècles.

• 1852  c’est la découverte de la Mésopotamie, avec le début des fouilles de  KHORSABAD. Il s’ensuit un grand engouement, et une science, en raison de l’importance majeure du patrimoine pour l’humanité. Importance accrue du fait  de la menace actuelle sur ce patrimoine.
L’Assyriologie  devient une discipline. Cette science s’intéresse à tout ce qui s’est passé dans ce pays avant la conquête d’Alexandre Le Grand en 331  avant J. C. Ce passé vertigineux a été étudié depuis 10 000 avant J.C.
Alors un territoire plus précis se distingue avec l’Irak actuel, le Koweit, une partie de la Syrie et de la Turquie. C’est une vaste plaine entre les deux fleuves venus du Nord : la Mésopotamie entre le Tigre et l’Euphrate. On distingue deux régions principales : l’Assyrie et la Babylonie dont l’influence s’étend  en Syrie à Suse.
Cette Mésopotamie  est plurielle mais a aussi une grande unité.

Cette région riche en agriculture et aussi pour l’élevage à cause du sol très fertile,  mais elle doit chercher  ailleurs d’autres ressources qui lui manquent  telles que le métal et la pierre.
Ainsi des échanges ont lieu avec d’autres pays  et s’ensuit un commerce important. Les artisanats sont très développés pour la métallurgie, la vannerie et les matières vitreuses. Pour toutes ces raisons, c’est une région traversée par des marchands et des mouvements de population.

• Les populations sont les Sumériens et les Akkadiens et d’autres groupes comme les Araméens, les Amorties, les Hurrites et les Kassites.
Les pluralités s’expriment  dans  les dialectes locaux. De grands roi conquérants unifient et pacifient les territoires : par exemple, Sargon Hammourabi Assurbanipal Nabuchodonosor.
Les différentes cultures sont unies par l’économie, par la religion, et l’écriture cunéiforme  est commune à tous. Elle permet le rayonnement de la culture de Mésopotamie.

La Mésopotamie, le Pays de l’argile.

Cette terre, l’argile, a été très importante pour le pays car elle a été le support principal de l’écriture, la première écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers l’an 3200 avant J.C. Ainsi va se conter l’histoire de la Mésopotamie dans les détails.
L’argile est le matériau de base pour l’écriture mais aussi pour l’architecture.

Depuis la préhistoire cette terre est omniprésente, et tellement qu’il est dit que l’homme a été  créé à partir d’argile par le Dieu Enki.
La céramique apparait vers 7 000 ans  av J.C .
L’argile est le matériau de base de la civilisation. des milliers de briques permettent de construire d’immenses villes, des ziggourat et des bâtiments énormes comme la tour de Babel. Et la Brique sert de pierre et le Bitume de mortier, de joint contre l’humidité. L’argile a ainsi permis la construction extraordinaire des jardins de Babylone.

Il n’y a pas de pierre en Babylonie, mais ce pays est riche en agriculture avec les Grains de Cérès, le blé. C’est un Eden de l’agriculture. La plaine est couverte de palmiers. Hérodote dit que l’on en tire des fruits et du vin. Pour ce faire, on a inventé l’irrigation avec des machines hydrauliques des réseaux de canaux. L’irrigation commence en 6 000 ans avant J.C. Le Tigre et l’Euphrate sont les seuls fleuves du Paradis terrestre. Pour cela il y eut aussi la force du Travail et l’inventivité des hommes.
Les fleuves sont la  voie de circulation naturelle pour les bateaux et le commerce. Ces fleuves sont dangereux et imprévisibles avec les crues ; (le récit du Déluge avec le dieu Enki fut imaginé et continué dans la Bible.)

Ce pays était exposé aux raids aux envahissements pour exterminer des peuples. Ainsi fut créé un récit mésopotamien à propos du Déluge, un récit magnifique : ce fut  l’épopée de GILGAMESH . Les faits sont décrits tels que on les lira plus tard dans la Bible.
Outre la savoir scientifique et le création des villes et de l’écriture, la Mésopotamie nous a donné des mythes et des récits magnifiques, d’un grande sagesse.

Cette culture a peu à peu disparu après la conquête grecque. Et il en résulta un grand rayonnement pour cette culture.
Aussi la Mésopotamie est vue comme le berceau de l’humanité et la première étape majeure dans l’histoire de l’humanité.
Actuellement cette force première est menacée par les destructions de sociétés barbares. Ce paysdemeure une civilisation antique de première importance pour notre civilisation, comme ancêtre de la culture de l’architecture et de la Bible.  A protéger d’urgence .


LES CITES, 4000 ans avant notre ère.
Les premières villes sont apparues entre le Tigre et l’Euphrate, avec les innovations techniques autour de l’agriculture, du commerce, des échanges et technologies scientifiques. Le fonctionnement repose sur l’invention de l’écriture, faisant avancer les sociétés au delà de l’oral. Avec en plus le décompte du temps selon le calendrier divisé en 12 mois et le savoir astronomique.

Toute l’histoire des ROIS et des empires se révèle avec précision avec l’histoire des VILLES importantes telles que :
Uruk, UR, NIPPUR, NINIVE, BABYLONE, ASSUR, MARDUK.

Un exemple : Babylone La perle de l’Orient ancien.
C’est la capitale d’empire avec Hammurabi au 17éme siécle. C’est une mégapole. Elle enflamme l’imagination par sa démesure et par sa ziggourat de 70 mètre de haut. Cette capitale présente une très grande voie d’échange avec la magnifiques porte d’Ishtar (reconstituée à Berlin). Les villes sont les piliers de la civilisation en Babylonie.

