La sculpture actuelle

Image à la une : un lion en basalte néo-hitite du temple d’Aïn Dara en Syrie – 1300-700 avant J.C.

Égyptiens, Assyriens, le Bas relief d’un lion blessé à Ninive que j’ai eu l »occasion de copier en terre il y a des années, la porte d’Ishtar … Rodin,  Maillol etc ou Julio Gonzalès

Et récemment cette découverte des lions sculptés au Temple de Aïn Dara en Syrie (temple de 3 000 ans, détruit par les turcs fin janvier 2018)

Les chefs-d’œuvre de la sculpture demeurent ou renaissent.
J’ai beaucoup dessiné à partir de l’antique grecque, romaine ou d’Assyrie, de la sculpture de Rodin comme récemment à partir de ses dessins Noirs. De même en ce moment je dessine à partir de Maillol, comme avec les lions ou taureaux en céramiques colorées du Musée de Berlin avec les chefs-d’œuvre de Pergame.

Mon approche de la sculpture : l’Art des sculpteurs des lions en Syrie m’a fasciné par leur aspect très stylisé mais en même temps très naturels avec leurs proportions et aussi avec un dessin très appuyé, qui est gravé, incisé avec vigueur ..

J’ai alors pensé à la gravure en taille douce, du moins celle qui évite le flou vaporeux pour ne faire que du trait. Caractéristique puissante qui se retrouve dans l’Art de la Médaille  et des Camées (depuis Rome jusqu’ à nos jours). Art qui lui même va évoluer vers le Bas Relief  et s’affirmer jusqu’à la Ronde bosse.

Jusque là, j’ai participé à la sculpture du XXéme où domine l’art du collage (comme avec Dada ou  Schwitters), et de la soudure avec le fer soudé de Julio Gonzalès, César. Depuis Mark di Suvero ou Serra ou Stella puis avec Tingueli et les italiens ou autres anglo-saxons que l’on connait bien.

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« Sculpture assemblage » : iron and wood – 40 x 30 cm – Raymond Dumoux

Cependant cet art détruit, saccagé à coups de masse au Moyen-Orient depuis les Bouddhas de Bamian jusqu’à la Syrie où le temple, le Tétrapyle à Palmyre fut anéanti et cependant demeure vivant dans l’esprit.

Cet Art ne fait que constituer un Appel vers tous ces grands chefs-d’œuvre universels y compris en Afrique Noire (au Nigéria, la sculpture d’Ifé) où sont apparues ces admirables portraits sculptés en Ronde Bosse, si fameux depuis les Grecs, depuis Phidias et les frises du Parthénon, ou l’art  de Praxitèle.

Ayant réalisé dans ma recherche sur la sculpture des collages mais aussi des  assemblages parfois taillés de matériaux naturels ou artificiels, j’ai aussi approché de plus près la véritable sculpture ou encore le Modelage dans de petites statuettes en argile mais de petites tailles ; semblables à certains modelages de l’art Brut en argile ou mie de pain.

Peu à peu ces réflexions sur la sculpture m’ont conduit à considérer La Ronde Bosse chez Rodin ou chez Maillol. Ces deux œuvres étant nées d’une pratique prolifique du dessin.
Et suite à ces destructions guerrières des grands chefs-d’œuvre et par l’affaiblissement de la sculpture vers le spectaculaire mais sans le métier spécifique, j’ai été amené à reconsidérer cet Art de la sculpture dont on a presque oublié le nom.

Peut être une nouvelle orientation pour mon travail s’annonce, même de façon modeste ?

Après un long travail de dessin gravure et peinture y compris selon des dimensions monumentales ou bien aussi avec la pratique du métier dans des panneaux a tempéra (www.viapictura.com) la sculpture m’est déjà apparue avec une première réalisation cachée dans une caisse en bois : il s’agit d’une tête sculptée dans un bloc de ciment  granuleux, comme un masque ou un portrait funéraire couché où les traits du visage à peine esquissés sont comme la mémoire d’un proche disparu mais qui reste présent de façon intemporelle.
Cette tête m’a évoqué un instant le masque égyptien dans son sarcophage découvert au musée Guimet à Lyon. Il s’appelait Aménophis III.

NB
Il ne semble pas possible d’achever cet article sans évoquer en quelques lignes la présentation de la sculpture polychrome au musée d’Orsay.
Sont mis en évidence les liens qui existent entre la Couleur et la Sculpture au cours des siècles.
De l’Antiquité Gréco-Romaine au Moyen-Age, à la Renaissance, puis au XVIIéme siècle jusqu’au XIXéme siècle et XXéme.

R. Dumoux
www.viapictura.com

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L’ASIE CENTRALE, LA MONGOLIE – Toile de 5 mètres x 3

Image à la une : Maquette colorée pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit de la conception d’une nouvelle toile de 5 mètres x 3 qui sera incluse dans mon ensemble monumental peint de 65 toiles de 5 mètres et constituant un panorama de l’histoire de l’Humanité.  www.viapictura.com  (ensemble monumental peint)

Ayant fait une longue recherche  sur l’Asie centrale, j’ai écrit, pris des notes, beaucoup dessiné, ébauché des compositions.

Le pays des Mongoles, c’est l’immensité des terres des steppes, l‘immensité d’un ciel  dominant. Les montagnes escarpées et l’arc en ciel assurent le lien entre Ciel et Terre dans ce monde  sans limite, de la Sibérie au lac Baïkal.
C’est au XIIIéme siècle  qu’apparait  un peuple qui va partir à la conquête du monde, de la Chine à la méditerranée. Ce peuple va englober des civilisations, des populations de la Perse à la Chine.
Pour réaliser cela un Géant apparait : Gengis Khan, né en 1167. Il va créer à partir de1206 l’Empire mongole. Il modèle le monde à sa mesure  dans l’immensité du Ciel à la Terre. Il unit les peuplades en tenant compte des traditions de la vie nomade  qui restera une constante avec le culte des ancêtres.

Après des guerres sanglantes et la PAX MONGOLICA, il y eut des échanges culturels et commerciaux entre l’Occident et l’Orient dans l’empire du Grand Khan, ce que Marco Polo a bien connu. Avec les développements des arts et de la culture il y eut aussi,  soutenue par Khan, l’émergence des traditions populaires et la promotion des basses classes sociales, liées à la culture pastorale et nomade.

Parfois Gengis Khan fut réduit à l’image d’un barbare, alors que dans l’histoire des steppes, il peut être vu comme un demi Dieu magnanime, de grand bon sens, pétri d’humanité. Il fut un souverain Universel.
Il a un rôle d’envoyé du Ciel pour rassembler les peuples des steppes autour de lui.

– Cette conception assez divine de Gengis Khan a quelque peu dirigé ma composition, en mettant en évidence l’immensité horizontale  de ces paysages.

L’horizontalité se déroule au Ciel comme sur Terre. C’est le concept fondamental expliquant la Mongolie et la personne divine de Gengis Khan.

Dans ma composition, cet empereur océanique  est représenté au milieu du ciel (plus ou moins estompé avec les nuages) parmi la diversité des phénomènes météorologiques.

 –  Ce sont les ciels très divers qui, en 5 mètres de longueur, vont se déployer sous nos yeux.  Le ciel Bleu noir, cédant la place à la luminosité bleu azur traversée par l’arc en ciel. (C’est le  mythe accompagnant Iris qui relie le ciel à la terre) .
Plus bas ce sont les défilés des cumulus très volumineux, suivis des nimbus sur un fond en dégradés jusqu’à la lumière blanche éclatante au bord des montagnes de 4000  mètres : repère de l’ aigle royal.
– Plus au centre de l’univers céleste la Lumière rayonne autour de Gengis Khan  (suggérant Dieu le père ou encore Zeus et son foudre éclatant).
– Plus loin à droite de ce ciel qui occupe la moitié de la toile  (soit 1 mètre 50 x 5 m) apparait une surface lumineuse  se dégageant d’une masse obscure dominant  la  capitale Oulan Bator.