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Porte d’Ishtar. Musée du Pergame, Berlin

 

La description de la Mésopotamie est très complexe et importante, car elle présente pour la première fois, tous les fondements de la civilisation, de la culture, de la justice, de l’architecture et des matériaux comme de l’agriculture et des échanges et communications avec les autres pays.

Bien que les bases soient ainsi posées, il convient de compléter ensuite cette introduction à  la naissance de la Civilisation, par une étude plus complète et détaillée.
 

Le document de cet article est une toile de 5 mètres x 3 que j’ai réalisé a tempéra : la Tour de Babel. Cette toile est un élément de mon ensemble monumental peint composé de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune. Panorama  évoquant l’histoire de l’humanité depuis le Big Bang et traversant les siècles, jusqu’à nos jours pour se projeter dans le Futur avec la conquête de l’espace, les implants ou les robots, la génétique.

R. Dumoux
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Le XVIIIème siècle. LES FÊTES GALANTES. Watteau

Image à la une : Antoine Watteau, « L’amour paisible » – vers 1718

Il faut citer, regarder les peintres : Watteau, Fragonard, Boucher. Mais aussi Chardin, Greuze, Carl van Loo, de La Tour, Nattier, Prud’hon, Oudry.
La mort de Priam de Lancret,  Hubert Robert, le rococo avec Gabriel Lemonnier, Nattier, Panini,  Joseph Vernet, Gabriel de St Aubin, Subleiras, Zoffany dans sa galerie de sculptures et aussi de peintures. Il faut aussi visiter les Débuts de la Muséologie des Lumières. Comprendre l’origine du mot Musée : Mouseion créée à Alexandrie au IIIéme  siècle av. J.C.
Il faut visiter enfin, Zoffany « la tribune des Offices », Jean François de Troy, Nicolas de Largillière. Le néoclassicisme apparu avec Vien et aussi Fragonard.


Le XVIIIéme  est le théâtre de DIVERS MOUVEMENTS PICTURAUX :
Depuis  la continuité du classicisme de l’Académie il y eut divers courants qui ont évolué  au cours du siècle des Lumières :

C’est le moment des Fêtes Galantes qui vont couvrir tout le siècle avec diverses variantes. S’impose la peinture de Watteau, libéré de l’académie et se tournant vers des commandes privées avec son art de liberté, avec les scènes de parties de campagne, de repas champêtres dans un cadre de paysages bucoliques. 
– Et  puis à la suite il y eut le rococo qui intensifie les caractéristiques de la scène galante, parfois en exagérant jusqu’à l’outrance. Le sentiment de la nature s’est aussi fortement développé.
– Et apparait la peinture Néo classique avec le retour à l’antique de Pompéo Batoni et sa peinture  mythologique.
– A la fin du XVIIIéme siècle, après le rococo, apparait le néo classicisme. Ce sera Vien qui traite des thèmes semblables à Watteau, mais avec une approche statique : Par exemple avec son tableau « Couronnement de fleurs ». Fragonard aussi est passionné par l’obsession de l’antique liée à la légèreté de la Fête Galante et de la Comedia del Arte. Il peint ainsi des chefs d’œuvre comme « la Fête à St Cloud « 


La Fête galante est  capitale  dans l’art du XVIIIéme siècle. Watteau en est un créateur illustre.

            Un exemple : Le tableau de Watteau  » l’amour paisible » présente les caractéristiques, paysages et décors de la Fête Galante.
Le paysage du monde rural, des cultures et des très hautes montagnes est souvent présent, avec aussi de nombreuses traces de l’homme. Le cadre naturel est souvent le midi parfois aussi dans le Nord et les Flandres. Il y a une double inspiration méridionale et flamande. Cependant le paysage italianisant est très en harmonie et idéal pour la Fête galante.
D’autre part, le décor dans la fête galante est animé de Sculptures ou Fontaines comme dans un parc. C’est un cadre semi naturel.
La scène avec les 4 hommes et les 3 femmes et un chien sera axée sur la séduction : elle montre l’harmonie entre l’homme et la nature et donne un cadre idéal  pour des conquêtes et entretiens libérés de la ville et des conventions sociales.

           Tout est fait pour renforcer les liens entre l’homme avec la nature.
Ce cadre harmonieux est souvent animé de conversations omniprésentes ou par des musiciens. Mais il n’y a pas trop de récit. Que se passe t’ il dans ces tableaux? On ne sait trop?
Il y a une sorte d’insouciance et pas spécialement d’action. Le chien souvent au 1er plan témoigne de cette tranquillité.
On découvre peu d’action dans la fête galante : c’est un genre élégiaque et bucolique. Sa sensibilité est celle d’une Pastorale qui touche notre sensibilité.

La principale source picturale pour la Fête Galante, c’est la Pastorale Italienne : il y a un rapprochement avec la tradition du paysage de Titien et Giorgione comme par exemple la beauté du paysage du midi où se côtoient des gens à la mode, des musiciens, des femmes nues : l’ensemble préfigure les Fêtes galantes.
D’autre éléments de la Fête Galante sont empruntés aux scènes rurales, des peintres flamands et hollandais tels Tenniers et Wouverman : ce sont le fêtes de village, les kermesses, les orchestres : on visite le charme de la champagne.

Aux deux sources de Watteau, la Pastorale Italienne et les sources flamandes et hollandaises, s’ajoute un nouvel élément : le  monde du Théâtre. Les acteurs s’animent et deviennent des individus à part entière comme les personnages du tableau. Le tableau  en arrive ainsi à refléter les idéaux sociaux de l’époque et Watteau, il exprime un idéal social qui s’est diffusé en France à la fin du XVIIIéme siècle.