Oulan Bator est une cité, une  capitale très riche et moderne mais aussi très polluée. La pollution provient de l’entassement des populations venues des steppes  surtout du chauffage. Les gens occupent une multitude de Yourtes, parfois dans une vie misérable qui génère une grande pollution. C’est un paysage urbain d’où s’élève ce gros nuage noir.
– Dans cette même partie à droite, le gros nuage noir déverse une pluie intense sur la ville.
– Toujours les variations de lumières, de contrastes et de phénomènes météorologiques très variés mettent en valeur l’immensité de ce territoire de l’Asie centrale, de la Grèce à la Chine. Ce grand couloir qui fut aussi la route de la Soie de Samarkand à Boukhara.

Enfin la moitié inférieure de la toile est consacrée à la terre et aux animaux qui peuvent se chiffrer à 25 millions de têtes de bétail. Il y a les  immenses troupeaux de chevaux sur tout le territoire. Les bovins se développent près d’Oulan Bator, la capitale. La France y envoie de nombreuses vaches Montbéliardes pour l’élevage. La population s’accroit beaucoup dans la  région d’Oulan Bator et il faut subvenir aux besoins.
Les moutons et les chameaux sont nombreux. Citons en particulier les chameaux au longs poils roux qui sont magnifiques.
Ce sont les Mongoles nomades (environ 800 000 ) qui s’occupent de ces troupeaux tout en conservant les traditions ancestrales.

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Projet dessiné pour une toile de 5 mètres x 3, « La Mongolie » – R. Dumoux ©viapictura.com

– Les Religions
En Asie centrale la 1ère religion est le Chamanisme, c’est à dire le BOO des peuples des  steppes. Face aux phénomènes de la nature les nomades croient en une Force suprême cachée. Le Ciel est le premier Dieu Unique d’où émergent d’autres divinités, les éléments  comme le feu, l’eau, la terre, l’air.
Matin et soir Gengis Khan au XIIIéme siècle priait vers le ciel.
Actuellement en Mongolie la tradition du chamanisme est très forte : La Notion essentielle est que chaque élément de la nature doit être respecté et vénéré. Le chaman travaille par divination et par Magie préventive pour soigner et chasser les mauvais esprits.

L’autre religion présente est le Bouddhisme (introduit au 15éme siècle ) qui partage le choix religieux du peuple avec le Chamanisme. Bouddhisme et Chamanisme n’étant pas incompatibles.
Puis, après les conquêtes, ce sera pour Gengis Khan, empereur, la reconstruction de tous les territoires. A Boukhara l’Islam s’impose. On reconnaîtra la richesse spectaculaire des mosquées, leur grande beauté. D’où dans mon tableau, la présence d’une mosquée dont  l’ornementation abstraite, monumentale, est très colorée.

Dans un article de Art Press Thibaut de Ruyter parle de l’Asie centrale de l’Ex Union Soviétique. En 2014 il y eut une Mission par le Goethe Institut en Ouzbekistan pour étudier les transformations en Art et dans d’autre pays : les changements opérés après la chute du communisme.

En 2016 on a organisé une exposition et des centres d’art en ont rapporté les images des présentations :
On a découvert  en économie comme en tous les domaines de la vie, que ces pays d’Asie centrale étaient à la recherche d’une identité d’expression artistique et d’une Histoire particulière ; contrairement à ce qui se passe parfois, en occident l’art actuel n’est  souvent fasciné que par  la « réussite » et l’argent , c’est à dire : par le diable d’argent.

On peut s’interroger sur les évolutions possibles, hors de directives uniques et globales.
Nous comprenons que tout ce que nous avons considéré comme union au XXéme, tout cela va laisser place à une autre recherche, celle de notre histoire de nos sources de nos libertés et de nos origines particulières à chaque pays.

Ce que précisément je cultive en art  (voir le site viapictura.com )
Pour un art plus lisible et inspirant, aidant à comprendre nos sources, qui ailleurs respectent celles d’autres pays ou cultures.
C’est pourquoi, en Asie centrale, chaque pays développera sa propre identité,  son histoire personnelle. Par exemple la Géorgie avec  son identité propre :
La Géorgie est une charmante destination touristique et la Gastronomie Géorgienne est la référence d’une identité culturelle, une valeur sûre conservant un trait d’union entre tous les pays.

Ces diverses approches et observations m’ont permis de voir, d’étudier une composition et surtout de m’inspirer à partir des paysages exceptionnels et aussi de la pensée de l’empereur céleste Gengis Khan qui a réuni des peuples en respectant leur culture et leur religion.

 R. Dumoux
www.viapictura.com

RODIN LES DESSINS NOIRS. Pour la porte de l’enfer.

Image à la une : Auguste Rodin (1840 -1917) Ugolin entouré de trois enfants – Vers 1880 – Crayon, plume et lavis, encre et gouache sur papier H. 17,3 cm ; L. 13,7 cm – D.7627 – Ancienne collection Maurice Fenaille, acquis en 1929 ? Crédit photo : Musée Rodin

Le centenaire de Rodin : Les dessins noirs

Plutôt que de célébrer la date anniversaire de Rodin et de dire ou rappeler les caractéristiques bien connues de son œuvre, j’ai préféré m’entretenir de certains aspects importants et parfois moins connus de Rodin.

En particulier j’ai retenu  son corpus de dessins tels que les « dessins noirs », au nombre de 600 et consacrés à la Porte de l’Enfer.
.Cette appellation, les dessins noirs, se rapporte à la majorité des 600 dessins de Rodin, réalisés au moment de sa recherche pour la Porte de l’Enfer. C’est un moment fort dans l’œuvre de Rodin, et c’est pour ce travail que Bourdelle a créé ce mot.
Ces dessins sont d’un grande richesse et d’une grande diversité autour de la porte de l’enfer.
Ce sont de petits formats (de 10 à 15 ou 20 centimètres) sur des papiers médiocres ordinaires. Il peut commencer une esquiss et ensuite la coller sur une plus grande feuille pour dessiner autour, ajouter d’autres figures puis des couleurs, des gris, noirs et aussi rajouter un petit dessin collé.
Parfois il utilise  le dos d’un papier imprimé ou bien sur le recto on voit les traces d’une marque ou d’une adresse imprimée, comme avec un imprimé de 1882.
La qualification de « dessins noirs » correspond à la partie dessinée de l’œuvre de Rodin. Bourdelle en est à l’origine car il l’admire profondément. Ainsi on a fini par utiliser ce terme  pour l’ensemble de la production dessinée de Rodin de 1875 à 1890.
On retrouve les mêmes caractéristiques pour les dessins des Fleurs du Mal de  Baudelaire et les études dessinées par Rodin pour sa sculpture de Victor Hugo.

La source majeure des dessins noirs de Rodin est l’Enfer de Dante.
Pendant un an il a « vécu « avec Dante et il a dessiné les 8 cycles de l’Enfer, mais, sans suivre vraiment les phases du poème chant par chant.
Rodin est simplement attiré par certains épisodes précis  pour  dessiner ou faire des esquisses.
Rodin sépare les cercles fondamentaux  de Dante qui programme les tourments et supplices.
Il ne conserve de Dante  que l’ambiance et quelques images. Enfin il n’hésite pas à mêler des images des Métamorphoses d’Ovide ou aussi des Fleurs du Mal.
Rodin n’est pas un illustrateur ni un copiste et son travail devient  l’Enfer de Rodin

Les Dessins de Rodin sont souvent sans titre et ne sont jamais datés. Pour Rodin les champs d’expression se mêlent, se contaminent. Dans ses dessins il utilise des études directes du chant de Dante sans les modifier Et aussi ses travaux pour les vases de Sèvres qui viennent se mêler à sa recherche.
Cette Contamination est une caractéristique du travail de Rodin.