             La pratique de la Galanterie au XVIIIéme est une caractéristique  de civilisation (pas seulement dans le sens amoureux) qui contrôle les conflits sociaux, la culture, tout ce qui se rapporte au domaine social dans  ses divers aspects.
On cultive l’art de la conversation, très civilisateur. Il devient d’une grande importance et crucial dans l’art de Watteau. Les figures de Watteau sont très humaines et sociables : elles expriment divers sentiments tels que l’amour, le désir, l’ironie, la solitude, l’âme, toute la personnalité.

Avec Watteau, la Fête galante venue de modèles flamands et vénitiens s’est adaptée avec finesse à la société  française.


             L’Académie distinguait la peinture d’histoire des Talents particuliers. Et avec le portrait et le paysage, les talents particuliers n’avaient pas d’obligation précise ni de hiérarchie et donc pouvaient se développer aisément par rapport à la peinture d’histoire. Ainsi Watteau fut reçu à l’Académie comme peintre d’histoire à cause des aspects narratifs et historiques. Il y avait là une certaine liberté… celle des Fêtes Galantes. Termes retenus  aussi par l’Académie pour Nicolas Lancret et Jean Baptiste Pater, figures majeures de l’époque dans ces domaines.
L’époque eut de la peine à définir la Fête Galante comme Genre. Et l’Académie eut de la difficulté à parler de la scène galante car elle lui paraissait inclassable et présentait une ouverture d’esprit, une souplesse révolutionnaire échappant aux carcans de la théorie. Souplesse qui d’ailleurs caractérisait déjà si bien l’époque  de Watteau, cet  esprit d’ouverture, de grand air et de liberté.


Les Grands collectionneurs furent séduits par l’art de Watteau, par son contenu.
Ainsi parut le Recueil Julienne en 4 volumes  comme un ouvrage exhaustif sur cet artiste : 2 volumes étaient consacrés aux dessins innombrables de Watteau et en consacraient l’originalité.
Le monde de l’estampe et les épreuves de gravure se sont multipliées et ont ainsi constitué un inépuisable réservoir de motifs et de modèles d’inspiration, qui sera largement diffusé et a façonné les arts visuels  et décoratifs.
Tout cela grâce au Recueil Julienne du milieu du XVIIIéme (qui ensuite sera remplacé par un langage propre à Boucher).

Artistes et collectionneurs, à ce moment voient dans la Fête Galante le domaine de la définition et du développement de la Modernité artistique.

Il est nécessaire de citer quelques artistes majeurs de cette époque. Et en particulier  de comprendre les débuts de la Fête galante avec Antoine Watteau :
Pierre Antoine Quillard (et l’île de Cythère), Jean Baptiste Pater (Baigneuses à une fontaine dans un paysage ), Boucher (et la pêche Chinoise et les Chinoiseries), Nicolas Lancret  (les plaisirs du Bain et le Repas au retour de chasse) Fragonard.


Watteau et les débuts de la Fête Galante.
Au XVIIIéme siècle, la fête galante se situe dans la tradition de la Pastorale italienne mais aussi des scènes de la vie rurale flamande et hollandaise.
Watteau n’a jamais eu de formation précise en perspective, étude de nu ou de théorie de l’art. Il a copié les maîtres anciens et il s’est associé avec Claude Gillot et Claude Audran  grâce auxquels il découvre  les images du théâtre.
Aussi il va dessiner, représenter des scènes de conversation entre le théâtre et la vie, des conversations entre des acteurs et des gens qu’il connait. Il est aussi très influencé par les décors d’arabesques, comme un genre ornemental associant des éléments hétérogènes : des singeries, de la Mythologie antique aux chinoiseries, des scènes quotidiennes ou de genre mêlées à des allégories spirituelles. Il utilise aussi beaucoup des scènes villageoises dans le style de Téniers .

             Pour Watteau l’île de Cythère fut un tableau, une suite importante qui va aboutir au thème de la Fête Galante. Ce thème fut accepté comme genre historique et cet esprit imprègne les esprits, définissant la pensée du siècle.

On l’a dit la Fête galante revisite les Pastorales des paysages italiens et le genre flamand et hollandais. Aussi à l’époque on considérait Watteau comme le Téniers Français. Effectivement c’est à partir de Téniers qu’il découvert la peinture de Genre.
Watteau dessinait beaucoup : ses dessins pris isolément, il les intégrait directement dans ses compositions par ajouts successifs.. Ainsi Watteau a peu produit d’esquisses  préparatoires pour ses tableaux.
Le Succès de Watteau attire de nombreux artistes vers ce genre nouveau de la Fête galante.
Jean Baptiste Pater est le seul élève connu de Watteau. Il a suivi Watteau à la lettre mais ensuite il a ajouté des baigneuses à ses compositions pour obtenir un aspect plus sensuel dans la Fête Galante.

Nicolas Lancret atteint son sommet avec Watteau, comme inspiré par une appropriation de son style. Grâce à Lancret la Fête Galante devient une tradition majeure de l’innovation artistique  au XVIIIéme siècle.

Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild
Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild

R.Dumoux
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La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
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L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com

Participation à l’exposition « Amazones de la Révolution » – Musée Lambinet Versailles

Image à la une : « La marche des femmes sur Versailles » – Tempera sur toile 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

VERSAILLES / Musée Lambinet.
Exposition « Amazones de la Révolution, des femmes dans la tourmente de 1789 »
Du 5 Novembre 2016 au 19 Février 2017.

Le Thème retenu pour cette exposition veut montrer l’importance des Femmes au moment de la Révolution.

Il est question de Charlotte Corday ou bien de Madame Roland dans sa prison ou de Madame Talien.
Mon travail est aussi  témoin du rôle important des Femmes pendant la Révolution.

En effet j’ai réalisé un ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3 m à propos de l’histoire de l’humanité..