En 1897, il y eut la publication des dessinsde l’Album Fenaille. Cet album montre la dimension récupératrice du travail de Rodin pour déterminer ses composantes personnelles de sa porte de l’enfer.

Rodin a lu et relu la divine Comédie. Il avait souvent dans sa poche une petite édition du texte de Dante. La source Majeure de Rodin est en effet le poème de Dante Alighieri.
Cette publication montre 3 chapitres : L’enfer, Les Limbes, et les études. Et dans ces 3 parties on trouve des œuvres intitulées Ombres qui y figurent largement.

Là également  il existe chez Rodin une tendance à la licence poétique, licence qui aboutira à la publication des Cathédrales de France avec de grandes envolées lyriques .
Peu à peu, dessin après dessin, on aboutit à la création de ces innombrables poèmes qui composent la Porte de l’Enfer.

Actuellement des dessins noirs sur les 600 pour la Porte apparaissent sur le marché de l’art.

J’ai écrit cet article car l’œuvre dessiné de Rodin est peu connu, alors qu’en réalité il est pour Rodin essentiel, en première position, dans tout son travail.

A titre personnel je me sens en harmonie avec cette multiplicité de dessins de toutes techniques et de tous formats, dont le corpus d’ensemble est évalué à plusieurs milliers.

Raymond Dumoux
Voir sur www.vapictura.com sous le lien « dessins »

-> voir la collections de dessins de Rodin – Musée Rodin

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« L’enfer » – dessin 3 crayons et mine de plomb. 21 x 29 cm – Raymond Dumoux

Le Mandala

Image à la une : « L’Asie » toile de 5 mètres x 3 – extraite du Pictorama, ensembe monumental peint de Raymond Dumoux – viapictura.com

Il s’agit de la manifestation la plus  évidente du Bouddhisme.

(En Extrême Orient, le bouddhisme ésotérique existe à partir du 7 éme siècle.) ( Le Tantrisme est le prolongement direct du Bouddhisme du grand Véhicule.) (Bouddha est né en 623 avant notre ère)

Le bouddhisme tantrique autorise le salut en une seule vie terrestre, donnant à chacun le moyen d’échapper au cycle des réincarnations.
Dans la liturgie du tantrisme les dévots privilégient les pratiques pieuses comme la récitation incessante de formules sacrées et les pèlerinages. Les érudits sont initiés à des rituels complexes et ils parviennent à des degrés de plus en plus élevés dans le détachement du monde.
Les grands mystiques se livrent aux ascèses les plus difficiles, jusqu’à se faire emmurer comme les grands accomplis indiens.
Rien n’est rejeté du message originel du Bouddha. Au départ il y eut une simplicité primordiale, puis 12 siècles d’ajouts, de débats et de pratiques liturgiques variées qui aboutissent finalement  au Bouddhisme tantrique au VIIéme siècle de notre ère.
Ce sera la dernière phase  de la pensée indienne avec une culture religieuse très riche.

Le Mandala : ce mot du bouddhisme tantrique fait l’objet de diverses interprétations. Il signifie : disque, cercle, et donc territoire.
La cosmogonie brahmanique présente ainsi l’univers par la forme d’un disque avec au centre une montagne, axe du monde et les océans, continents se répartissent autour de de ce mont. Il y a des parallèles entre le mandala bouddhique et les cosmogonies d’autres civilisations.
Le centre du monde c’est le temple de la divinité, et  le cosmogramme en est  le résumé. L’autel est aussi considéré comme une sorte de résumé de l’Univers. Ainsi on met en relation microcosme et macrocosme.
(Selon Jung, les schémas de certains malades mentaux font penser à des mandalas.)

Enfin le mot Mandala renvoie à l’idée d’une représentation microscopique. Il s’applique au corps de l’homme dont chaque partie est en correspondance avec un élément du cosmos, corps gigantesque avec tous les aspects du monde.
(Le corps humain dans le Yoga est parcouru de canaux et de centres où résident des divinités. Le corps est considéré pendant les exercices de Yoga  comme un vrai mandala.)

Moines dessinant un Mandala de poudres colorées

Divers Mandalas :

–  Les plus anciens mandalas sont réalisés en poudres colorées. (technique encore actuelle du Bouddha Tibétain, par exemple au monastère des mille Bouddhas de Kaghiu Ling à Toulon-sur-Arroux (France)
– De même on confectionne des maquettes représentant des mandalas. Ces maquettes sont ornées de statuettes amovibles. Certains petits bronzes conservés proviennent de mandalas.
– D’autres fois certains mandalas sont des lotus en bronze aux pétales articulés  qui s’entrouvrent et révèlent une divinité et sa suite. Tels sont les mandalas en bronze doré en Chine au 17éme siècle.
– La plupart des mandalas himalayens sont peints sur toile mais ils jouent le même rôle liturgique que les mandalas éphémères faits de poudres.


Il y a 3 types de mandalas peints :

1 – Des diagrammes présentant de déités sous forme anthropomorphe

2 – Le 2nd type présente des divinités symboliques : elles sont représentées par des syllabes Graines. (Plan de la parole)

3 – Le 3eme type est le plan de la pensée et les divinités sont évoquées par leurs attributs principaux.

Mandala peint sur le plafond de la porte d un temple bouddhiste à Thimphou (Bhutan)


Mandala et architecture
:

A l’origine des architectures, il y a en Inde des mandalas en trois dimensions avec des figurines. Ce sont de vrais modello de palais divins. En Inde et à Java en particulier :  Borobudur ( IX éme siècle) est un stupa gigantesque, sorte de mandala en architecture.
Dans l’Himalaya et au Boutan en architecture, autour du Bouddha suprême, il y a une série de chapelles sur 6 étages. Sont ainsi représentées toutes les divinités du Panthéon Bouddhique.


Dernier aspect important des mandalas :

Ceux qui sont peints en grandes dimensions sur les murs. Chaque Mandala étant un accomplissement spirituel.
A Dunhuang dans la cachette des cavernes on découvre des diagrammes sur papier avec des formules conjuratoires. Ces œuvres spectaculaires dans les cavernes sont des peintures murales qui suivent fidèlement le prescription du Bouddhisme du Grand Véhicule ou Mahayana.


Remarques :

Les textes ésotériques désignent par mandalas les palais célestes des divinités hors du monde phénoménal. Ce sont des lieux abstraits d’ordonnance purement mentale. Le mandala essaie de faire évoluer vers l’Éveil, grâce à la présence des divinités. Il s’agit de prendre conscience de la vacuité universelle. Le mandala ne sert pas à présider à  une connaissance ni à l’harmonie entre l’individu et le cosmos.

Le Mandala a pour finalité la dissolution de l’illusion du moi dans un état indéfinissable, jusqu’à l’Extinction.

Les antécédents : cette conception du Mandala est due à l’origine aux multiples  pratiques de dévotion du Bouddhisme ancien du « grand Véhicule ». Par exemple le Mahayana est une forme embryonnaire du mandala. Ainsi à Allora dans une caverne bouddhique, 9 personnages sont réunis dans des cases de  3 par 3, la case centrale étant occupée par le bouddha Cakyamuni.