En particulier l’une de ces toiles illustre le rôle des Femmes à la Révolution. Cette réalisation  dépeint la marche des Femmes sur Versailles ( les 5 et 6 Octobre 1789)
Ma réalisation montre la manifestation des  femmes armées de faux et de fourches et roulant un canon, en direction de Versailles, pour demander du pain pour le peuple en ces moments  de disette et de famine.
Cette marche des femmes se déroule devant la silhouette de la Bastille, image majeure de la Révolution.

Ma création picturale  réalise comme une superposition, un collage des deux épisodes essentiels de la Révolution de 1789 : la prise de la Bastille et d’autre part la Marche des Femmes sur Versailles.

Ce vaste tableau de 300 cm x 500 cm, est réalisé a tempéra sur toile préparée.  Les préparations sont à base de colle de peau et ensuite d’un mélange de  colle et de  Blanc de Meudon.

La force de ce déplacement de femmes est particulièrement mis en valeur par le déroulement des costumes, des robes  très colorées en mouvement dynamique dans l’espace grâce à un graphisme vivant.
J’ai voulu faire ressortir non seulement l’esprit révolutionnaire  mais aussi  la vivacité, le renouveau  et l’espoir de ces femmes  dans le futur .

Un espoir symbolique  nous fait  signe à l’arrière-plan, avec cet enfant  qui est brandi à bout de bras.

En raison de ses dimensions monumentales la toile de 5 mètres ne peut être accrochée dans les salles du Musée Lambinet de Versailles. C’est pourquoi, une reproduction photo de cette toile, accompagnée de la maquette colorée et d’une gravure de cette même composition, seront présentées dans cette exposition.

 

La marche des femmes sur Versailles - Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Etude préparatoire, maquette colorée du projet - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Etude préparatoire, maquette colorée du projet – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Gravure - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Gravure – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

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Télécharger le dossier de presse de l’exposition : dp_amazones_planche_bd

La Russie au cours des siècles

Image à la une : éléments et premières recherches pour la composition d’une toile de 5 mètres x 3 sur la Russie

EKPHRASIS ou description verbale d’une toile monumentale à propos de la RUSSIE au cours des siècles. Projet de 5 mètres x 3

Avant toute réalisation, j’effectue dans cet article une sorte d’inventaire descriptif de toutes les composantes d’une toile que j’envisage depuis des mois déjà à propos de La Russie,  depuis la Russie des tsars à l’Union Soviétique et à sa fin pour un renouveau plus orthodoxe en relation avec le centre culturel et spirituel orthodoxe inauguré récemment à Paris.
Ma conception première est d’envisager une composition horizontale  en deux bandes superposées.

– La partie inférieure de la toile étant consacrée au communisme  de l’union soviétique avec tous les problèmes d’organisation et de politique.
– Et puis la partie plus aérienne, on peut dire spirituelle, moins matérialiste, étant plutôt rattachée à  l’histoire de la Sainte Russie et à des renaissances éventuelles qui se font jour.

– Bien sûr des passages font que ces deux bandes ne sont pas étanches et permettent entre elles des passerelles importantes.

Le drapeau rouge (avec le marteau et la faucille en jaune (ainsi que l’étoile symbole de l’Armé Rouge des républiques socialistes soviétiques triomphe sur la bande du bas de la toile.
Opposé sur la bande supérieure flotte le drapeau  Tricolore  Blanc  Bleu Rouge de retour le 22 aout 2016 , (ce drapeau tricolore  date du Tsar  Alexis  (1745) et il est de retour à l’occasion de la Fête du Drapeau  en Russie).

Ces deux grands symboles laissent  la place au déroulement des divers évènements qui ont ponctué  les grands moments de l’histoire russe.

– Dans  la bande en bas de la composition apparaissent les portraits  de Marx  Lénine et Staline ; ou la statue de Lénine au Kremlin  bien évidente.

Diverses manifestations populaires ou simplement connues du communisme seront évoquées. Le Marxisme définit l’homme par le travail. L’Homme est un animal qui produit. Il y a aussi l’autorité, les camps avec Staline , les camps de travail et  aussi de redressement. De même les grands travaux du peuple seront décrits et aussi des images du Goulag. Parfois la mort sera présente, en particulier avec l’évocation de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille.

– Dans la Bande supérieure, seront développées des figures de l’histoire de la Sainte Russie et du monde Orthodoxe.
Le paysage caractéristique  de l’architecture Russe sera évident et imposant : par exemple la cathédrale de Pokrovsk sur la place Rouge, le chef d’oeuvre de l’architecture nationale Russe, temple de Saint Basile.
Ou encore le clocher d’Ivan le Grand, partie centrale de la composition architecturale  de la place du Kremlin. l’architecture nationale Russe.

– Un choix d’églises bien caractéristique de la Sainte Russie pourra être présenté. D’ailleurs des éléments de fresques  et de décors d’iconostases ou de Déisis  retrouveront cette couleur transparente et lumineuse d’esprit et de foi des peintres d’icônes et en particulier de Roublev.

– Des passages, des passerelles existent entre les deux bandes de ma composition. J’évoquerai en particulier  la conquête de l’espace. La figure de Youri Gagarine (1er cosmonaute du monde ) parmi un  éventail de  satellites et de constructions spatiales.  Avec par exemple une vue du pavillon Cosmos, la route du Cosmos.
Il me reste maintenant à dessiner  et surtout  à assembler, à composer dans la toile ces éléments divers  .

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"La Russie" - Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 - Tempera sur panneau - R. Dumoux - 2017 - ©viapictura.com
« La Russie » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – Tempera sur panneau – R. Dumoux – 2017 – ©viapictura.com

La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

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« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Alberola au Palais de Tokyo – PARIS

Image à la une : Béatrice Dumoux, peinture

Ce centre d’art contemporain, très important, a présenté récemment Jean Michel Alberola.

L’intitulé de cette exposition :  » l’Aventure des détails  » faisait référence à la littérature comme au cinéma de Godard et à l’île aux trésors de Stevenson.
La forme de l’exposition correspondait à un processus mental avec un élargissement de la conscience : par exemple j’écoute de la musique et en même temps, je peins, je dessine ou j’écris une citation quand la nuit tombe .
Il y a une concentration de phénomènes et alors on se demande comment capturer tout cela.
Alberola consacre une grande partie de son temps à la lecture. Et il se met en situation de penser le Présent. C’est ce qui explique le titre de l’exposition « Aventure des détails ».

Jean Michel Alberola est venu à Mâcon en Saône et Loire à l’école des Beaux Arts où il est intervenu.

Il est aussi venu dans mon appartement. En voyant mes toiles et panneaux a tempéra il m’a parlé de Chirico de Derain de la figuration. J’ai reçu de lui l’adresse du peintre anglais à Dublin Mac Kenna avec lequel j’ai correspondu.
Il connaissait bien ma fille Béatrice qui aimait beaucoup son discours et sa gentillesse. Béatrice était aux Beaux arts de Mâcon (France). Elle a été inspirée de la pensée d’Alberola et ainsi elle a réalisé un bon nombre de peintures de toiles très parlantes, expressives. Ces toiles sont visibles sur le site www.viapictura.com sous le lien galerie virtuelle Béatrice Dumoux

Cependant le train de Paris attendait. Il fallu partir pour prendre un TGV. Je le conduisis dans mon Opel Kadett jaune d’or comme le jaune de certaines de ses toiles ; un jour bien plus tard, je l’ai rencontré rue Beaubourg pas très loin de la porte de la galerie Templon où je me rendais . . .
Les jours ont passé avec d’autres ailleurs et puis je le revois maintenant dans ce Palais de Tokyo à Paris. Une aventure en effet.

Mes toiles ont poursuivi leur chemin … mais aussi les dessins par milliers : des détails du passé au présent puis au futur, ou encore à l’espace ou à l’union Homme- Robot. Mais aussi je me donne à des écrits, des accumulations d’images et de textes, de notes de lectures. Avec à la suite, la rédaction de blogs de l’Antique à l’Actuel, de l’histoire à la description de continents avec les tribus et leur culte des ancêtres. Avec les expéditions ethnographiques de Michel Leiris de Dakar à Djibouti se consacrant à l’observation de l’excision ou bien au culte des ancêtres ou au vaudou.
Alberola consacre beaucoup de temps à la lecture. Il tend à se situer dans un contexte général avec une somme d’éléments pour penser le présent et toutes ses données et informations. D’où le titre de l’exposition  » L’aventure des détails « . Grâce à la lecture, Alberola, cherche une sortie (qu’il ne trouvera pas ) Il ramasse ici ou là, des faits, après tout le monde, et ses écrits lui permettent d’être plus précis pour en tirer quelque chose de formel ; Ce qui intéresse Alberola c’est un journal d’écrivain, de fragments comme ceux de Kafka ; Il constitue un Syncrétisme de détails qui forment et composent un individu et déterminent une œuvre en cours.

Ainsi je me retrouve à écrire mes blog sur le Blog viapictura.com. Également à dessiner à partir de mes notes innombrables qui se bousculent comme les particules de l’univers dans les constellations, pour la rencontre de deux trous noirs qui vont recréer la vie et cette humanité éperdue qui devient une poussière d’Étoile dans l’espace cosmique.
En Témoigne cette grande toile de 5 mètres x 3 Intitulée  » Trou Noir « , sur le blog viapictura.

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« Trou noir » détail d’une toile a tempéra – 500 x 300 cm – R. Dumoux – ©viapictura.com

 

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Jean-Michel Alberola, palais de Tokyo du 19/02/2016 au 16/05/2016

En Papouasie

Image à la une : « Les Papous » Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3. R. Dumoux © viapictura.com

Tel est le sujet de cette toile de 5 mètres x 3 et devant s’intégrer dans mon Ensemble monumental peint composé actuellement de 58 toiles de 5 mètres x 3.

Cette toile a une importance symbolique très forte à notre époque tourmentée.

En effet, nous vivons entourés de dangers qui menacent la nature et la vie.

Outre les diverses pollutions qui sont bien présentes partout, l’électricité semble bien positive avec la production de l’énergie et de la lumière artificielle.

Cependant cette production peut être dangereuse dans la façon de la distribuer : on vient d’apprendre que de nouveaux compteurs seront mis en place et informatisés, automatisés.

Il y a alors un gros problème : on sait de source sûre que ce compteur sera très polluant par ses ondes émises, très dangereux pour l’homme et même il pourra provoquer des incendies dans les maisons où il est placé…

A la suite de ces diverses pollutions et dangers mortels pour la vie sur notre globe le public semble se tourner de plus en plus vers l’observation de la vie , des tribus et ethnies qui restent en marge de nos civilisations. On admire leur culte des ancêtres et leur mode de vie immuable depuis des siècles.

C’est ainsi que j’ai pensé réaliser une toile monumentale où se trouve privilégié, mis en valeur comme exemple ou modèle de pureté initiale : le mode de vie des Papous.

Comment décrire cette toile ?

Il y a plusieurs personnages, certains occupés à construire une maison dans les arbres. Dans cet environnement forestier, plusieurs maisons sont suspendues dans les arbres. Évidemment la présence de la forêt est très importante sur toute la surface du tableau. Je dois dessiner de nombreux arbres.. une véritable forêt dans toute sa variété.