Autre remarque : le bouddhisme tantrique systématise les associations aux régions de l’espace avec au sommet son Panthéon de 5 Bouddhas de méditation. Ces associations permettent de produire des schémas graphiques conduisant à des mandalas. Certains Bouddhas sont appelés Jina et ils se répartissent autour des stupa : ce sont des tumulus reliquaires, monuments fondamentaux du Bouddhisme. Le plus célèbre est dans l’Himalaya proche de Kathmandou. (Hors de l’Inde à Java les Jina garnissent le temple de Borobudur.)

N. B.  Pour plus de précisions, il est conseillé de rechercher les sites essentiels qui sont cités ici

: Dunhuang, Allora, Borobudur,  Kathmandou  

Cet article peut être mis en relation avec mes créations : les toiles de 5 m x 3 de mon ensemble peint Pictorama, à propos de l’Asie ou de l’Inde, œuvres  visibles sous le lien Pictorama sur www.viapictura.com (en référence aussi à des articles sur mon blog viapictura : Asie  ou Inde)

NB : Le pictorama est un ensemble monumental peint composé de 60 toiles de 5 m x 3 m chacune. Panorama de l’histoire de l’humanité au cours des siècles jusqu’à nous et se projetant dans le futur avec la conquête de l’espace ou la robotique et les implants .

R. Dumoux

www.viapictura.com

La Mésopotamie : Origine de notre Histoire

Image à la une : « La tour de Babel » vue dans l’atelier. Tempera sur toile – 5 mètres x 3 – R. Dumoux ©viapictura.com

Il s’agit dans cet article d’évoquer la naissance de la civilisation, avec l’approche de la Mésopotamie.
( Précédemment on a pu s’intéresser aux origines mêmes de l’humain. En se consacrant aux lieux ou pays qui au delà des millénaires ont réussi à faire naitre à créer l’apparition de l’humanité, dépassant le monde animal.)

La Mésopotamie présente les premiers signes de la civilisation, signes qui vont prévaloir  dans les diverses civilisations de la planète, au cours des siècles.

• 1852  c’est la découverte de la Mésopotamie, avec le début des fouilles de  KHORSABAD. Il s’ensuit un grand engouement, et une science, en raison de l’importance majeure du patrimoine pour l’humanité. Importance accrue du fait  de la menace actuelle sur ce patrimoine.
L’Assyriologie  devient une discipline. Cette science s’intéresse à tout ce qui s’est passé dans ce pays avant la conquête d’Alexandre Le Grand en 331  avant J. C. Ce passé vertigineux a été étudié depuis 10 000 avant J.C.
Alors un territoire plus précis se distingue avec l’Irak actuel, le Koweit, une partie de la Syrie et de la Turquie. C’est une vaste plaine entre les deux fleuves venus du Nord : la Mésopotamie entre le Tigre et l’Euphrate. On distingue deux régions principales : l’Assyrie et la Babylonie dont l’influence s’étend  en Syrie à Suse.
Cette Mésopotamie  est plurielle mais a aussi une grande unité.

Cette région riche en agriculture et aussi pour l’élevage à cause du sol très fertile,  mais elle doit chercher  ailleurs d’autres ressources qui lui manquent  telles que le métal et la pierre.
Ainsi des échanges ont lieu avec d’autres pays  et s’ensuit un commerce important. Les artisanats sont très développés pour la métallurgie, la vannerie et les matières vitreuses. Pour toutes ces raisons, c’est une région traversée par des marchands et des mouvements de population.

• Les populations sont les Sumériens et les Akkadiens et d’autres groupes comme les Araméens, les Amorties, les Hurrites et les Kassites.
Les pluralités s’expriment  dans  les dialectes locaux. De grands roi conquérants unifient et pacifient les territoires : par exemple, Sargon Hammourabi Assurbanipal Nabuchodonosor.
Les différentes cultures sont unies par l’économie, par la religion, et l’écriture cunéiforme  est commune à tous. Elle permet le rayonnement de la culture de Mésopotamie.

La Mésopotamie, le Pays de l’argile.

Cette terre, l’argile, a été très importante pour le pays car elle a été le support principal de l’écriture, la première écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers l’an 3200 avant J.C. Ainsi va se conter l’histoire de la Mésopotamie dans les détails.
L’argile est le matériau de base pour l’écriture mais aussi pour l’architecture.

Depuis la préhistoire cette terre est omniprésente, et tellement qu’il est dit que l’homme a été  créé à partir d’argile par le Dieu Enki.
La céramique apparait vers 7 000 ans  av J.C .
L’argile est le matériau de base de la civilisation. des milliers de briques permettent de construire d’immenses villes, des ziggourat et des bâtiments énormes comme la tour de Babel. Et la Brique sert de pierre et le Bitume de mortier, de joint contre l’humidité. L’argile a ainsi permis la construction extraordinaire des jardins de Babylone.

Il n’y a pas de pierre en Babylonie, mais ce pays est riche en agriculture avec les Grains de Cérès, le blé. C’est un Eden de l’agriculture. La plaine est couverte de palmiers. Hérodote dit que l’on en tire des fruits et du vin. Pour ce faire, on a inventé l’irrigation avec des machines hydrauliques des réseaux de canaux. L’irrigation commence en 6 000 ans avant J.C. Le Tigre et l’Euphrate sont les seuls fleuves du Paradis terrestre. Pour cela il y eut aussi la force du Travail et l’inventivité des hommes.
Les fleuves sont la  voie de circulation naturelle pour les bateaux et le commerce. Ces fleuves sont dangereux et imprévisibles avec les crues ; (le récit du Déluge avec le dieu Enki fut imaginé et continué dans la Bible.)

Ce pays était exposé aux raids aux envahissements pour exterminer des peuples. Ainsi fut créé un récit mésopotamien à propos du Déluge, un récit magnifique : ce fut  l’épopée de GILGAMESH . Les faits sont décrits tels que on les lira plus tard dans la Bible.
Outre la savoir scientifique et le création des villes et de l’écriture, la Mésopotamie nous a donné des mythes et des récits magnifiques, d’un grande sagesse.

Cette culture a peu à peu disparu après la conquête grecque. Et il en résulta un grand rayonnement pour cette culture.
Aussi la Mésopotamie est vue comme le berceau de l’humanité et la première étape majeure dans l’histoire de l’humanité.
Actuellement cette force première est menacée par les destructions de sociétés barbares. Ce paysdemeure une civilisation antique de première importance pour notre civilisation, comme ancêtre de la culture de l’architecture et de la Bible.  A protéger d’urgence .


LES CITES, 4000 ans avant notre ère.
Les premières villes sont apparues entre le Tigre et l’Euphrate, avec les innovations techniques autour de l’agriculture, du commerce, des échanges et technologies scientifiques. Le fonctionnement repose sur l’invention de l’écriture, faisant avancer les sociétés au delà de l’oral. Avec en plus le décompte du temps selon le calendrier divisé en 12 mois et le savoir astronomique.

Toute l’histoire des ROIS et des empires se révèle avec précision avec l’histoire des VILLES importantes telles que :
Uruk, UR, NIPPUR, NINIVE, BABYLONE, ASSUR, MARDUK.

Un exemple : Babylone La perle de l’Orient ancien.
C’est la capitale d’empire avec Hammurabi au 17éme siécle. C’est une mégapole. Elle enflamme l’imagination par sa démesure et par sa ziggourat de 70 mètre de haut. Cette capitale présente une très grande voie d’échange avec la magnifiques porte d’Ishtar (reconstituée à Berlin). Les villes sont les piliers de la civilisation en Babylonie.