Un grand homme noir escalade une sorte d’échafaudage en branches liées pour constituer de grandes échelles ou échafaudages.
Peu à peu la maison se construit au moins à 10 mètres du sol, avec des branches entrelacées et ligaturées, liées solidement. Evidemment il a fallu prévoir de la même façon un plancher et des murs, tous constitués de branchages assemblés.

Dans cette toile on remarque ainsi des hommes qui construisent, assemblent des branches dans les arbres. On remarque aussi des femmes et des enfants, certains au sol ou occupés à la cueillette de fruits et de fleurs qui serviront aussi à créer des parures pour des fêtes rituelles ou pour constituer de grands masques.

Ils vivent nus ou presque. Il y a des scènes très émouvantes de femmes avec leur enfant. Mais il y a également des personnages en costume de cérémonie constitués de fleurs très colorées. Certains portent des masques de cérémonie constitués de plumes aux couleurs éclatantes.
Au sol, prolifère une végétation luxuriante faites de grosses et larges feuilles avec des fleurs monumentales très riches en formes et couleurs, les fleurs appelées « Pied d’Éléphant »… alors que tout en bas se profile parmi des tiges abondantes la forme ondoyante d’un serpent, le Python vert. Mais au sommet de la construction, au sommet des arbres trône un bel oiseau très coloré, un paradisier.

La composition de cette toile de 5 mètres met en valeur la forêt et les constructions des maisons dans les arbres à l’aide de branches. L’élément principal est la maison au centre de la composition. Et un homme y travaille en ajoutant des branchages qu’il va ligaturer. On distingue de façon évidente les échafaudages, banches assemblées de façon orthogonale.

Les autres figures de cette toile montrent les traditions et activités de ce peuple. Telles sont les parades colorées pour des danses rituelles. Cette danse c’est le Sing Sing rythmée par le son du Tambour. Il y a aussi la danse des squelettes, c’est à dire que les danseurs sont déguisés, maquillés et tatoués en squelettes.
Les matières colorées des masques et des costumes proviennent des plantes des fleurs très abondantes et volumineuses comme celles figurant au sol dans la toile. Pour ces masques et costumes, les Papous utilisent également des plumes d’oiseaux et en particulier celle du Paradisier (oiseau qui figure en haut de la toile, perché au sommet des branchages ).
C’est la vie en harmonie avec la nature avec sa pureté initiale loin des questions d’argent de pouvoir et d’oppression.

Cette toile « les Papous » est un élément important de mon ensemble monumental de 58 toiles de 5 mètres chacune. Elle se rattache à plusieurs autres telles que « les Aborigènes » ou encore « les Dogons », le Kénya et les Peul.

Ces réalisations développent une recherche sur les ethnies, comme si maintenant notre intérêt et notre curiosité étaient plus forts au moment des crises successives des économies fragilisées et remises en question. Tout cela se développe sur le fait de l’effondrement de certaines valeurs matérielles de nos civilisations modernes ultra sophistiquées.
Ainsi nous avons une attention grandissante pour les peuplades qui ont conservé la pureté initiale de la Vie, comme s’il s’agissait pour nous de préserver ce rêve de l’Eden, de l’Empyrée, du Panthéon de toutes les divinités, de Zeus à Dieu le Père, du véritable Paradis Terrestre.
Curieusement cette toile est sous la protection du bel oiseau perché au sommet, le Paradisier cher aux Papous.

R. Dumoux
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Toile « Les Papous » en cours de réalisation. Tempera sur toile, 5 mètres x 3. Mai 2016. Tous droits réservés. © viapictura.com

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L’Art Égyptien

Image à la une : décor du tombeau de Toutankhamon © Factum Arte

L’Égypte ancienne se caractérise par le souci de l’au delà, de l’âme du défunt et la pratique d’un grand art Sacré.
Cet article ne vise pas à relire les siècles et la succession des empires, mais surtout il veut mettre en valeur un Art tourné vers la Force de l’Esprit, l’Élévation de l’âme et le sens du Divin, du Sacré auquel l’humain est invité. Invitation à laquelle nous sommes particulièrement sensibles maintenant, avec la contemplation de ces sculptures, pour lesquelles nous sommes disposés à offrir un culte quotidien.
Ces sculptures sont un art sacré sujet à un culte et elles nous permettent de renouveler sans cesse le mécanisme de la Création.
L’humain vit avec ces statues, les nourrit, leur donne des processions et des fêtes.
Dans les célébrations quotidiennes, le Souverain, le pharaon doit donner l’exemple, avec son collège de prêtres. Tous ces rituels sont gravés sur les murs des temples, c’est un Art Sacré.

Historique. On peut citer et situer quelques empires de pharaon sur 3000 ans et 30 dynasties. Le mot Pharaon vient de la Bible et désigne le palais qui est attaché à la personne royale.
Le Pharaon est promoteur de l’art. Il est consacré fils de dieu et dieu lui même, monarque absolu. Au dessus de lui il n’y a que la déesse de la Vérité et de la Justice.
La religion en effet détermine l’ Art :
il y a un Art funéraire et d’autre part un Art divin dans les sanctuaires.

1 – Un art funéraire dans les tombeaux et les habitations où toutes les richesses sont consacrées à la vie dans l’au-delà et à l’éternité.
Opposition irréductible avec notre civilisation actuelle où toutes les richesses sont consacrées à la vie terrestre et aux banalités matérielles. De nombreuses œuvres d’art actuelles en font largement état… L’idée de l’élévation de l’art, du spirituel a disparu. Parler du spirituel ou du Requiem de Mozart ne semble pas correct.