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Porte d’Ishtar. Musée du Pergame, Berlin

 

La description de la Mésopotamie est très complexe et importante, car elle présente pour la première fois, tous les fondements de la civilisation, de la culture, de la justice, de l’architecture et des matériaux comme de l’agriculture et des échanges et communications avec les autres pays.

Bien que les bases soient ainsi posées, il convient de compléter ensuite cette introduction à  la naissance de la Civilisation, par une étude plus complète et détaillée.
 

Le document de cet article est une toile de 5 mètres x 3 que j’ai réalisé a tempéra : la Tour de Babel. Cette toile est un élément de mon ensemble monumental peint composé de plus de 60 toiles de 5 mètres x 3 chacune. Panorama  évoquant l’histoire de l’humanité depuis le Big Bang et traversant les siècles, jusqu’à nos jours pour se projeter dans le Futur avec la conquête de l’espace, les implants ou les robots, la génétique.

R. Dumoux
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Le XVIIIème siècle. LES FÊTES GALANTES. Watteau

Image à la une : Antoine Watteau, « L’amour paisible » – vers 1718

Il faut citer, regarder les peintres : Watteau, Fragonard, Boucher. Mais aussi Chardin, Greuze, Carl van Loo, de La Tour, Nattier, Prud’hon, Oudry.
La mort de Priam de Lancret,  Hubert Robert, le rococo avec Gabriel Lemonnier, Nattier, Panini,  Joseph Vernet, Gabriel de St Aubin, Subleiras, Zoffany dans sa galerie de sculptures et aussi de peintures. Il faut aussi visiter les Débuts de la Muséologie des Lumières. Comprendre l’origine du mot Musée : Mouseion créée à Alexandrie au IIIéme  siècle av. J.C.
Il faut visiter enfin, Zoffany « la tribune des Offices », Jean François de Troy, Nicolas de Largillière. Le néoclassicisme apparu avec Vien et aussi Fragonard.


Le XVIIIéme  est le théâtre de DIVERS MOUVEMENTS PICTURAUX :
Depuis  la continuité du classicisme de l’Académie il y eut divers courants qui ont évolué  au cours du siècle des Lumières :

C’est le moment des Fêtes Galantes qui vont couvrir tout le siècle avec diverses variantes. S’impose la peinture de Watteau, libéré de l’académie et se tournant vers des commandes privées avec son art de liberté, avec les scènes de parties de campagne, de repas champêtres dans un cadre de paysages bucoliques. 
– Et  puis à la suite il y eut le rococo qui intensifie les caractéristiques de la scène galante, parfois en exagérant jusqu’à l’outrance. Le sentiment de la nature s’est aussi fortement développé.
– Et apparait la peinture Néo classique avec le retour à l’antique de Pompéo Batoni et sa peinture  mythologique.
– A la fin du XVIIIéme siècle, après le rococo, apparait le néo classicisme. Ce sera Vien qui traite des thèmes semblables à Watteau, mais avec une approche statique : Par exemple avec son tableau « Couronnement de fleurs ». Fragonard aussi est passionné par l’obsession de l’antique liée à la légèreté de la Fête Galante et de la Comedia del Arte. Il peint ainsi des chefs d’œuvre comme « la Fête à St Cloud « 


La Fête galante est  capitale  dans l’art du XVIIIéme siècle. Watteau en est un créateur illustre.

            Un exemple : Le tableau de Watteau  » l’amour paisible » présente les caractéristiques, paysages et décors de la Fête Galante.
Le paysage du monde rural, des cultures et des très hautes montagnes est souvent présent, avec aussi de nombreuses traces de l’homme. Le cadre naturel est souvent le midi parfois aussi dans le Nord et les Flandres. Il y a une double inspiration méridionale et flamande. Cependant le paysage italianisant est très en harmonie et idéal pour la Fête galante.
D’autre part, le décor dans la fête galante est animé de Sculptures ou Fontaines comme dans un parc. C’est un cadre semi naturel.
La scène avec les 4 hommes et les 3 femmes et un chien sera axée sur la séduction : elle montre l’harmonie entre l’homme et la nature et donne un cadre idéal  pour des conquêtes et entretiens libérés de la ville et des conventions sociales.

           Tout est fait pour renforcer les liens entre l’homme avec la nature.
Ce cadre harmonieux est souvent animé de conversations omniprésentes ou par des musiciens. Mais il n’y a pas trop de récit. Que se passe t’ il dans ces tableaux? On ne sait trop?
Il y a une sorte d’insouciance et pas spécialement d’action. Le chien souvent au 1er plan témoigne de cette tranquillité.
On découvre peu d’action dans la fête galante : c’est un genre élégiaque et bucolique. Sa sensibilité est celle d’une Pastorale qui touche notre sensibilité.

La principale source picturale pour la Fête Galante, c’est la Pastorale Italienne : il y a un rapprochement avec la tradition du paysage de Titien et Giorgione comme par exemple la beauté du paysage du midi où se côtoient des gens à la mode, des musiciens, des femmes nues : l’ensemble préfigure les Fêtes galantes.
D’autre éléments de la Fête Galante sont empruntés aux scènes rurales, des peintres flamands et hollandais tels Tenniers et Wouverman : ce sont le fêtes de village, les kermesses, les orchestres : on visite le charme de la champagne.

Aux deux sources de Watteau, la Pastorale Italienne et les sources flamandes et hollandaises, s’ajoute un nouvel élément : le  monde du Théâtre. Les acteurs s’animent et deviennent des individus à part entière comme les personnages du tableau. Le tableau  en arrive ainsi à refléter les idéaux sociaux de l’époque et Watteau, il exprime un idéal social qui s’est diffusé en France à la fin du XVIIIéme siècle.


             La pratique de la Galanterie au XVIIIéme est une caractéristique  de civilisation (pas seulement dans le sens amoureux) qui contrôle les conflits sociaux, la culture, tout ce qui se rapporte au domaine social dans  ses divers aspects.
On cultive l’art de la conversation, très civilisateur. Il devient d’une grande importance et crucial dans l’art de Watteau. Les figures de Watteau sont très humaines et sociables : elles expriment divers sentiments tels que l’amour, le désir, l’ironie, la solitude, l’âme, toute la personnalité.

Avec Watteau, la Fête galante venue de modèles flamands et vénitiens s’est adaptée avec finesse à la société  française.


             L’Académie distinguait la peinture d’histoire des Talents particuliers. Et avec le portrait et le paysage, les talents particuliers n’avaient pas d’obligation précise ni de hiérarchie et donc pouvaient se développer aisément par rapport à la peinture d’histoire. Ainsi Watteau fut reçu à l’Académie comme peintre d’histoire à cause des aspects narratifs et historiques. Il y avait là une certaine liberté… celle des Fêtes Galantes. Termes retenus  aussi par l’Académie pour Nicolas Lancret et Jean Baptiste Pater, figures majeures de l’époque dans ces domaines.
L’époque eut de la peine à définir la Fête Galante comme Genre. Et l’Académie eut de la difficulté à parler de la scène galante car elle lui paraissait inclassable et présentait une ouverture d’esprit, une souplesse révolutionnaire échappant aux carcans de la théorie. Souplesse qui d’ailleurs caractérisait déjà si bien l’époque  de Watteau, cet  esprit d’ouverture, de grand air et de liberté.


Les Grands collectionneurs furent séduits par l’art de Watteau, par son contenu.
Ainsi parut le Recueil Julienne en 4 volumes  comme un ouvrage exhaustif sur cet artiste : 2 volumes étaient consacrés aux dessins innombrables de Watteau et en consacraient l’originalité.
Le monde de l’estampe et les épreuves de gravure se sont multipliées et ont ainsi constitué un inépuisable réservoir de motifs et de modèles d’inspiration, qui sera largement diffusé et a façonné les arts visuels  et décoratifs.
Tout cela grâce au Recueil Julienne du milieu du XVIIIéme (qui ensuite sera remplacé par un langage propre à Boucher).