2 – Et puis il y a un art Divin où s’exerce cette création. Cet art apparait dans les temples, là où le roi préserve l’équilibre du monde. La statue du temple reçoit un culte quotidien. On l’habille, la nourrit l’encense dans des processions. Et les rituels son gravés sur les murs.
Sanctuaires et nécropoles sont des constructions gigantesques Il faut une main d’œuvre considérable pour édifier les monuments pharaoniques et les entretenir.
Les tables d’offrandes sont liées aux dons de l’exploitation des terres agricoles. Ainsi en Égypte l’art est utilitaire, fonctionnel mais il est un joyau spirituel de la civilisation mondiale.

Stylisation et Dessin. C’est un style linéaire ornemental Tout est sculpté avec précision selon des traits abstraits. Parfois le texte est l’essentiel du motif décoratif. L’écriture est proche du dessin : c’est une caractéristique du décor pharaonique.
Un Art Somptueux : les matériaux utilisés sont variés et proviennent d’Égypte ou aussi des colonies. Par exemple : le grès, le calcaire , le granit rose à Assouan, l’albâtre. Ce sont des blocs parfois gigantesques. Il y a aussi les pierres semi-précieuses : turquoise, cornaline,améthyste dans le Sinaï et aussi le cuivre. Le lapis – lazuli d’Afghanistan ; l’Or de de Nubie, l’argent d’Asie.
Les bois sont utilisés tels l’acacia,le palmier, le sycomore, et les bois locaux. Mais aussi les bois importés : cèdre, ébène , ivoire de Nubie. A partir de cette base, l’iconographie royale est fixée et aussi les canons du dessin. De plus on maîtrisera la taille de la pierre en architecture.

Les Tombeaux et les Temples constituent une Architecture Monumentale sacrée. Citons d’abord les masses rectangulaires des Mastabas. Puis à partir de la 3éme dynastie la Pyramide devient le symbole de la tombe royale. On découvre la pyramide de Djéser, à degrés, à escaliers que le monarque emprunte pour accéder au soleil. Ces célèbres tombeaux royaux sont sur le site de Giza : Chéops , Chéphren, Mykérinos.
Puis au cours du nouvel empire les souverains se font creuser des Hypogées. On creuse les caveaux dans le rocher pour recevoir la momie. Les textes et le décor mural de la chambre sépulcrale aident le monarque à renaître. L’Hypogée s’enfonce dans le rocher et le sarcophage est au fond dans la chambre sépulcrale.

Les temples. Les dieux ne sont pas sauveurs de l’humanité mais ils sont créateurs et régulateurs du monde. C’est un Panthéon multiple. Des systèmes théologiques expliquent la naissance de l’Univers à partir des principaux démiurges. Par exemple : Thot à tête d’Ibis, Ptah, Atoun ou Ré. Horus le Faucon, Hathor et Isis, Anubis l’embaumeur et Osiris roi dans l’au delà. Et les divinités locales qui s’imposent comme Amon à Thèbes. Le Temple est le palais des dieux : il rappelle le lieu primordial sur lequel le dieu démiurge a créé le monde.

Un disque solaire avec deux ailes déployées décore le sommet des porches. L’ensemble est un monde en réduction comme un résumé de la création divine et les plafonds imitent un ciel étoilé avec des vautours. A la base des murs sont des fourrés de papyrus évoquant la terre et la végétation.

A Edfou, le temple d’Horus (époque des Ptolémées) permet de préciser le plan de ces monuments divins.
L’entrée principale est le Pylône : il représente une forteresse symétrique protégeant le dieu contre les forces nuisibles et il figure aussi les deux montagnes entre lesquelles se lève le soleil.
Puis derrière cette façade plusieurs cours bordées de colonnes : c’est l’accès, la porte de l’édifice. Ce sont alors deux salles hypostyles avec colonnes s’ouvrant sur le NAOS qui contient la Statue du culte.
Ce Naos présente des chapelles de chaque côté. Et puis il y a de nombreuses annexes et magasins pour entreposer le nécessaire au culte quotidien. On veut aussi montrer la distance l’éloignement du Dieu en allongeant la perspective, jusqu’au saint des Saints.
Il est intéressant de montrer en somme la complexité des temples. Cependant autour de ces quelques éléments importants s’ajoutent:
– un Dromos, allée bordée de sphinx avant le pylône.
– un Mammisi maison de naissances annexée au temple.
– des cryptes sont aussi prévues pour entreposer le Trésor du Temple. Ce plan général du Temple Égyptien est bien connu au cours des époques.

Des éléments du Temple restent à décrire tels :
– les Colonnes et chapiteaux. dont les formes sont inspirées de végétaux, de palmes ou papyrus et témoignent d’un richesses d’inspiration religieuse.
le décor architectural : Bas-reliefs ou peintures sur bois ou sur pisé ou pierre. Le décor c’est l’horreur du vide car les plafonds sont recouverts ainsi que tous les murs. C’est un art intellectuel qui récréé l’objet pour faire apparaitre l’essence même.
Le Bas Relief comporte deux techniques différentes.
A l’extérieur des monuments on utilise une gravure profonde ; des rainures très accentuées.
A l’ intérieur, il s’agit d’un bas relief saillant. Le fond du relief est creusé pour faire ressortir le figures en méplat.

Autres éléments à étudier :
Le décor des tombes royales : les sépultures des vallées des Rois.
Le décor des tombes civils tels que les Mastabas de l’Ancien Empire.
Le décor des Temples.
La statuaire royale comme Chéphren ou Toutmosis. Le roi est immortalisé avec le pagne et la coiffure (les nèmes et uraneus)
La statuaire civile.
Tous ces points si particuliers et riches seront développés ultérieurement .

Tous ces aspects témoignent de l’art égyptien qui dans toutes ses caractéristiques est consacré au culte religieux, à l’esprit et à la vie dans l’au delà, avec le sens du Divin et du Sacré.