Artistes et collectionneurs, à ce moment voient dans la Fête Galante le domaine de la définition et du développement de la Modernité artistique.

Il est nécessaire de citer quelques artistes majeurs de cette époque. Et en particulier  de comprendre les débuts de la Fête galante avec Antoine Watteau :
Pierre Antoine Quillard (et l’île de Cythère), Jean Baptiste Pater (Baigneuses à une fontaine dans un paysage ), Boucher (et la pêche Chinoise et les Chinoiseries), Nicolas Lancret  (les plaisirs du Bain et le Repas au retour de chasse) Fragonard.


Watteau et les débuts de la Fête Galante.
Au XVIIIéme siècle, la fête galante se situe dans la tradition de la Pastorale italienne mais aussi des scènes de la vie rurale flamande et hollandaise.
Watteau n’a jamais eu de formation précise en perspective, étude de nu ou de théorie de l’art. Il a copié les maîtres anciens et il s’est associé avec Claude Gillot et Claude Audran  grâce auxquels il découvre  les images du théâtre.
Aussi il va dessiner, représenter des scènes de conversation entre le théâtre et la vie, des conversations entre des acteurs et des gens qu’il connait. Il est aussi très influencé par les décors d’arabesques, comme un genre ornemental associant des éléments hétérogènes : des singeries, de la Mythologie antique aux chinoiseries, des scènes quotidiennes ou de genre mêlées à des allégories spirituelles. Il utilise aussi beaucoup des scènes villageoises dans le style de Téniers .

             Pour Watteau l’île de Cythère fut un tableau, une suite importante qui va aboutir au thème de la Fête Galante. Ce thème fut accepté comme genre historique et cet esprit imprègne les esprits, définissant la pensée du siècle.

On l’a dit la Fête galante revisite les Pastorales des paysages italiens et le genre flamand et hollandais. Aussi à l’époque on considérait Watteau comme le Téniers Français. Effectivement c’est à partir de Téniers qu’il découvert la peinture de Genre.
Watteau dessinait beaucoup : ses dessins pris isolément, il les intégrait directement dans ses compositions par ajouts successifs.. Ainsi Watteau a peu produit d’esquisses  préparatoires pour ses tableaux.
Le Succès de Watteau attire de nombreux artistes vers ce genre nouveau de la Fête galante.
Jean Baptiste Pater est le seul élève connu de Watteau. Il a suivi Watteau à la lettre mais ensuite il a ajouté des baigneuses à ses compositions pour obtenir un aspect plus sensuel dans la Fête Galante.

Nicolas Lancret atteint son sommet avec Watteau, comme inspiré par une appropriation de son style. Grâce à Lancret la Fête Galante devient une tradition majeure de l’innovation artistique  au XVIIIéme siècle.

Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild
Nicolas Lancret (1690-1743). Baigneuses et spectateurs dans un paysage (Les Plaisirs du bain). Avant 1725, huile sur toile, 97 x 145 cm. Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, collection du baron Edmond de Rothschild

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La GRAVURE mon travail actuel

Image à la une : l’atelier de gravure de Raymond Dumoux (Photo Stéphane Dussably, ©viapictura.com)

De longue date je travaille durant chaque hiver à la gravure en pointe sèche ou à l’eau forte et au burin.

Cette année de nouvelles réflexions se font jour relativement à ce travail.
L’écriture, la gravure, le Livre, l’expression d’une intention, d’un dessein, d’un graphisme particulier (ici par les procédés de la taille douce) sont bien présentes et comme confirmées ..
Il s’agit là de la faculté de dire, d’exprimer et de transmettre des notions, des concepts permanents de la culture. Aussi nous pouvons nous ressourcer dans Homère, Horace, Ovide ou Jésus. Se ressourcer aussi pour transmettre et sensibiliser les autres à ce qui fait la richesse de notre culture, depuis Sumer et l’épopée de Gilgamesh (voir Blog viapictura Gilgamesh)

La  gravure comme l’écriture semble être une fonction du langage qui se pratique, se perpétue  par les mots, par les signes cunéiformes, par les lettres, par les phrases et les images.
Le signe gravé est un geste, un appel dans l’espace, un mouvement, une Danse. Il est chargé d’une expression émotive et ensuite il devient  un mot, une image, une métaphore. Il prépare à une communication profonde avec autrui. Il résulte d’un bon fonctionnement physique des muscles tendons ou nerfs avec suffisamment de force et souplesse… depuis la Main qui parle.

Toujours en considérant le lien entre notre corps physique et l’écriture, la planche gravée sur cuivre offre au toucher, en l’effleurant, un plaisir des sens, une familiarité de lecture (qui peut faire penser à l’écriture braille)

Et aussi se discernent les contours, les formes, aplats et dégradés comme si on ressent les profils et modelés d’un portrait en médaille dans ses moindres finesses.
Ainsi on pense là aux camées et aux portraits antiques jusqu’à nos médailles réalistes des portraits de personnalité sur certaines pièces de monnaie.
Mais il s’agit là d’un autre grand chapitre de l’Histoire de l’art.


En fait il existe deux éléments à distinguer dans la pratique de la gravure en taille douce.

– D’une part l’atelier du graveur, son organisation rigoureuse avec tout l’outillage et son ordonnance précise pour des réalisations parfaites

D’autre part, l’esprit du graveur qui surgit, né de ces pratiques du métier mais aussi surtout d’un ailleurs humain du graveur, comme un fluide avec sa culture, jusqu’à sa main, dans l’intimité de ses muscles et de son système nerveux qui détermine des gestes très personnels, avec un élan, un lyrisme vital qui se déroule depuis ses neurones. Comme si se situait là, la vérité du graveur… dans  une véritable calligraphie personnelle.


L’atelier de gravure de Carole Texier à Paris. (http://www.caroletexier.com/media)
Maxime Préaud dans « Nouvelles de l’Estampe » donne une description du plus grand intérêt, de son installation et de tout l’outillage nécessaire à la pratique de la gravure :

Sont passés en revue la situation de cet atelier et ses divers compartiments. Il y a l’orientation de la fenêtre au Nord, devant la table, protégé de la lumière trop forte et irrégulière par un calque.
Il y a la table encombrée de burins, d’une pierre à aiguiser, une loupe, une paire de ciseaux au bout arrondi, des grattoirs, ébarboirs, des échoppes. On découvre une boîte emplie de tortillons de cuivre, comme des spirales obtenues par le glissement du burin sur le cuivre au moment de graver les courbes.. Tout proche un ébavureur qui permet de biseauter les bords du cuivre. D’autres petits outils tels un cutter, une lime, une plaque de cuivre pour tester l’affutage du burin, une pince à épiler.
De l’autre côté de la table à dessin, il y a des étagères sur lesquelles s’entassent des papiers, des blocs de dessins, de vieilles photos, des pastels. Le long du mur on découvre des rouleaux de papier, sur une table de nuit des gants blancs pour ne pas salir les estampes, des bouchons de liège pour planter les burins et les protéger. Sur une cheminée, 22 volumes de la collection  Nelson (il yen a 451)
Toujours sur la cheminée  en marbre rouge on voit des sculptures en chêne calciné et ciré  représentant des pénitents de Séville, des plies de plaques de cuivre travaillées ou non
On aperçoit une estampe du livre de Carole Texier : Nazareno de Séville, des gravures en bois de 2015, la semaine sainte : ce sont les différentes confréries de pénitents qui défilent dans les rues de Séville ;
Et puis on remarque aussi les rayonnages d’une bibliothèque. Une partie est réservée à la musique ! le flamenco , Fitzgerald. Il y a des romans Russes  Tolstoï, Dostoïevski, Guerre et Paix de Tolstoï. Des arabes comme Mahfouz, des livres sur l’art  et en particulier « Le Traité du Burin de Flocon »

Ainsi c’est une impressionnante découverte que l’atelier de Carole Texier à Paris. Nous est dévoilé un véritable métier d’art dans toute sa complexité et sa richesse.


Bien que travaillant moi même la gravure et connaissant ces pratiques, depuis des années, je suis impressionné, devant cette organisation parfaite, sans commune mesure avec mon atelier  personnel qui apparait  plus pauvre.  Je dispose cependant d’une belle petite presse à taille douce et de tous les outils de base.
Dans la description de mon atelier apparait surtout son caractère humble, humide avec parfois des moisissures ici ou là . On ressent des humidités et des mousses, des poussières et toute une présence qui fait songer aux élevages de poussières de Marcel Duchamp.

Il y a des entassements divers, des catalogues anciens, des piles de vieux journaux ou chiffons, du papier de journal froissé et noirci qui a servi aux premiers essuyages des plaques, selon un usage courant. Des pots de peinture sur des rayonnages de fortune. Il y a ma presse  et tout près une table de travail, recouverte d’épais journaux comme un coussin .
Et autour de cette table sur un rayonnage sont bien en évidence les outils essentiels de la gravure : les encres, boîtes ou tubes, les tampons à encre, des bouchons de liège préparés pour les encrages, des boîtes contenant des burins protégés de bouchons de liège. De chaque côté de cette table  son entassées des piles de cuivre de gravures plus abouties et enveloppées. On distingue un réchaud à gaz et des  abrasifs légers, gomme à gravure. Sur d’autres étagères des bouteilles d’acide, un flacon de Miror et puis il y a de la tarlatane sur un fil tendu au plafond avec divers chiffons. Papiers de verre, chiffons voisinent aussi avec des épreuves tachées ou ratées.

 On s’attend à faire des découvertes : avec des entassements de papiers divers, du plus banal au plus précieux, du papier de soie du commerce se mêle à de belles feuilles de papier de Richard de Bas ou bien à des fragments de papier Rives plus ou moins aquarellé mais aussi lavé et frotté, donc usé. Et encore des anciens registres notariés utilisés parfois pour réaliser des palimpsestes. Il y a aussi des épreuves abandonnées dont les bords sont parfois maculés de taches de rouille, de pigments.

(Les épreuves réalisées se collectent en abondance dans des valises et des caisses en divers endroits de la maison-atelier) sous la forme de stock imposants.

On imagine très vite dans cet atelier, une sorte de personnage dessinant ou gravant sur le mur un ex-voto, un désir ou un portrait de mémoire accompagné d’une date. Tout cela à l’aide d’une pointe quelconque qui entaille et raye la cloison de la cellule… pour un envol vers la Liberté… à partir de cette petite lucarne que l’on peut voir sur une photo.

 N.B. Cet article fut écrit au moment du travail de plusieurs cuivres et en particulier sur Orphée. Maintenant, un grand cuivre  sur l’historique de  la Russie est en cours de réalisation.

R. Dumoux
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L'atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com
L’atelier de gravure de Raymond Dumoux. Photo Stéphane Dussably. ©viapictura.com

Participation à l’exposition « Amazones de la Révolution » – Musée Lambinet Versailles

Image à la une : « La marche des femmes sur Versailles » – Tempera sur toile 5 mètres x 3 – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

VERSAILLES / Musée Lambinet.
Exposition « Amazones de la Révolution, des femmes dans la tourmente de 1789 »
Du 5 Novembre 2016 au 19 Février 2017.

Le Thème retenu pour cette exposition veut montrer l’importance des Femmes au moment de la Révolution.

Il est question de Charlotte Corday ou bien de Madame Roland dans sa prison ou de Madame Talien.
Mon travail est aussi  témoin du rôle important des Femmes pendant la Révolution.

En effet j’ai réalisé un ensemble monumental peint de 60 toiles de 5 mètres x 3 m à propos de l’histoire de l’humanité..

En particulier l’une de ces toiles illustre le rôle des Femmes à la Révolution. Cette réalisation  dépeint la marche des Femmes sur Versailles ( les 5 et 6 Octobre 1789)
Ma réalisation montre la manifestation des  femmes armées de faux et de fourches et roulant un canon, en direction de Versailles, pour demander du pain pour le peuple en ces moments  de disette et de famine.
Cette marche des femmes se déroule devant la silhouette de la Bastille, image majeure de la Révolution.

Ma création picturale  réalise comme une superposition, un collage des deux épisodes essentiels de la Révolution de 1789 : la prise de la Bastille et d’autre part la Marche des Femmes sur Versailles.

Ce vaste tableau de 300 cm x 500 cm, est réalisé a tempéra sur toile préparée.  Les préparations sont à base de colle de peau et ensuite d’un mélange de  colle et de  Blanc de Meudon.

La force de ce déplacement de femmes est particulièrement mis en valeur par le déroulement des costumes, des robes  très colorées en mouvement dynamique dans l’espace grâce à un graphisme vivant.
J’ai voulu faire ressortir non seulement l’esprit révolutionnaire  mais aussi  la vivacité, le renouveau  et l’espoir de ces femmes  dans le futur .

Un espoir symbolique  nous fait  signe à l’arrière-plan, avec cet enfant  qui est brandi à bout de bras.

En raison de ses dimensions monumentales la toile de 5 mètres ne peut être accrochée dans les salles du Musée Lambinet de Versailles. C’est pourquoi, une reproduction photo de cette toile, accompagnée de la maquette colorée et d’une gravure de cette même composition, seront présentées dans cette exposition.

 

La marche des femmes sur Versailles - Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Tempera sur toile 5 mètres x 3- Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Etude préparatoire, maquette colorée du projet - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Etude préparatoire, maquette colorée du projet – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

La marche des femmes sur Versailles - Gravure - Raymond Dumoux. ©viapictura.com
La marche des femmes sur Versailles – Gravure – Raymond Dumoux. ©viapictura.com

 

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Télécharger le dossier de presse de l’exposition : dp_amazones_planche_bd

La Russie au cours des siècles

Image à la une : éléments et premières recherches pour la composition d’une toile de 5 mètres x 3 sur la Russie

EKPHRASIS ou description verbale d’une toile monumentale à propos de la RUSSIE au cours des siècles. Projet de 5 mètres x 3

Avant toute réalisation, j’effectue dans cet article une sorte d’inventaire descriptif de toutes les composantes d’une toile que j’envisage depuis des mois déjà à propos de La Russie,  depuis la Russie des tsars à l’Union Soviétique et à sa fin pour un renouveau plus orthodoxe en relation avec le centre culturel et spirituel orthodoxe inauguré récemment à Paris.
Ma conception première est d’envisager une composition horizontale  en deux bandes superposées.

– La partie inférieure de la toile étant consacrée au communisme  de l’union soviétique avec tous les problèmes d’organisation et de politique.
– Et puis la partie plus aérienne, on peut dire spirituelle, moins matérialiste, étant plutôt rattachée à  l’histoire de la Sainte Russie et à des renaissances éventuelles qui se font jour.

– Bien sûr des passages font que ces deux bandes ne sont pas étanches et permettent entre elles des passerelles importantes.