R. Dumoux

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les VIKINGS, projet pour une toile de 5 mètres x 3 de l’Ensemble monumental peint

Image à la une : « Les Vikings » maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – © R. Dumoux – Décembre 2015

Suite à la mise au point d’une maquette en noir et blanc (et projet couleur), je commence à graver à la pointe sèche (pointe diamant) sur cuivre : les Vikings.

Il s’agit là d’un nouveau projet de toile mesurant 5 mètres x 3.
Cette toile est destinée à mon Ensemble monumental peint, panorama sur l’histoire de l’humanité composé d’au moins 50 tableaux a tempéra sur toile de 5 mètres x 3 chacun.

Comment conter et suggérer la vie de ces peuples Vikings vivant dans un espace aussi vaste et sur 3 ou 4 siècles ?

Cela m’a contraint à dégager les éléments les plus significatifs de leur histoire. J’ai du considérer les divinités et les personnages principaux tels que Eric le Rouge ou bien Rollon ou encore les dieux et idoles comme Odon ou Thor…. Sans doute ces figures peuvent être présentes dans la réalisation.

Tout d’abord il m’a fallu plusieurs mois (2 ans depuis la 1ère pensée) pour réfléchir et reconnaitre les traits marquant de l’histoire des Vikings, qui me semblait très complexe. Alors j’ai compulsé des documents, des images, des textes et j’ai aussi regardé des films ou vidéos. Peu à peu, après étude et comparaison de ces sources, se sont imposées dans mon esprit des impressions fondamentales.

– En 1er lieu, j’ai constaté que pendant 3 siècles, entre 750 et 1050, la vie économique et politique du monde nordique est dominée par l’activité militaire et commerciale des Scandinaves, connus sous le nom de Vikings par le monde chrétien, qui les a dépeint comme des pirates sanguinaires d’une férocité inégalée.

– D’autre part j’ai pu voir dans les Vikings de grands aventuriers et navigateurs avec leurs Drakkars sur les mers du Groenland (en 982), en Terre neuve (en 1000) à la Russie (en 753) et au travers de la France, à Paris dans les années 800, et dans toute l’Europe, en Sicile et comment ils sont les ancêtres des Normands. J’ai retenu alors leur cruauté, leur violence insatiable, leurs pillages et rapines, la sauvagerie, les crimes de vrais barbares. Et puis j’ai eu connaissance de leur culte de ces idoles païennes et de leur mythologie . . .


Depuis des mois, pour moi, il en fut ainsi et je ne progressais pas dans ma recherche, lorsque, un jour, je me suis rendu compte que les Vikings à une époque donnée, fabriquaient de grandes Croix de Bois Immenses comme celle du Christ. Intrigué j’ai continué mes recherches et peu à peu j’ai découvert un fait majeur et indiscutable : comment ils s’étaient peu à peu convertis au Christianisme.

Un élément important dans cette conversion est peut être ce qui s’est passé en France avec le Roi Charles le Chauve : en 856 Paris est à nouveau attaquée : les vikings menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une somme d’argent. Charles Le Chauve s’exécute (en 860). Parallèlement les Vikings semblent se calmer et en même temps avec les proximités du peuple chrétien et sous l’influence des rois, sur plusieurs siècles, peu à peu ils se christianisent.
Plus tard et à la suite de cette évolution, les preuves de la christianisation se font jour avec ces illustres trésors d’enluminures de la chrétienté (le livre de Kells) qui témoignent de leur conversion. Et puis il y eut toutes ces églises en bois comme en Norvège, ces chefs d’oeuvre d’architecture.
La Christianisation se fit donc ensuite progressivement par le contact avec les populations des pays envahis. En contact avec la Foi catholique ; ils s’intègrent peu à peu et finalement l’adoration de la Croix du Christ leur paraissait compatible avec celle des idoles.
Voilà en quelque sorte, l’évolution que j’ai voulu retracer dans cette composition historique peinte.


Description de la composition  » Les vikings »
Ce format horizontal voit un développement de gauche à droite.

Tout à gauche arrivent les Drakkars. Les vikings débarquent sur le sol et s’approchent du monastère anglais de Lindisfarne qui est pillé, incendié (en 793), (dans la composition, l’incendie devient une énorme tache noire avec des flammes rouges)

En bas à gauche les moines sont massacrés et l’on distingue aussi deux Vikings qui dévalisent des objets et monnaies.
Plus au centre de la composition : on remarque d’une part des moines au sol et d’autre part des sortes de sculptures qui sont les idoles brisées, au pied d’une grande sculpture, représentant une idole Viking. C’est déjà comme le symbole de la Transition d’un passage d’un monde à un autre.

Les moines ont été assassinés mais maintenant les idoles sont renversées.

Un point culminant de cette évolution est l’édification de ces merveilles d’architecture en bois que sont les églises des vikings, tellement présentes et admirées en Norvège.

C’est le passage du paganisme barbare au christianisme : on le comprend avec la présence d’une grande croix monumentale de bois que les Vikings se mirent à tailler dans les campagnes… Ainsi ils s’adonnèrent à la construction d’églises en Bois.

Enfin un symbole important de cette époque des vikings, de leur conversion au christianisme est le développement des manuscrits enluminés. Ils sont ainsi représentés sur ce tableau en bas à droite :

il s’agit du livre de Kells (le grand évangéliaire de Saint Colomba.) qui est considéré comme un chef d’œuvre majeur dans l’art de l’enluminure. Il est le manifeste caractéristique de l’art irlandais et de ce style mémorable fait d’une ornementation très riche à base d’entrelacs. (le livre de Kells fut réalisé autour de l’an 800)

N B . : Saint Colomba (521- 597) est le missionnaire qui a introduit le christianisme en Ecosse et au Nord de l’Angleterre. Voir l’abbaye d’Iona.

R.Dumoux
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