Le drapeau rouge (avec le marteau et la faucille en jaune (ainsi que l’étoile symbole de l’Armé Rouge des républiques socialistes soviétiques triomphe sur la bande du bas de la toile.
Opposé sur la bande supérieure flotte le drapeau  Tricolore  Blanc  Bleu Rouge de retour le 22 aout 2016 , (ce drapeau tricolore  date du Tsar  Alexis  (1745) et il est de retour à l’occasion de la Fête du Drapeau  en Russie).

Ces deux grands symboles laissent  la place au déroulement des divers évènements qui ont ponctué  les grands moments de l’histoire russe.

– Dans  la bande en bas de la composition apparaissent les portraits  de Marx  Lénine et Staline ; ou la statue de Lénine au Kremlin  bien évidente.

Diverses manifestations populaires ou simplement connues du communisme seront évoquées. Le Marxisme définit l’homme par le travail. L’Homme est un animal qui produit. Il y a aussi l’autorité, les camps avec Staline , les camps de travail et  aussi de redressement. De même les grands travaux du peuple seront décrits et aussi des images du Goulag. Parfois la mort sera présente, en particulier avec l’évocation de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille.

– Dans la Bande supérieure, seront développées des figures de l’histoire de la Sainte Russie et du monde Orthodoxe.
Le paysage caractéristique  de l’architecture Russe sera évident et imposant : par exemple la cathédrale de Pokrovsk sur la place Rouge, le chef d’oeuvre de l’architecture nationale Russe, temple de Saint Basile.
Ou encore le clocher d’Ivan le Grand, partie centrale de la composition architecturale  de la place du Kremlin. l’architecture nationale Russe.

– Un choix d’églises bien caractéristique de la Sainte Russie pourra être présenté. D’ailleurs des éléments de fresques  et de décors d’iconostases ou de Déisis  retrouveront cette couleur transparente et lumineuse d’esprit et de foi des peintres d’icônes et en particulier de Roublev.

– Des passages, des passerelles existent entre les deux bandes de ma composition. J’évoquerai en particulier  la conquête de l’espace. La figure de Youri Gagarine (1er cosmonaute du monde ) parmi un  éventail de  satellites et de constructions spatiales.  Avec par exemple une vue du pavillon Cosmos, la route du Cosmos.
Il me reste maintenant à dessiner  et surtout  à assembler, à composer dans la toile ces éléments divers  .

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"La Russie" - Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 - Tempera sur panneau - R. Dumoux - 2017 - ©viapictura.com
« La Russie » – Maquette pour une toile de 5 mètres x 3 – Tempera sur panneau – R. Dumoux – 2017 – ©viapictura.com

La Peinture d’Histoire

Image à la Une : « Alexandre » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Ce terme parait parfois désuet à une époque où le Quotidien et l’Éphémère sont déterminants en Art, à un moment où il est difficile de représenter un récit, même récent, de le raconter. A moins de le détourner ou de satisfaire à la dérision ou de proposer des projets très éloignés de toute sublimation.

Cependant la peinture d’Histoire occupe une place magistrale dans l’histoire de l’art, la première place selon Diderot (qui rejetait la peinture de Boucher comme trop intime et quotidienne). Elle demeure incontournable, jusqu’à nos jours.

Quelques exemples de peintures d’histoire, dans l’histoire : Raphaël : l’école d’Athènes ; Mantegna : les porteurs de Vases ; Altdorfer : les Batailles d’Alexandre… la bataille du Granique, celle d’Issus et la bataille contre le roi Indien Porus. Également, Rubens avec le cycle de Marie de Médicis et ses 24 toiles au Louvre est un exemple manifeste et spectaculaire de peinture d’histoire.

Dès le XVéme siècle la peinture d’histoire démontre sa supériorité, par rapport aux autres genres.
Historiquement, ce grand Genre s’impose comme le plus noble sous Louis XIV avec l’académie Royale de Peinture.
Ce genre s’impose par ses difficultés techniques, son aspect intellectuel et aussi esthétique et œuvrant dans un format monumental dominant les autres genres et registres du portrait au paysage ou à la nature morte.

Les grandes dimensions se déclinent en cycles où ils sont parfois destinés à des bâtiments prestigieux, palais ou édifices religieux, en panoramas.

La peinture d’histoire regroupe plusieurs sous-ensembles iconographiques :
Les sujets religieux, mythologiques, les sources littéraires de l’histoire antique ou moderne.
Les caractéristiques de ces œuvres sont les suivantes : la représentation de l’ homme est au centre et propose une narration. La pratique du portrait, de la nature morte ou du paysage est incluse dans ces projets monumentaux avec les accessoires et décors.

Sur le plan historique : Les évènements du XVéme au XIXéme siècle, ce sont les scènes de bataille, la topographie, les mouvements de figures et troupes, la célébration de hauts faits intellectuels ou politiques et la mise en lumière du rôle d’un homme important.
A la fin du XVIIIéme et au début XIXéme la peinture d’histoire change : le néoclassicisme propose un art civique, républicain, antique.
Au XIXéme siècle, cette tendance sera refoulée par les romantiques qui renouvellent ce genre avec une nouvelle sensibilité. Et l’on se tourne vers l’actualité ou dans des sources littéraires autres que la culture classique… jusqu’à maintenant, alors que l’on assiste parfois à l’histoire refoulée, mise en pièces.

La peinture d’histoire fut très répandue depuis l’antiquité jusqu’au XIXéme siècle. A la Renaissance on cite souvent Uccello, la Bataille de San Romano ou Piero della Francesca, Léonard ou Michel Ange. Elle se verra aussi dans les cabinets de curiosité avec de petits formats apparentés aux scènes de genre.
Au XVIIIéme siècle la peinture d’histoire se fait rare mais l’épopée Napoléonienne la fera revivre …. avec de grandes scènes de bataille. Il faut visiter ainsi la galerie des Batailles au château de Versailles.


"Saint-Louis" - Toile du Pictorama - Tempera sur toile - 500 x 300 cm - Raymond Dumoux - ©viapictura.com
« Saint-Louis » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com

Le site www.viapictura.com présente un panorama à propos de l’histoire de l’humanité : il s’agit d’un cycle de 55 toiles monumentales de 5 mètres x 3 chacune, réalisées a tempéra.
Chacune de ces toiles est réalisée selon les composantes de la peinture d’histoire :

– En premier lieu c’est la représentation de l’homme.

– D’autre part, il s’agit d’une œuvre qui propose une narration, une histoire narrative ;

– Il s’agit de très grands formats constituant un ensemble panoramique monumental.

La peinture d’histoire est dominante sur les autres genres : elle peut intégrer dans ses éléments tous les autres genres, portraits, paysages, architecture ou nature morte.

Enfin, la peinture d’histoire parvient à réaliser la synthèse entre le platonisme de la culture classique et l’héritage religieux issu de la pensée médiévale.

Cette conception de l’harmonie entre héritage de l’antique et monde religieux, peut se concevoir comme étant la source de notre pensée.

Et actuellement elle peut s’adapter à une ouverture aux conquêtes de la science, relativisant l’importance de l’homme et le situant, comme les autres êtres vivants, dans un espace cosmique. Ainsi fusionnent la nature humaine et la technologie ou la biotechnologie. Sans nier la valeur de l’humanisme.

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N.B. Les arts appliqués développent particulièrement les cycles narratifs : tapisseries, vitraux, mosaïques, céramiques présentent des exemples impressionnants. Par exemple, les céramiques de Masséot Abaquesne exposées actuellement au Musée d’Ecouen, en témoignent.

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« Africa » – Toile du Pictorama – Tempera sur toile – 500 x 300 cm – Raymond Dumoux – ©viapictura.com